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LA RENAISSANCE DES EXERCICES PHYSIQUES

resser le développement physique de la jeunesse scolaire ou post-scolaire juscpi’à sou incorporation militaire.

« l.es menüu-es hahilant une ville de la circonscription nniversilaire de Itordeaux peuvent, sous l'autorité do la Ligue, se l'ormer en sous-comité afin de diriger le mouvement dans leur région, après avoir reçu l’investiture du comité central de l’œuvre et élire leur bureau.

« Un règlement général élaboré par le comité, recevant délégation de l’assemblée générale, fixe les attributions particulières des sous-comités. »

Après une expérience de onze ans, conduite avec beaucoup de prudence dans l’académie de Bordeaux, grâce à la volonté onguement rélléchie et surtout patiemment soutenue de M. le recteur Couat, et à l’action sans cesse en éveil du comité de la Li^ue Girondine, les résultats acquis sont très encourageants. Jusqu’à ce jour la Ligue a appliqué l’enseignement physique effectif à plus de ISüOO enfants ou adolescents des lycées, collèges et écoles primaires de l’académie de Bordeaux. Chaque lycée, collège ou école possède une société de jeux et d’exercices physiques qui a pris une fleur pour marraine, les Muguets à Bordeaux, les Coquelicots à Pau, les Bluets à Périgueux, les Jasmins à Agen, les Boutons d'or à Mont-de-Marsan, les Œillets k Libourne, les Pensées à Marmande, les Pâquerettes à Sarlat, les Myosotis à La Héole, les Genêts à Blaye, les Epis à Bergerac, les Montagnards à Bayonne, les Liserons à Villeneuve- sur-Lot. Chaque société possède un budget qu’elle gère elle-même ; la discipline est librement acceptée, elle est imposée par le chef élu, responsable vis-à-vis de l’administration ou de la Ligue, au cours des lendits.

L’inauguration des jeux de plein air a eu lieu le 20 mars 1889, dans les cours du lycée de Bordeaux, en présence de M. Ouvré, recteur de l’académie. M. le général Perron, commandant en chef le 18° corps d’armée, avait mis des moniteurs de gymnastique à la disposition de la Ligue; puis, le 23 juin 1889, le premier concours auquel les élèves du lycée de Bordeaux prirent part, fut organisé sur l’esplanade des Quinconces.

La Ligue a organisé dix lendits régionaux, dont cinq à Bordeaux en 1890, 1891, 1897, 1898, 1899, un à Pau en 1892, à Agen en 1893, à Mont-de-Marsan en 1894, à Bayonne en 1893, à Périgueux en 1896, en faveur des élèves de l’enseignement secondaire, lycées et collèges. De plus, elle a organisé huit lendits locaux à Bordeaux pour les élèves des vingt et une écoles primaires de garçons de la ville — soit un total de dix-huit lendits.

Un lendit ne supporte pas de médiocrité; il est excellent ou pire, selon son organisation, qui est toujours très laborieuse. Ceux de l’académie de Bordeaux sont de véritables mobilisations scolaires. A la tête des équipes se trouvent les proviseurs et les principaux, qui accompagnent leurs élèves. Un lendit dure cinq jours, et une douzaine d’épreuves sont inscrites au programme; telles sont les épreuves collectives de boxe, de bâton, de mouvements d’assouplissement de plain-pied, d’escrime, de tir, de bicyclette, de sauts en longueur, en hauteur et à la perche, de courses à pied de 100 mètres, de 110 mètres avec sauts d’obstacles, de lancement de poids, de luttes à la corde, de barrette. La barrette est le foot-ball atténué par des règles spéciales de la Ligue Girondine, qui d’un sport en a ainsi fait un exercice sportif. Pour les enfants des écoles primaires, les règles sont encore plus simples; aussi la Ligue désigne-t-elle ce jeu sous le nom de « ballon au pied », qui, pour être la traduction française du mot foot-ball, n’en a pas cependant l’équivalence technique.

Le président Carnot a offert à la Ligue, en 1890, une Coupe, grand prix qui est disputé tous les ans dans les lendits régionaux des lycées et collèges. Celte année, le comité Dupleix a offert une Plaquette comme second grand prix, au même titre que la coupe Carnot.

Un drapeau, équivalent de ce grand prix, a été offert par la ville de Bordeaux à la Ligue Girondine. Le Drapeau est disputé, tous les ans, par les enfants des écoles primaires de Bordeaux. Enfin, un objet d’art, un bronze, également offert par la ville de Bordeaux, sert de grand prix aux concours annuels des associations post-scolaires, affiliées à la Ligue Girondine.

Tous les ans, au cours du lendit, la Ligue organise une e.xcursion générale. A l’occasion du lendit de Bayonne, 280 personnes, lendistes et maîtres, visitèrent Saint-Sébastien; en 1898 et 1899 l’excursion a eu lieu à Arcachon, avec promenade sur le bassin et goûter sur la plage, devant l’Océan. Les dépenses occasionnées par l’organisation d’un lendit sont assez élevées;

utie partie est couverte par l’Université, et l'autre par la Ligue Girondine, œuvre d'initiative privée qui se suffit à elle-même par les cotisations de scs membres et par des tombolas qu’elle organise annuellement.

Le service médical est assuré pendant toute la durée des fêtes scolaires par les ambulances urbaines de Bordeaux. Des enquêtes officielles et médicales que nous avons ouvertes après les lendits, comme président de la I.igue et comme inspecteur des exercices physiques des lycées et collèges de l’académie de Bordeaux, auprès des maîtres et des médecins des établissements, il résulte (ju’aucun désordre, tant au point de vue de la santé (jue des études, n’est provoqué par ces concours. La fatigue inévitable en pareil cas dure au plus (juelques jours; ensuite, les élèves sont plus gais et plus n])tes au travail. Une telle conslatation est fort imporlante au moment où l’éducation [)hysique prend une place de plus en plus grande et plus justifiée dans l’enseignement universitaire. On nous a longtemps accusé de fatiguer les jeunes gens et de les détourner de leurs études. La vérité est qu’ils se portent mieux, qu’ils sont moins impulsifs et moins frondeurs, et surtout qu’ils travaillent mieux et avec plus de goût.

En France, l’éducation physique, à l’encontre de toute autre éducation, se pratique encore à rebours : e.lle remonte de l’enfant au père ; car le plus souvent c’est l’enfant qui, ayant pris goût aux exercices du corps, les introduit dans sa famille.

C’est parce que la jeunesse scolaire de notre région a toujours été avec nous que nous avons eu foi dans l’avenir d’une œuvre à laquelle nous avons consacré notre vie. Nous n’avons eu qu’à laisser agir le temps et à laisser les premiers lendistes prendre de l’âge pour voir se développer notre idée. Nous avons pensé, et les événements nous donnent raison, que l’éducation physique est un des meilleurs moyens de décentralisation régionale par le groupement des bonnes volontés qui s’ignorent, en même temps qu’une œuvre de bonne sociologie, car deux hommes qui ont appris à se connaître et à s’estimer sur la pelouse, dans des exercices virils, sont bien près de s’entendre et quelquefois de s’aimer.

Sous l’impulsion de la Ligue Girondine, qui a donné des jeux à quelques écoles primaires du département de la Gironde, l’œuvre commence à pénétrer dans le peuple, grâce au zèle dévoué des instituteurs. A Bordeaux, des jeunes gens, anciens élèves des écoles primaires, aujourd’hui ouvriers, employés ou commis, ont fondé plusieurs associations de jeux de plein air, toutes affiliées à la Ligue Girondine. La Ligue possède une vaste pelouse sur laquelle elle a fait construire un pavillon spécialement aménagé. De plus, la ville de Bordeaux a mis à sa disposition trois grands terrains oû les enfants vont jouer tous les jeudis et tous les dimanches sous la direction et sous la surveillance de plusieurs maîtres de jeux, instituteurs adjoints et professeurs de gymnastique qu’elle s’est attachés et qu’elle rétribue de ses deniers. Des rencontres de barrette ont lieu dans le courant de chaque année scolaire entre les élèves des lycées et collèges de l’académie de Bordeaux, entre ceux-ci et les membres des associations de jeux affiliées à la Ligue Girondine. Ces associations : la Section bordelaise de la Ligue Girondine, les Sections des anciens élèves des écoles primaires de Bordeaux, les élèves-maîtres des écoles normales d’instituteurs se rencontrent entre elles soit sur la pelouse de la Ligue Girondine, à Bordeaux, soit dans une des villes de la région à Agen, Libourne, Pau, Bayonne, Dax, Périgueux, etc.

Quand nous aurons dit encore que la Ligue a organisé quelques caravanes scolaires dans le Massif central et dans les Pyrénées; qu’elle possède un bulletin mensuel et officiel, la Bevue des Jeux scolaires, que nous avons fondé en 1891 ; que son président a eu le grand honneur de représenter officiellement M. le ministre de l’Instruction publique comme délégué au Congrès olympique du Havre, en 1897, et que le gouvernement français l’a chargé fout récemment d’une mission scientifique en Suède à l’efTet d’y étudier la gymnastique, nous aurons donné un aperçu général de l’œuvre de la Ligue Girondine de l’Éducation physique (1).

(l)Nous devons citer les noms des principaux collaborateurs de cette œuvre. I.os premiers furent : MM. Ouvré, Couat, recteurs de l’académie de Bordeaux; Addison, professeur honoraire au lycée de Bordeaux; Maurice Lanneluc-Sanson ; .Maurice Martin; Villiam Gimet; Hausser, ingénieur en chef des ponts et chaussées; Espinas, doyen de la faculté des lettres de Bordeaux ; Denis, professeur de la même faculté; le vicomte Pierre de Pclleport-Burète ; le baron Charles de Pelleport-Burète; Charles Cazalet, président de l’Union des Sociétés de gymnastique de Erance;

Pin \s 10 LO a/ E DU mou v e m e n t

Nous avons lo l)iil do la l,i;^uo : ('nlini ikm' do l)Oiis i'’ran-

<;ais (jiii saclioni, ainiot' roiioiiiont la l•'rance (ni lui (;oiisacrant le ineilleuc d’eux iiii'nies, en toute l'orcci |)liy.si(jue, intellectuelle et morale, [lar r('duc,ation jiliysiiiur, grande ('cole de santi' pu- IdiijiK;, d'initiative individuelle, de respect au chef tdu et de gén('reus(> dignit<1.

PHYSIOLOGIE

Nous avons la ferme conviction d’avoir utilement contribué ainsi, depuis onze ans, au déveloj)i)ement de notre jiays, en faisant ajipel aux seules fori (‘s d(‘S initiatives jirivées régionales et surtout en essayant de mcdlre un jieu d’ordre dans l’éducalion physique par uik! honne méthode scientilirjue.

Il'' /'////>//’/' /i' TISSlIi (de llordniax). y\ull'('S S(lCi('‘t(;.S.

A l'i'itô dos soouMés dont il vient d'èlro (incstioii, nous devons signaler VUnioit des Storirlés françaises de Sports athlétiques (par abréviation, U. S. l*'. S. A.). — (ietle Société, dont le siège est à Paris, 229, rue Saint-Honoré, a pour but: 1« de projiager les exercices pbysitpies en plein air; 2“ d’étaldir des régies uniformes et propres à chaciue exercice; ;p d'encourager la formation de sociétés destinées à pratiquer les sports attdétupies et exercices en plein air; é» de réprimer tous les abus qui pourraient s(ï produire et principalement d’exclure les (U’ofessionnels ; 5“ d'instiluer des concours entre les diverses sociétés d’amateurs.

Une disposition fondamentale est insérée en tête des statuts : « Nul ne peut être admis comme membre d’une société faisant partie de l’Union s’il n’est amateur. »

Est amateur toute personne qui n'a jamais pris part à une course publique, à un concours ou à une réunion ouverte à tous venants, tii concouru pour tin pri.r en espèces — ou pour de l'argent provenant des admissions sur le terrain — ou avec des professionnels — ou qui n'a jamais été, à aucune période de sa vie, professeur ou moniteur salarié d’e.rercices physiques.

Le conseil de l’U. S. P. S. A., pour nous servir des initiales convenues, est composé ainsi qu'il suit ;

Président d'honneur : M. le général Lewal, ancien ministre de la Guerre. — Vice-présidents d'honneur: MM. Gréard, de l’Académie française, vice-recteur de l’académie de Paris; le Brouardel, doyen de la Faculté de médecine; le prince Georges Bibesco. — Président : M. le vicomte Léon de Janzé. — Vice-présidents : MM. le comte de Villiers; Fringuet. — Secrétaire général : MM. le baron Pierre de Goubertin. — Secrétaires : MM. Jules Marcadet; E. Uucbamp. — Trésorier : M. E. Callot.

En 1898, ru. S. F. S. A. comprenait environ 16 sociétés affiliées, 135 clubs reconnus, 78 associations scolaires reconnues; quatre comités régionaux fonctionnent ; ceux du Sud-Ouest (Bordeaux); du Sud-Est (Lyon); du Sud (Toulouse); du Littoral (Marseille).

Pour chacun des exercices de plein air, VUnion a institué des commissions spéciales, ainsi que pour l’bygièneet la pédagogie.

Les exercices pratiqués habituellement les dimanches et jeudis au bois de Boulogne, à Courbevoie, à Levallois-Perret, h ’Vincennes, ainsi que dans d’innombrables endroits des environs de Paris et de province, sont ; Les Courses à pied, Foot-ball (Rugby et Association), Lawntennis, Vélocipédie, Longue-paume, Aviron, Croquet, Cricket, etc.

Parmi les principales sociétés parisiennes afliliées à l’U. S. P. S. A., citons ; la Société de Sport de Vile de Puteaux, le Racing-Club de France. le Stade français, l'Association vélocipédique d' Amateurs, la Société d' encouragement du Sport nautique, la Longue-Paume de Paris, etc.

Pour les associations post-scolaires bordelaises affiliées à la Ligue Girondine de rÉducation physique, dont le siège social est à Bordeaux, ce sont ; la Section bordelaise de la Ligue Girondine de t’ Education physique, le Club athlétique bordelais, l'Association de Croix de Seguey.

Pour les associations de Paris et de province qui chaque semaine réunissent leurs membres sur leurs terrains particuliers, le nombre en est si considérable que la nomenclature en serait trop longue.

Rappelons aussi l’essai de résurrection des Jeux Olympiques qui a eu lieu à Atbènes en 1896 et dont la Revue Ëncycl. (1896, p. 307) a donné un compte rendu.

Gustave Gounoiiilhou, propriétaire, et Gustave Chapon, directeur des iiiiprimeries delà (Uruiule ; Grossard; Galinoii, professeur à l’école primaire supérieure des garçons; l.aparra, avocat à la cour d'appel; Georges Delvaille, président de la société de tir L’éîipérance ; Gilles, inspecteur d'académie, aujourd'hui inspecteur général de l'enseignement primaire, Bizos, le nouveau recteur de l’acadimiie de Bordeaux ; Durand, le nouvel inspecteur d'académie; Charles Bénard, secri'taire général de la Société philomathique de Bordeaux ; les Directeurs des écoles primaires de Bordeaux qui accordent un concours éclairé à la ligue; et tous les jeunes collaborateurs, anciens lendistes, étudiants de l'Université de Bordeaux : iMM. Émile Lestage, Cellcrier, Dabat; Henry Sonia, publiciste, etc.

Physiologie du mouvement.

ri^ ouTi': (Huile [ihysiologitjue du rnouvemeut doit s’accoinpa-

I ’ guer de celle du iriuscle. IIu muscle se compose d’une -i- quantité de libres charnues accolées les unes aux autres. Or uu jihysiologiste doit considérer un muscle à deux points de vue principaux :

1° Le nombre des fibres charnues qu’on peut observer sur une coujie perjieudiculaii'e à leur direction; car plus les fibres sont nombreuses, plus le muscle est puissant.

2° La longueur du muscle ou mieux des fibres charnues qui le composent ; elle indique l’étendue du'rnouvement. Si, en effet, on mesure une lihre musculaire avant et après sa contraction, on note iiue le racconreissement équivaut environ au tiers de sa longueur. Ce raccourcissement indique l'étendue du mouvement.

Il faudrait tenir compte de la nature du muscle; les qualités d’un muscle diffèrent suivant qu’il est blanc ou noir. Un volatile a la chair des ailes blanche, et celle des cuisses noire; ses battements d’ailes sont très rapides. De même, les enfants, qui sont plus vifs, ont la chair plus blanche que les vieillards. Il semble donc que la blancheur des muscles favorise la vitesse des contractions. La force du muscle semble aussi produire une dureté plus grande : on connaît la fermeté des tissus chez les personnes exceptionnellement vigoureuses.

Mais laissons de côté ces questions peu étudiées, pour nous attacher aux deux suivantes; « Force du muscle et étendue ou amplitude de son mouvement. »

Tout muscle comprend un faisceau de fibres musculaires contractiles et un tendon inextensible. Que pour une cause quelconque l’amplitude du mouvement diminue, la longueur lie la fibre musculaire diminuera et celle du tendon augmentera à ses dépens. Qu’une articulation soit atteinte, que les mouvements dont elle est le siège deviennent plus limités, et l’on verra très rapidement les muscles qui l’actionnent diminuer la longueur de leurs fibres rouges et allonger celle de leur tendon. Que le muscle se rétracte et cesse de fonctionner, comme dans le pied bot ou te torticolis ancien, la (lortion tendineuse va prendre une longueur exagérée aux dépens du tissu musculaire. Que ces muscles devenus totalement fibreux depuis des années soient sectionnés et s’exercent à nouveau, ils recouvreront en quelques mois leur constitution charnue et leur contractilité (Jules Guérin).

Mêmes faits se passent chez le sujet normal ; l’enfant, si souple, possède des muscles à fibres charnues plus longues et à temlon plus court que le vieillard.

Le nouveau-né a des mouvements de mastication peu étendus ; il se borne à sucer du lait; aussi la mâchoire inférieure ne possède-t-elle pas des mouvements de grande amplitude, le muscle temporal est composé de fibres musculaires très courtes. Quand les dents poussent et que l’enfant se met à manger, les fibres musculaires s’allongent, et le muscle temporal envahit la surface du crâne. Môme observation chez le singe, où l’opposition est encore plus accentuée, le muscle temporal du singe adulte s’étalant sur tonte la hauteur du crâne.

M. Marey a vérifié expérimentalement cette adaptation de la longueur des fihres rouges à l’étendue du mouvement. Les muscles du mollet comi>rennent une partie charnue : les jumeaux et le soléaire, et un tendon d’Achille. Le tendon est d’aiilant plus long et les fibres charnues plus brèves que le calcanéum, bras de levier auquel s’insère le muscle, est plus court. Si on résèque chez le lapin une portion du calcanéum, et que l’on sacrifie l’animal une fois guéri, on verra que la longueur des libres rouges du mollet a diminué; le bras de levier est devenu plus court, par suite l’amplitude du mouvement communiqué à son extrémité est diminuée.

L’importance de ces données physiologiiiues i>ar rapport a l’hygiène du mouvement est considérable; c’est poiinpioi nous avons tenu à y insister.

/* Il } s I O L oaih: nr 1/ o / / 1 ' a; m e n t

Fig. 1. — Chronophotographie de la marche, — Fa succession des Images se lit de droite à gauche.

'l'üiitcs les lois qu’on iiraU(iue un exercice gyinnastique, on ilevrait savoir le but que l'on se propose : veut-on développer la force du sujet, ou, au contraire, l'antplitude de ses inouveinents '?

Certes, les exercices de force ont une valeur pratiijue. Il peut être iniporlaut pour certains de développer les biceps de façon à soulever de lourdes charges. I>es malades peuvent avoir un groupe de muscles alfaiidis et atrophiés ; il faudra augmenter la force de ces muscles par des exercices appropriés.

Mais trop souvent la gymnastique de force conduit à des abus. Nombre de sports s’adressent aux mouvements de force, on lutte à qui aura le prix. Chez les enfants de pareils exercices peuvent épuiser et causer un arrêt de développement, .l’ai connu un sujet dont tous les parents, frères, sœurs, tantes, oncles, père et mère étaient fort grands, atteignant des tailles de l"’,9t) à 2 mètres. Des exercices de force, auxquels il s'adonna vers l’âge de quinze ans, arrêtèrent subitement sa croissance à 1"’,60. Tels les chevaux de course qui, surmenés dans le Jeune âge, ne font que des rosses.

M. Tissié a montré que certains muscles, comme le grand pectoral, sont adaptés chez l’homme aux seuls mouvements d’amplitude. Les exercices de trapèze, qui consistent à se soulever par les bras et mettent en jeu sa force, portent les épaules en avant et voûtent le dos.

Les exercices d’amplitude ont une tout autre action. Le mouvement pratiqué lent et le plus ample possible favorise le mieux la circulation du sang, et par suite la nutrition des tissus.

Tout être musclé éprouve de temps à autre le besoin d’exécuter lentement des mouvements d’une grande amplitude ; ainsi quand nous nous étirons les bras en bâillant, nous favorisons à la fois la circulation du sang, et son oxygénation dans les poumons. Quiconque a observé des chiens sait qu’ils s’étirent fréquemment en étendant au maximum et en traînant leurs membres postérieurs.

Une des gymnastiques les mieux appropriées aux mouvements d’amplitude est la gymnastique suédoise ; elle se préoccupe de donner à tous les mouvements le maximum d’amplitude en dépensant peu de force.

Il n’est peut être pas d’exercice qui ne puisse être envisagé à ce double point de vue : force et amplitude.

Soit la boxe : dans la boxe française (abstraction faite de la savate), les mouvements sont brusques et limités à une ou deux articulations; ils sont faits avec une grande force et peu d’amplitude; la boxe anglaise, au contraire, demande des mouvements très généralisés et d’une grande amplitude. Le coup de poing français se donne en étendant brusquement le coude; le coup de poing anglais, au contraire, étend à la fois le coude, l’épaule et porte le thorax en avant; tout le corps participe au coup de poing. Sans discuter la valeur de ces deux méthodes, on peut affirmer qu’au point de vue de l’hygiène des mouvements la boxe anglaise est supérieure.

On pourrait faire la même remarque pour la pratique du bâton. En escrime, l’école napolitaine exécute des mouvements de plus grande amplitude que l’école française. Dans la lutte même il y a deux écoles, celle de la force et celle de la souplesse et de l’agilité.

Un troisième élément doit être pris en considération ; la durée de contraction du muscle. Les exercices de vitesse épuisent rapidement; ils précipitent la circulation, et amènent l’essoufflement. Sans doute, ils peuvent être favorables en quelques occasions : dans les maladies par ralentissement de la nutrition, dit Lagrange, ils sont éminemment utiles, car ils mettent en jeu le soufflet pulmonaiie. Mais ils conviennent surtout à la jeunesse, qui a des artères souples.

Les sports et concours favorisent en général la vitesse et la force. Pour y obvier, on choisira de préférence des épreuves de durée et de fond.

En résumé, les mouvements d’amplitude exécutés avec lenteur sont les plus favorables au point de vue hygiénique. Les mouvements de force et de vitesse ne sont utiles qu’en certains cas particuliers.

La gymnastique doit généraliser l’emploi des premiers, régler et restreindre celui des seconds.

Mais il ne suffit pas de se livrer à une étude générale de la

physiologie du mouvement; il importe, pour chaque mouvement complexe (marche, course, saut, bicyclette, travaux, etc.), d’étudier son mécanisme et de saisir le rôle des diverses parties de l’appareil locomoteur, muscles, surfaces articulaires et rayons osseux.

Nous n’avons, en effet, considéré jusqu’à présent que le muscle. Il faut, pour comprendre l’action de ce dernier, connaître son insertion, l’articulation qu’il fait mouvoir, la longueur du membre sur lequel il agit.

On sait qu’en mécanique il existe trois genres de leviers : suivant le rapport de l’insertion mobile du muscle au point fixe ou article, on peut observer dans l’économie un de ces trois genres. Le levier du premier genre est représenté par l’équilibre de la tête [fig. 3). Le point fixe est l’articulation afloïdo-occipitale, la résistance ou poids de la tête pèse en avant et la puissance constituée par les muscles de la nuque agit en arrière.

Dans le levier du deuxième genre [fig. 4), le poids est au milieu du levier, le point fixe et la puissance aux deux extrémités. On avait regardé le mouvement du pied comme constituant un levier du second genre, le point fixe étant aux articulations métatarsophalangiennes, la puissance à l’extrémité du calcanéum, et le poids du corps pesant au milieu. Mais M. Bédart a reconnu que dans la marche le poids du corps se porte en avant vers l’extrémité des pieds; il s’agit donc d’un levier du troisième genre.

Les leviers humains sont en général du troisième genre {pg. 5). Le tendon s’attache près du point fixe ou article et la résistance est très éloignée sur le levier. Soit la main qui soulève un poids ; le point fixe est l’articulation du coude; la résistance, le poids, et la puissance, le muscle biceps dont l’insertion est proche de l’article.

Les leviers du troisième genre favorisent la vitesse aux dépens de la force. Mais plus l’insertion du muscle s’éloigne de l’article, plus la force est favorisée au détriment de la vitesse.

Ainsi, chez le singe, les muscles biceps fémoral et demi-tendineux s’insèrent plus bas sur la jambe que chez l’honime. Pour faire accomplir le même trajet à la jambe, les fibres rouges de ces muscles doivent se contracter davantage, et elles deviennent plus longues. Par suite, la vitesse du mouvement est ralentie, sa force est plus grande; le singe perd en vitesse ce qu’il gagne en force et en précision, qualités nécessaires pour la vie arboricole.

L’étude détaillée de la physiologie des mouvements tiendrait des volumes, et elle n’est encore qu’ébauchée ! Toute Fig. 2. — Chronophotogra- Une philosophie s’y rattache, et M. Maphie de la course. rey vient récemment de l’étudier

LE POULS CAPU.LAIliE

(laiiH scs cours au Collèf^c de France. I,a docl-rine Iransformiste doit à l’avenir s’ajipuyer sur la (diysiologie du ruouvemenl ; car l’Ali e adapte au milieu ses mouvements et par suite toute sa sU'uclure musculaire et osseuse. I,’(•tude scientilifjmî de la physiologue du mouvement sera donc fd- . ('onde en r('sultats. Or, elle est airiv('e

\ r('cemnient à un haut degia' de [lerl'ection, f'rdce à rem[)loi d’une techni(|ue a[>|U'opri('e. .le citerai surtout rein[doi |iarM. Marey de la chronophotographie. I.a [lellieule nnddle donne une série d’images du sujet en action (/?(/. 1, 2). On possède ainsi, li.\(h(s (h'dinitivenient, des attitudes tro[i l'ugitives pour jiouvoir (Mre pei’(;aies directement par Fceil de l’ohservateur.

M. Marey emploie encore la chronopliotographie sur pla(iue li.xe. Le sujet est rev(''tu d’un maillot noir sur le(|uel sont trac(;s des [)oints l)rillants au siège des articulations et des lignes suivant l’axe des memhres. Lignes et points sont fixés sur la pla(|ue et indiquent par leurs variations les diverses niodalit('s du mouvement.

A joutez enlin la méthode grajdiique, {dus ancienne, (jui permet l’inscription des mouvements cxécut('s, et vous aurez une idée siillisante des moyens d’étude de la idiysiologie du mouvement.

La \ille de l’aris a organisé au hois de Houlogne, sous la directi(jn de M. .Marey, une station phy-

ri(). 3. — Levier crânien ; premier genre.

Fig. 4. — Levier du deuxième genre.

Fig. 5. — Levier du troisième genre.

siologique ; c’est le premier établissement de ce genre où on ait à sa dis{)osition les instruments et l’espace nécessaires.

De ce laboratoire spécial sont partis de nombreux travaux scientiliques, et si l’œuvre de la rénovation physique a été entreprise en ces dernières années par nombre d’esprits dévoués, il ne faut pas oublier la part due à la science française, comme un physiologiste italien, Mosso, s’est plu àle constaterrécemment.

FÉLIX REGNAULT (de Paris},

Lauréat de l’Institut,

Ancien major civil de l’Ilôtel-Dieu de Marseille.

Le Pouls capillaire;

ses rapports avec le mouvement.

Le sang parvient dans les organes par les artères; il en sort par les veines. Si à un moment donné l’afflux artériel l’emporte sur le débit veineux, le sang s’accumule forcément dans l'organe, et par conséquent le volume de l’organe s’accroît. Cette condition peut d’ailleurs être réalisée dans deux cas: ou bien c’est l’afflux artériel qui augmente, tandis que le débit veineux reste fixe ou augmente relativement peu ; ou bien c’est le débit veineux qui diminue (s’il y a, par exemple, compression des veines), tandis que l’apport artériel reste fixe ou diminue relativement peu. Au contraire, le volume de l’organe décroît sous les influences inverses.

11 y a donc certaines modifications du volume des organes forcément liées à certaines modifications de la circulation dans ces mêmes organes. Par conséquent, si nous connaissions les changements du volume, nous pourrions en déduire les cliaiigements correspondants de la circulation locale. Or, ces modifications du volume ne sont directement perceptibles ni à la vue, ni au toucher; comment |ioui rons-nous donc les connaître?

Nous le pourrons à l’aide d’appareils spéciaux, que l’on désigne sous le nom d’« a[)pareils volumétri({ues ou pléthysmographes ».

Procédés d' exploration. — Des appareils de ce genre ont été inventés jiar François Franck, i>ar Mosso, et ont [lermis d’observer des variations de volume des membres chez riioinme. Ils ont rendu possibles des recherches du plus grand intérêt mais ils s’a[)idi({uent malaisément à l’étude des variations de la circulation liées à l’exercice musculaire. l‘ourquoi? [)arce que ces a[q)areils sont lourds, difficiles à manier, exigent de la part du sujet ex[)loré l’immobilité la plus parfaite, et, |)ar suite, ne [>erinettent guèie d’étudier l’influence (lu mouvement.

Au contraire, un [déthysmografihe nouveau, (|ue nous avons imaginé, est exenqit de ces inconvénients, et nous a rendu faciles des recherches (|ui étaient jus({ue-là pres({ue impraticables. Notre appareil est re[)résenté, d’(jne façon demi-schémati. ({ue, par la figure l.Fn voici le principe: Soit une gaine de toile

Fig. t. — Schéma du pléthysmographe Hallion Comte.

inextensible. Dans cette gaine se trouve placée une ampoule de caoutchouc élastique. Si nous y introduisons un doigt, que va-t-il se passer? chaque fois que le doigt augmentera de volume, il déprimera la surface de l’ampoule qui lui est adossée; de l’air s’échappera de l’ampoule ; celle-ci étant conjuguée à un tambour inscripteur de .Marey, la plume inscrivante sera soulevée, et la courbe enregistrée présentera une ascension. Inversement, quand le volume du doigt diminuera, la courbe présentera une descente.

Le poids capillaire. Indications qu'il fournit. — Les variations circulatoires du volume des organes (du doigt, par exemple) sont de deux ordres : 1“ Chaque battement cardiaque projette brusquement du sang dans l'organe; l’afflux artériel est saccadé, tandis que le débit veineux ne l’est pas. Par conséquent, à chaque battement du cœur, à chaque battement du pouls dans les artères (la radiale, par exemple) correspond un battement de l’organe exploré. C’est là ce qu’on appelle le pouls total de l’organe ou poids capillaire. 2“ On note, en outre, des variations plus lentes du volume des organes. Exemple : je comprime les veines du bras; la courbe pléthysmograpbique du doigt montrera, outre les pulsations, une élévation progressive de son niveau général. Autre exemple : la même oscillation du volume moyen se produirait si, le débit veineux restant fixe, l’afflux artériel augmentait.

Ces considérations, que nous ne pouvons développer ici, suffisent à établir que le pléthysmographe nous renseigne sur la circulation du sang dans l’organe examiné. D’une façon générale, nous pouvons émettre la proposition suivante: la circulation est d’autant plus active dans un organe que le pouls capillaire est plus ample, d’autant plus active aussi que le pouls est plus fréquent. Corollaire : l’activité, c’est-à-dire la vitesse de la circulation, peut ne pas varier, si, le pouls devenant plus ample, il devient en même temps moins rapide. D’autre part, l’activité de la circulation peut se trouver fort diminuée, bien que le pouls soit fort accéléré; la pulsation aura perdu en amplitude beaucoup [dus qu’elle n’aura gagné en vitesse. Ce dernier cas est très fréquent.

Nous devons nous demander quelles sont les causes principales des variations de la circulation dans un organe, et, [»ar conséquent, du pouls capillaire dans cet organe. Ces causes peuvent être divisées en deux catégories: 1° Si la circulation générale devient plus active, il s'ensuit une circulation plus active également dans chaque organe considéré en particuliei'. C’est ainsi que la circulation devient plus active dans un doigt,

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