‹ L'éducation physique au point de vue historique, scientifique, technique, critique, pratique & esthétiqueChapitre 17 sur 130 · LE POVLS G A PILLA I HE · texte numérisé non relu

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toutes choses égales d’ailleurs, quand le cœur augmente son énergie et son débit. 2" Les vaisseaux de l’organe, et plus spécialement les artérioles, sont pourvus d'un système musculaire, qui diminue leur calibre en se contractant et augmente au contraire leur calibre en se relâchant. I.a contraction des artérioles ou vaso-constriction diminue l’activité de la circulation ; leur reblcbement ou vaso-dilatation l'augmente.

Le pouls capillaire dans le muscle qui travaille. — ün conçoit, a priori, que le mouvement provoque, dans le muscle même qui en est le siège, des modifications circulatoires locales. Il provoijue, d’autre part, surtout s’il est étendu et prolongé, des modifications de la circulation générale, retentissant sur le pouls capillaire des divers organes.

Il serait intéressant, à coup sûr, d’étudier les variations du pouls capillaire dans le muscle qui se contracte. Mais, pour des raisons que nous ne saurions développer, la méthode plétbysmograpbiciue est difficilement applicable ici. Nous passerons sous silence les quelques résultats incomplets ou suspects obtenue sur ce point. Rappelons seulement que Claude Bernard, Ludwig et ses élèves, et surtout Chauveau et Kaufmann, ont étudié, chez l’animal, par des procédés divers, l’irrigation sanguine dans les muscles qui travaillent; on admet généralement que l’irrigation est fortement accrue, condition évidemment très favorable au fonctionnement du muscle. S’il en est ainsi, nous ne pouvons douter que le pouls capillaire n’augmente d’amplitude dans le muscle qui travaille; mais le fait n’a été que très incomplètement contrMé par l’observation directe (1).

Pouls capillaire dans les réseaux cutanés. Importance de la circulation cutanée. — Par contre, nous avons recueilli, à l’aide de notre pléthysmographe spécial, des documents nombreux sur les variations du pouls capillaire des doigts en rapport avec l’exercice musculaire. Avant d’indiquer quelques-uns des résultats que nous avons obtenus, nous devons dire deux mots de l’intérêt qui s’attache à de pareilles investigations.

Explorer le pouls capillaire dans les doigts, c’est explorer la circulation dans les réseaux cutanés. En effet, le pouls capillaire des doigts n’est pas fourni par le tissu osseux, qui est inextensible, ni par les tendons ou le tissu cellulaire, qui sont à peine vascularisés ; il est fourni exclusivement par la peau, très richement pourvue de vaisseaux dans cette région. Or, l’état de la circulation cutanée est très important à considérer dans ses rapports avec le travail musculaire, et l’on sait pour quelle raison. Le travail musculaire s’accompagne, pour peu qu’il soit étendu et prolongé, d’une augmentation considérable dans la production de la chaleur. Or, il faut absolument que l’organisme se débarrasse de cet excès de chaleur. Il s’en débarrasse en partie par le poumon; ce point ne rentre pas dans notre sujet. Il s’en débarrasse encore par toute la surface de la peau; ce point rentre dans notre sujet, car la circulation cutanée joue ici un rôle capital. L’afflux du sang à la peau favorise la suda-

fig. 2. — Pouls capillaire avant et après l’exercice musculaire,

tion, phénomène qui prend une part très importante au refroidissement du corps; d’autre part, plus il circule de sang à la surface du corps, dans un temps donné, plus est considériible la déperdition totale de chaleur subie par le sang. Il est donc utile, nécessaire même, a priori, que le travail musculaire s’accompagne d’une suractivité de la circulation périphérique, afin que la température générale du sang, parallèle à la température générale du corps, demeure à peu près invariable en dépit de la surproduction de chaleur sensible.

De fait, il ressort de plusieurs données, et il est en particulier péremptoirement démontré par l’élude de la circulation capil-

(i) MM. Athanasiu et Carvallo ont entrepris à ce sujet des recherches qui sont en cours de publication [Arch. de Physiologie, avril 1898).

laire des doigts, que la peau est le siège, dans ces conditions, d’un afflux de sang des plus mar(iués.

Influence d'un exercice modéré. — La figure 2 prouve cette influence. Avant l’exercice musculaire, le pouls capillaire du doigt exploré est très faible (A), tandis qu’après un quart d’heure d’exercice il acquiert une amplitude beaucoup plus grande (B). La cause de ce phénomène est complexe : d’une part, l’accroissement d’énergie du cœur et sans aucun doute aussi les modifications de la respiration ont suractivé la circulation générale, et d’autre part la peau est le siège d’une vaso-dilatation active qui rend ses vaisseaux plus largement perméables au sang. Si l’on pratique un exercice modéré, on voit la suractivité circulatoire de la peau s’accroître progressivement jusqu’à une certaine limite où elle se maintient, (juand on a cessé l’exercice, le phénomène décroît progressivement, mais en général, d’une façon assez lente.

Vaso-constriction intempestive. — Nous avons montré tout à l’heure que la suractivité de la circulation cutanée était liée au travail musculaire utile et même nécessaire à la régulation

Fig. 3. — Courbe de vaso constriction par ingestion d'eau froide.

thermique. Aussi la suppression de ce phénomène ne va-t-elle sans de sérieux inconvénients. Cette suppression peut résulter d’une vaso-constriction périphérique intense, telle que la provoquent, par exemple, l’ingestion de boissons froides {fig. 3), ou l'impression du froid à la surface de la peau, ou des émotions vives.

Influence d’un exercice violent. — Il n’est pas sans intérêt d’étudier aussi les effets des exercices, non plus modérés, mais violents. Voyons, par exemple, l’influence qu’exerce sur le pouls capillaire des doigts une course rapide. La figure 4 se rapporte à cette expérience. Sur la ligne du haut, 1, s’inscrit le pouls capillaire avant la course.

Tout en conservant le pléthysmographe appliqué à ses doigts.

Fig. 4. — Influence de la course sur la fréquence et l’amplitude du poul% capillaire.

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