V. - Conclusion
X Comment l’éducation physique, dont les résultats semblent tout physiologiques, peut-elle intéresser la sociologie?» Telle est la (luestion que l’on pouvait se poser au début de celte étude. Sans doute, il y a de lointains rapports entre la biologie et la sociologie ; mais les rapports entre la sociologie et la psychologie sont d’une tout autre importance (2). Ûr, on sait combien l’unité et la stabilité relatives du devenir mental dépendent de la systématisation continuelle, de la discipline, des activités biologiques. L’éducation physique et l'éducation mentale se complètent et se jirêtent un mutuel secours; elles sont ensemble à leur tour la condition nécessaire de l’activité sociologique normale. Les gens débiles de corps et d’esprit sont des êtres «antisociaux » ou 11 asociaux » (3); l’instabilité psycho-physiologique apparaît derrière l’instabilité sociale, l’état de «désintégration»
(1) Compte vendu des tramux du 2" Cuni/rès de l'éducation physique (lioi'iloaux, üounouilhoii, I8yi).
(2) Cf. notre coinmunicaf ion an Congrès des sociétés savantes de 1808 : • Rapport de la i.sycliologie et de la sociologie ».
(3) Cf. L’InslaOitilé mentale.
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ou lie ilécouiposition ijui engciulie j)<ir exemple le suicide (1), les trouilles politiques, les paniques des foules, les (^meutes, les révolutions.
Décomposer l’énergie sociale en énergies individuelles; derrière la forme sociologiiiue vous verrez apparaître la forme psychologique (qui sert de matière cà la première); et derrière les fonctions mentales vous trouverez les fonctions hiologiiiues (celles-ci à leur tour servant de matière à celles-là). Toute matière doit être adaptée à la forme qu’elle doit recevoir; si l’énergie biologiiiue est la matière avec laiiuelle la forme psychologique d’abord, puis la forme sociologique doivent se réaliser, ne faut-il pas que l’éducation physique s’adapte à des fins psycho-sociologiques ?
(1) Cf. DuRKiiiiiM. Le Suicide (Alcan, 1897).
I.e développement des forces corporelles pas une tin eu lui même : nous ne voulons ni des acrobates, ni des « strugglers for life » éhontés et égoïstes, ni des conquérants violents, ni des aventuriers. L’éducation [ihysique est un moyen [lour des fins sociales et morales; c’est pourquoi les sociologues ont le devoir de s’y intéresser ; il leur afqiartient d’indiquer quel but est assigné aux efforts des psychologues, des hygiénistes, des éducateurs. Un sociologue français ne peut que donner pour but à l’éducation physique française : la constitution d’une nation de citoyens robustes, à l’esprit prati(|ue autant que spéculatif, aux sentiments généreux, réalisant, grâce à une solidarité croissante, l’idéal de fraternité.
(l.-L. DUP HAT (de Hordeaux),
Docteur ès lettres,
Professeur de philosophie au collège de Cognac, Membre de la Société; de sociologie de Paris-