‹ L'éducation physique au point de vue historique, scientifique, technique, critique, pratique & esthétiqueChapitre 31 sur 130 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

L’ÉDUCATION PHYSIQUE AU POINT DE VUE TECHNIQUE ET PRATIQUE : LES SPORTS ET LES JEUX

Le Pédestrianisme.

Marche et Courses.

Marche. — Courses. — Course de barrières. — Course à travers cbanips (historique).

La Marche dite « Orteil-et-talon » . — En comparant les résultats obtenus par les athlètes français et anglais, il ressort une infériorité marquante au désavantage de l’athlète français, et ce dans tous les sports en général.

L’athlétisme a fait des progrès surprenants en France entrés peu d’années. Les hommes généreux et dévoués qui ont dressé les premiers moniteurs instructeurs, manquant d’expérience et connaissant imparfaitement les exercices qu’ils ont démontrés, ont inculqué de faux principes à leurs pupilles; ces principes poui raient se perpétuer. Je crois fermement que tout le mal est là.

Sur le conseil que me donna en 1896 le D’’ Félix Régnault, auquel j’avais soumis quelques-uns de mes manuscrits, Je me suis consacré à la technique de sports tels qu’ils sont pratiqués par plusieurs exponents (exposants) de l’empire britannique. Je crois sincèrement, en effet, que c’est rendre un grand service à la jeunesse française, vaillante et virile.

Dans nos études de technique sportive, paraissant depuis le mois de janvier 1897, dans la Revue des jeux scolaires de Bordeaux, je ne cesse de démontrer le mode économique de procéder des athlètes anglais et américains, qui parviennent à produire le maximum de rendement avec le minimum d’efforts musculaires inutiles et de fatigue physique.

Conséquent avec moi même, pour ne pas me départir de mon rôle, je me vois forcé d’exposer, encore ici, des théories anglaises que j’ai recueillies méthodiquement pendant mes longues observations sur place. Je suis également obligé de me servir d'une terminologie anglaise et de taire ressortir, par la désignation, si intéressante, des remarquables hauteurs et longueurs des sauts et des vitesses extraordinaires des marches et des courses, la supériorité notable de l'exposaid anglais. Mais constater des faits acquis de longue date n'est point, nullement, prononcer un panégyrique; j'espère que le lecteur ne me taxera pas d’anglomanie pour cette simple constatation.

Les Anglais ont créé un mode classique de marche au pas qui s appelle loe-and-heel (orteil-el-talon), et il a permis à leurs « pedestrians » d atteindre des vitesses vi aimen»*; extraordinaires. Tout concurrent, sous peine d’être disqualifié immédiatement, doit se tenir et marcher de la manière suivante :

Position. — Le corps droit, la tête bien en arrière, les coudes aux côtés, les avant-bras horizontalement en avant, les mains fermées sans raideur, les ongles se faisant face.

Marche. — Départ du pied gauche en jetantla jambe en avant presque droit, avec une très légère inclinaison en dehors. Le pied gauche va se placer devant le pied droit, la jambe tendue et le talon touchant terre le premier.

En même temps que la jambe gauche, le bras gauche est poussé en avant et s’allonge presque droit.

Le talon du pied droit se lève graduellement, de sorte que le gros orteil seul s’appuie sur le sol quand le talon du pied gauche pose à terre.

Dès que le talon gauche est en contact avec le sol, la jambe droite est jetée en avant avec le bras droit, de la manière que j’ai déjà indiquée, et ainsi de suite jusqu’au bout de l’étape.

L’action symétrique des bras les fait agir comme leviers pour soulever le corps et l’entraîner en avant, tout en le balançant.

Dans ce style classique de marche au pas, voici les vitesses qu’il faudrait donner pour avoir des probabilités d’être classé dans les deux premiers:

minutes 46 secondes

pour

mille anglais (1

kil.

heure

minutes

On appelle mixte {mixing) le genre de marche libre qui permet au « pedestrian » de marcher et de courir alternativement à sa guise.

Voici les vitesses qu’il faudrait atteindre, pour arriver dans les trois premiers, par vingt-quatre heures, repos compris:

130 kilomètres pour l’épreuve de ‘lOO kilomètres.

Courses. — Le terme course est générique ; il embrasse les diverses distances classifiées par épreuves d’après la science moderne de l’entraînement; chaque épreuve comprend ses coureurs spécialistes.

Dans la course, le pied doit toujours poser à plat sur le sol adn que la jambe soit verticale au moment du choc avec la terre. De celte manière la secousse est supportée par la cuisse, qui est forcément lléchie. Eu outre, le déroulement complet du pied, qui se déroule pi ogressivement et finit par n’être en contact

L E r Ê I) E S T m AN IS M E

•Ti

avec l(“ sol par In f/ros oilnil, a l'avaiilago énoirtic ilc j>oriiioltro d’allonger lo pas avec imc rapidilé exl,r('itie. (Irorf/fs Driiirrii/, si eoiiini par ses reinarfjiialdes Iravaux soi' le itionveriieot, a lail, di-s <''liides aiiprofondies, (îii )H8d, au lalK)rat,oire de réiiiiiu’iil prcd'esseui' du Collège d(^ rraiice, le I)^ Murri/, <’i la

slalioii pli ysiolngi(|ue, sui' la loeoiiiol.ioM Imitiaiiie, et, il nous a eonlirinè (|ue ce mode de [loser le pied à |dat siii' le sol est le meilleur.

Il l'aut (jii’un coureur ail déjà une certaine expérience des courses pour être sûr de partir au moment précis du signal du starler.

■l’apiudle (lar ticulièremeiil l’attention du jeune coureur de vi'locilé sur ce point capital, car la victoire dépend souvent d un lion di'jiart, au moment jirécis; une l'raction de seconde après, i-’est trop tard ! !

Comme exem]de frapiiant, je citerai l’Anglais Pelling ijui, jusiju’en 1888, a été le coureur le plus lent à iiai tir ; il n’avait ilonc aucun succès. 11 s’est décidé, en 1889, à essayer le départ (pie représente la (igurine ci-contre, the all-fours slart (le départ à (|uatre pattes), dit aussi Ihv lumd spririfj slart (le départ |iar le bond des mains), et il s’est alors révélé le meilleur coureur connu dans les records du monde.

Ce départ donne, incontestablement, beaucoup d’élan au

Arrivée d’une course de 100 mètres.

moment précis du départ. Pelling e'tait parvenu à obtenir un bond tellement prodigieux qu’il se trouvait immédiatement en tête du peloton.

La course de première vélocité comprend la distance classique de 1UU mètres; cette épreuve peut être, quelquefois, de 150 mètres. La course de seconde vélocité comprend des épreuves allant jusqu’à 420 mètres. Il y a ensuite des courses de résistance. L’épreuve classique est la course du demi-mille (half miE runniriij), soit 804™, 50. Après, la course s'appelle de moyenne distance [middle-disfance running) et comprend les distances

Arrivée d’une course du mille.

intermédiaires et facultatives jusqu’au mille inclusivement. Viennent ensuite les courses delongue distance [distance running) , soit au-dessus du mille jusqu’à 10 milles (16 090 mètres) inclusivement.

A très peu de centimètres près, les fins coureurs de première vélocité donnent le train phénoménal de iO mètres par seconde dans l’épreuve de 100 mètres et de .9 mètres par seconde dans la course de 150 mètres.

Afin d’avoir des chances d’arriver deuxième, si les concurrents sont des sujets d’élite, il faut atteindre les vitesses suivantes :

420 mètres en 53 secondes.

1/2 mille en 2 minutes 9 secnmles.

La pratique immodérée ou sans méthode de la course de vélocité présente de graves dangers pour l’organisme. Le cœur se dilate et le sang, qui stationne dans les poumons, ne s’oxygène plus.

La Course de barrières. — En France, la plupart des sociétés de sport pédestre pratiquent un genre de course avec obstacles dénommé « courses de haies ».

Cette dénomination, impropre puisque les obstacles se composent de barrières, doit être attribuée à la traduction erronée qui a été faite du mot anglais hurdle, rendu par « haie »; en sport [lédestre, il signifie « barrière ».

La longueur d’une barrière varie entre 1™,20 et 1'»,50, et la hauteur est d’environ 1"',07.

Le dessin ci-contre représente deux lignes de barrières, modèle réglementaire.

Chaque coureur a sa ligne de barrières. La distance totale est de 120 yards (environ 110 mètres). Il y a unes des autres.

Barrière, modèle réglementaire.

dix barrières placées à 10 yards (9“,15) les

Le coureur de barrières [hurdle-racer) expérimenté ne fait que trois enjambées entre chaque barrière et les passe toutes

sans le moindre temps d’arrêt.

Pour avoir des probabilités d’arriver deuxième, il fautcouvrir la distance en 18 secondes au maximum, si l’épreuve comprend des sujets d’élite.

La Course à travers champs. (Historique.) — En France, les progrès de ce sport salutaire et fortifiant ont été véritablement surprenants. H y a maintenant des éipiipes d’élite; je me bornerai donc à exposer à mon lecteur comment la course à vers champs [cross-roantrg running) a pris naissance et s’est développée en Angleterre.

Hès le commencement de notre siècle les jeunes gens s’amusaient à suivre les diligences au trot. A l’aller, ils s’elTorçaient

Départ d une course du mille.

/.a; piinEsrniA nisme

iV se inaiiilenir à ctMé îles clievaiix; au retour, ils prenaient a travers champs. l*'n IHitl, il lut décidd de ne courir qu’à travers champs, « comme les lièvres font pour fuir les lévriers ».

Voici, en substance, ce qui fut décidé : « Ce jeu est appelé /tare and hounds (lièvre et chiens courants). On fait partir d abord deu.v coureurs, nommés « les lièvres ». Pour marquer la trace

Une course de barrières.

de leur passage, ils répandront des petits morceaux de papier. Cette piste sera suivie par les autres coureurs nommés « lévriers », partant à leur poursuite. »

De 1836 à 1860, ce sport est appelé le crick run (course de craquement), par allusion au bruit de craquement des branches et futaies rompues par le passage du coureur. Le premier record fut inscrit en 1837 ; un lévrier couvrit un mille (1 609 m.) en 4 minutes, 66 secondes. Le premier championnat interclubs eut lieu le 24 février 1877.

Enfin, le mémorable championnat de 1891 réunissait 27 clubs avec 312 partants!

Les Sauts.

Le Saut en hauteur : Style écossais; Projeté droit; Roulé par-dessus gymnastique. — Le Saut en largeur. — La Voltige à la perche.

Le Style écossais. — Les trois modes de sauter que je vais exposer sont, je crois, inconnus en France, et par cela même offriront au lecteur l’intérêt de l’inédit. Le Style écossais (ihe scotch style) ou saut d’enjambée de côté [side-stride jump) est un saut latéral très remarquable. Il donne aux spectateurs l’impression d’un homme projeté en l’air par un ressort quelconque, moulant droit et qui, arrivé à la hauteur de la barre, écarte ses jambes pour se mettre dessus à califourchon.

Le Projeté droit. — Le Projeté droit {the straight-shoot) est un saut magistral donnant aux témoins l’illusion d’une grande marionnette rebondissant en l’air et à laquelle l’habile bateleur tirerait subitement les ficelles pour la faire plier en

avant en deux et l’asseoir sur la barre, gauche.

lUUl

ciiiciit <i

Le Roulé par-dessus gymnastique. — Enfin, le Moulé pardessus gymnastique {the gymnastic - roll- ovcr] n’est pas moins scientifique, comme mode de sauter, que les deux styles précédents. 11 donne aux spectateurs l’impression d’un homme s’élevant en l’air et s’étendant subitement horizontalement en arrière pour se laisser choir à plat sur le dos.

Dans ces trois styles il faudrait passer la barre à 1“,70 pour être probablement dans les deux premiers, après le vainqueur.

Les études techniques du saut en largeur ou en longueur avec élan (rumnng hroadoxx long jump) et de la voltige à la perche {pôle vault), dite, à tort, le saut à la perche {pôle jump), sont aussi intéressantes qu’instructives.

Dans le saut en largeur, tandis que, comme règle, l’athlète français perd l’élan de sa course au moment précis du bond, et ne s’élève en l’air guère plus que s’il sautait à pieds joints, l’athlète classique britannique, au contraire, prend son bond sans le moindie piétinement et s’élève en l’air le plus haut possible. Son corps est ainsi porté en avant, en décrivant une parabole, et la longueur de son saut est considérablement augmentée. En franchissant 6'",25, extrême minimum, peut-être aurait-on, dans une épreuve sérieuse, des probabilités d’arriver deuxième.

Dans la voltige à la perche, le voltigeur ne perd jamais non plus l’élan de sa course ; dès qu’il a planté sa perche devant la barre, il bondit et suit le mouvement ascendant de son engin. Quand sa perche a pris la verticale, il jette ses jambes en avant et passe la barre, après avoir décrit un cercle complet, parfaitement dessiné.

Dans une épreuve ne réunissant que des sujets d’élite, il faudrait passer la barre à une hauteur de 3“*,30 ; peut-être arriverait-on dans les deux premiers, après le vainqueur.

Le manque d’espace de cette revue ne me permet, et je le

Saut en hauteur, style écossais.

Saut en hauteur, projeté droit.

Saut roulé par-dessus gymnastique.

//.l Ll> IN ISM h:

;ir,

(1(! di' vcloppor daviiiila^'o des sujets aussi iiitdressanls cl passioMuaiils. (leiieiidaiit, (;e catuit e.x|i()sd aura suffi ])Our signaler des poiiils esstuiliels, pouvant servir d’eiiseigueiueiit.

l'it je teriiiitie eu nourrissant la douce espérance devoir mes jeunes eanuirades des socic'ili'iS alld(Hi(jues de la iiclle terre de Ki’ance, iiui ont coni|uis ma franelie sympathie, accueillir ma pr(‘S(mte élude avec, hienveillauce et surtoutsans déliance !...

.le n’ai (|ii’un hut ; leur être utile!

HA HA DA r idc Harh),

K<^il;ictcur toi lujique h la flcvue des Jcu.r

SVrvSVfy

L’Alpinisme.

A LA suile, ou, jiour mi(;nx dire, au ilessus de tous les sports connus depuis la |dus haute antiquilé comme niu-essaires au développement des forces physiques de l’homme, tels (jue la marche, la course, la gymnasti(|ue, la lutte, la chasse, la natation, la navigation, etc., nous n’hésitons j)as à placer un sport (jui n’est prali(|ué que depuis un siècle à peine : l’alpinisme.

Que faut-il voir sous ce vocable que l’Académie n’n pas encore jugé à propos d’introduire dans notre langue? Pour les uns, les modéia's, ral|>inisme est la j)romenade en monlagne substituée à la promenade en plaine; [lour les autres, ceux qui envisagent l’alpinisme au point de vue essentiellement sportif, c’est l’excursion à travers les glaciers et les neiges éternelles, c’est l’escalade des cimes rocheuses réputées inaccessibles jiar la difliculté ou le danger (|u’oiïre leur ascension. C’est dans ce sens que l’alpinisme est bien un sport, c’est-à-dire un exercice du corps où la soui)lesse, la résistance, le sanj^-froid permetlent à l’homme d’ajouter une victoire aux conquêtes des premiers dompteurs de montagnes.

Un coup d’œil jeté sur la carte de France suffit pour laisser supposer qu’un sport de cette nature a dû naître chez nous comme dans une terre d’élection et qu’il 3’y est développé bien avant (lu’un autre pays ait songé à le pratiquer. N’avons-nous pas, en ell'et, le droit de revendiquer comme nôtre une notable partie de la chaîne alpine, depuis les Alpes-Maritimes jusqu’à la frontière suisse, c’est-à-dire jusqu’aux cols de Balme et d’Orny, avec des pics d’une altitude souvent supérieure à 4000 et même à 4 500 mètres? N’est-ce

Une ascensiun en rocher ..Grands Cliarinoz, 3 442 in.).

l’iiui. (le M. Alex, hraulf.

point à la France qu’appartiennent ces Alpes dauf)hinoises, dont une [larlie, l’Oisans, est actuellement le rendez-vous des grirnpeui's de tous les pays; car c’est là qu’on rencontre la Meije, les Fcrins, le l’elvoux, etc., dont les sommets dépassent 4 000 mètres? Ne possédons-nous fias aussi une moitié de la

Escalade d’un sommet rocheux (Aiguille de Grépon, 3 489 m.).

Phot. de M. Alex. Brault.

gigantesque barrière des Pyrénées, à l’aspect moins grandiose peut-être que les Alpes, mais dont les principaux pics, du Puy- Mal, de la .Maladetta, du Nethou, du Midi de Bigorre, du Midi d’Ossau et d’Anie, avec des altitudes variant de 3 404 à 2900 mètres, peuvent, aussi bien que les cimes glacées des Alpes, mettre à l’épreuve le courage et la résistance des ascensionnistes?

La chaîne des Cévennes offrait d’autre part aux touristes, avec le Lozère, le Tarare et le Mézenc, des altitudes de l 400, 1800 et 1700 mètres, parsemées de cratères éteints et de roches basaltiques de la plus surprenante originalité; les puys d'Auvergne, avec le Sancy (1897 mètres) et le puy de Dôme (1 405 mètres), pouvaient procurer aux timides les bienfaits d'un sport exempt de fatigues et de dangers... Eh bien! chose étrange! si loin que nous remontions dans l'histoire de F’rance, ces montagnes, à l'admirable aspect, furent pour l’Iiabitant des plaines l'objet d'une indiO'érence absolue ou d’une crainte telle, que c’est seulement au commencement de notre siècle qu’on osa les afqirocher. 11 est intéressant de noter que les premiers héros de la montagne en tentèrent l’escalade dans un but essentiellement hygiénique. Quelques sociétés médicales se formèrent pour exploiter les sources sulfureuses ou ferrugineuses qui abondaient dans les régions montagneuses, et, l'air pur de la montagne contribuant fieut-être plus que tout le reste à guérir les malades, il s’établit bientôt entre la plaine et la monlagne un courant de malades et de gens valides qui ne s’est plus arrêté.

Quant aux pics glacés des Alpes, leur aspect seul terrifiait naguère encore les plus hardis, et les lettres de George Sand à Herbert en sont une [n euve flagrante (1). 11 a fallu le courage du I)'' Paccart en 1780 et du savant de Saussure pour oser s’aventurer sur les pentes glacées, recouvertes de neiges éternelles, du mont Blanc.

Puis, peu à peu l’esprit s’est enhardi; on a osé regarder de plus près ces colossales pyramides de glace et de rocher, et l’émulation a fait, en moins d’un siècle, ce (jue la crainte avait empêché de faire dej)uis les temps [u'éhisloriifues, à tel point.

(i) Voir \n)u du ('. A. 1896 : Excursions romantiques à la mer de Glace: par M. li. Buicükault.

// 1 LPINISME

qu'aujourd’luii les cimes vier^^es ilisiiaraisscMl iieu à peu et (jue c'est au delà de l’Atlaiiticiue (|u’il faut aller les clierclier.

D’ailleurs, nous u'oublieroiis pas d’ajouter (jue si raliùiiisiue est tlorissaut aujourd’hui , c’est à la création des clubs alpins qu’il le doit. Ces sociétés, aujourd'hui très noiiihrenses, existent dans presciue tous les pays d’Kuiope, et si le nombre des inenibres s’est remarquablement dévelopi)é dans le Club Alpin français, nous devons à la vérité de dire ([u’au point de vue de l’audace ce sont les Anglais qui tiennent la tête. Cens de sport avant tout, les Anglais semblaient n’attendre (jue la révélation de l’al|unisme pour s’y jeter à corps perdu. Mais nos sections françaises commencent à se perfectionner, et il n’est pas douteux (pie notre Club alpin n’acquière une importance toujours grandissante.

I.a promenade en montagne développe, à coup sûr, plus ([ue la promenade en plaine, le jeu des poumons et de la plus grande partie de notre musculature : l’effort continu pendant plusieurs heures, sur un plan incliné, oblige le marcheur à une gymnastique considérable des poumons favorisant au plus haut degré l’élimination des toxines que fabrique sans cesse notre organisme. L’exercice continuel des muscles de la jambe et de la cuisse font acquérir à ces parties de notre corps une endurance et une force qui, avec un entraînement raisonné, peuvent devenir considérables. La manœuvre du piolet dans les pentes glacées où le touriste est quelquefois obligé de tailler successivement jusqu’à 1 20ü et 1 300 marches dans la glace (arête du Roththal à la Jungfrau, Bosses du Dromadaire au mont Blanc, pentes du col Dolent, etc.) donne au bras une vigueur incomparable; je ne parlerai que pour mémoire de l’escalade des murailles de rocher où, pendant huit ou neuf heures, on est suspendu, la plupart du temps par les poignets au bout d’une corde, ou bien les doigts crispés sur une lame étroite de granit. Le port continuel du sac sur le dos contribue à donner aux reins une résistance qu’on est heureux de trouver chez nos braves soldats. On peut donc dire, sans exagération, qu’au point de vue physique l’alpinisme est un sport dans lequel pas un seul de nos muscles ne reste inactif.

Ajoutons que la pratique modérée de l’alpinisme mérite d’être encouragée chez les femmes et même chez les personnes dont la santé est délicate.

11 est évident qu’un pareil exercice au milieu de la pureté de l’air ambiant est au plus haut point, salutaire. Les analyses chimiques et bactériologiques sont, à cet égard, absolument aflirmatives. Au point de vue physiologique, les expériences de Paul Bert ont démontré que le sang des animaux (il en est de même des hommes) vivant sur les hauts plateaux, à 3 000 ou 4 000 mètres, renferme plus d’oxygène (21 pour 100) que celui des mêmes animaux vivant dans la plaine (12 à 13 pour 100). Mùntz a constaté que le sang de lapins de choux parqués pendant un an sur le pic du .Midi devient plus riche en hémoglobine que celui des lapins vivant au pied de la montagne.

La température dans les régions élevées est toujours relativement basse, et beaucoup de villages des Alpes savoisiennes ou dauphinoises sont recouverts de neige pendant six ou huit mois de l’année; c’est là une raison qui tend à diminuer la teneur en

Une cordée sur la neige fraîche (descente du col de Sainl-Thcodulej.

Phot. de M. Au". Robin.

Sur le passage d’une avalanche (descente de la Bella Tola).

Phot. de M. Alex. Brault.

bactéries de l’air des montagnes.

Les ex[)éiienccs de Miquel ont nettement démontré que le froid diminue le nombre des bactéries dans l’air; les expériences du même savant sur l’inlluence de l’altitude sont aussi concluantes, puisque, d’après elles, on a pu admeltre que vers 3ü(JÜ mètres l’air peut être considéré comme biologiquement pur.

Pasteur avait, du reste, montré antérieurement que l’air de la montagne, à des altitudes relativement faibles, ne renferme guère

qu’une bactérie par mètre cube, c’est-à-dire une quantité absolument négligeable. L’air de la montagne peut donc être considéré comme dépourvu de microorganismes pathogènes, et cette propriété, jointe à celle d’augmenter la quantité d’hémoglobine du sang, suffit à démontrer tous les bienfaits que peuvent devoir à l’alpinisme les êtres humains de constitution délicate ou de santé chancelante.

Considéré à un autre point de vue, l’alpinisme est une école de résistance de sang-froid et de sagacité. IN’est-ce pas une véritable science que celle qui nous apprend à reconnaître le côté accessible d’un pic qui, à première vue, semble devoir défier tous nos efforts; à éviter l’avalanche prochaine dans un couloir exposé aux chutes de pierres ou de séracs ; à découvrir la crevasse perfidement cachée sous un voile de neige trompeur, à reconnaître le précipice que cache une corniche de neige. Un pareil exercice tient l’esprit sans cesse en éveil; il n’y a pas un geste qui ne soit calculé d’avance, et dans certaines escalades on voit l’alpiniste rester quelquefois des minutes, des heures même, au pied d’une muraille en apparence infranchissable, cherchant à voir chacune des saillies qui pourra le supporter ou à les deviner si l’œil ne peut pas les apercevoir; que de fois, en un mot, rintelligence exercée de l’alpiniste supplée merveilleusement à la faiblesse d’un de ses organes!

Ecole de résistance, si l’on considère que, le plus souvent, pour escalader un sommet assez élevé, l’ascensionniste doit quitter son gîte la veille de l’ascension proprement dite, pour passer la nuit à une altitude de 2 0UU, ou même de 30ÛU mètres par une température qui peut descendre tle b” à 10“ au-dessous de zéro, sous l’abri rudimentaire de quelque mauvais rocher, sur les bords d’un glacier, le sac sous la tête en guise d’oreiller et enveloppé dans une couverture qui le protège plutôt mal que bien contrôle froid et l’humidité. Aux premières lueurs du crépuscule, quelquefois même avant, il plie bagage, avale à la hâte une tasse de thé ou de café qui « semble » chaud, et en route !

C’est alors que va commencer l’escalade, cette gymnastique forcée qui peut durer jusqu’à vingt heures pendant lesquelles le corps et l’esprit rivalisent d’adresse et de sagacité, pour lutter contre les difficultés que semble accumuler contre eux la nature sauvage et brutale. Que dire du sang-froid au(}uel doit faire appel l’alpiniste, au cours de ses escalades à travers les rocs et les séracs’/ que de fois il est obligé, suspendu à une corde, aussi solide sans doute qu’il a pu la rêver, mais dont un choc violent sur une arête de glace ou de granit a compromis trop souvent la solidité, de se balancer dans le vide ou de ramper sur une corniche de rocher de quelques centimètres de largeur, pour franchir ensuite, d’un bond, une coupure qui lui barre le chemin! Et lorsqu’il descend un couloir glacé dont l’inclinaison se rapproche de la verticale, avec la perspective, si jamais le pied venait à glisser, de rouler au fond de la crevasse dont il

LA NATATKtN

!i|iei'c()it los jiarois l)i\'uitf“s ela/.un'os, rasccîiisioiiiiisie ne <loil-il lianfaii'i' a()|)(!l à toul sou saiif,'-ri'oi(l, à tout sou coui af^c, à loute sa force iiioi ale ?

Mais ('-'(isl aussi peiulaiil c.e leiu|is(]ue ral|iiuist(; peut savourer leiiieiiieul l(!s s[)ec(acl(îs ^'raiulioses (jui s’oil'rent successi- V(“uieul à lui. Il airive au soiiiuiet si ardeuiineiit convoiU', les veteiiieuts et les mains (lée-liiri's |)euL-(M,r(! jiar les asjx'rités du roc, mais enlin Iriomidiaut, et là, seul en face de la nature, atome intiims au milicni de ce chaos (ju’il domine et dont le spectacle ^uaiidiose le récompense lar^'emenl de ses elToi ts, il s eleve au-dessus de ce monde d’éf'oïsme et d’envie, il se sent devenir meilleur et, dans un suhiime élan de reconnaissance, son (‘S|n it s’envohï au delà de l’intini |>our remercier le Créateur de lui avoir fait la grâce d’un de ces s|)ectacles inouldiahles dont le souvenir illuminera dcisormais son àme.

Au point de vue intellectuel, l’alpinisme j)rocure encore des Jouissances à ses adeptes. Si nous avons décrit, dans les lignes qui |irécèdent, les excursions réservées aux plus intrépides et aux mieux doués, celles qui, tout en présentant certaines difticulté's, laissent à l’esprit de larges champs d’exploration ne sont pas rares. C’est alors (ju’il peut étudier sur place la nature des roches, et (jue de leur forme même de leur aspect extérieur il [)eut conclun^ à la cause (pii leur a donné naissance. C’est sur place, également, que l’esprit se reimrte aux ternjis préhistori(pies, aux époques de la formation des glaciers, de leurs évolutions, à la cause des neiges éternelles, et songe à ces problèmes dont la science n’a pas encore donné la solution définitive...

Mn résumé, l’alpinisme, considéré comme sport, mérite d’avoir une |ilace à part au milieu de tous ceux qui ont été créés pour l’amélioration physi(|ue ou morale de la race hu-

Olissades sur un talus de neige (descente du col de Salenton).

Phot (le M. Alex. Brault.

maine. Au développement de la force corporelle de l’individu il ajoute celui de son domaine intellectuel; en même temps que des elTorts musculaires considérables, il provoque l’efiort mental, puisqu’il exige toujours une certaine pénétration jointe à un grand calme de l’esprit, et il n’est pas douteux que l’alpiniste digne de ce nom n’apporte, dans la vie ordinaire, un peu de cette saga(’ilé et de ce sang-froid dont il a fait preuve lors- (pt’il escaladait les séracs de glaces ou les rochers qui se dressaient comme des géants menaçants devant lui.

Ce serait nous rendre coupables d’ingratitude que d’oublier, dans une étude sur l’alpinisme, le rôle considérable réservé aux guides, ces braves gens qui, pour un modique salaire, n’iiésitent pas, autant par dévouement que j)ar devoir professionnel, à partagei- les dangers auxquels est exposé l’ascensionniste. Et lorsque nous disons partager, nous diminuons certainement leur rôle. Toujours en tète de la cordée, le guide précède le voyageur dans les passages difficiles, il l’aide de la corde, du piolet, de la main, et répond de lui comme un capi-

taine (le son navire. Toujours le [uemier à la montée, le dernier à la descente, c’est à lui, s’il y a du danger, (lu’incombe la jdace la plus exposée, à lui ()ue sont réservées les fatigues, sans jamais [)ouvoir compter', la plupart du temps du moins, sur I aide de son voyageur (ju’il doit ramener sain et sauf de l’ascension (ju’il a consenti à faire avec lui. C’est aux guides (jue les jiionniers de l’aljûnisme doivent leurs plus belles con- (juêtes; ils ont toujours fait preuve d’une abnégation et d’un dévouement tels (jue, (juoi (ju’en disent certains j)artisans des courses sans guide, nous ne devons jamais l'oublier.

ALEXANDRE IlUAlJLT (1),

Avocat à la cour d’appel de l’arU.

La Natation.

Les conditions de sécurité dans beau. — La sécurité dans l’eau est inséparable d’une somme de savoir-faire, (jui comprend :

1» La brasse ou I’abc, donnant l’illusion qu’on sait quelque chose.

2“ La progression sur le dos par mouvements de jambes, avec ou sans participation des bras, utile, sans parler de l’agrément, jrour ménager la respiration.

3° L'iminobtlilé sur le dos (la planche), les bras flottant audessus de la tête, celle-ci bien renversée, le masque seul émergeant ; détente complète avec ampleur respiratoire ; moyen précieux en cas de malaise et d'épuisement.

4“ La coupe ou progression sur les côtés alternatifs, plus rapide que la brasse, suivant les sujets.

3° La cou//e anglaise, mode harmonieux et lapide de progression, le corps couché sur un côté, le bras d’avant tournant verticalement sous l’eau comme une aube, l’autre ramant à la surface, le chef plongeant à chaque avancée, coup de jarrets ordinaire. Cette manière, en usage chez les professionnels, n’est jias à la portée de tout le monde, en raison de ses puissantes reprises respiratoires et de la dissymétrie du travail des bras.

G" Les évolutions sous l'eau, les yeux ouverts.

7" La plonge : a) pieds premiers — b) tête première, où le corps, fortement penché en avant, se lance et entre obliquement dans l’eau, droit comme une flèche, grâce à la mise en œuvre de toutes les jiuissances extensives, sauf celles de la tête, qui doit être bien fléchie, menton sur poitrine.

S® La natation babillé et les manœuvres de sauvetage.

SJ“ \,' accoutumance progressive au froid par les bains d’arrièresaison, avec chaque fois entrée dans l’eau tête premüœe, et rhabillage sans essuyage.

Voilà ce qu’on appelle les moyens du nageur. En possession de ces moyens, l’homme pourrait prendre des bains froids en toute saison sous la calotte des deux. Mais, sans parler du préjugé, l’éducation aquatique est rarement poussée à fond. Y a-t-il à cela des difficultés'.' Non. Pourquoi donc les bons nageurs sont-ils si peu nombreux? Parce que la peur arrête en chemin beaucoup d’élèves : la difficulté est d’ordre psychique.

Les disposi- , lions psychiques.

— Convenons-en, nous avons peur dans l’eau, bien que, plus légers qu elle, nous y jniissions flotter, et (jue nous soyons aussi bien structurés pour la nage que pour la marche. Mais la civilisation a fait de nous, cérébralement, d’autres hommes que nos ancêtres de l’âge lacustre, et nous sommes hydrophobes de par notre éducation physique, l’hérédité, notre culture intellectuelle même, empreinte d’une j)oésie qui de tout temjjs a chante la jierfidie de

(1) Nous avons (ju lo trc.s vif rogrot d'apinviKli'C 1(( iiioi-t do notre cininont collalioratcuf, (l(jc('(lé queUjucs jour.s avant la lUiblicaLiun do son très intérossaui article. — l'b. T.

La planche.

Lo brasse. — Première position.

Deuxième position.

Troisième position.

l’élément liquide, incarnée dans les séduisantes et dangereuses sirènes. C’est au point que l’homme tombant à l’eau sans moyen de défense s’affirme immédiatement qu’il est perdu et que, s’il retrouve après cela quelque énergie, c’est pour faire juste le contraire de ce qu’il faut ; crier, se raidir, se débattre et disparaître sous l’eau qui n’en peut mais.

,1e m’attends bien à quelques démentis de ces amateurs qui, nageurs nuis ou médiocres, ne voient dans le bain froid que le délassement des jours caniculaires. Mes contradicteurs s’ignorent, leur hydrophobie est latente et ils vont s’en convaincre en faisant un retour sur eux-mêmes, après avoir avec moi sondé les cœurs et les reins de ces quelques élèves qui se mettent dans les mains du maîire pour apprendre et se perfectionner.

Voici d’abord le débutant : homme ou enfant, quel mal il se donne pour... rester en place et bientôt s’enfoncer, n’était la ceinture! C’est qu’il met dans ses mouvements désordre, raideur et précipitation, alors qu’il faut au moins douceur et souplesse. Sentiment dominant : la peur. Un été n’est pas trop pour qu’il sache brasser, si toutefois il ne capitule pas dès le début avec son émotion. En possession de la brasse, souvent il s’en tient là, n’ayant plus de volonté disponible. Qu’il se console ! il représente la majorité : les nageurs hydrophobes (1). Voici maintenant l’élève plongeur. Il brasse depuis longtemps; la corde dont il est attaché, la présence du maître, l’exemple de ceux qu’il voit plonger tous les jours lui sont autant de garanties. Oui... mais... sous l’eau? si j’y restais!!! Bref, il faut un juron du maître et les quolibets des assistants pour le décider, et il remonte en riant de sa peur. Malgré cette première victoire, ce sera parfois à recommencer pendant plusieurs jours, et surtout quand il s’agira de sauter dans l’eau sans corde ni ceinture. Le voilà ensuite piquant sa première tête. 11 a bien regardé les plus forts que lui, bien compris la leçon du maître, mais, de peur, il fait un plat-ventre et sort de l’eau, la figure, le ventre et les cuisses écarlates. Que sera-ce quand il gravira les deux ou trois étages de la girafe? Il en redescendra pedibus plus d’une fois l’escalier. Quand enfin il sera bon plongeur, qu’est-ce qui aura triomphé en lui? La force? l’adresse? Non, la volonté aura vaincu l’hydrophobie. La peur fait avec l’élève toutes les étapes de l’apprentissage, et maint bon nageur la retrouve pour quelques instants au premier bain de la saison.

L’action sur l’organisme. La réaction typique. — Les effets physiologiques du bain froid sont-ils en rapport avec pareille perturbation psychique? Nullement. L’aclion de l’eau froide sur l’organisme se borne à l’anémier légèrement, par le retrait qu’elle imprime aux parois contractiles des artères, retrait d’autant plus prononcé que le bain est plus froid ou seulement plus prolongé. Le sang qui circule en moins dans les artères s’écoule dans les veines, deux fois plus nombreuses que les artères, plus largement calibrées et plus élastiques. Il n’est donc pas besoin d’invoquer des stases ou des congestions profondes. C’est là une donnée antiphysiologique sanctionnée par l’expression impropre de phénomènes de concentration profonde , souvent employée dans la langue hydrothérapique. S’il est un organe tout prêt, semble-t-il, à se congestionner dans l’eau, n’est-ce pas le poumon? Eh bien, le poumon dans l'eau ou sous l'eau aux plus basses températures est exempt de tout encombrement vasculaire. La pratique de la natation hivernale nous a amené à cette conviction que l’homme dans l’eau glaciale respire aussi amplement qu’à l’air libre. Si les évolutions sous l'eau sont l’hiver moins faciles que l'été, c’est parce que les muscles inspirateurs, agents de l’elTort, participent au degré individuellement variable d’anémie généralisée que le froid imprime à l’organisme, et subissent une dimi-

(1) Les Nageurs hydrophobes (Bordeaux, « Revue des jeux scolaires », août et septembre 1897).

nution d’énergie proportionnée : le poumon n’a rien à y voir. Les émotifs, que nous voyons dans l’eau angoissés et parfois tétanisés au point de prendre le masque turgide de l’asphyxie, ne sont en proie qu’à des spasmes musculaires du thorax. Anémie généralisée croissante, voilà en somme le seul risque que court dans l’eau froide un organisme sain.

Après le bain, la réaction. Prenons-la sur le vif, après un bain hivernal en plein air, l’eau entre 8“ et 2''. La réaction est alors à son maximum d’énergie; mais, loin de tout confort, pour se maintenir elle exige certaines précautions. Voici celles auxquelles la pratique nous fait de beaucoup donner la préférence : attendre nu et immobile, à l’abri du vent, cinq ou six minutes — se rhabiller lentement sans s’être essuyé. La chose paraît étrange mais s’explique. En vertu de la vaso-dilatation réactionnelle, le sang ramène la chaleur à la peau; mais celle-ci la cède immédiatement aux corps en contact avec elle, et cela en raison même de leur conductibilité. Celle-ci est-elle très prononcée, comme dans les étoffes, la soustraction de calorique est extrême, au point qu’essuyage et frictions peuvent, en exagérant le léger degré d’anémie avec lequel on sort de l’eau, provoquer une syncope; est-elle, au contraire, minime, comme celle de l’air, le fait de rester nu permettra à la peau d’accumuler de la chaleur et d’en céder sans grand dommage quelques minutes plus tard au linge et aux habits. Cette méthode de réagir est le secret de la natation hivernale, sport inusité, mais des plus légitimes par son charme et son utilité (1).

Le mécanisme des accidents. — Après ce que nous avons dit, d’une part, de l’état mental, de l’hydrophobie patente ou latente du nageur insuffisamment entraîné, et, d’autre part, de l’action anémiante et non congestionnante de l’eau froide, le mécanisme des accidents en cours de natation est facile à élucider. Laissant aux clichés de faits-divers la congestion et l’indigestion, nous dirons que c’est le plus souvent la peur qui fait les frais de la mort de maint nageur réputé accompli. Qu’il soit troublé dans sa routine par une circonstance inaccoutumée : vertige, crampe, changement de milieu, éloignement, isolement, idée du danger et autres facteurs d’ordre subjectif ou objectif, dont son émotivité seule fait l’importance, le voilà en proie à la panique, cette folie instantanée. Alors la submersion s’opère de par l’ataxie des mouvements ; contractions désordonnées, cris, spasme du peaucier, ce muscle de l’effroi, et béance de la bouche, expiration forcée et sortie des bras de l’eau en appels désespérés, double faute qui renverse le rapport de densité du corps et de l’eau. — Ou bien la submersion est instantanée, mystérieuse, la peur provoquant une brusque syncope avec ou sans entremêlement d’un élément artério-spasmodique. — Celui-ci est plus certainement en cause dans ces disparitions subites de nageurs prolongeant un bain froid au delà de leur résistance cérébro-vasculaire. La constriction des vaisseaux par le froid va en s’accentuant et provoque une syncope par anémie cérébrale, d'ordre circulatoire, par opposition à la précédente, qui est A’ordre nerveux ou inhibitoire. Aussi tout nageur doit-il avoir dans ses moyens l’immobilité sur le dos, absolument antisyncopale par son horizontalité. — Enfin, une tête mal piquée de haut, si le chef n’est pas fléchi menton sur

(i) La Natation hivernale et son mode réactionnel (Bordeaux, « Revue des jeux scolaires », avril et mai 1898). — Considérations sur l’action de Veau glaciale et la réaction consécutive (Congrès d’hydrologie de Liège, sept. 1898. Bull.).

f/ A TU LKT ISM R

itio, raiisn iiii rlior frontal (romniotion cf-rf-Oi alo) (|ui peut ne pas laisser au jiloiif’our le temps di; se ressaisir avant <ie lemoiiter à la siirfare. l a liaiileiir doit donc (^Ire f-uaduée dans les exercices de plonge'. Il y aurait lieu d’invofjuer encore le clioc de l’estomac, SI le di'diutaut qui fait un plat-ventre n’en atténuait pas iiistiiictivemenl. la violence par la llexioti des cuisses, j'este défensif de la peur, lind', quatre chefs de submersion : nlarir

l'iiKil iinini'lli niutlidnitclk — sjiitcoiie jtar on/'niif- ch i'hrnlc

chiif relevanl lous quatre d’un entraînement in-

comphit.

Les sec.oius (ui cas d’accident consistent cm sttsjn’nsion /mr h's incinhri’s inférieurs i/rrc secousses et lutlnncetnent.s \Md\iv ramener le sanj; dans le cerveau, Iraclionsdi' la lanj;ue et respiration artificielh*.

(lymnaslicpKï rih r tsd ive, (îxtensive et lespiratoire, la nalation est avant tout une (H:ole de volonté, |iréventive des névroses, (ju’il faut fré(|n(‘nlei’ longtemps et de bonne beure, dès sei)t à huit ans. A ce dernier titre elle n’est pas ass(‘z ap|)réciée.

1" 'I' U K 11 I II X (/le Sl-IJu.ciiliu, Aisne).

L’Athlétisme.

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