I. — La Lutte
IA lutte, symbole des rivalités humaines, naquit du jour où se trouvèrent eu présence deux êtres que le coiillit de ^ leurs intérêts préci|)ita l’un sur l’aulre, riiomine ne conliaut encore qu’à la supériorité de sa force jiiiysique le triomphe de ses passions. Llle ne fut alors, duel souvent mortel, (jue le choc inconscient d’existences qui cherchaient à se réduire sous l’instinctive étreinte musculaire, jusqu’au jour où la civilisation, la transformant en joutes athlétiques, n’en réserva plus qu’aux rixes et aux batailles le caractère sanj^lant.
D’après la tradition, cette origine gymnique de la lutte, c’està-dire sa codification en vue des jeux du cirque, remonterait à la plus haute antiquité, car la légende rapporte ((u’Hercule et 'l’hésée la mirent tous deux en honneur aux jeux Isthmiques et aux jeux Olympiques, après l’avoir eux-mêmes empruntée à r.Arcadie où Lycon aurait été le créateur de ce genre de comhats. Plus tard, la lutte devint en Grèce l’un des principaux j(‘ux athlétiques, et ses champions n’y furent pas moins fêtés jadis que ceux du disque ou du javelot. A Sparte même, la plus belle était la récompense du plus fort et, chose encore plus étrange pour nous, Lycurgue employa, dit-on, la lutte et le prix de sa victoire comme un puissant ressort de législation.
Les temps ont bien changé... Aujourd’hui, la lutte est mise à l’index, et l’on ne s’attarde pas à discuter le problématique avantage d’un exercice considéré comme une profession brutale, et l’apanage d’hercules forains ou de gens sans aveu qui font métier de dépenser à l’aveugle une force que l’on croit s’être développée chez eux au détriment de l’intelligence.
La lutte a été calomniée. Loin d’être proscrit, son enseignement devrait trouvei' (dace à côté de celui des divertissements
les plus en vogue, sinon dans les établissements scolaires, du moins dans les sociétés athléti(]ues, si tant est que son intérêt lui-même et son caractère hygiénique ne dussent suffire à eux seuls pour jirovociuer et justifier la création de cercles ejui lui fnsseni consacrés.
La lutte, en elfet, renferme au plus haut degié ce desideralum de la culture jdiysiijue, à savoir le mouvement général du torse {‘A. des membres, l’égal entraînement et assouplissement de lous les muscles, c’est-à-dire le fonctionnement uniforme et parfait de l’organisme entier’, l’ésultat (jue n’amène jamais ou de façon très incomplète la pratique des exercices les plus courants. Gonsidérons, par exemple, le pédestrianisme, le saut ou la vidocijrédie, et nous ver rons facilement que, dans leur pratique, les jambes se développent exagér-ément au détriment des bras et du torse.
La lutte, au contraire, par la diver-sité des coujis qu’elle comporte, la multiplicité des positions imprévues et des efforts qu’elle eirtraîne, fait qu’aucutt muscle, aucun tendorr ne reste inactif et ne jrcut s’atro|ihier ou ne point se développer. Tel nrusch! rnêrtte qui n’aurait jamais été mis en rnouverrrent par la pratique de tout autre exercice se trouvera inévitablement intéressé et développé par la lutte. Car, ici, les pieds « travaillent » autant que les mains, les membres inférieur-s à l’égal des membres supér ieurs, les muscles de la poitrirre et du veirtre aussi bien que ceux du cou, des épaules, du dos et des reins. Enfin, résultat que peut seule amerrer la lutte, le contact immédiat et constant de l’adversaire exerce sur soi contrne une sorte de massage occasiomré jrar de multiides pressions sur tout le corps et qui provoque, en dehors de l’exercice actif des fibres musculair es produit par un effort voulu, des réflexes ou réactions passives du muscle qui le développerrt également.
Sans doute, dira-t-on peut-être, convaincu que l’on sera de l’effet salutaire jiroduit par la lutte, c’est biett un exercice hygiénique, mais c’est aussi un exercice d’acrobates ou de déclassés, sans compter qu’il est brutal et dangereux.
Que l’on se détromjie : la lutte n’a rien de déslionoratrf, et le tort (lue l’on a est bien d’entrevoir eu elle ceux ([ui, jusques à ces dernières années, furent seuls à la praticjuer. On commence, d’ailleurs, à le contprendre si bien, qu’aujourd’hui nombre de gens du monde ne craignent jias de s’adonner à la lulte, et qu’on revient de cette erreur étrange qui fait que certains croient dérogei- en prati(iuant fel ou tel exercice, tandis qu’ils pensent se donner un vernis aristocratique en se livrant à quelque divertissement qu’ils tiennent pour chic.
Quelle est, d’ailleurs, l’innovation ou même la rénovation qui n’a pas ses jaloux ou sceptiques détracteurs? De quelles épithètes peu flatteuses n’a-l-on point qualifié les propagateurs de la bicyclette à ses débuts, et quelles sont pourtant aujourd’hui, à part celles qui n’en peuvent user, les personnes qui songent à la critiquer, quand elles ne sont pas les premières à « pédaler » ?
Il ne saurait être davantage question de danger dans la lutte, c’est-à-dire de danger immédiat et certain, d’accidents inévitables et forcés. Ici, comme ailleurs, tout est affaire de mesure et de prudence, et l’on ne connaît point d’exemple qu’un accident se soit produit au cours d’une « prise » régulière. Disons même que la lutte est un des exercices les moins dangereux, car, tandis qu’en équitation et surtout en vélocipédie l’on a chaque jour de graves accidents à déplorer, c’est exceptionnellement ([ue deux lutteurs se blessent entre eux, et toujours pour avoir violé (jnelque règle élémentaire de la lutte.
Il ne faut point croire, en elfet, (jue celle-ci veuille seulement l’aveugle emploi de la force et demande ([u’on essaye, sans observer aucun principe, de « tomber » son adversaire.
S’il en était ainsi, cet exercice, (lui réclame le maximum de tension musculaire dans les positions les plus imprévues, présenterait un danger permanent. Aussi certaines « prises »
sont-elles proscrites comme ne permettant pas de résister sans danger à un elfort violent. Voilà pourt|uoi la lulte bannit encore tout ce (jui n’est pas un « coup » par enlacement des membres supérieurs, mais un » cou[) »
p.ar choc, comme celui résultant d’un
lutte. — 1" Coup de hanche en tète à droite paré, riposte du coup de ceinture en arrière, parade du même coup p.ir la feinte du double temps de bras roulé du tour de tête. — 2" Coup de hanche en tète à droite. — 3" Coup de hanche en ceinture à gauche.
L’À Tii ij> T ISM r: