U ESC HI ME
les idées siirf'issatil dans le rerveaii, encoia; faut-il que les niouveiiienls du euriis oliéissi-iit aux conceiitions de rintelleet, et la plus savante tactiijuo sciait nulle dans ses effets sans la facilité d’exécuter les coups. I,’ « à-[ii'o|ios », (pialité maîtresse ilu tireur, est un Irait ipii jiart à la fois de l'esprit et de la main.
I.’assautd’armes! I.ulteoù la force jiliysique a son réle nécessaire. Jeu d’adiesse dans lequel la soiqilesse triomphe. Combat passionnant où les lames se frôlent, se liressent, se dérobent, se cbercbent, se heurtent. Art [dein de noblesse et de grâce, qui donne aux esci imeurs, dans le feu môme et les émotions du combat, la tète hère, les bras harmonieux, les gestes élégants, tandis ipie le coi jis est marlialement campé en garde ou vivement (danci! dans l’éclair de l’attaque. Science profonde. Le grand tireur lit dans le jeu de son adversaire, discerne le couji <|u'il prcqiare, déjoue ses calculs, maîtrise sa vidonté, le fascine, l’altii'e dans un mouvement fatal où le voilà « découvert » : c’est à cet instant iiue le lleuret, prompt comme la pensée qui l’anime, jiart sous l’élan simultané du bras (|ui s’allonge et du jarret qui se détend, et pose à l'endroit choisi sa pointe victorieuse.
Il n’est pas autre forme de lutte ou de combat, autre jeu d’adresse ou de science, qui fournisse un plus complet aliment à l’activité des facultés physiiiues, intellccluelles et morales de la personnalité humaine. Puissance musculaire, soujilesse, sensilùlité', énergie, audace, prudence, savoir-faire, inspiration, tout agit, se dévoile, s’épanouit dans l’assaut d’armes. Aussi n’est il jias d’exercice j>lus éuninemment salutaire. L’escrime assouplit et fortifie les muscles, développe la cage thoracique, met de la fierté dans l’allure; et l’homme y jieut encore cultiver les qualités les plus précieuses de sa nature psychique: l’intelligence, la volonté, le sang-froid.
Aux yeux des femmes, ce spectacle a du prestige et de l’attrait; il (Woque en leuis imaginations des visions de joutes autiijiies, de tournois, de chevaliers. Le simulacre d’un combat d’homme à homme, la séduction de mouvements souples et félins, le bruissement des fers qui discutent, la magie des feintes subtiles, les ripostes du « tac au tac » ; puis l’immobilité, le silence, l’attente, la ruse en éveil, et soudain un appel sonore, un son sec de métal, un mince rellet, la détente imprévue d’une foudroyante attaque, leur font battre le cœur et les mains.
Un jour peut-être, avant que soit promulgué le code international universel, deux nations ennemies, sur le point de mettre aux prises des milliers ou des millions d’hommes, songeront, pour épargner de nombreuses existences, à confier à deux épées combattant en champ clos le sort de leurs destinées. En garde, messieurs ! Oui sait si l’un de nous n’aura pas l’honneur de croiser le fer pour la patrie ?
HENRI GROSSARD,
Avocat h la Cour d’appel de Bordeaux.
Il existe actuellement à Paris un grand nombre de sociétés d’escrime :
— La plus ancienne en date, qui est aussi la plus importante, est la Société d' Encouragement de l'escrime, fondée en 1881 par M. Ilébrard de 'Villeneuve, conseiller d’Etat; elle a été reconnue d’utilité publique en
181)2. Son but est de développer le goût des armes. Elle compte actuellement GOO membres disséminés dans toute la France.
La Société d’Encouragement de l’escrime organise trois grands assauts par an, lesquels ont lieu dans la salle des fêtes du Grand-Hôtel; le premier en l’honneur de l’armée; les deux autres sont des concoursentre lesélèves des écoles de Saint- Cyr et Polytechnique, et les élèves des écoles et lycées. La Société prête aussi l’appui de son patronage à d'autres assauts organisés par les professeurs, les prévôts, au bénéfice de leur caisse de secours mutuels, et aussi au profit d’œuvres de bienfaisance.
Le président, toujours le même depuis la fondation de la Société, est M. Ilébrard de Villeneuve; le secrétaire général, M. Armand de la Frémoire; le trésorier, M. Charpillon. Siège social, 10, me Blanche.
— Le Gonire de quarte a été fondé en 1885. But : réunir les membres en plein air pendant la l)elle saison, poules à l’épée; l'hiver, assauts au fleuret, salle iMimiagiie-liouIeau. 130 membres. Ih'ésident, M. Théophile Ijcgrand; secrélaire, .\'I. Lami. Siège social, chez le président annuel.
— L’Escrime f’raiiçiiisc, fondée en 1891 |)ar MM. Vavasscur, Tliéophile l.egrand, Ghevillard, Beauvoix-Devaux, h’ranconi, etc.; cette Sociélé ne pratique que le lleuret, refuse tout droit de cité è l’épée. 150 membres. ’J’rois ou (|uatre assauts annuels au fleuret. Siège social, chez le pré.sidcnt annuel.
— Société (le V Escrime à l'épe'c, fondée en 1893 par M. Daniel Cloutier. But ; pi'atique excli(sive de l'épée de combat, du jeu dit « de terrain )). 300 membres. La Société de l’Escrime à l'éfjée donne une réunion par mois; à cette réunion ont lieu des poules à l’épée, selon le règlement de la Société, qui se rapproche autant que possible des règles observées eu cas de duel; les gagnants obtiennent pour récompense une médaille offerte par la Société. Les réunions ont lieu au lycée Carnot, l’hiver dans le préau couvert, l’été dans le préau en plein air. Président, M. Edgar de la Croix; secrétaire, .M. le comte Gaston de Bochefort; trésorier, M. le capitaine Bizot Siège social, 10, rue Blanclie.
— La Jeune Epée, fondée en 1892 par M.M. Joseph-Kenaud et Louis Perrée, alors rhétoriciens au lycée Condorcet; donne pendant la belle saison une réunion mensuelle h l'épée de combat en plein air; l’hiver, des assauts au lleuret et à l’épée dans les principales salles d’armes. 130 membres. Président, M. Georges Bureau; secrétaire, M. Plommet. Siège social, 2, rue Pigalle.
— Le Sabre, fondé en 1897 par M. Adrien Guyon. But : vulgariser l’escrime au sabre. Donne une réunion par mois, selon la saison; en plein air, ou dans un endroit couvert. 120 membres. Président, M. Adrien Guyon; secrétaire, .M. Henri d’Ilauzen de Weidesheim; trésorier M. .Jacques Froment-Meurice. Siège social, 10, rue Blanche.
— L'Académie d'Armes fut fondée en 1886; c’est une association de professeurs d’escrime. Elle a choisi son litre en souvenir de l’ancienne communauté des » Maîtres en faits d'armes de la ville et faubourgs de Paris», qui datait de 15G7. Elle a pour but d’établir entre les professeurs des rapports constants de confraternité et de créer un centre commun d’études sur l’ai-t des armes. L’Académie d’Armes se compose de membres titulaires, de membres auxiliaires, de membres honoraires et de membres correspondants. Le nombre des membres titulaires est fixé à vingt-cinq; ils portent le titre de maîtres d’armes de l’Académie de Paris. Ils ne sont reçus qu’après un stage et un examen très sérieux. Les membres auxiliaires portent le titre de maîtres d’armes adjoints de l’Académie de Paris; les conditions d’admission sont les mêmes. Les membres honoraires sont nommés en assemblée générale; ils sont choisis parmi les amateurs d’escrime réputés ou parmi les bienfaiteurs de l’escrime. Les membres correspondants sont nommés de même; ce titre est réservé aux professeurs établis en province ou à l’étranger. L’Académie d’.Armes donne un assaut annuel à son profit.
Président d’honneur, M. le ministre de la Guerre; vice-présidents d'honneur, MM. le général Lewal, président Ducreux, duc Féry d’Esclands. Comité : président. Arsène Vigeant; vice-président, Camille Prévost; secrétaire, Kirchhofîer; membres, J. .Ayat, P. Collin, L. Lafont, E. Rouleau. Maîtres adjoints, 54. Membres honoraires, 120. Siège social, 6, place Saint Michel.
— Depuis une quinzaine d’années, l’escrime a pris un essor considérable, les salles d’armes sont nombreuses, aussi bien à Paris qu’en province. Il est probable qu’un jour peu éloigné viendra où l’escrime sera obligatoire dans nos écoles et lycées, ainsi que l’enseignement des premiers principes du tir.
Les grands tireurs de l’heure actuelle, classés aux poules des Tournois, du Championnat annuel d’épée, sont : MM. Willy de Blest-Gana, Jacques Ilébrard, marquis de Chasseloup-Laubat, capitaines Coste, de la Falaise, Debax, Sénat, lieutenant Clolus, adjudants Sauze Lafoucrière, Bézy, Mahaut, MM. Joseph-Renaud, Louis Perrée, de Boissière, Armand Luciez, Sulzbacher, Rabel, Edmond Wallace, prince de Ctiimay, Louis et Paul de Htredia, Ludovic Naudeau, comte Gérard d’Havrincourt,Lafourcade-Cortina, Berger, Larivière, Maurice Bernhardt, D^s Aumont, Brouillet, Barret, etc., et les maîtres Kirchhoffer, Georges Rouleau, Conte, Bougnol, Ross’gnol, Mimiague, etc. Les principaux maîtres d’armes de Paris sont:. Ayat, Bergès, Carrichon, Chartier, Frey, Gabriel, Gamoty, Jeanvois, Kirchoffer, Laurent, Émile et Louis Mérignac, Mimiague, Prévost, Raynaud, Rouleau père et fils. Rue, Ruzé, Samiac, Sohiez et Bettenfeld, Spinnewyn, Tixier, etc.
— Bordeaux est, après Paris, la ville où les armes sont le plus cultivées. Les maîtres Tissot, Gazères, Cordelois père. Girard, Katzenfort père, Biès, Lemerre, professaient à Bordeaux. Actuellement, les salles les plus fréquentées sont celles de MM. Katzenfoi-t et Gillard, Lurbe père et fils, Clavel, Bar.as et Preuilh, Pelabon, Dermineur, Boisson. Parmi les anciens amateurs, Ferrère, Hippolyte Grossard, Leroy, Saint-Marc, Benzacar, Roussel, ont laissé un grand renom. Les premières lames sont aujourd'hui : MM. Roux, Teyssonneau, Muller, de Beaumanoir, Henri Grossard, Hohe, Borderie, Villemin, L-tffont, Le Coq de Kerland, Ivoy Moussié, Bisquey. Le dernier concours d’amateurs eut lieu en 1888. Le prix fut remporté par M. Henri Grossard.
— Le nombre des livres publiés sur l'escrime est tellement considérable depuis l’an 1520 jusqu’à ce jour qu’ils rempliraient plusieurs rayons d’une bibliothèque ; c’est le professeur Vigeant qui, très probablement, en a ta collection la plus complète, ainsi que celle des dessins, gravures, litlio-
Instantané d'un assaut d’épée.
L'ES cm ME
FLEURET. -- Parade de prime.
Parade de seconde.
Parade de tierce.
Parade de seplime.
ÉPEE. — L’engagement
Le Üement.
Dérobement par la feinte en arrière.-
Coup d'arrêt contre les parties hautes par esquivement.
L\ V ELOCirÉDIE
RTîipliieH se rapporin-it ii l’esiTiine. Cilons, parmi les (hii'niers parus, (îuiix (le (Irisier, Vip:eaiil, MériK'iiac, Kmile André, Adolplie Tavernl(n-, (ii'oaldion, Adolphe (iortliey, !)'■ DevilliiTs, lieutenant liruuel, Letainturier h'radin, cte.
Les traités dans lesquels il est |)rlneipaleinent r|ueslion du diiel et du J(’ii (t'rpre sont noiiihreux. Nous c, itérons : l^a'l’ouelie. Les Vrais prinriiies (Ir l r/nU‘ seule (1(171)); Danel, 1,’Ar/ des ('(/v//e,s' { 1 7(1(1) ; Lalioi-ssiôre, Traité de l'Art des armes (ISIS); (irisier. Le l)ael (ISüS); liaron de Hazanrixu't, Les Secrets de l'éjjiUt Henri Vallée, />(! Duel {1S77); .lacoh et hiinilo
.'\([ilr('. Le Jeu de iEpée (I.SS7); (laston Jullivct et l'révosi, L'Escrime et le thiel (ispil); (iulomd Dérué, L'Escrime dans l'armée (ISPI); Amliroise liiKulry, L'Escrime iiratiiiac ilS'.i'i): Daniel Hlordicr, Hea.i: Ecoles d'armes (ISPü); Spinne\vy[( el P.iul Manoury, /.'Escrime à /’é/ree (I SUS) ; (Jlaudo La Kl.irclie, L’L’/ie’e ( I SPP).
OÙ
La Vclocipcdie.
La vélociiiédie est, à l’heure présente, le plus eu vogue des exercices augmentant la vitesse humaine. Elle est presciue le seul exercice de ce genre pratiijué par les deux sexes, car les femmes (|ui font mouvoir l’aviron ou (pii montent à cheval sont en nomhre forcément restreint; elle a l’avantage de pouvoir être pratiipiée par la famille entière, les pères et les mères cjue leur âge avait portés à ahandonner la marche se livrant volontiers à la vidocifiédie.
(les considéralions sont très importantes, parce que c’est [lar là (pie le cyclisme pia'sente une continuité pendant tout le cours de la vie, f.iit assez rare pour les autres exercices. D’antre part, l'associai ion des deux sexes empêche généralement les excès, en obligeant l’homme à ménager galamment les forces de sa compagne. Enlin, l’action sur les mœurs est indéniable. La camaraderie réelle (jui s’établit entre les Jeunes lilles et les jeunes gens à la suite de longues courses de cyclisme a sur tous un elfet bienfaisant. Si l’on voulait un exemple des conséquences, cependant si criti(piées, d’une vraie camaraderie, il suflirait de rappeler ce qui se produisit lors de l’admission (les étudiantes en médecine dans les Facultés. Les esprits pudibonds qui sont loin d’être toujours les plus moraux) se récrièrent contre ce mélange des sexes. Ôr, qu’est-il advenu? non seulement les étudiantes furent respectées de tous, mais l’estime en laquelle elles furent tenues est aujourd’hui nettement démontrée par la liste déjà longue des doctoresses qui ont épousé leurs
anciens camarades des h(’)|>itaux.
Cette camaraderie résulte, dans un exercice commun aux filles et aux garçons, de l’inlluence de l’exercice lui-même sur le caractère. La sobriété de mise qu’impose le cyclisme supprime la coquetterie ou du moins n’en laisse subsister que ce grain imperceptible qui fait le charme de la femme. Les Hollandais, nous a raconté Saintine, avaient coutume de ne marier leurs enfants qu’après un voyage fait en commun sur les bords du lihin. Aux ennuis qui résultent de la pluie, du vent, du froid, viennent s’ajouter pour les cyclistes ceux inhérents à leur monture, écrous qui se dévissent ou tombent, pneus qui se dégonllent ou crèvent; ces incidents
Un recordman (Jacquelin).
Phot. Barenne.
sont chacun autant d’occasions de mettre au jour l’ingéniosité naturelle et aussi l’amahilité, le plaisir de rendre service, la gaieté qui transforme toute contrariété en amusant entr’acte de voyage. La part de l’imitation est énorme dans notre éducation morale, et tel ou telle qui «ronchonnait» au d(d)ut d’un voyage à bicyclette (jnand une cause quelconque nécessitait un arrêt, un changement de programme, après quelques jours de courses, imprégné peu à jibu i(ar la solidarité (Ju tourisme, se sera formé le caractèie et deviendra un bon compagnon de route.
A l’enfant de dix ou douze ans, la bicyclette donne le sangfroid, la confiance en soi, en obligeant à la détermination rapide, à la promptitude du coup d’œil, au calcul exact des distances. Lu voyant le camarade qui a abordé une longue C(jte en vitesse se lasser bient(jt et être obligé de descendre de machine tandis qu’un cycliste, pédalant régulièrement et allant à une allure modérée, airive sans peine au sommet, l’enfant ap- (u'ond à ménager ses forces, à réyler l'effort xdile.
La bicyclette I habitue aussi à être soigneux: il aime sa machine ])our les plaisirs (pdelle lui procure et s’y attache par les soins qu’elle lui demande. N’en est-il pas toujours ainsi dans la vie I
Le cyclisme, chez le jeune homme, exerce, développe la volonté, soit qu’il ait à faire un parcours en un temps délimité, soit qu'il lutte avec un camarade dans un match; il se rend bien vite compte que le succès dépend moins des gros muscles que de l’intense volonté de vaincre; or l’énergie physique est mère de l’énergie morale.
Dans un spirituel article intitulé L'Esthétique de la bicyclette, Maurice Barrés écrivait : « Partir dans l’inconnu, errer à des distances que jamais ne parcourraient le cavalier ni le piéton, pénétrer ofi les chemins de fer sont inconnus, ne prendre conseil que de ses propres forces, ne compter qu’avec sa fantaisie, voilà ce que permet la bicyclette, et nous trouvons en elle la satisfaction de cet instinct antique, datant des premières habitudes de l’humanité, le vagabondage. »
La jeunesse de notre temps, celle du moins qui appartient à la bourgeoisie riche ou aisée, est souvent accusée de préférer à toute autre carrière la bureaucratie, le fonctionnarisme, qui font vivre chichement, mais donnent la régularité du présent et l’avenir enchanteur de la « retraite ». Si l’on veut que les « fils à papa » cessent de s’enrégimenter dans l’armée du symbolique rond-de-cuir, si l'on veut qu’ils écoutent les conseils des Bonvalot, des Lemaître, des Hugues Le Houx, il faut leur donner le goût du sentier étroit, leur rendre un peu l’atavisme du vagabondage.
Peut-être, dans le même ordre d’idées, a-t-on le droit d’‘ajouter à l’actif de la bicyclette son influence non douteuse sur la diffusion des notions de géographie pratique et surtout de topographie. Le souci d’éviter les trop fortes montées où il peinera sur sa machine, s’il n’est pas obligé de la traîner, détermine le cycliste à apprendre à ù're une carte, à se rendre compte non seulement de la longueur du chemin, mais de la disposition du pays, des dilTérentes côtes, suivant les routes. Combien de gens regardaient autrefois une carte d’état-major sans al tacher aucune importance aux chiffres qui y sont marqués, aux lignes sinueuses qui les relient !
D'autre part, le nombre des excursions à l’étranger s’est multiplié : les grandes routes de Belgique, de Hollande, d’Allemagne sont sillonnées de cyclistes français, et chaque année le cercle s’étend, facilité par la fraternité de la pédale.
Abordons maintenant l’influence de la bicyclette sur les organes et les fonctions.
(Jn peut établir comme principe qu’un exercice est d’autant plus utile qu’il met en jeu un plus grand nombre de muscles, que les groupes opposants sont alternativement employés, (pie le travail s’effectue harmoniquement des deux côtés du coiqis.
L’exercice de la bicyclette répond à ce programihe dans une large mesure. Le mouvement des pihlales nécessite la conlraction des muscles du bassin, de la cuisse, des mollets, des pieds. Dès que le coureur se penche en avant, ne fût-ce que pour résister au vent, les muscles (jui tapissent le bassin à l'intérieur et à l’extérieur se contractent plus énergiquement. L ai)pui sur le guidon, sa forte traction pour l’ascension d’une c(Me, la direction à donner à la machine s’effectuent jiar les muscles des mains, des avant-bras, du bras. D’autre part, tous ces muscles ne peuvent agir (]u’en prenant un point d’appui sur le tronc, (]ui lui-même ne peut être maintenu en équilibre (jue par le Iravail des gros muscles du dos, de l’abdomen et de la poitrine. Ces
LA VLLOCIPKniE
derniers sont, en outre, largement mis à p contriluilion |)ar la nécessite? d’une respiration i)lns ample.
A propos de cette inllnence du cyclisme sur les muscles, il est utile de déiruire deux préjugés répaiulns jear des personnes malveillantes ou mal informées. Le premier consiste à dire que par l’elTet hérédilaire du cyclisme les membres inférieurs prendront un de'velojipement exagéré. I.ucas- Cliampionnière, Tissié et Ions ceux qui ont étudii? sérieusement les modilicalions apportées à la santé par l’exercice du cycle s’accordent pour aflirmer que, même chez les professionnels, les muscles se développent, mais ne prennent nullement un volume excessif.
Le second préjugé consiste à accuser la bicyclette de produire une courbure du dos par la position penchée que prennent les coureurs. C’est là une erreur : cette position étant l’effet d’une action musculaire n’incurve nullement la colonne vertébrale, comme les inclinaisons passives prises par les écoliers. Un médecin américain, le D'' Kiliani, a même recommandé l’usage du cycle aux individus atteints de scoliose.
Pour l’un comme pour l’autre de ces préjugés, la meilleure réfutation consiste dans le spectacle d’une course vélocipédique. Chacun y sera frappé, comme nous l’avons été nousmême, de l’attitude naturelle que reprennent, aussitôt descendus de machine, des coureurs qui viennent, comme dans le Bol d’Or, d’être penchés vingt -quatre heures sur leur bicyclette.
Cette attitude est-elle pour cela à recommander? que non pas: outre son inélégance et la gêne qu’elle apporte aux fonctions digestives, elle est parfaitement inutile au touriste et, du reste, elle a peu de chance d’être imitée par nos jeunes camarades, la mode pour une fois s’étant mise du côté de l’hygiène et du bon sens. Le suprême bon goût est actuellement de se tenir presque droit : le cycleman ou la cyclewoman qui se penchent sur leur machine sont par le fait même disqualifiés et traités honteusement de pédalards.
L’action sur la digestion et la respiration est celle de tous les exercices physiques faits au grand air. 11 convient de signaler cependant que le vélocipède développe la poitrine. M. Tissié cite te cas d’un jeune homme auquel cet exercice avait fait gagner 11 centimètres de poitrine en trois ans. Mais il convient de noter que le mécanisme de la respiration est un peu spécial chez le cycliste, à cause de la résistance de l’air. Dès que la marche est rapide, il incline instinctivement la tête afin que l’air sortant des narines suive le cours du vent.
Il est, par suite, fort utile d’apprendre à respirer exclusivement par le nez; en inspirant l’air par la bouche on dessèche d’autant plus cette cavité qu’on aspire en même temps la pous-
Une quintuplette d’entraîneurs.
Un départ sur piste.
Phet. Barenrie.
sière du chemin. Les cyclistes qui respirent par la bouche ont toujours soif, surtout s’ils fument.
L’influence bienfaisante sur les fonctions digestives est indéniable. Non seulement l’individu mange davantage, mais ce qu’il prend est mieux transformé et les déchets sont plus rapidement expulsés.
L’action de la bicyclette sur le cœur mérite de nous arrêter plus longuement. Elle augmente, en effet, considérablement le nombre des pulsations chez les non entraînés. Après une course d’une allure très ordinaire, on voit le pouls s’élever dans ces conditions du nombre normal 70 à 120 et 130, et après la montée ou la descente d’une côte il atteint 160 ou 180. L’accroissement du pouls s’explique facilement après les fatigues d’une montée, mais semble anormal après une descente où la machine va toute seule. Le fait n’en est pas moins exact, et nous avons pu même constater que le pouls était plus élevé chez les débutants pour la descente que pour la montée d’une même côte; à l’effort pour modérer la marche de la machine vient s’ajouter la dépense nerveuse qu’entraîne la crainte de ne pouvoir arrêter le cycle.
Ces observations ont été faites sur des grandes personnes, mais il y a Heu d’en tenir grand compte pour les enfants, car les anomalies dans le développement du cœur sont loin d’être rares à cet âge; ces anomalies peuvent porter soit sur la grandeur relative des cavités cardiaques, soit sur l’épaisseur des parois qui, trop minces, se laissent distendre en constituant la maladie dite dilatation du cœur. Le cœur peut être forcé d’une façon irrémédiable.
Tous les enfants doivent être surveillés lorsqu'ils font du cyclisme, mais particulièrement ceux qui présentent les signes d’une mauvaise circulation (palpitations, saignements de nez, vertiges, essoufflement et oppression rapide, pouls lent ou trop fréquent, intermittent, inégal, enllure des pieds).
Le cyclisme peut-il être pratiqué par tous et par toutes? L’affirmer est une des graves erreurs de certains fanatiques de la bécane. Dans notre ouvrage Cijcliste et Bicyclette nous avons indiqué ceux qui peuvent, ceux qui doivent et ceux qui ne doivent pas faire de la bicyclette; l’espace nous est trop limité pour pouvoir donner ici les développements suffisaiils à cette question, mais il est nécessaire, cependant, d’en dire un mot.
Nous sommes très partisan du cyclisme pour la femme, que l’exercice au grand air préserve de Tanémie et du nervosisme; mais nous avons le devoir de l’avertir du danger auquel elle s’expose en montant à bicyclette pendant les grossesses, pendant les périodes de congestion des organes maternels, et d’une façon générale lorsque ceux-ci sont malades. On conseille, avec juste raison, aux femmes qui se trouvent dans un de ces états, d’éviter la montée des escaliers parce que les muscles psoas, qui sont alors mis en action, refoulent en se contractant les organes maternels; le cyclisme provoquant également la contraction de ce muscle, la même interdiction lui est applicable.
Les personnes atteintes d’emphysème, de hernies, de maladies rénales ou d’affections du cœur, ne doivent faire de la
/..i viCLocir EDI h:
Promenade en rurnille sur route.
liicycli'tte <|u'a[)i'ès y avoir été autorisées par un médecin, et ne se livrer à leur s|iort (lu'avec la pins extrême prudence. La convalescence des maladies infectieuses sera une cause d’interdiction temporaire, par suite de raffaildissement du cœur qui en est trop souvent la conséquence.
I.a bicyclelte rend, au contraire, les plus grands services dans diverses variétés d’arthritisme (obésité', goutte, rhumatisme), aux anémiques, aux neurasthéniques, aux candidats à la tuberculose, et même à certains phtisiques au début, à ceux ([ui ne mangent point par défaut d’exercice et qui ne peuvent, par suite, mettre leur organisme en état de lutter contre le terlibb' microbe. Il en serait de même pour les herniaires.
Mais (jiLil s'agisse d’un bien portant ou, à fortiori, d’un malade, l’entraînement ne peut s’effectuer que si l’exercice est progressif. Cette règle est plus impérieuse pour le cyclisme que pour tout autre exercice, à cause de la difficulté pour la respiration produite par la résistance de l’air, et elle s’impose, naturellement encore davantage, dans les courses de vitesse que dans celles de fond. La fièvre de surmenage, conséquence fatale d’une dérogation à cette prescription, se présente chez l’enfant et chez les grandes personnes sous des formes multiples dont les signes, dans certains cas, simulent absolument ceux d’une fièvre typhoïde et présentent l’issue la plus grave.
Le cycle, lui-même, doit remplir certaines conditions pour que l’exercice soit hygiénique :
1° La grandeur de la machine doit être appropriée à la taille de la jiersonne, notamment de l’enfant. Il est évident que si le cycle est trop grand, l’extension de la jambe et des pieds sera excessive, et par suite très fatigante; d’autre part, l’éloignement du guidon portera l’enfant à incurver son dos, et il aura grande chance de conserver plus tard cette mauvaise attitude sur une
l*liüt. liarenne.
()'’ Les pédales seront munies de rattrapes (tout au moins dès que le cycliste se sent bien maître de sa machine). Le jirofessciir Marey a démontré leurs avantages, qui sont : 1“ diminuer ou suj)j)rimcr la pression nuisible exercée sur la pédale remontante; ‘2" permettre, i)ar la fixation solide du pied, de pousser la manivelle au delà d’un demitour de pédale et sup[)rimer ainsi le point mort, c’est-à-dire le j)oint où les deux manivelles élant verticales l’action du pied devient nulle ; d” rendre impossible la perte des pédales aux descentes; à» donner une bonne position au pied, fini n’a plus de tendance à chausser jusqu’au talon. Cette attitude est j)rise par le débutant, qui se croit ainsi [)lus en sûreté, mais elle est beaucoup plus fatigante que celle où le pied repose sur la partie la plus large : on obtient alors le maximum d’effet utile avec le minimum d'elforl.
La rançon nécessaire de tout exercice physique et particulièrement de la vélocipédie, qui entraîne une sudation abondante, est la propreté complète de l’individu, que des aui.utions gknéliALKs peuvent seules donner.
A l’époque déjà lointaine où nous étions au lycée, les pensionnaires, en province et à Paris, se lavaient quotidiennement les mains, la figure, quelquefois le cou, jamais les dents; tous les mois en tliéorie, tous les deux mois en réalité, on employait les bains de pieds. Quant au lavage du corps, les bains chauds ou froids étaient destinés à y pourvoir. Le nombre des bains froids, dont l’usage est souvent restreint aux jeudis, peut facilement être compté sur les doigts; dans certains lycées, ils sont encore considérés comme une récompense et on en prive « les dissipés » (l).Nos souvenirs des bains chauds pendant noire internat de Codez, en 1871-1872, se réduisent à deux ou trois visites à l’établissement en deux ans : ceux-là aussi n’étaient, il nous semble, autorisés que si on était bien noté; en tout cas, ils n’avaient aucun caractère obligatoire, et les trois quarts des enfants préféraient consacrer les tiü centimes du prix du bain à acheter des gâteaux à la crème.
On assure que maintenant les bains sont régulièrement en usage à Paris, et même dans beaucoup de lycées de province; mais cela même n’est pas suffisant : ce que devrait apprendre l’enfant au collège, c’est Vhahitude quotidienne des ablutions générales, leur emploi; systématique après les exercices violents, et, sauf exception, l’Université ignore encore l’utilité de ces pratiques, elle en détourne même pudiquement sa vénérable face. Interrogeant dernièrement un des inspecteurs les plus libéraux de l’académie de Paris, nous lui demandions quelle mesure serait prise contre l’élève qui aurait l’idée de se laver la région inférieure du corps devant le lavabo commun, « serait-ce le séquestre ou l’exclusion? » Il sourit, mais ne nous contredit pas.
On a coutume de blaguer les Anglais qui éviteraient, dit-on.
bonne machine.
2“ Le dévelopiiement de la bicyclette devra être modéré pour un enfant, 4'",50 pour un jeune homme), de façon à ne pas exiger un trop grand effort, à limiter l’essoufflement produit par la résistance de l’air.
3» Le guidon sera large, pour faciliter le développement de la poitrine; il sera placé à une hauteur suffisante pour que le corps reste droit sans raideur; les meilleurs guidons sont ceux droits ou cintrés en haut.
4" Un frein d’un modèle quelconque (le plus simple est souvent le plus sùr) sera adapté à la machine, moins pour réduire la vilesse dans les descentes, où les pieds doivent jouer le rôle principal, que pour permettre d’arrêter rapidement en cas d’obstacle imi)révu (enfant, chien, tournant de route).
o" La selle sera surhaussée sur les côtés où doivent reposer les ischions et munie, au contraire, au milieu, d’une profonde rainure pour permettre une circulation d’air au-dessous de l’enfrecuisse. Un doit être assis, et non à califourchon sur sa selle. Elle devra être, en outre, assez large pour permettre une assiette suffisante et assez longue pour donner (notamment au débutant) le sentiment qu’il ne tombera pas sur le cadre au moindre choc ; il sera hou, dans le même but, de l’incliner légèrement on ari'ière.
(l) Alors qu'on devrait les y condamner.
Un virago uu vélodrome du F^arc des Princes.
riiül. (ialllartl
L’A VmON
Un emballage à l'arrivée; les entraîneurs ralentissent et le coureur les dépasse.
de prononcer le mot « pantalon», oubliant qu'ils ont du moins, la supériorité sur nous de laver de'libéréraent ce qui est dessous.
Dans un rapport officiel adresse' en 1892 par notre confrère Douglas Hogg au ministre de l’Instruction publique, nous trouvons les phrases suivantes : « Les Anglais, comme les Grecs, qui sont, en matière d'exercices corporels, les ancêtres spirituels, ne rougissent pas de se dévêtir entre hommes. Ni le cant, ni la pudeur britannique n'en sont offusqués... »
Divers systèmes sont en usage dans les collèges anglais: baignoires, piscines, douches, tubs, sont dans des salles communes à tous et à la libre disposition des élèves chaque fois qu'ils en ont besoin; le tub et la piscine ont justement la préférence.
Nous sommes loin de pareilles idées en France, par une fausse conception de la pudeur dontl’origine réside peut-être dans une terreur, pour les universitaires, des critiques des établissements religieux. Ceux-ci auraient cependant beaucoup à gagner, eux aussi, à la diffusion des pratiques de propreté générale.
Nous croyons que la bicyclette aura un effet heureux sur certaines mœurs scolaires par la fatigue bienfaisante qu’elle donne à l’être entier, par le changement d’idées qu’elle produit dans les jeunes cerveaux, mais c’est à la condition formelle que la propreté générale deviendra une règle d’hygiène élémentaire.
On comprendra, sans qu’il soit nécessaire d’insister, combien ces observations et ces prescriptions s’appliquent encore davantage aux établissements féminins d’instruction où certaines directrices taxent encore « d’inconvenantes » les ablutions de la douche et du tub. Si on veut que la jeune fille participe sérieusement aux exercices physiques et notamment s’adonne au cyclisme, il faut renoncer une fois pour toutes à cette morale dont le principe est autruchoide.
La question est d’autant plus importante qu’à côté de la raison de propreté il y a celle de santé. La femme porte en été des vêtements beaucoup plus légers que l’homme. Alors que la mode nous habitue dès l’enfance à l’usage, en toutes saisons, des vêtements de laine, elle s’est accoutumée, au contraire, à des corsages de toile, de batiste, de soie, et si la cycliste accepte de faire emploi de laine pour les jupons ou les culottes, elle se refuse trop souvent à en employer pour vêtir la partie supérieure du corps.
C’est toujours un acte dangereux de faire du cyclisme dans ces conditions ; mais la femme qui aura habitué sa peau à subir des réactions brusques par l’usage des ablutions froides, si elle subit un refroidissement, en sera peut-être quitte pour un rhume, alors que, dans le cas contraire, la congestion pulmonaire eût été presque certaine.
Dr GALTIER-BOISSIÈRE (de Paris).
Bibliographie. W. Douglas Hogg. Hygiène scolaire en Angleterre (A Colin, 1892). — D'- Galtier-Boissière. Cycliste et Bicyclette ; Guide pratique du cycliste amaïeur (Larousse, 1898, in-8»).- LucAS-CHAMPioNNikRE.iafi%cte«e (1895). — D' Gustave Martin. La Bicyclette au point de vue hygiénique et médical (Bordeaux, Imprimerie du Midi, 1897). — Dr pu. Tissié. Guide du vélocipédiste (Paris, Doin, 1893). — Dr Eugène Guillemet. La Bicyclette, ses effets psycho-physiologiques (Pans, J.-B. Baillière, itÿ-,). — Revue mensuelle du Touring-Club (passim).
L'Aviron.
Le sport nautique, ou plus simplement le canotage, pour ne pas se servir d’un terme anglais, n’est pas ajiprécié en France comme il le mérite. Il est surtout mal connu.
Un rapide historique fixera les grandes lignes du mouvement des exercices nautiques.
Il ne s’agit pas de remonter aux Égyptiens. Qui dit sport, entend exercice librement exécuté, de plein gré, sans commandement autoritaire. Or, les auteurs anciens n'ont pas parlé, ([ue je sache, de joutes courtoises entre hommes libres; à mou avis, l’on ne saurait dire de l’esclave condamné aux galères qu’il se livrait au sport de l’aviron.
La première organisation sportive paraît avoir vu le jour en Russie, à moins que l’on ne considère comme tel la course à un rameur fondée pour les bateliers de la Tamise (!"■ août 1715), par un comédien célèbre, Thomas Poggett. C’est en 1718, c’està-dire avant la création du cluh de Cork en Angleterre (1720), que fut fondé à Saint-Pétersbourg la Flotte de Newsky.
Encore ce groupement, absolument dans les mains du tsar, ne ressemblait-il que de loin à ce que nous appelons une société. Mais c’est en Angleteri’e que cet exercice physique prit tout d’abord un grand développement; nous voyons en effet le fameux match des Universités, le match Oxford-Cambridge, se courir pour la première fois en 1829.
En France, on ne peut guère faire remonter le canotage au delà d’une soixantaine d’années; c’est vers 1830 que des intellectuels, qui ont laissé d’assez grands noms dans l’histoire des lettres et des arts, tels que Alphonse Karr, L. Gatayes, Adolphe Adam, Théophile Gautier, etc., découvrirent le charme exquis que l’on ressentait en se laissant aller au fil de l’eau — à cette époque, limpide, attirante — sous les ombrages verdoyants qu’offrait le cours de la Seine, même tout près de Paris, à Asnières.
C’est par la promenade, la ballade comme l’on dit, que le sport de l’aviron a commencé. Le désir, bien naturel, de vou-
Une équipe d’aviron.
loir aller plus vite que le voisin a donné naissance aux courses ou régates.
Les premières sociétés françaises sont : la Société des Régates havraises {{ïïèS), la Société des Régates de la baie de la Somme, la Saint-Valery-sur-Somme (1846), la Société des Régates roiiennaises (1848), la Société des Régates parisiennes (Rowing-Club) [1853], la Société des Régates lyonnaises et la Société des Régates rémoises (1854).
De 1859 à 1870 elles se développent assez rapidement ; à cette époque, on peut compter environ une quarantaine de sociétés.
Après 1870 un mouvement très prononcé s'accentue vers les
L'AVmON
excrcicos; niais nos esprits, tout imbus de militarisme et de commandement, ne voient ijiie la gymnastique. A celte djioque, les niilitanis en canotage auraient dû crûer un fort courant vers le sport (le l’aviron; on n'en trouve aucune trace.
( à'pendanl les socidtds l■e[prennent vie, il s’en fonde une trentaiiK' Jus(|n’en 1880. C’est à partir de ce moment (|ue les societcs siii gissent pins nombreuses et (|ue la jirovince, jusqu’alois (Ml retard, inontie aux rameurs parisiens (lu’il faudra à l’avenir compter avec elle.
11 faut (;videmmenl altribuer cette progression à l’organisation g(Wi(Male (|ue se donne le canotage et un jieu aussi, mais laiblement, à l’esiu'it sportif qui entre de plus en plus dans les niuMirs.
Tout au (bduil ce n’iOaienl pas des sociéti^s (jui se lencontraient en ivgates, mais des équijies. Les avantages qui devaient résulter du grou|)ement d’un plus grand nombre d’individus sous un nn'me pavillon amenèrent la création des sociétés.
Avant 1870 les sociétés n’avaient entre elles aucun lien administratif; chacune avait ses règlements intérieurs; chacune son code des courses, de telle sorte qu’un rameur qui suivait un peu les régales était obligé de se meubler la cervelle d’une multitude de règlements souvent contradictoires.
Cependant, en 1877 les trois sociétés parisiennes (Howing- Club, Cercle nauliiiue de France et Société nautique de la Marne) forment une union ayant principalement pour but de délimiter leurs rayons d’action. Ces trois sociétés font en 1881 une convention nouvelle en vue de l’organisation des régates internationales de Paris.
L’année précédente, en 1880, quelques sociétés de la région bordelaise et toulousaine, pensant qu’il y avait intérêt à simplifier les règlements, fondèrent VUnion du Sud-Ouest; le 21 avril 1882, un congrès eut lieu à Paris, au Grand-Hôtel, dans le but de donner un règlement uniforme à toutes les régates françaises; VUnion des Sociétés d'aviron de France naquit de ce congrès, mais n’obtint pas auprès de la province la faveur — et par suite les adhésions — sur lesquelles avaient compté les promoteurs.
Une nouvelle direction pensa qu’à l’occasion de l’Exposition de 1889 il fallait tenter un nouvel effort en vue de l’accord général des sociétés. Un congrès se tint à Paris en janvier; les adhésions furent nombreuses ; d’intéressantes discussions eurent lieu, mais aucun résultat pratique immédiat ne fut obtenu; l’effectif de l’Union des Sociétés d’aviron de France ne s’augmenta pas. La bonne parole n’avait pas été suffisamment comprise.
Mais les hommes qui étaient à la tète de cette Union ne se rebutèrent pas. Convaincus de plus en plus que l’union générale était nécessaire, prenant texte des décisions qui avaient été sympathiquement accueillies au congrès de 1889, ils dressèrent un programme et allèrent le patronnera Lille et à Libourne.
Leurs efforts furent couronnés de succès. Une convention fut conclue entre VUnion des Sociétés d'aviron de France et la Fédération des Sociétés nautiques du Nord (qui s’était constituée en 1889) à Lille le 30 mars 1890; VUnion du Sud-Ouest adhéra à cette convention le 25 mai 1890, à Libourne. Cette convention, qui fut mise en vigueur le !•■■■ janvier 1891, est avec raison considérée comme le germe de l’organisation actuelle du rowing français. Elle contenait, en effet, cet article final : « Les effets de la pré-
Le coup d’aviron.
sente convention pourront être étendus aux associations régionales de sociétés nautiijues qui en accepteront les clauses. »
La Fédération française îles Sociétés d'aviron, qui la jtremière année s’était appeb'e Si/nilicnt des Sociétés d'aviron de France, a progressé rapidement; actuellement, c’est elle qui dirige tout le rowing français, et elle a conlribm' à l’organisation du rowing euro[iéen continental.
Les sociiHés de jirovince ont suivi l’exemple donné et se sont réunies en groujiements, lesquels se sont inscrits à la Fédération. t.e sont : VUnion du Nord-Fst (1890), la Fédération du Sud- Fst (1892), la Fédération parisienne VUnion de la Loire et
l'Ouest (1893), la Fédération de la Méditerranée (1895) la Fédération li/onnaise (1898) et VUnion. des rameurs de Paris (1899).
En résumé, la Fédération française comprend dix groupes régionaux ; elle est administrée par un comité central, composé de deux délégués par groupe régional, et par un bureau central, comprenant un président, un vice-président et un secrétairetrésorier. Chaque groupe régional conserve une grande part d’autonomie et possède une administration particulière.
\j^ Fédération /'rancarse organise tous les ans la journée des Championnats de France, comprenant les sept courses suivantes : un senior, un junior, deux, quatre et huit de pointe, deux de couple et périssoires. tj
Tout aurait donc été jiour le mieux si une division ne s’était produite en 1891. Vers cette époque, les exercices en plein air s’implantaient d’une manière sérieuse en France et VUnion des Sociétés françaises des sports athlétiques était fondée. Celte Union avait adopté des règlements imités des règlements anglais, tout différents des règlements français en vigueur.
Trois sociétés quittèrent la Fédération française pour s’enrôler sous la nouvelle formule. Cette scission produisit un très grand malaise dans le monde nautique, et si en 1897 un nouveau groupement se forma sous le nom iVUnion des Rameurs amateurs de France (bien qu’ayant la même formule que VUnion des Sociétés des sports athlétiques, il constitue uniquement un groupe nautique), il y avait néanmoins tout lieu d’espérer que pour l’Exposition de 1900 les diverses fractions du sport de l’aviron français seraient réunies sous un seul et unique pavillon. Ce dernier groupement ne comjite en effet que 7 sociétés, alors que la Fédération française en groupe 73.
Grâce à l’initiative du président de la Fédération française, grâce aussi à l'esprit sportif des trois groupements en présence [Fédération française, Union des rameurs amateurs de France, devenue Union des rameurs de Paris, et VUnion des sociétés françaises de sports athlétiques), cette fusion s’est accomplie, et le traité de Courbevoie du 30 avril 1899, consacrant la suppression des prix en espèces, a groupé sous le pavillon de la Fédération française tout le sport de l’aviron.
Tout le monde a vu ramer mais ce dont on ne se doute pas assez, c'est que notre sport n’est pas un amusement frivole. C’est un exercice qui, de l’avis de tous les hommes compétents, réunit les conditions les plus favorables au développement de la jeunesse. Tous les muscles travaillent et travaillent normalement et sans à-coups. L’influence du canotage sur le développement des poumons est considérable; aussi voudrionsnous voir cet exercice beaucoup mieux apprécié par tous les travailleurs sédentaires.
11 ne faudrait pas croire non plus, à voir passer une belle équipe au mouvement uniforme et bien cadencé que l’entraînement transforme l’homme en machine ; c’est tout ce qu'il y a de plus faux. Le rameur, qu’il rame seul ou en éijuipe, n’arrive à un bon résultat que par un grand effort de volonté. Son cerveau, son intelligence ne sont pas relégués au deuxième plan, et ceci est vrai non seulement pour le chef de nage, c’est-à-dire le rameur qui a charge de l’équipe, mais aussi pour les antres, (jui ne [laraisseiit avoir qu’à suivre son mouvement. En effet, il faut de la mémoire j)Our se rappeler les jirincijies de la bonne nage, les conseils donnés par les camarades instructeurs, pour exécuter immédiatement et sans se tromper les comniandomenls du barreur.
La volonté surtout est mise à contribution. G’est elle (jui permet à un rameur fatigué, sur le point d’abandonner la lutte, de se ressaisir et de faiie preuve de la grande endurance acquise par l’entraînement.
Cet exercice élève le caractère, en faisant almégation de soimême devant l’intérêt supérieur de l’écjuijie et jiar suite de la société dont on veut faire triompher les couleurs; se rendre à
L' ICO HIT A Tl ON
Le skiff.
jour fixe au garage, écouler avec palieiice et très courtoisement les iuslnicl ions ilonne'es, se gêner, se priver au besoin de certains jdaisirs, prendre soin du matériel commun, voila une très bonne école de solidarité et de camaraderie pour la jeunesse.
Celte solidarité ne saurait atteindre le même degré d’intensité dans les autres sports, plutôt individuels. En équipe, tous les rameurs sont absolument solidaires; la faute d'un seul influence et d'une façon fâcheuse les moyens de tous les autres.
L'habitude du danger, les émotions ressenlies devant un obstacle imprévu ou dans un accident, développent à un très haut point le jugement et donnent un sang-froid incomparable, de la décision.
Ajoutons que la pratique du bateau met le rameur à même de secourir son semblable, ce qui, au point de vue social, n’est pas à dédaigner.
Et, pour terminer, on peut conclure que le sport de l'aviron, plus que tout autre, est une école de vertus militaires : les bons rameurs feront toujours de bons soldats; ils peuvent donc se flatter de travailler, en ayant l'air de s’amuser simplement, pour la grandeur de la patrie. C’est pouiajuoi nous souhaitons que le public d’abord, les ministres de la Guerre et la Marine ensuite, regardent avec plus d’attention ce beau et bon sport, et aident puissamment à sa propagation.
PAUL MARÉCHAL (de Paris),
Architecte,
Président de la Fédération française des Sociétés d'aviron- Directeur du journal L'Aviron.
L’Équitation.
C’est au moment où les progrès de la science sont le plus rapides, où le dernier mot de la lutte pacifique et guerrière paraît appartenir à la vapeur, à l’électricité, à la chimie, que les nations se préoccupent avec le plus d’ardeur, et certaines avec le plus de bonheur, de former des hommes ayant un esprit juste et droit dans un corps vigoureux, comme au temps de la Grèce et de Rome, et, au siècle de l’automobilisme et du téléphone, nous rappellerions volontiers à la jeunesse française les exemples fameux de Sparte.
L’équitation doit tenir une place importante parmi les exercices physiques. 11 semblerait puéril de rappeler que Alexandre bâtit une ville en l’honneur de Bucéphale, et que César dédia l’image de son cheval à Vénus; le siècle des centaures est loin de nous, le dieu cheval est détrôné par le dieu vapeur; en ce temps d’hippophagie, M. de Buffon lui-même aurait quelque pudeur à proclamer le culte de la plus belle conquête del’homme.
« La pratique de l’équitation est néanmoins digne de fixer notre attention, comme un des modes de préparation à la vie militaire, et aussi comme un des systèmes de formation physique et psychique de l’individu.
Le rôle de la cavalerie s’est modifié, par suite du perfectionnement des armes â feu; il a pris une nouvelle importance des accroissements d’elfectifs des armées modernes, de leur moindre valeur morale et aussi de l’augmentation des impedimenta indispensables à leurs ravitaillements de toute nature. C’est l’arme dont le maniement olfre cerlainement le plus de difficultés, car elle doit modifier sa tactique générale, en raison du progrès <le l’outillage des armées; c’est aussi l’arme qui nécessite chez l’individu la plus grande somme de caractère, d’initiative, de valeur personnelle, en raison de l’isolement dans lequel il est généralement amené à exercer son action, qui durera aussi longtemps que la guerre, et, en dépit des elforts des philanthropes, aussi longtemps que l’humanité.
Hier encore, il était de règle de penser que la cavalerie devenait un instrument secondaire dans la symphonie des armes, et aujourd’hui il n’est plus question que d’escadrons inondant les frontières, et la lance est sortie des arsenaux pour reprendre sa place au soleil.
Ce qui se passe n’est pas un phénomène particulier à notre temps, c’est du vieux neuf. Folard soutenait que la proportion élevée de cavalerie dans les armées était un signe de décadence. Le comte de Saint-Germain avançait qu’elle ne devait plus combattre en ligne, et la cavalerie prussienne répondait par ses exploits dans la guerre de Sept ans.
Plus tard, les hussards de Lasalle, les dragons d’Espagne, les cuirassiers de la Moskowa, de Mont-Saint-Jean, de ReichshotYen écrivaient leur glorieuse histoire en lettres de sang sur la poitrine des ennemis du nom français.
Après l’année terrible, il était convenu que le rôle de la cavalerie était de nouveau terminé, et aujourd’hui sur les frontières du Rhin et celles de la Vistule quels innombrables régiments prêts à monter achevai pour se mesurer les premiers avec leurs ennemis !
La cavalerie doit avoir une confiance inaltérable dans son action, modifiée sans conteste par les progrès des armes à feu, mais toujours puissante, aujourd’hui comme autrefois, plus puissante peut-être contre les cohues à la Xerxès que l’organisation moderne jette aux frontières.
Son rôle, moins effectif sur les fronts battus par le feu, s’étend sur tes lianes, les lignes de communication, les voies ferrées, les convois; et, bien conduite, elle peut tout encore contre de jeunes soldats impressionnables et souvent insuffisamment conduits, entre les mains desquels le fusil le plus perfectionné ne vaut pas un bâton entre les mains d’un homme courageux.
Que les hommes soient armés de piques, de mousquets ou de lebels, que l’armée possède des bombardes ou des canons, il est deux facteurs qui n’ont pas changé, le cœur de l’homme et le terrain, et qui sont, comme toujours, les auxiliaires les plus puissants d’une cavalerie brave et ayant conscience de sa force.
C’est pour cette première raison tirée du rôle de la cavalerie dans la guerre moderne que nous devons pousser la jeunesse française à la connaissance et à la pratique du cheval, qui est l’arme du cavalier.
Le règlement de 1876-1882 a pour objet « de former des cavaliers adroits à manier leurs chevaux et leurs armes dans toutes les directions et à toutes les allures ».
On veut rendre l'homme apte à servir le plus tôt possible en
En promenade.
1/ h:<Jt: IT A T ION
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La montée.
lîise cainpaf^iie dans le ranj^ ou isolément., et pour cela, dès le début, de son instruction, on l’hahilue progressivement à travailler coinnie s’il était seul dans le manège ou sur le terrain de manu'uvres ; les commandements de rinstructeur ne sont plus seulement pour le chef de la reiirise (jue tous les cavaliers suivront, ils seront encore jioui' tous, et tous, à un endroit fixé ou à un moment indiiiué, obéiront comme s’il n’y avait en présence qu’un instructeur et un seul homme de recrue.
C’est à chaque homme aussi fine sera donnée l’explication du mouvement, suivie de l’exemple, de plusieurs exemples s’il est nécessaire, de questions, et il faudra que l’instructeur s’assure (jue le cavalier a compris, car il n’importe pas seulement qu’il exécute tant bien que mal une fois, il faut qu’il comprenne; c’est la seule garantie pour qu’il exécute bien dorénavant.
Ainsi naît et se développe, chez riiomme de recrue, la personnalité, celte qualité particulière du cavalier, et se forme chez lui l’habitude de la responsabilité, de l’initiative, du tact, de la volonté.
L’instruction de l’équilalion doit pour ces raisons être individuelle, elle doit laisser de côté les moyens mécaniques pour s’adresser à l’intelligence, si facile à mettre en éveil, et à intéresser aux moindres détails.
Avant d’aborder la technique de l’équitation, il faut faire subir au débutant, quel qu’il soit, une accommodation physique indispensable, sans laquelle les leçons des maîtres de l’art seraient sans nul effet.
Quels sont les procédés à employer pour arriver à produire celte transformation incessante des recrues envoyées dans nos escadrons par le recrutement?
On assouplit tout d’abord par des exercices à pied et à cheval le corps et les membres des hommes : à pied, par les assouplissements, les sauts, la boxe, la voltige; à cheval, par le saut, la voltige, les assouplissements de pied ferme et en marche. En même temps, par le travail préparatoire à cheval on lui donne de la conliauce, on assure quelque peu son assiette; cette instruction se donne en reprise ou à la longe.
Dès que les cavaliers ont perdu la première appréhension, il est excellent, si les circonstances le permettent, de conduire les reprises sur les routes en plaçant un ancien cavalier à côté de chaque recrue, les chevaux en brilon avec une couverture pliée, retenue par un surfaix.
Dans ces promenades, la confiance naît chez les novices; ils se familiarisent avec leurs chevaux, leur attention est distraite de l'obsession de la chute; ils se déraidissent et prennent ainsi peu à peu l’assiette, c’est-à-dire la fixité du bassin, des cuisses et des genoux et l’indépendance des autres parties du corps.
Le jour où l'instructeur se rend compte qu’il existe entre ses hommes et leurs clievaux une certaine union, que la préoccupation a disparu chez les premiers, il aborde l’instruction proprement dite, qui peut commencer à porter ses fruits. On fiiil u/jfjtl à l'attentiun du cavalier pour lui apprendre l'usage et l'effet des aides.
Nous sommes au travail en bridou.
Les cavaliers sont disposés sur des carrés à une cerlaine distance les uns des autres et chacun doit y avoir pour obligation constante d'assurer sa direction et de maintenir l'allure prescrite tant sur la piste que pendant l'exécution du mouvement.
Ils font les mouvements prescrits, soit au moment où ils arrivent à un point donné de la piste, ce sont les mouvements successifs, soit simultanément sur un point quelconque si leurs chevaux sont juéts à l’exécuter.
Dans le travail en bridon, les cavaliers apprennent les passages aux diverses allures et leur allongement, le tourner et les divers mouvements, le saut des obslacles; à latin de ce travail, et lors(|ue leur assiette est assurée, ils jirennent les étriei’s.
dette progression raisonnée conduit les recrues à mouvoir leurs montures avec des moyens de conduite dont l’em|)loi défectueux de leur- part a les moindres inconvénients pour leur l)rof)re sécurité et la conservation des chevaux.
L’heure arrive alors de travailler en bride, instrument de conduite i>lus [uiissant et qu’il eût été mauvais de confier à des mains trop novices; on recommence la progression suivie pour le Iravail en bridon. Les effets de la main, plus puissamment armée, doivent êire plus légers, ils sorrt aussi plus certains et 1 homme a plus de liberté pour apprendre à manier ses armes. On augmente en même temps les dimensions des carrés, et la longueur des grands côtés, qui avait seulement 90 mètres au maximum pour les débuts, atteint aujourd’hui 900 mètres, distance pendant laquelle le cavalier doit marcher droit et isolé d’un piquet à un autre aune allure fixée. C’est dans le Iravail à l’extérieur, précurseur de l’instruction de service en campagtie, que les principes donnés sont appliqués à la réalité; l’instructeur apprend alors à ses élèves l’utilisation des allures au terrain, les ménagements à apporter dans l’usage du cheval, tous les conseils pratiques qu’il trouvera dans sa propre expérience pour la conduite du cheval en terrain varié.
Telle est la progression suivie dans les règlements de la cavalerie française, et, comme à l’heure actuelle, s’il est en dehors de l’armée de nombreux et brillants hommes de cheval, il n’est pas d’autre école d’équitation que l’armée où se maintiennent les jmincipes des maîtres de l’école française; c’est donc dans nos règlements que nous pouvons seulement choisir de ces exemples.
Certaines considérations de divers ordres ne permettent pas que l’instruction de l’équitation soit donnée dans des conditions strictement analogues par les maîtres de manège qui instruisent la jeunesse; mais je verrais un très réel danger si, cédant au désir de faire du nouveau, ou séduits par une petite popularité locale, ils s’écartaient des principes tracés dans nos règlements.
Ils auront toujours un grand intérêt, s’ils prennent leurs fonctions au sérieux, à suivre les grandes lignes qui ont été données par des maîtres et qui sont appliquées par nos officiers non seulement pour l’instruction de leurs hommes, mais aussi pour leur propre instruction.
Ces grandes lignes peuvent se tracer ainsi :
Faire de l’instruction individuelle; n’apprendre l’usage des aides que lorsque l’assiette est assurée; inculquer aux élèves la rectitude de la direction et le maintien des allures.
Faire le plus possible de travail à l’extérieur.
.l’ajoute qu’ayant sous leur direction des jeunes gens intelligents, les maîtres de manège peuvent et doivent s’attacher à leur faire bien comprendre ce qu’ils font, pourquoi ils le font. Ils doivent aussi compléter leur instruction par des notions sur
La descente.
L’ li (J rrr A noN
Cavaliers sautant un obstacle.
a connaissance et l’emploi du clieval, sur les soins à lui donner, et, dans le travail à l’extérieur surtout, développer chez leurs élèves le goût et le tact de cet animal d’agrément et d'utilité, de parade et de guerre, qui rend tous services à celui qui sait l'utiliser, et qui lui sauve quelquefois la vie.
Nous avons annoncé que l’éqnitation servait au développement physique et psychique de l’individu. C’est vrai pour tous les sports, mais l’exercice de l’équitation présente quelques particularités bonnes à signaler.
Les hommes de cheval ou simplement les adeptes de l’équitation sont conduits, par une habitude qui devient impérieuse, à taire dans leur vie, quelque occupée qu’elle soit, une large part à leur goût; à la ville, ils se lèveront de bonne heure pour se livrer à leur plaisir ; à la campagne, leur vie sera empreinte d’une plus grande activité, et si leurs loisirs leur permettent la chasse à courre, ils pourront conserver à un âge avancé une vigueur physique que leur envieraient bien des jeunes gens.
11 est à remarquer aussi que les hommes et les femmes de cheval ont l’esprit ouvert à tous les genres de sport : natation, danse, tir, escrime, vélocipédie, comme si le goût du sport peutêtre le plus ancien prédisposait aux exercices plus modernes.
S’il en est ainsi, c’est que l’usage du cheval nécessite une grande souplesse et qu’elle ne se maintient à un certain âge qu’au prix d’un entraînement continu qui prédispose naturellement à l'usage des autres exercices sportifs.
L’examen de la méthode d’instruction de l’équitation que nous avons esquissée montre l’influence de l’équitation sur le développement psychique de l’individu. Le caractère et la volonté du cavalier sont constamment exercés et tenus en éveil par la nécessité de communiquer au cheval, qui s’identifie avec son maître, la volonté de le porter là où il veutaller. Cette pression s’exerce à un plus haut point dans le dressage du cheval, lorsque l’animal ignorant et faible, obéissant à son seul instinct de poulain, est transporté des gras pâturages dans la ville au mouvement incessant, sur la route sillonnée par les moyens nouveaux de locomotion, à la chasse où dans des chevauchées raisonnées il devra passer rapide et obéissant à travers tous les obstacles dont sa route est semée.
Plus tard, lorsque son maître l’aura façonné à la soumission, que ses qualités naturelles auront ete développées et régularisées par le dressage, le cheval sera encore sous l’empire constant de la volonté et du caractère de celui qui le monte et qui le perfectionne ou le refait à son usage.
Celte influence de la volonté exercée par l’homme est telle qu’un cheval, impeccable avec un cavalier, deviendra hésitant avec un autre; avec le premier il eût pu faire un raid ou poursuivre une course folle, avec le second il se traînera péniblement sans ressort et sans énergie. Cette influence de la volonté humaine sur la volonté animale est de chaque instant, et ainsi est permanente dans l’équitation la formation ou l’exercice de la volonté du cavalier.
L influence du caractère de 1 homme sur le cheval est non moins saisissante, et à la longue le cheval monté ordinairement par un cavalier prend, non seulement dans certains détails mais dans le fond de sa manière d’être, une grande similitude avec le fond du caractère de son maître.
Un cheval monté par une personne ordinairement nerveuse devient nerveux et impressionnable ; qu’il change de maître et passe entre les mains d’un cavalier calme, il deviendra calme à son tour.
11 résulte de la connaissance de cette influence incontestable une accommodation constante du caractère du cavalier, une recherche incessante de la personnalité du cheval, un exercice psychique qui éveille chez l'homme des qualités d’un ordre particulier.
A un autre point de vue, l’exercice du cheval forme d’autres vertus chez l’homme: il exerce son bon sens et sa patience.
Le cheval a des instincts; il comprend et retient, et le cavalier qui raisonne se trouvant sur un animal qui est son moyen de transport, en attendant qu’il devienne son instrument de combat, est amené à user d’une extrême patience et d’une grande industrie pour donner à sa monture une instruction logique, un enseignement progressif et bien déduit.
La leçon doit toujours être simple et précise, car si elle ne l’était pas l’instructeur devrait recommencer l’instruction de son élève, revenir au point de départ pour en déduire de nouveau l'enseignement et combler la lacune qui a été faite par sa faute.
Il faut, pour n’avoir pas à céder à un cheval ou pour n’avoir pas à engager une lutte toujours regrettable, procéder avec prudence et circonspection, lui demander seulement des choses possibles, une cession progressive en raison de ses forces, quitte à les développer par un entraînement ou par des soins spéciaux si elles ne sont pas en mesure de satisfaire aux exigences que le cavalier peut légitimement avoir.
Le caractère, la volonté, le tact, le bon sens, la prudence, ce sont des qualités rares et précises que forme et qu’exerce l’équitation, et qui trouvent leur emploi dans toutes les circonstances de la vie.
Est-il aussi plus agréable délassement à la fin d'une journée de travail que d’aller, bride flottante, sur le cheval favori le long des chemins délaissés 1 La volonté n'a pas à s’exercer, comme dans d’autres sports, dans un effort continu pour produire le mouvement : elle se laisse aller au repos, à la détente que produit la vue de la campagne, elle erre à l’aventure et papillonne avec les papillons; l’âme chante avec les oiseaux et s’ouvre avec les fleurs.
La volonté s’exerce pourtant sur la monture par une sorte de communication que le temps a formée, et, abandonné à cette force qui le domine, le cheval va, produisant le mouvement sans effort pour celui qui en est l’inspirateur.
Le paysage a changé : ce sont les bois qui s’étendent à perte de vue, c’est la prairie verdoyante, c’est le sentier ombreux, et voilà la chevauchée folle sur le lit de mousse ; le cheval a compris et, enivré par la vitesse, il va, partageant la volonté du maître qui, suivant sa chimère, rêve pour un instant de la poursuite d'une ombre d’amazone ou d’une ombre de uhlan.
0(1 sent (le la fureur, déjà dans ces moustaches Et déjà, dans le geste arrogant des cravaches,
Le geste des sabres futurs (1)1
(i) Rostand, hâte de l’Étrier, au profit de la Société française de secours aux blessés, 4 juin 1898
1/ ICQ ri IT A ri ON
C’est ainsi i|iie, |>ar une lo(.'i(jiie liien naturelle, l’éijiiilation nous raniène à la ^'uen e, le rlieval au l■(^f'iment.
Nous «levons loi mer «les lioniines jiour on faire de lions ritoyens et «le soliiles sohiats et eoni|iien«lre cette rénovation de 1 «'iliicali«in nationale «le la nianièie la plus larf^’e et cultivant éj^'alenient le «•««■ur, l’inlelli^ence et le corps «le nos enfants. Dans «■«■ «lerni«!r oi ilre «l’idi'es, lYojuitation tient une jusie place pai nii les e.xercices sp«)rtil's exen ant une iniluence sur le «lévelojijieinent jiliysiiiue «d psYi lii«jue de 1 indivi«lu. Nous «levons cünsi«lér«'r aus^i son inllni nre au point de vue de la pré[)aration de, la Jeunesse à la vi«' militaire, «-ar la cavalerie aura,«]uoi «lu’il ai rive, une pla«'«‘ iin|Mirlante dans les armées «le l’avenir, et, si certains semlilent l’avoii' jierdu de vue, le ll•m])s n’est pas loin «le nous «ni .■ lii ave comme un cuirassier frani;ais » était passé en piaiverlie.
Viromir l'IEHHE DE D E E I. E l' O II T - I! U li È TE {de liordecuu)
Ancien capitaine île cavalerie,
Vici- pri^siilent île la l.iijiic (UromUnc du H'Cdwalion
Il lums paraît iiuitilede parler des c«>urses de « licvau.x, «pii «iiit pris «lans toule la l'’ranc«! une Kraïule extension, et «jni n’ont «pie fort peu de rapports avec l’iujuitalion.
Nous lie parlerons «jue très sonmiaireinent de ce «pii peut avoirrapport à l’éipiitation proprement dite.
Six grands concours liippiipies ont lien annuellement, ayant pour but de 'permettre aux «deveurs de montrer les produits de leur élevage, aux pai ticuliers de produire aux yeux des hommes compétents les chevaux leur appartenant, et aux amateurs de ré(|uilation de faire preuve de leur adresse et de leur science.
Les six concours sont ceux de Paris, Nantes, Bordeaux, Nancy, Honlognc-sur-Mer et Vichy. A part Paris, les villes citées n’organisent «pie des concours régionaux.
C'est la Société Hippique française {\\i\ organise ces concours Elle a élé fondée en ISliti, et est reconnue d’utilité publique. Le siège social est ;i:i. avenue Montaigne. Le président est M. le comte G. de Juigné ; le viceprésident, M. le marquis de Barbentane ; M. Georges Collières en est le secrétaire général.
Seuls, les membres des grands cercles français et étrangers, des sociétés sportives, et les personnes acceptées par la Société Hippique française ont le droit de monter dans les épreuves réservées aux gentlemen. Les officiers se présentent nombreux aux prix qui leur sont réservés. Les membres du jury ont également à distribuer des récompenses aux concours de dressage, de selle, d’attelages de toute sorte.
.\près s’être tenu depuis sa création au Palais de l’Industrie, aux Champs-Élysét s, le Concours hippique a lieu depuis deux ans h la Galerie des Machines, au Champ-de-Mars, en attendant qu’il prenne possession, l’année prochaine, du nouveau grand palais en construction aux Champs-Élysées.
— Un homme du monde, M. Molier, amateur d’équitation, offre deux fois par an, à ses amis et connaissances, des réunions équesires dans son cirque de la rue Benouville. De 1886 jusqu’à 1896, les invitations étaient purement gracieuses ; depuis cette époque, une réunion supplémentaire payante est réservée pour venir en aide à une oeuvre de bienfaisance.
— La société VEtrier, fondée en 1895 par M. le comte de Cossé- Brissac et M. René de Gatines, a pour but de faire revivre l’écoie française de manège.
Elie convoque ses membres et un certain nombre d’invitésàassisler aux séances équestres, qui ont lieu, soit au manège Pellier, soit au Tattersall, h'Etrier fait reproduire par ses membres, lors des séances, les figures, airs connus du manège, toutes les formes de notre ancienne école d’équitalion.
En plus de ses réunions ordinaires, VEtrier donne deux ou trois
réunions annuelies, dont tous les membres participant aux exercices doivent être en costume de gala.
Le costume de gala de l’/i’/rfe/- comporte le lampion, l’habit noir à la française, le gilet de drap crème avec le boulon en or de VEtrier, parements etcol de velours de couleur, culotte noire, botte Chantilly, cravate et gants blancs. Beaucoup de femmes des membres de VEtrier prennent part à ces réunions sensationnelles : leur costume est analogue.
VEtrier compte 70 membres.
— Le l'olo a été fondé en 1892. Cet exercice existait déjà à l’étranger «leiiuisde longues années. Ce sport équestre, fort coûteux, demande à ses pratiquants des sacrifices pécuniaires considérables. Les poneys, obligatoires pour cette aorte d’équitation, sont d’un prix très élevé et n’ont qu’une durée très relative. Un terrain d’une très grande étendue est nécessaire.
Si le Dülo forme de hardis cavaliers, c’est plutôt un exercice brutal exigeant une très grande dépense de force musculaire; en cela, il diffère seusibiernent de la société V Etrier, qui demande avant tout à ses membres : adresse, correction et science équestre.
Le président est M. le comte de La Uocbefoucauld; le comité est composé de MM. le comte (i. Chandon de Briaille, baron Édouard de Rothschild, comte de Uribarren, .lames Gordon Bennett, duc de Bisaccia, de Eîcandon, comIe .lean de Ganay, comIe Antoine de Gontaut-Biron, baron Lejeune, prince de Poix, duc de Lorge,duc de Luynes, Ridgway, prince (Jrioff, etc.
Le nombre des membres est d’environ 300.
— Ecote de cavalerie de Saiimur. C’est le duc de Ciioiseul qui songea à établir des écoles de cavalerie en France. L’Éicole de cavalerie de Saumur fut créée en 1771. Tout colonel d’un régiment de cavalerie pouvait envoyer à Saumur quatre officiers, quatre sous-officiers. L’École fut supprimée en 1790. Mais une école d'instruction des troupes à cheval fut fondée à Versailles en 1796; deux autres écoles semblables, à Angers et Lunéville, n’eurent que quelques mois d’existence. L’École de Versailles fut supprimée en 1809 et remplacée par celle de Saint-Germain. Poui- la seconde fois, la ville de Saumur fut désignée comme siège d’une école de cavalerie, école encore dissoute en 1822 et réinstallée à Versailles; deux ans plus fard, en 182.i, pour la troisième fois, l’École fut transférée à Saumur; là s’arrêtent les vicissitudes de 1 École de cavalerie de Saumur, qui est restée dans cette ville depuis cette époque.
Les règlements de l’École ont été bien souvent remaniés.
Les examens d’entrée ont lieu annuellement à la fin d’août.
L’École est constituée en vue de perfectionner l’instruction des officiers et sous-officiers admis à suivre les cours. En dehors de l’équitation proprement dite, elle doit compléter la somme de connaissances si variées qu’un officier de cavalerie doit posséder.
Il existe à l’Ecole de Saumur quatre divisions d’élèves:
1° La division des officiers d’instruction de cavalerie et d’artillerie; 2° celle des officiers élèves; 3® celle des sous-officiers, élèves officiers; 4® celle des aides-vétérinaires stagiaires. L’École reçoit en outre des élèves télégraphistes et des maréchaux-ferrants provenant des corps de troupes à cheval. '
Les matières d’enseignement pour les officiers de cavalerie et d’artillerie sont nombreuses; hippologie, topographie, tactique de la cavalerie, etc. Les sous-officiers éièves suivent des cours leur permettant d’acquérir les connaissances de toute sorte nécessaires à un officier : dressage, hippologie, topographie, histoire, langues vivantes, etc.
Tous les sous-officiers sortant de l’École avec la note « bien » sont de suite nommés sous-lieutenants. Les élèves vétérinaires, après un an passé à l’École, doivent souscrire un engagement d’honneur de rester six années vétérinaires de l’armée après leur sortie de l’École. Les élèves enmaréchalerie après examens reçoivent un brevet de maître maréchal-ferrant.
Les cavaliers télégraphistes reçoivent également une instruction spéciale. Ajoutons que les chevaux rétifs des régiments de l’armée sont envoyés à l’École de Saumur, où les instructeur.s et les élèves, grâce à leurs connaissances en dressage, les rendent au bout de fort peu de temps à leur régiment respectif, complètement dressés et obéissants.
TKOISIKMK PAUriE
L’ÉDUCATION PHYSIQUE AU POINT DE VUE DES MÉTHODES D’APPLICATION DE LA GYMNASTIQ^UE
(Métliode allemande. — Méthode suédoise. — Méthode française.)
Les Sociétés
de Gymnastique de France.
1 1 histoire de la gymnastique est, pour ainsi dire, aussi
S ancienne que la civilisation, celle des sociétés de gymnastique remonte à peine au commencement de ce siècle. L’Allemagne, la Suisse, la Suède, la Belgique, la Hollande, l’Italie, la Bohême ont vu naître successivement de nombreuses sociét('s de gymnastique, qui, sous l’influence bienfaisante des fédérations et des associations, ont pris un grand essor dans l)lusieurs de ces pays.
La place nous manque pour nous permettre de nous étendre sur la formation et le développement des groupements gymnastiques à l’étranger. Nous avons à parler des sociétés françaises, et c’est dans ce cadre restreint que nous allons nous renfermer pour faire connaître l’origine de ces sociétés, leur organisation et le but qu’elles poursuivent.
Avant 18t)0, il n’existait pas de sociétés de gymnastique en France. Nous entendons par là des groupements tels que nous les voyons fonctionner aujourd’hui un peu dans toutes les parties de la France, avec leurs statuts, leurs règlements, leurs comités ou conseils d'administration.
La plus ancienne de ces sociétés en date est celle de Guebwiller (Alsace). Elle a été créée le 5 janvier 1800. Ses fondateurs, au nombre de sept, furent : MM. G. Egg (Suisse), G. Fischer (Alsacien), L. Gassmann (Alsacien), Jean-Baptiste Votsch (Suisse), Ed. Winckler (Alsacien), J. Zuppinger (Suisse) et R. Zuppinger (Suisse).
L’article premier des statuts de cette société disait : « La Société de gymnastique de Guebwiller a pour but, en réunissant les jeunes gens pour des exercices corporels, de développer la force du corps, de former le cœur et d’élever à la patrie des enfants dignes d’elle. »
Les statuts révisés de cette société furent approuvés à Colmar, par décision préfectorale, le 10 mai 180’2.
Antérieurementà cette date,lel2 mai 1801, avait eu lieu à Guebwiller la première fête de gymnastique, avec le concours de plusieurs sections suisses. Ayant assisté à cette première manifestation des sociétés de gymnastique dans notre pays, nous en avons gardé un inoubliable souvenir.
Après Guebwiller, Mulhouse eut sa première société de gymnastique. Elle fut fondée en 1801, et se maintint sous le titre de L'Ancienne jusqu'en 1878, époque de sa dissolution par l’autorité allemande, pour avoir participé à la IV® fête fédérale de {'Union des Sociétés de gymnastique de France, à Paris.
Colmar eut sa société en 1803.
La premièce société de Strasbourg, L’Ancienne, fut créée en 1801. Après elle, nous voyons se fonder successivement des sociétés à Ensisheim en 1801, à Schlestadt et à Benfeld en 1807, à üornach en 1808, à lllzach en 1809, et à Sainle-Marie-aux-Mines en 1870.
Entre temps il s’était créé la société de Soultz
en 1801, celle d’Issenheim en 1802, puis celles de Cernay en 1863, et de Thann en 1870; mais leur existence fut de courte durée.
Le 8 mai 1804 eut lieu à Guebwiller la première fête des sociétés alsaciennes de gymnastique, à l’église des Dominicains (désaffectée depuis la Révolution). A cette fête nous voyons figurer, en dehors de la société de Guebwiller, les sections de Mulhouse, celles de Strasbourg, de Colmar, de Soultz et de Cernay.
C’est de cette réunion que date la fondation de la première Association de sociétés de gymnastique en France, dont l’initiative est due à M. Ziegler (Jean-Jacques), qui en fut son président jusqu’en 1870 et que nous voyons plus tard, en 1875, présidei- la première fête fédérale de {'Union des Sociétés de gymnastique de France à Paris, puis devenir président de l’Union, de 1877 à 1878.
Les statuts de Y Association des gymnastes alsaciens ont été définitivement adoptés dans une réunion tenue à Guebwiller le 2 octobre 1864. A cette assemblée assistaient les délégués des sections de Guebwiller, Mulhouse, Strasbourg, Cernay et Soultz.
L’article premier de ces statuts disait : « h' Association des gymnastes alsaciens a pour but de réunir les forces isolées des sociétés de gymnastique du Haut et du Bas-Rhin, afin de poursuivre avec plus de succès leur, but commun. Elle tend à populariser la gymnastique en France, à multiplier le nombre des sections existantes, à resserrer les liens de fraternité qui les unissent, et à contribuer ainsi, autant que possible, aux progrès de l’éducation physique et morale du peuple. »
Le comité central, nommé par l’assemblée constitutive du 14 mai 1803, était composé de : MM. J. -J. Ziegler, Charles Wilz et Édouard Winckler, tous trois de Guebwiller;
Victor Zuber-Bourcart, de Rixheim;
!)'■ West, de Soultz ;
Charles Relier, de Mulhouse; •
Eugène Diemer, de Strasbourg.
Les progrès de cette association furent aussi rapides qu’ils pouvaient l’être à cette époque, car le gouvernement impérial
UiS Si X ! ÊTES nii ü YMN ASTIQUE DE FRANCE
si; iiKinIrail |hmi r.iVdialili- à rd'iivic des s( ici ('“las da j'y iiiiiasl.iqiie, on raison dn lilii'ialisnio dmil allas ataiinil, aiilacliaos.
.Insiiu’aii lK7il, V A S'iiiriiifioii îles (ihiii'inis a donna
doux concoiii's la |iraniiar, la ^-i aonl. IHIi/, a <adin<n', la danxiàina, la ti Juin ISdll, à Sl.rashonr;^ (1 ).
l'.nfri' lani|is anrani liaii nn ^'land nonilii-a da l'àl.as et a, on-
Mouvements d’ensemble.
aoui’s ré^'ionaiix ou locaux à (iueliwiller (2), à Mulhouse, à Straslionrf,% à Cernay, à Soultz, etc.
Ou(d(|uas sections, uolaniment celles de tiualnviller et de Mulhouse, luirent [lart à |dusieurs fêtes et concours fédéraux suisses ; à Soh'ure, à Dêleinont, à Hàle, à Schaffhouse et à Genève, ainsi qu’aux concours qui ont eu lieu à Kpinal, en 1866 et en 1868.
Nous venons de tracer, à grands traits, l’historique des preiniiues sociétés de gymnaslique en France, de 1866 à 1870.
Dans le reste de la France, il n’existait guère de sociétés de gyinnastiiiue avant la guerre. Nous devons citer cependant la société d’I'ipinal, fondée par M. 11. de Jarryen 1863. Cette société a donné plusieurs fêtes et concours en 1864, et, comme nous venons de le dire, en 1866 et e;i 1868, avec la participation des sections alsaciennes et suisses. Nous citerons encore les sociétés L'Ancienne et Lu Gauloise de Reims, fondées en 1867 et en 1868 (la première de ces sociétés avait envoyé une délégation de ses membres au concours de Strasbourg en 1869); puis, La Gnuluise et La Parisienne de Paris, fondées en 1868 et en 1869; la société de Vesoul et celle du Havre.
A Paris, il existait deux sociétés étrangères : la Société suisse {Schivcilzerischer-l'nrnverein] et la Société allemande (Dcutscher- Turnverein). Cette dernière société avait organisé une fête internationale au Pré-Catelan, à Paris, le 26 mai 1865, à laquelle prirent part quelques gymnastes délégués de l’Association alsacienne.
Lorsque la guerre éclata, la France possédait donc environ vingt-cinq sociétés : douze d’enire elles constituaient l’AMocfation des sucié/cs alsaciennes, la première association de sociétés de gymnaslique fondée en France.
Après la signature du traité de paix, qui arracha à la France un lamheaude son ti'rritoire et détacha de la vie nationale un de ses meil-
(1) Nous .'ivons eu le plaisir de partiripor cdiunie py^llla^te actif de la seeiioii de (liiehwillerà ce cniicours.
Kn delior.s de notre sucrés personnel (10' prix f'.r-æi/ii" avec >1. Sehiiitz, iiionitcunlelaseciion suisse do .ijyninasliipie de l'ai is), nous avons eu la saiisfaclion do contriliLier à faire remporter le premier prix (nndlaille d'orj à la section de Uuebwillor exærjuo avec la section 17.'/iiü/i de Mulhouse.
(2) Concours du 26 mai 1867. r'prix (avec couronne', M. J. .Sansbœul.
leui's éléments, les sociétés alsaciennes eurent beaucoup de mal à se reconstilniT- et à vivre sous le nouveau régime. Cependant, lies 1876 nous voyons leiiaraître quehjues délégations à la jjreniière fête fédérale dn Pri'-Calelan, et plus tard à la fête fédérale des 'fiiileries, en 1878. Cette par tieipalion aux fêles fédérales IVançi'iises (U été funeste à ces sociétés: la plupart d’entre elles furent dissoutes par l’autorité tillemande au lendemain de la fête des 'l'uileries. Quant <aux sociétés de Strasbourg, elles fui-ent dissoutes après les fêtes organisées à l'occasion de l’inauguration du monument de M. 'l'hiers à Nancy, en 1879. Seules, la sociiHé de Cuehwiller et /.’Æ.syiérduce de Mulhouse (sous le nom de L'Gli/nijiia) furent autorisées à continuer leurs exercices ihuis les locaux dont elles étaient propriétaires.
La reconstitution des autres sociétés fiani;aises riue nous avons déjà citées se lit lenlement. Cependant, dès 1871 nous voyons Parisienne reprendr e ses réunions et se reconstituer sous le nom de Société nationale (actuellement La Nationale de Paris). La Gauloise de Paris, L' Ancienne et La Gauloise de Reims, la société d’Fpinal et celle du Havre ne tardèrent pas à rouvrir les portes de leurs gymmises. La Société suisse, devenue la Société franco-suisse (1) de Par is, suivit cette impulsion.
Un certain nombre de sociétés nouvelles se fondèrent dès 1872. En dehors de celles dont nous avons déjà parlé, nous citerons les sociétés de Reaune, bordeaux. Cambrai, Compiègne, Lille, Lons-le-Saunier, Lunéville, I.yon (3 sociétés), Périgueux, Saint- Lrj, Toulouse, Valence, Valenciennes et Vitry-le-Fraimois. Au total 26 sociétés, tel était l’elfectif des forces gymnastiques en France, en 1873.
Le 28 septembre 1873, les délégués, au nombre de dix-neuf, représentant 9 sociétés : celles de Paris, de Reims, d’Épinal, de Lunéville et de Valenciennes, se réunirent à Paris et fondèrent VUnion des Sociétés de gymnastique de France, qui est devenue la plus importante association de ce genre en France.
D’après une statistique récente, publiée par les soins du comité de permanence de YJJnion (mai 1899), il existe actuellement 809 sociétés de gymnastique dans notre pays. De ce nombre, 533 sont affiliées à VUnion et comprennent un effectif d’environ 30 000 membres, tant actifs qu’honoraires.
L'Union des Sociétés de gymnastique de France a pour but:
« 1“ D’accroître les forces défensives du pays, en favorisant le développement des forces physiques et morales par l’emploi rationnel de la gymnastique, l’étude du tir, la natation, la topographie, etc., et en rendant ainsi les jeunes gens aptes à acquérir plus rapidement les qualités qui font les bons et solides soldats ;
« 2“ De défendre la cause de la gymnastique, d’en affirmer et d’en vulgariser l’enseignement et la pratique dans la France entière;
« 3® De provoquer partout dans le pays l’organisation de nouvelles et nombreuses sociétés, et de faire de toutes ces sociétés, réunies en fédération française de gymnastique, une école permanente et patriotique de préparation à toutes les éventualités de l’avenir;
« 4® De poursuivre toutes les mesures légales, budgétaires et autres, susceptibles d’aider à la réalisation de ces programmes.
« Elle s’interdit toute immixtion dans les questions politiques ou religieuses. ')
L'Union, qui est administrée par un comité de permanence, composé de trois menilires à l’origine, comprend acluellement qualc>-ze membres, élus par le congrès, et un secrétaire général, élu sur la désignation du président.
(i) En 1873. l’élément français se flélaclia (le cette société et fonda I.n Française, (]ni estdevenue pins tard une de nos meilleures sociétés de gymnasti(iue.
L'équilibre.
LA r, YM NAf^TKjlJK ALLEMANDE
I,es |)i't'si(l(Mil.s lie VUini)i\ iln|uiis sa faiulation (18/^) oui. cto : MM. K. l*a/, (lo l'ai is (l87:?-7ri); O. Doyen, de Deims (187îi-7(i) ; II. de .larry, d’Ilpinal (l87(i-77); .l.-.l. Ziegler, «le Paris (1877-78); nai>;,MO, de l.ille (1878-70) ; Callol, de La Uoclielle (1879-80) ; Félix Faure, du Havre (1880-81); D’’ Décès, «le Heinis (1881-8'2); Dou- /.ole, d’Augouli'me ( 1882-88) ; Lecocq, d’Amiens (188.Î-8V) ; D. Me'-
Equilibre aux anneaux.
rilloii, de Hordeaux (1885i-8o); Puirabaud, de Nantes (1885-86); D. Helle, de Tours (1886-87); comte Lemercier, de Saintes (1887-88); J. Sansbœuf, de Paris (1888-89-90); A. Prudhomme, de Limoges (1890-91); (1. Bourcart, de Nancy (1891-92); Lauras, d’Alger (1092-93); Plassan, de Toulouse (1893-94); Parmentier, de Lyon (1894-95); Secrestat, de Périgueux (1895-96); Hanuedouche, d’Alger (1896-97); Ch. Cazalet, de Bordeaux (1897-98-99).
De 1873 à 1888 et de 1890 à 1897, le comité de permanence ne durait, en moyenne, qu’une année. C’était statutaire. Depuis le congrès d’Alger, en 1896, les membres du comité sont rééligibles. Le comité actuel (1899-1900) est composé comme suit : président, M. Ch. Cazalet, de Bordeaux; vice-présidents, MM. Zierer, de Houen, et C. Laly, de Compiègue; trésorier-archiviste, M. A. Krug, de Nancy; secrétaire général, M. J. Pancol, de Bordeaux. Membres du comité : MM. Bellois, Christmann, D’’ Convers, Dellandre, E. Henry, Loutil, Manchet, Morel, J. Sansbœuf et Wachmar.
Une fête fédérale est célébrée tous les ans dans une ville de France possédant au moins une société associée.
La première fête fédérale de VUnion a été organisée par les trois sociétés parisiennes La Nationale, La Gauloise et La Française au Pré-Catelan, les 16-17 mai 1875. Le bureau de son comité d’organisation était composé de : MM. J. -J. Ziegler, président; J. Sansbœuf, secrétaire général; .1. Gallier, trésorier.
En 1899, la XXV® fête fédérale a eu lieu à Dijon (Côte-d’Or), les 21-22 mai, sous la présidence de M. Loubet, président de la République. En 1900, la XXVI® fête fédérale aura lieu à Paris, qui aura vu ainsi pour la quatrième fois célébrer la fête annuelle de VUnion (1875-1878-1889-1900).
A titre documentaire, rappelons que la fête fédérale de 1889, qui a eu lieu au polygone de Vincennes, a été jusqu’ici la plus importante des t'êtes fédérales. Le nombre des sociétés, tant françaises qu’étrangères, s’est élevé à 850, et le chiffre des gymnastes participants à plus de 10 000. Ce fut la première fête fédérale française que présidât le chef de l’État, M. Carnot.
I.es dépenses de cette organisation ont dépassé le chiffre de 168 000 francs; elles ont été couvertes en majeure partie, par les subventions du gouvernement (60 000 francs), du Conseil municipal de Paris (60 000 francs) et du Conseil général de la Seine (20000 francs).
Mais VUnion ne s’est pas contentée seulement de ses propres fêtes annuelles, elle a pris part aussi et officiellement à plusieurs fêtes fédérales étrangères, en Belgique, en Suisse, en Bohême et en Hollande.
L Union a pour organe Le Gymnaste, fondé en juillet 1873, par M. L. Ducret, sous les auspices de la société de gymnastique La Nationale de Paris. Ce journal a eu successivement pour directeurs : MM. le D'' Doyen et de Jarry, anciens présidents de
VUnion, et C. Laly, «le Compïègne. Son comité «le rédaction actuel est nommé («ar le Comité «le permanence.
A côté «le VUnion des Sociétés de yyinnasliyue de France, et concourant au même but «(u’elle, viennent se ranger les fédérations et associations régionales et départementales, au nombre de 27 et cotnprenant ensemble 632 sociétés; 470 «l’entre elles sont afiiliées à VUnion.
La plus ancienne «le ces associations est celle du département «le la Seine. Elle a été fondée à Paris, le 3 août 1876, et compren«l actuellement 49 sociétés avec un effectif d’environ 4 000 membres, tant actifs qu’honoraires.
Les fondateurs de celte association furent: MM. .1. Sansbœuf, Asthon et Marsily (pour La Nationale, de Paris) ; A. Bican et .1. Gallier (pour La Gauloise, de Paris); Tirot, Feuneiiille et Richard (pour La Parisienne, de Paris); H. Wuest (pour la Société de Puteaux)-, l.arroque (pour la société La Saint-Mandéenne, de Saint-Mandé).
Le président actuel de l’Association est M. Roucoux. Ses prédécesseurs à la présidence ont été M.M. Sansbœuf, Paul Jorsin, Bican, Loutil, Deronelle, Bellois et furin.
La propagande faite par cette association à Paris et dans la région a été des plus efficaces. C’est à son initiative qu’est due la création d’un grand nombre de sociétés à Paris et clans les départements limitrophes. C’est encore à elle que l’on doit les belles fêtes à l'Hippodrome, aux Arts libéraux et dans le jardin des Tuileries et au Vélodrome du Parc des Princes, fêtes qui ont eu un si grand retentissement dans la capüale et «jui ont attiré l’attention des pouvoirs publics sur les bienfaits de la gymnastique.
L'Association de la Seine a pris part, collectivement, à plusieurs fêtes fédérales étrangères, notamment à Verviers, en 1890, et à Genève, en 1891, où elle a remporté de brillants succès.
En dehors de la fête fédérale proprement dite, qui a lieu depuis vingt-cinq ans sans interruption, les fédérations et les associations, voire même les sociétés, organisent périodiquement des fêtes de gymnastique, soit avec, soit sans concours. Ces manifestations en faveur de l’éducation physique obtiennent partout le plus vif succès et contribuent puissamment au développement de la gymnastique et des sociétés en France. Ces fêtes sont essentiellement populaires; elles ont conservé jusqu’ici un caractère patriotique qui fait honneur aux promoteurs de l’œuvre et aux organisateurs de ces manifestations. D’essence essentiellement démocratique, l’institution des sociétés de gymnastique est appelée à rendre les plus grands services au pays et particulièrement à notre armée nationale, à laquelle elle fournit un contingent d’hommes vaillants, robustes et disciplinés. A ce titre, elle a droit à la reconnaissance du gouvernement et aux encouragements de tous les bons citoyens qui veulent la patrie grande, forte et respectée.
J. S.iNSBtÆUF {de Paris),
Architecte,
Ancien président de V Union des Sociétés de (jijtnnastique de France,
Membre de la Commission supérieure de l’Education physique de la jeunesse.
La Gymnastique allemande.
POUR avoir un aperçu de ce qu’est la gymnastique allemande, il faut, comme dans toutes les sciences, remonter aux origines de son développement. Les prédurseurs de la révolution des esprits tels que J. -J. Rousseau avaient contribué à ébranler les vieilles méthodes d’éducation et à ouvrir des horizons nouveaux en Allemagne, où l’éducation physique était presque inconnue. Un des premiers qui suivit le nouveau courant fut un pédagogue du lycée de Schnepfenthal en Saxonie, J.-C.-F. Gats-Mullis, né en 1759, à Quedlinburg. 11 créa un système d’exercices physiques en se proposant pour but le déce-
LA a YMNA S riOf’IC A LI.EMA NUE
(ht rtirjis hitiiidtii. dos oxorcicos «Maiont, : 1" Marcher et courir; 2“ sauter; lever des l'anleaux, porter, traîner, lutter;
escriiner; !j" ^riitiper; (i" daiiseï' avec, le cerceau ou avec la corde; 7“ se halaucer sur des plans dlrtjils avec les écliasses, patiner; 8" s’exei'cer au coinhat; !)" lancer des poids et tirer; ni" se haij^ner et nager, aux(]uels il convient d’ajouter les exercices arlisi ii|u('s, plasti(|ues, ceux de la voix, l(;s épreuves de la volonli- virile; 12" les (^xeicices des sens. Coinine ou le voit, le systèiiKî de l'éduealiou luoprenient ]diysi(iue ne soi t |ias encore nelli'inent de l'(•ducalioa gihiérah', mais celte éducation aurait siilli à rornier un liomiiie. l’ourtant les ellorls de (iuts-Muths sortirmit à [leine du cadre de sou élaldissenient d’éducation.
.\u conimencenient du siècle, à l'époipie des désastres guerriers de rAllemagne, des [lalrioles |)ensèient ijue jiour relever la patrie di' sa triste situation il fallait avant tout coinballre la nndlesse du corps et le niainjue d’énergie de la race. C’était dans ces l,eniits lugubres ipie C. Jalui, piofesscur d’un collège à Itm lin, léunissait auloui- de lui en été (181Ü) des jeunes gens et les conduisait dans les pia's et dans les forets des environs de Üerlin. Ou jouait, on marchait, on courait dans le seul but de fortilier le corps (‘t le rendre jilus apte à supiiorter les fatigues. Cn 1811, Jahn ouvrit le |>remier « Turnjilatz » (terrain de gymuasti(|ue) à la llasenheide, [très llerliii. En dehors des soins corporels, Jahn rêvait une éducation générale pour la jeunesse berlinoise, en ce temps bien amollie et bien immorale ; il s’appliqua à lui faire soulfrir la honte de la patrie. La gymnastique se dévelojqia ainsi jieu à [um dans tous les pays allemands, mais surtout en Prusse. Le gouvernement la favorisait, mais les professeurs des universitt's voyaient en elle un obslacle au développement intellectuel : un gymnaste ne [louvuit devenir un savant! A[irès le congrès de Vienne, la réaction s’accentua davantage. On vit dans la gymnastique une nouveauté dangereuse pour le repos des Etats. Les gymnastes adoptèrent des coutumes étranges ; ils chantèrent des chants nationaux, ils s’habillèrent d’une manière simple en lin écru, et ils se livrèrent à des mouvements ])lus rudes et plus libres tels qu'on n’en n’avait jamais vus. Aussi (]uand le ministre Kotzebue fut tué par l’étudiant Sand on établit une relation entre ce meurtre et la gymnastique, et on la défendit.
Jahn créait les fondements de la gymnastique allen ande; depuis celte époque on peut dire qu’il existe une gymnaslique allemande (deuL'cAe Turukunst) et un gymnaste allemand {d'‘utsche Turner). Il inventait toutes les expressions propres à servir en gymnastique; il purifiait en outre la langue allemande des mots étrangers et donnait ainsi à la gymnastique une forte emp reinte nationale. Les gymnastes le vénèrent encore aujourd'hui comme un petit saint national et l'appellent Turnvater (p^re de la gymnastique).
Jahn et ses adhérents inventaient tous les agrès qu’on trouve dans les gymnases allemands. Les barres fixes, les parallèles, les mâts à grimper, les tremplins, puis deux sortes de chevalets appelés O i)ferd»el<( bock »(1), les anneaux, etc. La gymnastique se pratiquait toujours pendant des après-midi entiers. Les premières heures étaient pour les exercices volontaires, les autres pour Vécole de gijninnstiqne proprement dile. Les adolescents étaient placés dans dilTérents groupes. Chaque équipe avait son moniteur {Vorturner), qui démontrait méthodiquement les exercices et aidait les faibles. Les terrains de gymnastique étaient vastes, près de la ville et toujours ouverts. Ce ne fut que plus tard et dans les plus grandes villes qu'on érigea des halles ou des salles de gymnastique pour ne pas être contraint de cesser les exercices pendant l’hiver ; mais un espace ouvert ne manquait ]iresqiie jamais. Peu de choses ont changé depuis, car on voit encore les nombreuses sociétés de gymnastique s’exercer à peu près de la même manière que du temps de Jahn. Le peuple pratiquait la gymnaslique, mais dans les écoles on ne voyait ni gymnases ni exercices de gymnastique. La plupart des mouvements étaient trop difficiles à exécuter pour la jeunesse, ils étaient même dangereux. On avait besoin d'un homme qui, se basant sur des lois de physiologie, sérierait les exercices d'après leur valeur, qui extrairait, en un mot, la pratique des lois scientifiques. Cet homme l'ul Aduljt/teS/iicss; il naquit en 1810.
Spiess s’éria les exercices en » Freiübuugen », exercices libres qui se pratiquent sans agrès; « Urdnungsiibungcn », exercices
1) .le ne lc.^ ai jamais vus dans les gymnases français. Ce sunt dc.s chevalets en hois, remhoiUTés ; on les franchit en y iirenaut un point d'appui avec les mains. Ce sont les agrès les plus importants en Allemagne.
d’ordre; « ilangsiibungen », suspension, et « Stemmubungen ». exercice avec point d'appui. C’est alors que Erédéiic-Cuillaurne IV, leva en 18'i7, la prohibition de son [lère. La gymnastique fut déclarée indispensable à l’éducation virile. Aussi [)ratiqua-t-on, ajirès .Spiess, la gymnastique dans toutes les écoles de l’Allemagne et de rAutiiche. Il était bien nécessaire de préparer ainsi le terrain. Aujourd’hui les exercices de Jahn, mis au point jiar Spiess, sont pratiqués dans des gymnases clos en hiver, et pondant la belle saison, en jilein air. Des sociétés de gymnastiijue, dejiuis quelque dizaine d’années, jouent la harette (Prague), d’autres pratiquent le canotage (Trieste), d’autres les armes (Vienne). En été, dans les excursions à la campagne, les gymnastes s’exercent au lancement du javelot et jouent aux jeux populaires.
La gymnastique allemande a une action physiijue et morale. .Maintenant, je dois dire queh]ues mots de la physiologie et de la iiédagogie, qui jouent toutes les deux un grand rôle dans les exercices physiques allemands. Les maîtres de gymnastique sont en général fournis parmi les professeurs des collèges. Un maître qui possède un brevet spécial enseigne la gymnastique en même temps que le latin ou les malhématiipies. Souvent il n’y a qu’un seul professeur pour toutes les classes, mais alors il possède un brevet supérieur de gymnastique ; il doit pour cela être d’abord liachelier, ensuite suivre pendant deux ans à l’université les cours d’anatomie, de physiologie, d’exercices pratiques et théoriiiues.
On cherche donc à « développer harmonieusement le corps en fortifiant la santé ». On trouve pourtant dans les exercices allemands des mouvements qui n'atteignent pas ce but : ce sont surtout les suspensions en arrière, les renversements sur les bras, la sirène, les rétablissements en arrière aux anneaux, etc., exercices dans lesquels la poitrine et l’abdomen sont comprimés; mais on n’applique pas ces exercices aux faibles. On ne met pas un point d'honneur à voir quelques élèves exécuter des mouvements brillants, mais on s’applique à donner à toute une classe un développement physique moyen. Les anémiés, les pléthoriques, les myopes, ne font que les exercices appropriés à leur état. Ils sautent moins loin et moins haut : comme les autres, ils exécutent un appui, mais un simple appui au lieu d’un appui en llexion, etc. Les exercices s’adressent à tout le corps, le train inférieur autant que le train supérieur. Les agrès sont suffisants; toute la classe travaille, excepté les inaptes, qui font des exercices dits « fosartzforman », supplémentaires. On ne fait pas perdre de temps aux élèves. On compte de dix à trente secondes d’exercice et deux minutes de repos. Le maître place des élèves expérimentés àcôté des agrès comme « aides ». Les faibles restent à côté du maître. Celui-ci donne ses cours à quarante ou cinquante élèves, à raison de deux heures par semaine. Chaque école possède une salle de gymnastique et de plus une cour avec des agrès pour la belle saison. La gymnastique, obligatoire pour les garçons, est facultative pour les filles.
Le but pédagogique n’est point négligé, car on obtient par la gymnastique < la fraîcheur d’esprit »; l'éducation de la volonté, par les mouvements réglés, le courage, l’endurance et la discipline. Les exercices d’ordre affirment la dépendance vis-à-vis de la collectitivité. C’est l’école de la vie qui enseigne à subordonner la liberté individuelle à la liberté collective.
On ne peut pas nier cependant que la gymnastique allemande n’ait de graves inconvénients, qui se font sentir de plus en plus, de jour en jour. La poussière des gymnases et le mauvais air confiné sont nuisibles à la santé : le but de la gymnastique n’est donc pas complètement atteint. Mieux vaut s’abstenir que de pratiquer la gymnastique dans des locaux malsains. En outre, les nerveux, les « fatigués », etc., ne tirent aucun profit de la gymnastique ainsi pratiquée. C’est pourquoi la gymnastique allemande pure a de sérieux adversaires (jui eberebent à la combiner avec les jeux en plein air, les marches dans les forêts, la natation, etc., en ramenant l’homme vers la nature, ce qui, d'après mon avis, serait le plus sur moyen de lutter contre le surmenage contemjiorain.
VICTOR hlMMER (de Vienne, Autriche],
Pi’ •li'sseur, liceûcié ea gymnastique.
LA GYMNASTIQUE SUEDOISE
en
Une salle de gymnastique médicale et de massage à l’Institut central de gymnastique de Stockholm. (Cours de gymnastique des vieillards.)
La Gymnastique sviédoise.
La caractéristique de la gymnastique sue'doise est de permettre à toute jiersonne d’y participer selon ses forces ; elle n’est ]ias exclusive, les malades eux-mêmes peuvent en obtenir d’excellents résultats. La méthode de gymnastique suédoise veut que chaque mouvement ait sa raison d'être et que le professeur chargé de l’appliquer aux élèves connaisse la valeur et rinlliience de chaque mouvement qu’il ordonne.
Le système de la gymnastique est fondé sur l’effet des mouvements, qui sont groupés en série d’après ces principes.
Le système suédois est basé sur le principe suivant: faire de la gymnastique pour se développer en force en ne regardant pas la gymnastiiiue comme un but, mais comme un moyen pour atteindre ce but. Ce qui n’empêche pas que, tout en employant ce moyen, on doit en retirer le plus de plaisir et de satisfaction possible en fortifiant ainsi non seulement le corps, mais l’àme.
Une condition des plus importantes de l’enseignement est que le professeur doit posséder une bonne instruction générale, qui le place au niveau des autres professeurs d’un lycée; il faut surtout qu’il ait suivi un cours spécial pour être nommé professeur de gymnastique, cours dans lequel il apprend la physiologie et la mécanique de chaque mouvement.
Dans l’enseignement de la gymnastique qui est donné en Suède, chaque professeur doit être diplômé de l’Institut central de Stockholm, d’où sortent depuis le commencement de ce siècle tous les professeurs de gymnastique de ce pays.
La gymnastique suédoise est divisée en quatre branches distinctes. La gymnastique pédagogique, la gymnastique jnililaire, la gymnastique médicale et la gymnastique esthétique; l’escrime est comprise dans la gymnastique militaire. L’escrime est considérée comme une branche de la gymnasti([ue ; elle est ensei-
gnée d’après les mêmes principes de la gymnastique suédoise: elle doit s’exercer également des deux côtés, en conséquence on tire de la main gauche autant que de la main droite.
Le but de toute gymnastique pédagogique est avant tout de fortifier la santé par te déveloiqiement harmonieux du corps et de donner aux élèves une bonne tenue. On veut donc, en développant les muscles, former une jeunesse forte et courageuse.
La gymnastique suédoise développe également l’esprit de combativité, si indispensable quand il s’agit de former un homme qui doit être prêt à lutter pour la vie. L’escrime y contribue en première ligne, ainsi que les Jeux et les exercices d’application dans lesquels il faut comprendre les sports nationaux, et surtout les sports d'hiver.
On s’applique de plus en plus à introduire les Jeux scolaires dans l’enseignement de la gymnastique et à encourager le sport raisonné comme un exercice d'application aux facultés physiques, facultés qui se développent par les exercices de gymnastique. Si les exercices de gymnastique, ainsi que ceux qui appartiennent aux sports et aux Jeux, doivent toujours être recommandés à titre d’exercices physiologiques, on ne doit pas se livrer à tous les exercices indilféremment pour la seule raison qu'ils peuvent être exécutés ; on doit, au contraire, réprouver comme moins bons ou même dangereux tous les exercices qui usent trop largement les forces ordinaires de l’organisme humain. Il existe un grand nombre de mouvements ; mais on ne doit adopter dans l’enseignement ou dans l’éducation que ceux qui sont bons, et on doit soigneusement éviter toute exagération.
Le professeur doit faire un choix Judicieux des exercices, afin d’écarter tout danger; leur valeur physiologique dépend de ce choix même. Cependant on ne doit pas tomber dans l’excès contraire, de peur de faire travailler trop énergiquement; il faut surtout ne i>as rendre aux enfants la gymuastiiiue ennuyeuse; on ne doit donc pas considi'rer comme nue faute de développer les forces
Mouvement de flexion en arrière, à l’espalier.
Élèves-maîtres de l’École normale des instituteurs de Lund. — Salle de gymnastique. Professeur, M. le commandant Norlander.
Flexion latérale gauche du torse, à l’espalier.
Élèves-maîtres de l'École normale des instituteurs de Lund. — Salle de gymnastique- Professeur, M- le commandant Norlander.
LA (iïMNASTIQI'L: SUl'hO/SLJ
CS
filliîff
Saut (lu cluival d’arçon. (Caserne d’artillerio de Stockholm.)
iMiisrtiliiircs do l’enfance par le moyen d’une (gymnastique récif'al iv('.
I.e im'me systi'ine de f'ymnastique est ado[)t(' dans toute la Suèile, dans Ciute éducation pliysicjue, civile ou militaire.
I,a base l'ondaimudale du systrine suédois comprend des divisions d’exercices, lescjiielles divisions sont elles-mêmes subdivisées en (iidupes distincts.
Voici le plan de la l(‘çon type de ('ymnastique suédoise.
1" l•]xercices des jambes.
2" exercices d’ext(msion du dos.
.’i" exercices de suspension (soulèvement du corps).
''1“ exercices d’écjuilibre sur la partie inférieure du corps, exercices des muscles du dos.
()'> exercices des muscles abdominaux.
7'’ exercices des muscles latéraux du corps.
S'’ exercices de sauts.
!!“ exercices de clôture, c’est-à-dire de respiration.
Dans cliacun de ces neuf groupes, les mouvements sont classés i)ar |)rogression, c’est-à-dire suivant la force qu’exif^e leur
exécution.
Un peut d’ailleurs augmenter la force des mouvements dans une position de départ plus diflicile, par l’intensité de la force dans l’exécution, par la tenue dans la durée du mouvement ou par la rapidité de l’exercice -, par la répétilion et par la combinaison dans l’f'xéculion de plusieurs exercices réunis.
La [u ogression dans cluniue leçon dépend de l’àge et de la force des exécutants; cette progression est représentée par :
1“ Une position fondamentale d’une difficulté progressive ;
2“ [.a force ,
c’est-à-dire par l’exécution plus ou moins com- [dète d’un exercice;
3“ I,a durée de l’exercice ;
4“ La rajiidilé dans l’exécution;
O" La répétition jilus ou moins fréquente de l’exercice ;
(J'> {dexikulion d'un exercice combiné, c’est-àdire (|ui s'adresse à plusieurs parties.
' C'est sur de
tels ]i r i n c i P e s (|u’est établie une leçon de gymnasti(jue suédoise.
C’est ainsi, par exemple, que dans le premier groupe (exercices des jambes) , on exécute toute
SauL du cheval d’arçon. , . ,
(Caserne d'artillerie de Stockliolm.) J® mou-
vements préparatoires metlaut loul le cor ps en fonction tjambes, bras, lé|(>, tronc ,1; on y ajoute (''gaiement (juebiues exercices d’oi'ilKi et de mai ( lie.
Ainsi (jue je l’ai dit [dns liant, une leçon de gymnastiijue est souvent compbdau! par des jeux scob’iires et par des exercices d’applicali((n, tels ([ue les s[)orts nationaux.
La gymnasti(iue suédoise est avant tout une gymnastique respiratoir e et décongestionnante ; (dieest basée sur- les pi inci jies de la jdiysiologie.
Après tout exercice qui congestionne vient un exercice qui décongestionne.
On considère d’autre par t dans tout exercice de gymnastiijue la loriiie, c’est-à-dire l’attitude (lure au point de déjiart et l’attitude juire au [loint d’arrivée.
Tout mouvement gymnastiiiue est divisé en trois parties: la premièi'e, celle de la position du cor ps ou du segment au rejios, au di'part; la seconde, celle du mouvement lui-ni('‘‘me, consicléré dans sa durée, dans son intensité, dans sa ré[iétition ou dans sa vitesse ; la troisième, celle de la position d'ar rivée au [loiiit terminus du mouvement.
Cette forme doit êti-e pure, comme celle du point de (bqiart dont elle dépend, d’ailleurs.
Car, si la tenue au départ est défectueuse, elle l’est autant et quel(]uefois davantage à l’arrivée.
Les résultats obtenus jiar cette méthode suédoise sont tels ([lie, dans les écoles, jieu d’écoliers sont voûtés, et que le type suédois, qui est déjà beau par lui-même, est rendu plus beau encore par une gymnastique plastique, 01 tliomorphique et hygiénique.
Mais, si celte gymnastique est excellente au point de vue architectural, elle est quelque peu abstraite et peu récréative : elle a la valeur d’un devoir d’écolier à remplir, devoir nécessaire, excellent même, mais peu agréable en somme à exécuter; c’est pourquoi les sociétés de gymnastique en Suède ne comptent pas une population aussi élevée qu’on serait en droit de l’attendre. C’est que la nature humaine subit la loi du moindre effort, ou mieux encore, de l’effort agréable et récréatif.
Les sports répondent à ce besoin bien naturel; voilà pourquoi ils ont pris une grande extension en France et [lourquoi ils s’implantent fortement en Suède.
La gymnastique suédoise aux ap|)areils doit être à l’éducation physique ce que sont les gammes et les mouvementsd’assoujdissemeiit des doigts et du poignet dans l’enseignement du piano, par exemple.
Les grands virtuoses, c’est-àdire les grands champions musicaux, n’arrivent à un tel degré de l’art qu’à la condition de s’entraîner méthodiquement tous les jours par une gymnastique spéciale des doigis; i I en est de même de la gymnasli- (|ue, qui doit être la base d’une éducation physique bien coinpi'ise et bien ap[)li(juée.
.le crois utile rnainleiiant de dire tj U e 1 q U e s mots sur l’organisation de Vlnstitut centra.! royal de Slrjckholm, où sont formés les jiro fesse urs de gyinnasli(jue de toute la Suède.
Sdui, tlii cheval d'arçüu.
(Cubcrne cl artillerie de Stockholm.)
[.A (; ÏM XASTlnlJE SUEDOISE
Cours de gymnastique, à l’espalier, des élèves gymnastes dames.
(Salle de gymnastique de l'Institut central de Stockholm.)
cinq, qui, selon les besoins, ont leurservice dans l’une ou l’autre des divisions.
Le premier professeur de gymnastique militaire doit être militaire, et le premier professeur de gymnastique médicale doit être un médecin suédois diplômé. Tous les professeurs doivent avoir passé par l'Institut et fait preuve de qualités pédagogiques éminentes.
Les premiers professeurs sont nommés par le roi, tous les autres le sont par la direction. Les premiers sont admis à la retraite à Tâge de soixante-cinq ans révolus ou après trente ans de service.
Élèves. — On admet annuellement un nombre d’élèves fixé par la direction. Les élèves sont des officiers de l’armée ou de la marine, ainsi qu’un petit nombre de sous-ofliciers, ou des jeunes gens non militaires, qui ont passé avec succès l’examen de maturité. On admet tous les deux ans un certain nombre de jeunes femmes. Ces dernières, comme aussi les élèves hommes non militaires, doivent adresser une demande d’admission à la direction. Les autres élèves sont commandés par ordres généraux des régiments et des corps.
Enseignement. — L’année scolaire est divisée en deux semestres ou termes, du 15 septembre au 25 mai.
L’enseignement comprend trois années de cours pour les élèves hommes.
PREMIÈRE ANNÉE : Cours des instructeurs. — Le principal objet de ce cours est de former des instructeurs pour l’armée et la marine, ainsi que pour les écoles secondaires inférieures.