‹ L'éducation physique au point de vue historique, scientifique, technique, critique, pratique & esthétiqueChapitre 40 sur 130 · I.A GY M NAS II QUE SUÉDOISE · texte numérisé non relu

I.A GY M NAS II QUE SUÉDOISE

qui est la contiiiuatinn du prée/dent, a pour Jiut de former des ])rof(‘sseuis de pieiniore classe jioui' les ('rôles secondaires siipi'ricures du pays, ainsi (|ue poui l’arirKU! et la marine.

(In n’admct on on n(( coininando à nouveau [)0uc ee coins (lue l('s (•l('■ves de 1"' aiin('‘e munis de ceitilicals de sortie avec

ap|ir()lial ion conipicle et jii^'i''s ;

l.e nonilire des ('•li'Vi's de ce ( l'on la nioilii' de rdl'eclil d’idèv

TAIll.i: ors MATIKHI'.H

(\itirs ///('K/■/(/l((^

1" Anatomie avec (lis-südioii .

IMiysiolonie.

a" llyKiime.

V M6ciuii(pic (les moiivenients.

(iymnnsti(|iie.

1" [)é(laf,nig'i(|ue.

2“ inililaire (escrime).

Ce (ionr.s (ronseigiiciiumt péilagogiipie (le la gy.imasiiipie.

7“ (lymnasli(]ue imalicale, pailiciilièremeiit appli(in6c aux ciir.iiits malades.

iptes à tous autres (-gards.

■ours comporte d’ordinaire eiivi- ■s du premier cours.

r, i.A iir.uxiKMi'; Annf.r.

Cours priiliriup..

1" Exercices de gyinnasli(|ue :

1" p(5dagogi(iuc.

ï° inililaire.

Kscrime (sauf pour les femmes).

Kxercices de pédagogie prati(jiie. (Enseignement de la gymnasti(iue scolaire. Leçons aux enfants des écoles.)

:!' (;rmi(]ue de gymnasli(|ue nn'-dicale. (Manipulation des malades.)

'riioisif'.MK aisnkk: Cours (te i/j/iuuasliijtie médicale. — Ce cours (!st une continuation lilne du cours de deuxième aniK'e jiour les militaires et les non militaires qui veulent devenir gymnastes minlicaux.

Le cours des (‘lèves femmes comjirend deux ans, et a pour oli jet de former des professeurs de gymnasli(jue et des gymnastes medicaux.

Les l' tudiants en médecine [leiivent aussi être reçus comme élèves de gymnastique médicale.

TAIII.Iv ors MATIKRKS DE LA TIÎOISlÈME ANNÉE.

Cow/'.s’ Ihéuriijue.

1" Anatomie (dissection).

2“ Physiologie.

Ilygii-ne.

i" ( lymnasti(]iie médicale. (Pathologie, thérapeuticjue.)

î>" Etude des maladies qui peuvent être traitées par la gymnastiiiue.

G“ Gymnastique pédagogique pour les femmes, ainsi (jiie pour les étudiants en médecine et les médecins (|ui ne sont pas ohligés de .suivre le cours de première année.

Cours pratiijue.

1“ Clinique de gymnastique médicale (manipulation des malades).

2" Gymnastique pédagogique pratique (leçons à des enfants).

3“ Cours pour les étudiants en médecine qui n'ont pas suivi, la première année, les exercices pratiques de gymnastique pédagogiq ne.

Le cours actuel d'insti'ucteurs se compose de 58 élèves, dont 4 non militaires ; tons les auli'es sont des officiers. Le cours de ]irofesseurs de gymnastique n’a que 14 élèves, dont 3 non militaires; fous les aulres sont officiers. Eu(in,le cours de gymnas-

Mouvemenls d'ensemble de flexion latérale du torse, gauche et droite. (Gymnastes suédois à la fête de gymnastique de Copenhague, en 1898.)

Graphique d’une leçon de gymnastique pédagogique suédoise par intensité des exercices. La durée d’uce leçon est de 30 à tO minutes. (Gymnase de Lund )

üijue médicale compte 9 élèves dont 2 non militaires et les autres olticiers. Cela donne un total de 51 élèves hommes. Les deux cours de femmes comprennent un total de 20 élèves, dont 1 du Danemark, \ d’Allemagne, 1 de l’Angleterre, 1 de la Norvège, 2 de la Finlande, et toutes les autres de la Suède.

Annuellement on admet à l’Institut des étudiants des différentes iialioiis en nombre limité. Actuellement l’Institut possède un délégué du Chili (Amérique du Sud), envoyé par le gouvernement, pour suivre les cours de trois ans.

Chaque année l’Institut est visité par des militaires, des pédagogues, et surtout des médecins de presque toutes les parties du monde qui viennent suivre les leçons.

Matières d’enseignement. — Ces matières sont the'oriques et pratiques.

Les matières théoriques (cours de I’’® et de 2' année) sont les suivantes :

1“ Anatomie.

2“ Gymnastique pe'dagogique.

3” Gymnastique militaire et escrime.

4" Physiologie et hygiène.

5» 'fliéorie des mouvements.

G» Bases de l’enseignement de la gymnastique pédagogique et de l’escrime.

7“ Gymnastique médicale.

Les matières /(r«h'ç«ex des cours de l’’® et de 2' année, pour hommes, sont les suivantes :

1“ Gymnastique pédagogique.

2“ Gymnastique militaire, ainsi que l’escrime à l’épée, au sabre et à la baïonnette.

3“ Exercice en vue de l’instruction pratique de la gymnastique et de l’escrime.

4° Exercice en vue de l’instruction pratique de la gymnastique médicale.

Des matières théoriques, les quatre premières appartiennent aux deux premiers cours, les autres exclusivement au cours de deuxième année. Les exercices juatiques sont suivis par les deux cours, sauf ceux de gymnastique médicale, qui n’appartienueiit qu’au cours de deuxième année.

Sauf pour ce qui concerne l’escrime, les élèves femmes suivent le même enseignement que les honiines, mais séparées.

L’enseignement de la gymnastique médicale ne comprend que celte gymnastique et la pathologie, ainsi que des études anatomiques et ]ihy';iolügi(jues.

Examens de sortie. — Chaque cours annuel est clos le 15 mai par un examen pratique et théorique public, sauf pour ce (jui concerne le cours d'insiructeurs, qui se termine le 15 avril. Ou délivre des certilicats d’exaineii. Les élèves hommes (|ui ont suivi les trois cours reçoivent le litre de direcleur de gymnastique.

Les élèves (]ui ont passé [tar un cours conqilet de deux ans, c'est-à-dire 1 ! cours de professeurs de gyinnasti(jue, [leuveiit êli'(? nomtiK's professeurs (le gymnaslique dans tous les élahlisscmenls d’enseignement public du pays.

Le budget des dépenses de l’Instilut s’élève à 72UGÜ couronnes (1ÜU80Ü francs) par année.

L’inspection de l’enseignement gymnastique dans les écoles secondaires du pays est dévolue à l’Instilul central. Le directeur de chacune de ces écoles doit envoyer chaque année, à l’Inslilut

LA (iVMNAST inlJE F H ANC AISE

central, un rapport avec renseignements sur le local, le matériel, le nombre des élèves et leur réiiartition, les causes d’exemption, les heures d’exercice, riniluence des exercices, etc. ('es ra|tports condensés servent de base à un rai'port annuel de l’Institut au roi.

I.a plupart des professeurs de gymnastique des établissements d’enseignement secondaire du pays sont des olticiers en service aiipartenant à l’armée. Ils reçoivent pour ce fait une autorisation spéciale et touchent des appointements tixes. Ils doivent en outre diriger les exercices militaires. Ces exercices, aussi bien que ceux de gymnastitiue, sont obligatoires pour tous les élèves jouissant d’une santé suflisante.

Le système de gymnastiiiue suédois, fondé sur les lois de l’anatomie et de la physiologie, a pour but, ainsi que je l’ai dit plus haut, le développement de la santé et de la vigueur corporelle, en même temps que le développement harmonieux du corps dans la mesure que le permettent les aptitudes constitutionnelles, et cela sans surmener l’individu.

Dans les mains de professeurs habiles, en théorie comme en pratique, ces exercices ne comportent aucun danger, et toutes les personnes peuvent y prendre part dans la mesure de leurs forces.

Cette méthode d’enseignement jouit d'une réputation justement méritée [lar le fait même que le professeur de gymnastique possède, comme oflicier, une excellente éducation et souvent une bonne position sociale. C’est ainsi qu'à sa mort un professeur de gyninasti(|ue a légué à l’Institut central de Stockholm la somme de 70 000 francs.

Pendant la dernière année, les élèves des écoles sont exercés à l’esci ime.

Les exercices militaires, qui comprennent l’école des recrues, ainsi que l’exercice de compagnie et celui de tir, commencent a l’âge de quinze ans dans la o" classe (d' des lycées français); ils ont lieu au printemps et en automne |)endant deux mois à raison d’une heure par jour, pendant le cours des éludes jusqu’aux classes 6 et 7 (1''® et 2® classe des lycées français), c’est-à-dire pendant cinq ans.

La dernière année, les élèves fonctionnent comme chefs de peloton, de section et de demi-section.

Les exercices de tir se font pendant les quatre dernières années, les trois premières avec des fusils de salon, cent coups par année, et la dernière année avec des fusils d’ordonnance, à raison de cinquante coups.

L’État fournit le fusil et les munitions.

Il existe des sociétés privées de gymnastique dans plusieurs villes, parfois même à la campagne. Elles ne sont placées sous le contrôle d’aucune autorité publique, mais elles sont dirigées en général par un officier.

L’Etat met le plus souvent à leur disposition une salle de gymnastique appartenant soit à une école secondaire, soit à un lieu d’exercice militaire.

Malheureusement le goût de la gymnastique n’est pas très grand parmi les jeunes gens. Les sociétés de gymnastique en Suède ne comptent environ que mille gymnastes, tandis que le sport gagne de plus en plus de nombreux partisans. Il existe en tout environ vingt sociétés de gymnastique pour cinq millions d’habitants que possède la Suède. Je dois constater cependant que plusieurs des sociétés de sport se livrent à la gymnastique pendant l’hiver. On suit partout en Suède le même système, celui de Ling.

L’enseignement de la gymnastique dans les écoles primaires est confié d’ordinaire à un instituteur primaire qui a suivi l’enseignement de la gymnastique dans une école normale d’instituteurs primaires.

Une telle organisation prouve quel intérêt le peuple suédois porte aux exercices du corps méthodiquement appliqués. Cet intérêt est si grand, qu’il existe des sociétés de gymnastique de femmes, ouvrières, employées, commises, etc...; celles-ci s’entraînent tous les soirs dans une des salles de l’Institut de Stockholm. Elles sont commandées par un professeur femme, qui est généralement élève du cours de gymnastique des élèves gymnastes de l’Institut.

Tous les deux ans une fête de gymnastique patronnée par le prince royal est donnée dans une ville quelconque de Suède. Cette fête a un grand retentissement en Suède. La ville de Stockholm, dont la population s’élève à 28ÜÜ00 habitants, possède un grand nombre de salles de gymnastique, des salles toujours très belles des lycées, collèges, pensionnats et écoles primaires, et

Plongeon de 12 mètres de hauteur.

(Gymnastes suédois aux bains de natation de Stockholm.)

des salles de clinique de gymnastique médicale, car beaucoup de maladies sont traitées en Suède par le mouvement actif ou passif : celui-ci étant imprimé à bras d’homme par un médecin masseur ou par des appareils mécaniques d’une construction très ingénieuse.

Major VICTOli R AU: h',

Premier professeur à l'IustUut central royal de gymnastique de Stockholm.

La Gymnastique française.

O UE dire de la gymnastique française telle qu’elle est appliquée encore de nos jours dans l’enseignement public et dans les sociétés de gymnastique, sinon qu’elle est acrobatique e( qu’elle violente les lois de la physiologie par son action fâcheuse sur la circulation et sur la respiration?..

Jusqu’à ce jour, aucun principe de physiologie n’a présidé à l’établissement de la méthode de gymnastique française, que nous devons à une importation d’origine espagnole avec Amoros, au coinmenceinent du siècle, et suisse-alleinande, surtout depuis la guerre de 1870.

Beaucoup de médecins se sont occupés de gymnastique plutôt d’après leur propre entraînement que d’après les lois de l’expérimentation physiologique, pédagogique et psychologique. Les médecins à bras de levier courts, c’est-à-dire petits, bien râblés, ont prôné les anneaux, le trapèze, la barre fixe, les barres parallèles, l’ascension à la corde lisse à la force des bras, etc., tandis que les médecins à bras de levier longs ont critiqué ces mêmes mouvements, leur préférant les courses, la marche, le saut, etc. Pourquoi cela ? parce qu’ici nous nous trouvons en présence d’un principe de mécanique très connu : ce que l’on gagne eu force on le perd en vitesse et vice versa. La force pour élever le poids du corps, qui varie entre ub kilos, 80 kilos et 90 kilos, est fournie par les muscles qui actionnent les bras de levier.

/./l (I y M N A s T I O / ' E E n A Nr A IS E

Les bras de Irvicr dans la liaclioii du c()i i)S Iniiiiain de bas eu liant soûl, les bras; or, les os des bras sont [ilus ou moins loiif^s ou jdus ou moins courts, selon ebai|ue individu, si bien ijue les personnes |)etitesaux bras courts se l'ali^uent moins en se soulevant<|ue les jurandes au\ lon;,;s bras. Mais se soulever n’est rien ; où commenee la diriiculli' c’est dans les attitudes jirises par le corpsan.x anneaux, au trapèze, à la bâtie fixe, etc. Aux anneaux, le point d’apimi sur les deux mains est en éijuilibre instable, ainsi (|u’au trapèze ; dans l’exerciee ajipelè u la jdanclie » le point d’appui étant pris en l'air (aux anneaux ou à la barre du trapèze) le corps est mis en position borizonlale aulour de l’articulation de l'i’paule, il se trouve dans l’altitude de la balance dite romaine, si bien (|ue plus lonf's sont les deux bras de levier inbù ieurs (les Jambes), jilus de l’orce doit être l’ournie jiar les deux autres bras de levier, les bias. (leux-ci prennent leur point d’appui sur deux jmints en équilibre instable comme dans les anneaux iiui jouent dans le plan d’un cAne dont la li^me circulaire de la liase est représentée par la cii conl’érence ijue les anneaux [leuvent parcoui ir autour de leur jioint fixe, c’està-dire leur |)oint d’attache à la poutre du plal'ond ; pour le trapèze, l’éijuilibre est instable sur deux plans, un anléro-postérieur, l’autre latéral.

Maintenant si nous nous demandons pourquoi les sociétésde gymnastique, si nombreuses depuis vingt-huit ans en France, et pouiapioi, surtout, l’enseignement ofliciel de notre gymnastique dans les écoles ont donni' d’aussi piètres résultats que peu de brançais ont vraiment bénélicié de cet enseignement, nous en trouverons la cause dans la violence même de la me'tbode l’rançaise, violence (jui est due à l’ignorance des principes de mécaniijue et de physiologie élémentaires.

On dit généralement : tel exercice jdiysique dod faire du bien, dune il est bon. liien n’est plus faux. — Un même exercice peut être bon pour une personne et mauvais pour une autre; il y a mieux; le même exercice peut être bon et mauvais pour une même personne selon l’état physiologique et psychologique dans lequel cette personne se trouve à un momentdonné. Il faut donc non seulement sérier les mouvements comme dans la gymnastique suédoise, mais encore, et surtout, appli({uer les séries d’après les réactions diverses de chaque sujet.

■lusqu’à ce jour, en France, on n’a pas même soupçonné ces vérités élémentaires; l’appareil est chargé de sérier, c’est lui seul qui établit la sélection. Il ne faut pas mettre l’appareil devant le gymnaste, mais bien mettre le gymnaste devant l’appareil. l.a sériation doit être jiratiquée par le maître compétent, et pour cela il faut que ce maîire possède un bagage scientifique très sérieux.

Il faut que les futurs maîtres suivent des cours d’anatomie, de physiologie, de pédagogie et de psychologie, si l’on veut arriver à faire produire au mouvement tout ce qu’il peut donner, c’est-à-dire beaucoup. En cela la Suède nous donne un bon exemple à suivre.

Le type gyuécomaste de nos gyrnnasiarques aux pectoraux hypertrophiés n’est pas beau, la pureté de la ligne est rompue par le dévelop]iement trop grand des pectoraux, des deltoïdes et des faisceaux supérieurs du trapèze. J’ai toujours été frappé, au défilé des sociétés de gymnastique, de voir combien la taille moyenne des gymnastes est peu élevée. La raison? j’ai cru la trouver dans la sélection pratiquée par les appareils de suspension : les anneaux, le trapèze, la barre fixe, la corde lisse ellemême, dont on augmente la difficulté d’ascension en n’élevant le corps qu’avec le concours des deux bras, les jambes étant placées en équerre.

Si l’on com[iare deux groupes de gymnastes, l’un français, l’autre suédois, on constate que ceux-ci sont mieux campés sur leurs jambes et que leur structure est plus harmonieusement développée que celle des gymnastes français, dont les pectoraux sont hypertrophiés et les épaules en boule. Les exercices aux agrès de suspension, trapèze, anneaux, barres fixes, etc., ayant agi spécialement sur la partie supérieure du corps, tous ces gymnastes sont petits et à bras de levier courts. Les gymnastes suédois sont plus beaux dans leur développement général. La différence des deux méthodes française et suédoise est synthétisée, pour ainsi dire, dans les deux groupes de la ])age suivante. La méthode suédoise s’adresse à toutes les parties du corps selon un plan élabli d’avance, tandis que la mélhode française, en s'adressant principalement aux muscles des épaules, tasse le corps sur lui-même en ramenant l’homme au type voilier du martinet.

L’aiqiareil a brutalement fait choix des bras de levier courts ; les longs bras de levier ayant été fatigués par un effort plus grand ont abandotiné le gymnase après des essais infructueux ou des désordres physitjues plus ou moins graves.

Squelelle de martinet (type voilier).

1, P. Omoplate, — 2, 2Mluinérii3. — 3,:}'. Cubitus et radius. — 4. Carpe.

— 5 Prolongement des omoplates dorsaux, ÎJ' le prolongement gauche ♦•st IVaclurt* bur ce sujet. — 6. Sternum avec son brechet. — 7, V . Fémur-

— 8. 8'. Tête du fémur. — 9. Sacrum. — 10. Tibia et p(!(roné- — 11 . Cage thoraciipic avec les apophyses costales. — 12- Tarse.

Faut-il parler maintenant de la respiration et de la circulation ? Ici, nous entrons dans l’absurde.

Pour soulever le corps, il faut un point d’appui fixe pris sur l’agrès et, de jilus, un second point d’appui mobile pris sur une ou sur plusieurs articulations du corps eu fonction. Dans le soulèvement, le point fixe étant situé aux mains, le point d’appui mobile est placé dans l’articulation de l’épaule, cette arliculation est anatomiquement très relâchée, très souple, très élastique parce qu’elle est placée à la partie supérieure de la cage thoracique qui est elle-même très élastique, grâce à ses

Squelette d’autruche (type coureur).

1,1'. Clavicule. — 2. Humérus. — 3. Cubitus et radius. 4. Carpe. — t, .S'. iJmoplates. — 0. Sternum. — 1. Fémur. — 8- Tête du fémur dans la cavité cotyloïde. — 9. Sacrum. — 10- Tibia. — II. Péroné. — 12. Tarse. — t'I. Métatarse. — U. Cavité glénoïde.— 15. Cage thoracique avec les cotes sternales, les articulations flbro-cartilagineuses, les côtes et les apophyses costales. — 16. Os du bassin.

nombreuses articulations cartilagineuses afin de permettre au cœur et aux poumons, organes essenliels à la vie, de jouer dans leur pleine élaslicité : le cœur pour baltre, les poumons pour respirer. La condition même d'une bonne respiration et d’uiic bonne circulation est donc l’élasticité de laçage llioraciipie, élasticité qui est minimum chez, le vieillard, mais iiui est maximum chez reniant. La cage thoracique reurerme deux organes essentiellement élastiijues : le cœur et les [uiuinons, ilont il ne faut

Groupe de gymnastes suédois de la Société de gymnastique de Stockholm. Photographie commuûiquée par M. le commandant BALCK, président de la Société de gymnastique de Stockholm.

jamais violenter le jeu par une modification trop prolonge'e ou trop vive de leur fonction.

Or que se passe-t-il dans le soulèvement du corps au-dessus du sol?on fixe d’abord les mains à l’appareil; puis, y ayant pris un point d’appui rigide, on contracte les muscles élévateurs du tronc, qui agissent sur l’articulation de l’épaule. Mais cette articulation très élastique ne peut, par son peu de rigidité même et à cause de l’élasticité de la cage thoracique, être assez puissante pour soulever un poids quelquefois assez lourd, de 67 à 75 kilos en moyenne. En ce moment survient l’effort, on ferme la glotte et on arrête toute respiration. Pour accomplir cet acte, le sujet aspire d’abord beaucoup d’air, puis ayant fermé la porte de sortie de l’air pulmonaire, il exécute le mouvement après avoir transformé sa cage thoracique en mandion à air comprimé sur lequel l'articulalioii de l’épaule peut prendre un point d’appui rigide. Cette articulation a la forme d’une pince dont le mors antérieur est la clavicule, et le mors postérieur l’omoplate, se réunissant par leur extrémité à l’humérus dont la tête joue dans une articulation très lâche, très élastique.

Une telle articulation n’est pas constituée pour exécuter les gros travaux, mais pour faciliter le jeu élastique de la cage thoracique à sa partie supérieure, par des mouvements légers et peu prolongés en intensité.

Bien autrement solide est l’articulation du bassin, dont le rôle consiste à supporter le poids du corps et sur laquelle est suspendu le tronc, selon un système d’articulation dit « à joint universel ». Cette articulation décompose les mouvements et permet à la cage thoracique d’être toujours maintenue perpendiculaire au sol dans la station debout, station la meilleure pour le jeu de la respiration et pour la régularité de la circulation.

La différence de structure entre ces deux articulations, d’après leur fonction, est très accusée chez le martinet et chez l’autruche. Le martinet pour voler prend son point d’appui sur les ailes, l’humérus est court, l’articulation de l’épaule est très solide, tout le train postérieur est sacrifié au train antérieur; bien au contraire, l’autruche pour courir prend son point d’ap[»ui sur le train inférieur, son train antérieur est sacrifié.

L’homme qui pratique les exercices de suspension aux agrès se sert de son train supérieur, comme le martinet, sans que sa structure anatomique se rapproche de celle d’un voilier, la structure humaine se rapproche plus de celle de l’autruche, parle train intérieur qui est très développé.

L’homme est fait pour marcher et pour courir accidentellement, il n’est pas fait pour progresser en l’air.

On peut (lire à cela (jue hïs enfants aiinetit à s'; sus]ieii(lrc, preuve (|ue la sus|iension est une loi de nature. L’enfant ne se suspend (|u’accidentellement, cjuand il ne |>eut ni courir et ni jouer (bî plain- |)ied; cependant, s’il est enfermé dans une cour étroite et s’il n’a à sa disiiosition que des agrès de susiiension, il s’y étirera, parce (pi’il ne pourra choisir. Mais qu’on tente une exinuience, fpi’on élève un por tique sur une jielouse et fju’on laisse les enfants libres de jouer de leurs muscles, je mets eu fait (ju’ils préféreront jouer au ballon au [)ied, aux barres, aux courses et aux sauts divers (jue de pi'atirjuer des rétablissements aux anneaux ou au tra[)èze. La suspension qui agit sur les muscles inspirateurs est excellente à condition de ne jamais violenter les lois de la physiologie. L’intensité de l’effort dans la susi>ension doit être gradué en raison du développement du massif musculaire de l’articulation de l’épaule, par le moyen d’un appui plus ou moins fixe, continu ou interrompu, pris sur la pointe des pieds, à un appareil qui permette toujours à la cage thoracique de fonctionner en toute liberté et en toute amplitude. La méthode suédoise en cela est excellente avec ses espaliers, les doubles cordes lisses, les doubles mats verticaux, etc., etc.

Dans la gymnastique d’élévation violente du corps par les bras seuls la respiration est ralentie ou arrêtée pour l’effort à produire, et par contre-coup, la circulation est modifiée. Des stases se produisent, se localisant généralement aux points faibles : le cerveau, le foie, les poumons, les intestins, etc.

Les mouvements les plus utilisés dans nos gymnases et dans nos écoles sont la « sirène »; le renversement en arrière et en avant; le rétablissement à la barre fixe; la « croix de fer » aux anneaux, un des exercices les plus violents de toute la gymnastique française; les mouvements de progression sur les bras aux barres parallèles; le « soleil » à la barre fixe; l’ascension à la corde lisse ou « bras de fer», à l’aide des bras, les jambes placées en équerre.

Tous ces mouvements congestionnent; la méthode française n’oppose pas aux mouvements congestionnants, aussitôt après qu’ils ont été exécutés, des mouvements ou des attitudes qui (lécongestionnent. C’est en cela qu’elle est doublement mauvaise.

J’assistais, il y a très peu de temps, à une fête de gymnastique donnée dans un lycée; bien que le Manuel du ministère de 1891 interdise les exercices aux anneaux, au trapèze et à la barre fixe, on avait dressé ces agrès parce que le programme de Saint-Cyr et de l’École polytechnique les comporte, ce qui prouve en passant l’opposition qui existe depuis huit ans, sans qu’on ait encore songé à la supprimer, entre les programmes

Groupe de gymnastes français de la Société de gymnastique Les Girondins, de Bordeaux. Photographie communiquée par M. DESCOMIU'.S, président des Gîroiutins- — Phot. de M. Panajou.

A/l (iïMNASrinUE FU ANC AISE

(•I.issii|nc> cl les aiiiiiics îles ccoles du ^'ouvcrnoinoiil .

'l'oujoiiis csl-il i|iic Je vis (les gamins de Ireize à iiiiatoizo ans se |it('seiilei' devant les a^il's. lin ayant fait la leniarqne, il me fut l'éiiondu qu'ils étaient candidats aux l'icoles et qu'ils s’exeicaienl aux af;iès... |dusi(iuis annéiis à l’avancc!. Kcliec était ainsi fait an Manuel ininistéiiel.

Il advint dune que ces Jeunes candidats aux l'icoles (?) firent la (I roue » devant l'assistance, |irircnt des attitudes congestives

Mouvements d’ensemble du bâton.

Equipo scolaire. — IX« lendit girondin de Bordeaux-Talencc, 1898.

Phot. Max Chassin.

ju'olongées : la tête en bas, les pieds en l’air, aux anneaux ou au trapèze; ils jiratiquèrent le «soleil » à la barre fixe ; l’ascension à la corde lisse ou « bras de fer », la « croix de fer», etc.

Tous, après l’exercice, avaient la face turgescente, ils rentraient dans les rangs sans exécuter de mouvements décongestifs alin de létablir la circulation vers la partie inférieure du corps; J’en remarquai un qui se grattait longuement les oreilles gorg(b‘s de sang après un (( bras de fer». Évidemment cet exercice de compensation était insuffisant pour décongestionner son cerveau.

Les conclusions de la Commission de V Education physique de la Jeunesse instituée au ministère de l’Instruction publique vont, je l’espère, permettre à l’iiniversité de rédiger un nouveau programme, et surtout d’élever le niveau scientifique des futurs professeurs de gymnastique, ce qui est le plus urgent.

La fondation de cours d’Education physique, ou, ce qui vaudrait mieux encore, d’une École normale supérieure de gymnastique pédagogique, militaire et médicale sur le modèle de l’Institut central de Stockholm s’impose avant toute chose. Tous les essais de réforme seront vains tant que l’empirisme réglementera l’éducation physique. La caserne ne doit pas pénétrer dans l’école par son enseignement militaire, athlétique et acrobatique, tel par exemple le saut du mur, en profondeur et en arrière, mais l'école doit pénétrer dans la caserne par sa méthode scientifique. La progression, dans la puissance de l’effort et de l’acte, doit être ascendante, graduée de moins à plus, et remonter, comme en Suède, de l’enfant à l’homme; elle ne doit pas être descendante, comme elle l’est en France, où la graduation s’établit de l’homme à l’enfant, c’est-à-dire de plus à moins.

La Suède a compris cette vérité. Depuis le commencement du siècle, une méthode sûre, basée sur les lois de la physiologie, de l’hygiène et de la pédagogie a été appliqué dans tout le royaume, par des professeurs possédant une excellente éducation et une furie instruction. Le professeur de gymnastique du lycée d’Epsal est un général en retraite; tous les autres professeurs, en Suède, sont capitaines ou commandants de l’armée active.

La meilleure des méthodes ne vaut que par le maître qui est chargé de l’appliquer. 11 semble pourtant que dans un cadre aussi nettement délimité qu'est celui d’une leçon de gymnastique suédoise rien ne puisse être laissé à l’imprévu. Voici une observation prise sur le vif qui prouve combien la valeur du maître prime celle de la meilleure des méthodes.

Ayant été chargé de mission en Suède par le gouvernement français, pour y étudier le système de gymnasticiue de Ling, j’accompagnai .M. le professeur Torngren, dans le nord du royaume où il se rendait en inspection générale de gymnas-

tique. J’arrivai à Lulea, à qucbiues lieues du cercle polaire, où Je trouvai édifié un gymnase très spacieux et très bien aménagé, à cêté du lycée. Le cafiitaine, jirofesseur de gymnastiiiue du lycée, malade depuis quebpies mois, s’était fait remplacer j)ar un sous-officier, intelligent instructeur de gymnastique au régiment de cette ville. Je fus surpris de prime abord fie ladilférence (pii existait, au lycée de l.ulea entre l’entraînement général des élèves et celui des autres lycées que j’avais visités ailleurs.

Je constatai, jiar exemple, que dans le cours des élèves de seize à dix-buit ans, beaucoup d’entre eux s’étaient spécialisés aux sauts à la banquette, où je vis exécuter de véritables acrobaties; car je n’avais jamais vu sauter des adolescents aussi haut et aussi loin dans un pays où, cependant, les excellents sauteurs sont très nombreux. D’autres s’étaient spécialisés aux agrès. Le temps accordé aux exercices de lectification du corps, plus ennuyeux à exécuter que les sauts, avait été considérablement réduit, et comme conséijuence, la forme plastique des lycéens de Lulea était moins pure que celle de leurs condisciples des autres lycées, [lar contre l’acrobatie s'y était plus dévelopjiée que partout ailleurs et cela en restant toujours dans le cadre de la leçonlyjie de Ling.

Ainsi, malgré une excellente méthode, par le fait seul d’avoir laissé les élèves plus de temps aux exercices qui leur plaisaient davantage, c’est-à-dire au chapitre Vlll de la leçon: les sauts, le sergent de gymnastique avait provoqué le phénoménisme acrobatique. A Lulea, comme en France, l’appareil avait établi la sélection : les liras de levier courts avaient choisi les mouvements de force aux agrès, et les br as de levier longs, les mouvements de souplesse et de vitesse aux sauts à la banquette.

La race ne fait rien à l’affaire, car au-dessus de la race, il y a les lois de la nature; c’est pourquoi la valeur de l’enseignement de la gymnastique en Suède tient plus à la valeur des maîtres qu’à celle de la méthode, qui, je ne saurais trop le répéter, est excellente ; si excellente même que nous n’avons qu’à la copier, parce que la preuve de son excellence est établie depuis longtemps; il est inutile de chercher ailleurs toute autre réforme en gymnastiijue.

A cette leçon en succéda une autre qui fut donnée à une soixantaine d’enfants âgés de huit à douze ans. Ici nouvelle modification. Alors que partout ailleurs j’avais constaté la plus grande gaieté et le plus grand plaisir chez les enfants de ce même âge, je vis devant moi des enfants qui s’ennuyaient profondément et qui manœuvraient à regret.

Le sergent commandait... en sergent de gymnastique. Je retrouvais au cercle polaire le type de nos sous-officiers professeurs de gymnastique de France, n’ayant point le sens pédagogique qui sait transformer un exercice quelquefois ennuyeux, mais excellent, en un exercice récréatif, par le seul fait d’une application opportune et supérieure. La leçon traînait beaucoup, quand M. le professeur Torngren crut devoir en prendre luimême la direction. 11 adressa d'abord quelques paroles alTectueuses aux enfants, il éveilla leur altention par quelques bons mots, il les fit rire, puis il les fit manœuvrer, et aussitôt, comme par enchantement, et à mon très grand étonnement, j’assistai à un réveil subit: les figures s’épanouirent, la vie passa sur tout ce

Mouvements d'ensemble aux barres en fer. liquiiies scolaires. — IX» leuilit gii-oniUn ilu Honlc-aax-Talonco. I8'J«.

riiot. Max Chassin.

Page 1