LA GYMNASTIQUE F H A NÇ AISE
petit nioiule. Je retrouvais chez les enfants de lailea la mAme {•aieté et le niAme entrain (lue chez ceux de Stockholm, de l.und, etc. Ce qui prouve une lois encore que la (]uestion de latitude est néfili^'eahle, car l’enfant, comme riiomme, porte en luiniAine toute force et toute faiblesse.
I.’experience était faite; je venais d’assister à deux leçons de {gymnastique opposées entre elles i)ar leurs manifestations extérieures, mais éf'ales par la nature même de leur opposition : Vacrobatie ou l'ennui, deux extrêmes ({u’il faut redouter dans tout enseij’nement physique ou intellectuel.
I.a valeur du maître avait été seule en cause et non celle de la méthode. Je me rai)pelai alors les critiques des professeurs de {gymnastique français accusant la gymnastique suédoise d’être trop ennuyeuse pour des enfants et, songeant que ces professeurs sont, en majorité, d’anciens sous-ofticiers, je m’expliquai comment il peut se faire que de braves gens arrivent, de bonne foi, à mal juger une méthode d’après la mauvaise application qu’ils en font.
En attendant qu’une instruction générale permette aux professeurs de gymnastique de composer eux-mêmes en toute connaissance de cause les principaux mouvements nécessaires à l’évolution plastique des enfants et des adolescents qui leur sont confiés par l’université, j’ai cru devoir en composer quelques-uns à titre d’indication générale. Avant de faire appliquer ces mouvements dans les lycées et collèges de l’académie de Hordeaux, je lésai d’abord étudiés et appliqués aux enfants qui suivent mon cours de gymnastique médicale. En ayant obtenu de bons effets, je les ai présentés à MM. les recteurs Gouat et Bizos, qui les ont imposés dans leur académie.
Je publie ici quelques-uns des schémas de ces mouvements de plain-pied et d’ensemble.
Le principe qui m’a guidé est : 1“ de placer la poitrine dans la plus grande amplitude possible, pendant l’action, et pour cela j’applique dans le dos, exactement au milieu des deux omoplates, un barre rigide qui en rapprochant ces deux os de l’épine dorsale, grâce à une forte extension des deux bras, ainsi crucifiés, force la poitrine à se développer en avant et à emmagasiner, de ce fait, la plus grande quantité d’air possible; 2“ de forcer tous les muscles à travailler en quantité et en qualité, selon des plans voulus et recherchés d’avance; 3“ de pouvoir rectifier facilement et rapidement les fausses attitudes prises par les exécutants, en les empêchant de tricher et en les forçant ainsi à faire effort utile ; 4® de mettre, par ce procédé, un peu plus d’ordre dans la composition et surtout dans l’exécution des mouvements d’assouplissement ordinaires qui sont presque toujours mal exécutés par chaque élève différemment, alors qu'il n’y a qu'une seule façon d’exécuter un seul et même mouvement dans une forme pure (une des critiques à adresser à nos professeurs de gymnastique est de ne pas corriger les fausses attitudes dans
Mouvements d’ensemble aux barres jumelles en fer.
Équipe scolaire. — 1X« leudit girondin de Bordeaux - Talence, 1898.
Phot. Max CbassiQ.
les rangs) ; b® de rendre les mouvements moins saccadés, moins violents et moins clowniques par un point de comparaison fixe basé sur la décomposition des mouvements et sur les temps à compter pour chaque attitude; 6® de faire fonctionner méthodiquement les principaux groupes musculaires du corps : fléchisseurs, extenseurs, rotateurs, abducteurs, adducteurs, supina-
teurs, pronateurs, inspirateurs et expirateurs, selon un plan établi d’avance et voulu par le professeur ; 7® enfin, de rendre ces mouvements pédagogiques en permettant de les faire exécuter en mâme temps, par de nombreux élèves, dans une cours! restreinte qu’elle soit, dnns un petit local ou sous des préaux même étroits.
On peut composer des mouvements à l’infini, à condition de prendre pour base le jeu des grands groupes musculaires du corps, fléchisseurs, extenseurs, rotateurs, abducteurs, adducteurs, etc., par rap[)ort à la fonction des principales articulalations : cou-de-i)ied, hanche, épaule, etc.; car le corps humain est le meilleur des agrès, puisqu’il les renferme tous [lar les trois systèmes de leviers qui le composent, et avec lesquels on peut obtenir d’excellents résultats, sans le concours d’appareils de gymnastique compliqués. Mais je ne saurais trop le répéter, il n’y a qu’une seule manière de bien exécuter chaque exercice dans la forme pure recherchée.
Les mouvements qui suivent sont imposés dans les concours des lendits de la Ligue girondine de V Education jdtgsique. (Les équipes scolaires représentées plus haut exécutent dans le parc du petit lycée de Bordeaux-Talence les mouvements accouplés à plusieurs exécutants d'après les figures 5 et fi de la page 76).
Je me résume : l’outil ne vaut que par l’artiste. Il n’y a pas de bons et de mauvais agrès en gymnastique, il n’y a que de bons et de mauvais maîtres. Il faut donc élever le niveau scientifique des futurs professeurs de gymnastique, il faut surtout leur imposer le certificat d’aptitude pédagogique à l’enseignement de la gymnastique, car le comment ilans l’exécution des mouvements importe moins en cette alfaire que le jiourqitoi dans leur application à l’enfant, à l’adolescent, à l’adulte et au vieillard, selon le sexe, le cours de l’évolution ou de la scolarité, l’âge, etc., dans le repos ou dans la fatigue et dans les divers milieux climatériques ou sociaux.
D'- PHILIPPE riSSIÉ.
Bibliographie. — D' Caminade. Du Développemenl thoracique par la yymnastique respiratoire (Paris, Alcan, 1897).
Dr Dai.ly. Article Gymnastique (« Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales » de Dechambre).
D'. Ph Tissié. î'ic et Toux spasmodiques guéris par la gymnastique médicale respiratoire («Journal de médecine de Bordeaux », juin-juillet, 1899).
Quelques mouvements élémentaires de plain pied et d’ensemble.
Extraits de la série des mouvements composés par le Dr PT/f/JPPE TISSIÈ pour les élèves des lycées et collèges de l'académie de Bordeaux.
Les attitudes et les mouvements doivent être exécutés avec méthode dans une forme pure. Chaque mouvement est procédé d'une altitude (tenue). Des secondes sont comptées pour la tenue et d'autres pour le mouvement lui-même (action). Les temps indiqués pour la tenue sont placés sous chaque dessin, su; la ligne inférieure, les temps réservés à. l’action sont inscrits enire chaque dessin sur la ligne supérieure. Ces temps ou cadence sont calculés en secondes: la cadence varie entre 3", 5" et lo ', d’après la difficulté des attitudes ou des mouvements, l'âge ou l'entrainement de chaque exécutant et le poids do la barre en bois ou en fer. La tenue de la forme doit être pure â l'arrivée comme au départ; la force dans l’action dépend de la pureté de la forme dans la tenue.
Mouvements individuels collectifs. — Barres simples. — Ces mouvements s’exécutent avec des barres en bois ou des barres en for. Les barres en bois doivent être rigides et point flexibles; elles doivent dépasser d’â peu près om.io, de chaque côté, la longueur des deux bras complètement étendus en croix contre labarre qui doit être appliquée dans le dos au milieu et en travers des deux omoplates. Le poids de la barre en fer doit varier avec l'âge et le degré d’entrainement do chaque sujet.
Barres jumelles. — Mouvements accouplés. — Les barres en ter jumelles servent pour les mouvements accouplés (fig. 5, 6). Chacune de ces barres doit mesurer au moins 3'", 60 de longueur quand le groupe est composé de six exécutants. Le poids de la barre varie également d’après l’âge et l'cntr.aînement des six exécutants accouplés. La difficulté peut être augmentée aussi par la diminution du nombre des exécutants accouplés. L'n espace de om.Go environ doit être réservé à chaque exécutant entre les deux barres. 11 est nécessaire de posséder plusieurs jeux de barres en fer ; chaque barre doit peser 5, lo, 15 ou 20 kilogrammes.
Explication des figures.