SO
{leiiiiiiiilc, en co qui concerne rinfanterie, liop de temps et d’assiilniti' |iiitir ('tre idelleiiKuit utile à des soldats de deux ans.
I.’(îxer('ic(^ si im[)()i lant d(; lu natation est inallieureuseinent trop peu r('pandn. Néanmoins, dans ccutains corj)S il est fort en lionniMir, cl nous connaissons tous his prouesses accomplies ces dernières anni'(!s par la cavalerie, dans le passaj/e de forts cours il’eau, avec monture, armes et liaf'af'es.
Tel est, succinctement, le résumé des exercices d’entraînement des corps de trou[)es.
I/important est de les faire exécuter avec saj'esse et discernement, étant donné surtout le peu de tenijis dont on dispose. 11 serait à désirer que les employés (ordonnances, ouvriers
Le lieutenant TAINE.
Phot- Acqtiart.
Le lieutenant-colonel DÉRUÉ.
Phot. Boisdon
Le capitaine BURGALAT.
Phot. F- Perret.
tailleurs et cordonniers, etc.), pussent y être astreints dans une (dus large mesure.
11 va sans dire que les soldats doivent seconder le zèle de leurs instrucleurs en profitant, dans leurs moments perdus, des éléments d'instruclion mis à leur jiortée.
En établissant des pistes couvertes dans toutes les casernes, en mettant, sous la surveillance de moniteurs, en dehors des heures de travail, les appareils gymnastiques à la disposition des hommes, on obtiendrait certainement des résultats satisfaisanls (1). Le soldat doit avant tout se convaincre de sa perfectibilité, se raidir contre les insuccès des débuts, et il finira par trouver plaisir à un entraînement destiné à lui donner la trempe nécessaire aux hommes qui veulent vaincre.
<( Soyez braves, mes enfants [Malatsami rehinta), criait, à llollahrimn, Hagration, l’élève de Souvarow ; ((Péris, mais sauve
(1) I.ire à cc sujet: M. Laisné. Notions pratiques sur les exercices du corps appliqués aux différents liijes (.J. -B. Baillere et fils, 1875), p. 20 et 19.
tes frères! [Same pogihaï, a tovarilcita vijroulchai !) » s'écrie un autre élève du maître. Le secret de la victoire est là (1).
Soyez braves, méprisez le danger, sachez soulfrir et allez de l'avant partout et toujours. Et comment aller de l’avant si le physique se refuse à seconder et à soutenir le moral? Pour mépriser le danger, il faut pouvoir se dire qu’on le surmontera, par conséquent, avoir confiance dans sa force, dans son adresse, dans son sang-froid. Or, cette confiance ne peut provenir que d’un entraînement physique incessant.
En rendant l’homme plus vigoureux et, par conséquent, moins impressionnable à la maladie, la gymnastique développe en lui l’énergie, l’endurance, l’habileté, ï’esprit de décision. Par elle, le corps devient l’auxiliaire de l’ànie: il sert ses aspirations, au lieu de les entraver.
La gymnastique est, en somme, une grande école de bravoure.
PAUL EN G E LU ARDT {de P a ris) .
(1) Loukiane Karlowitch. Loc. cil.
i: hlSTHMS EM et LA ( ', Y M N A ST ! (J II E AU KECIMLNT
L’École uorniale de gymnastique militaire de Joinville-le-Pout.
Ce n’est qn'en 1853 que V Anvuaire parle pour la preniifcre fois de VKcole. normale de (jymnastiqae.
Un KJinnase normal existait déjJi h Paris depuis 1820; plusieurs gymnases divisionnaires furent créés en 1831 à Arras, Metz, Montpellier, Lyon, Toulouse, Strasbourg et Hennés.
En 1840, le colonel Ainoros, directeur du Gymnase normal de Parts,
Un plongeon.
fut nommé inspecteur des gymnases divisionnaires, qui dès 1837 commencèrent à disparaître pour laisser la place à VÈcole normale de gymnastique de Joinville-le-Pont, définitivement constituée en 1833.
La gymnastique est redevable au colonel Amoros d’un enseignement dont un grand nombre d'exercices existent encore. Cet enseignement du colonel Amoros a été perfectionné par ses élèves et successeurs; parmi ces derniers il faut citer le lieutenant-colonel Dérué, qui dirigea l’École normale pendant plusieurs années et lui imprima une impulsion considérable qui depuis n’a fait que croître; le lieutenant-colonel Dérué encouragea la pratique de nouveaux exercices, mais en fit supprimer quelques-uns, jugés inutiles.
Présentement l’École a à sa tête M. le commandant Roustan, qui consacre avec un zèle admirable tout son temps aux trois principales branches d’enseignement de l’École, gymnastique, escrime et tir. Pour la gymnastique, le commandant Roustan est secondé dans cette tftche par M. le capitaine Burgalat, les lieutenants Taine (1) et Baccaviii, qui rivalisent d’exactitude et de zèle, aux bonnes volontés desquels nous
(1) Le lieutenant Taine nommé dernièrement au grade de capitaine, vient de quitter Joinville.
Un plongeur récalcitrant.
devons de pouvoir mettre sous les yeux de nos lecteurs les photographies des principaux exercices pratiqués à l’École et prises sous leur direction.
Nous emprunterons au lieutenant-colonel Dérué quelques-uns des détails qui suivent : pour la gymnastique, il y a deux cours annuels, du ]er février au 12 juillet; du l<=r août au 15 Janvier. Le recrutement se fait parmi les sous-officiers, caporaux, élèves caporaux ou soldats; pour les premiers, à raison de un par brigade d’infanterie et par cours; pour les suivants, à raison de un par corps d'armée et par cours.
Une fois leur instruction achevée, ils deviennent les moniteurs des diverses écoles militaires. Les élèves pour chaque cours sont au nombre de 91 sous-officiers de la guerre et de la marine. Plusieurs élèves des armes spéciales viennent élever ce chiffre à 175 environ par cours. Après les cours, les sous-officiers et soldats rentrent dans leurs régiments respectifs, où ils sont spécialement chargés de la fonction d’instructeur. La classe des officiers comprend un seul cours de 23 élèves, 21 pour la guerre, 4 pour la marine. Les élèves s’exercent sept heures par jour, dès huit heures du matin en hiver et six heures et demie en été. Les punitions sont excessivement rares, malgré la discipline très sévère de l’École, chacun s’efforçant de contenter ses chefs. Les moniteurs (instructeurs) sont choisis avec grand soin, aussi bien pour la gymnastique que pour l’escrime.
Les résultats obtenus par l’enseignement de VÉcole normale de gymnastique, grâce aux efforts du capitaine Burgalat, des lieutenants Taine et Baccavin, sont excellents; les sous-officiers élèves parcourent à la course 100 mètres en 14 secondes. En 1898, devant le général de Torcy qui passait l’inspection de l’École, ils ont parcouru au pas gymnastique 14 kilomètres sans arrêt, en une heure!
Au signal du lieutenant Taine, qui souvent prêche d’exemple en se mêlant à ses hommes, ceux-ci grimpent au portique, traversent la poutre étroite en fer avec la plus grande aisance, se laissent glisser h terre par les poutres en bois du côté opposé avec une rapidité vertigineuse. Us escaladent, descendent avec l’aide d’une corde lisse un mur haut de 8 mètres; ils sautent des fossés de 1™,90 de profondeur en faisant la culbute en arrière, passent en se jouant par-dessus des haies, font le travail des anneaux, de la barre fixe, du trapèze.
La boxe, l’équitation, la natation sont également enseignées.
Les mouvements d’ensemble, sans lesquels il est difficile d’obtenir une précision réelle, ne sont pas négligés, surtout les exercices du bâton, le maniement du fusil.
Le tir est également pratiqué au polygone de "Vincennes.
Enfin, un cours d’anatomie et de secours aux blessés est fait une ou deux fois par semaine par le médecin-major de l’École.
Pour la section d’escrime au fleuret et à l’épée, M. le capitaine Debax en est le directeur. Le capitaine Debax a été vainqueur au Tournoi de l’épée organisé par Le Figaro avec l’aide de la Société de l'escrime à l’épée, en 1897; il a également pris part à un grand nombre d’assauts, ayant pour adversaires les plus réputés de nos amateurs et professeurs.
Le capitaine Debax a pour le seconder le lieutenant Sénat (t), les adjudants Lemoine et Haller, tous fins fleureltistes et beaux tireurs d’épée, qui se sont aussi rencontrés avec les plus fines lames françaises et étrangères. Presque tous les professeurs, tant civils que militaires, sortent de Joinville.
(1) Le lieutenant Sénat a été nommé capitaine en môme temps que le lieutenant Taine et, comme lui, vient de quitter Joinville.
Leçon de natation sur la Marne.
i: EDUCATION rilYSIQUE EN EH ANC E
L’Éducation physique
en France ( i (SSo- 1 qoo).
« Air et Liimi/TC- '►
lu lai'on (loni, ils soni, pralitiui'^s, fpifi ilos mrintriwres, n\\ lieud'élfe pfiui’ les ailolfisceiits un aiiLiisi'iiirnt , un ddlasscincul ^ un /ilaisir.
Les enfants quillent une classe intellectuelle pour passer dans une autre; (litli'rente sans doute, niais demandant presque autant de contention d’esprit (]ue la premièie, si ces enfants dfisirent contenter leurs instructeurs, en obtenir de bonnes notes.
Les rèf^lements l'daborés par le Lonseil i-upérieur de l’instruclion publiiiue restèrent lonc'tenips slalionnaiies. Pourtant, dès 18(i'i, M. Duruy, «dant niini‘^tre, [laraît avoir soupçonné les désirs (pii conirnenraient à se inanifesler aussi bien parmi le public (pie parmi le monde universitaire.
Lu 1875, MM. Jules Simon, (iréard, Lavisse, Michel liréal, etc., dans leurs rajiports ofliciels, réclamaient des réformes dans les liroi-rammes d'ens(d;:nemeiit. De leur cédé, à r.Académie de
( d’entre nous (pii ont dépassé le cap redoutable de la
ipiaranle-cimpiième année, se reportant à leurs souvenirs À (j|. cdllè^’e, se reverront aux heures de ri-création, enfermi'S dans un étroit pndiu, [u esque toujours entouré de hautes murailles, inlerce|itant l’aii-, la lumière, la chaleur solaire.
(Jiiebpies rares élablissements étaient situés en dehors de l’enceinte des villes; là seulement, dans l’intervalle des classes, les piéaux (dant vastes, en plein air, des jeux de hallon, de barri's pouvaient s’oiitaniser.
Oui iK' se souvient d’avoir été, pour une faute souvent léf-ère, jiiivé de réciadition, c’est-à-dire d’un exercice aussi nécessaire à la santé phvsiipie du corps qu'à la tranquillité morale de l’esprit? Oui de nous n’est pas resté, ou n'a pas vu rester un camarade onfernii' dans la classe, occupé à cofder une centaine de vers latins ou tant do fois de suite le vorhe être ou le verbe (ivdir !
Les jours de sortie, pour les Jeunes gens qui ne pouvaient se i-emlre dans leur famille, ou chez leur correspondant, les jiromenades se bornaient à un défilé dans la ville, ou à quelques excur-^ions peu éloignées en marchant sur une double file indienne.
Anciennement, la noblesse, ainsi que quelques jeunes gens dans une situation aisée, étaient les seuls à pratiquer certains exercices du corps : l’escrime, l’équitation, la paume, lesquels élai(‘nt absolument inconnus au commun des mortels.
Jean-.lac(]ues Rousseau, dans un passage de son Émile ou rEilucnIiou, fait l’éloge des longues promenades en plein air. Pour les exercices gymniques, si connus et pratiqués dans l’antiipiit(-, lui, l’amant de la nature, paraissait les ignorer.
Dans les précédents articles sur les différentes écoles de gymnastique, articles signés de MM. Joseph Sansbœuf, Pimmer, Ralck, IP' 'l'issié, nos lecteurs ont été mis au courant de l’historique, du fonclionuement et de l’organisation de ces sociétés de gymnastique. Ce qui, de l’avis de beaucoup de personnes compétentes en la matière, a empêché la gymnastique de prendre la place ([ui aurait pu lui revenir, ce sont l’aridité de beaucoup de ses exercices, la discipline exigée d’enfants de douze ans, la suppression de toute initiative individuelle.
Ces exercices de gymnastique n’étaient et ne sont encore, de
M. Eugène PAZ.
Phot. Pierre Petit.
M. Joseph SANSBŒUF.
Phot. Boscher.
M. Paschal GROUSSET.
Phot- Benque.
rf-
Baron Pierre DE COUBERTIN.
Phot. Letrouvé.
médecine, dans le sein de la commission d’hygiène publi(iue, des hommes de science, les D''® liouchard, Lagneau, Rrouardel, Verneuil, Labbé, Trélat, Rochard, etc., soulevaient la question du surmenage intellectuel iei forts en thème, si agréablement blagués jadis par Alphonse Karr, lequel, sans s’en douter, est passé bien près de la question des exercices physiques.
Toutes ces personnalités et bien d’autres faisaient toucher du doigt les dangers du manque d’air, de soleil, d’exercices pour les jeunes gens.
I.a presse quotidienne vint à la rescousse des journaux scientifiques ou spéciaux, par les plumes de MM. Hugues Le Roux, Cusiave Larroumet, etc.
Dès 1880, M. Paschal Grousset avait fait paraîire son livre La Vie de collège en Angleterre sous le pseudonyme d’André Laurie, et continuait dans le Temps la même campagne en faveur des exercices de plein air, sous le pseudonyme de Philippe Daryl, articles parus en volume à la fin de 1888.
En 1882, M.M. Paul Déroulède, Henri Martin, Joseph Sansbœuf, Armand Goupil, Henri Deloncle et les membres du comité directeur de la Ligue des Patriotes, avaient mis à la disposition des sociétés de gymnastique le journal Le Drapeau, organe de la Ligue. De grandes fêtes fédérales furent organisées sur dilférents points du territoire. Ces fêtes de gymnastique, dont les exercices se composaient de mouvements d’ensemble, étaient pluDjt des exercices militaires que des jeux et exercices de plein air.
Le baron Pierre de Coubertin, qui avait passé plusieurs années en Amérique et en Angleterre, [mbliait dès le commencement de 1886 son livre UEdneution en Angleterre, ([ui eut un grand retentissement. Une foule de jirofesseurs, de gens du monde, de jeunes gens vinrent se grouper autour de M. de Coubertin et soutenir ses idées.
M. le IP' Philippe Tissié de Rordcaux, sur l’initiative de qui ce numéro spécial est publié, selon un plan <jui lui est personnel, qui a bien voulu se charger d'en prendre la direction et d’en assumer la responsabilité, luttait de son ci'dé, par tous les moyens en son pouvoir, ])our faire Irioiiqilier les mômes idées.
i: Éin’v ÀTioN rinsKjiir: en eiiance
l'ji 1887, M. (1(1 Saiiit-Cliiir faisait paraître son volume Les S/H)rts athlétiques; la iiu'iiie aniuîe, M. le I)'' F. Laf,'rangc |iuliliait sa l'hi/sioloyiv des exercices du cor/is. De cette é|)0(|ue a l’iKuiie aciucllo, uii iiomliro iimomliraMe d'arlicles de journaux, de revues, un uomlire pres(|ue aussi coiisidf'ialde de livres ont 6te l'uldiés sur cette (piestion : l’ Education jdijjsiquc.
On pourrait croii'e (|ue rien n’dtait plus aisé (|ue de mettre tl'accord les |)ersonnaIités éminentes qui présentaient des projets de réforme? On se tromperait, car, dès la première heure, des divergences se manifestaient entre les vulgai isateurs des exer-
cices physiques, relativement aux meilleurs moyens à suivre pour les faire pratiquer par la jeunesse.
Des médecins, des hommes de science, des personnalités connues ; MM. les docteurs Bouchard, Cadet de Cassicourt, Le Gendre, Marfan, Marey, Germain Sée, Verchère, Gley, etc., MM. Emile Alglave, Maurice Barrés, Auguste Germain, Charles Fromentin, Daniel Cloutier, Adolphe Cortliey, baron de Vaux, Adrien Marx, Eugène Lignier, Albert Gravet, etc., tout en reconnaissant l’utilité des exercices physiques en plein air et des jeux, s’élevaient avec violence contre la création de nouveaux concours et l’organisation des records de toute sorte, lesquels, à leurs yeux, pouvaient avoir pour la jeunesse de graves dangers moraux et physiques.
Après le surmenage intellectuel, ne pouvait-on pas avoir à redouter un autre surmenage : le surmenage physique?
A quoi bon, selon ces messieurs et leurs partisans, emprunter à nos voisins des exercices plus ou moins brutaux, quand nous avons dans notre pays, le jeu de barres entre autres, jeu si bien fait pour exercer tous les muscles du corps fortilier les poumons, qui demande, en sus d’une extrême agilité et rapidité des mouvements, une grande décision d’esprit. »
Les exercices de plein air, excellents comme dérivatifs à la fatigue du travail assis, enfermé, ne deviendraient-ils pas à leur tour dangereux par l’abus qui pourrait en être fait?
L’émulation entre jeunes gens est chose louable, mais encore faut-il qu’elle ne se change pas en un amour-propre mal placé.
Ces nouveaux exercices ne feraient-ils pas tort à ceux praliqués depuis longtemps, d’une utilité incontestable, tels que : l'escrime, l’équitation, la natation, la boxe, le tir, la gymnastique proprement dite?
Les jeunes gens avec l’ardeur de leur âge ne larderaient pas à abuser de la facilité qu’ils auraient de se rendre à ces réunions, ne se tiendraient plus au courant du mouvement artistique, littéraire, scientifique, ne penseraient qu’au but à atteindre : arriver, grâce à des tours de force obtenus par un entraînement presque quotidien, à récolter pour leur société ou pour eux-mêmes, le plus de lauriers possible en établissant des records.
Ces records ne seraient rien autre chose que des imitations, plus dangereuses peut-être pour la santé et pour le moral de ces jeunes gens que les concours intellectuels, contre lesquels une si forte réprobation se manifestait.
Une nouvelle invasion d’expressions, de termes étrangers à
notre langage national, ne tarderait jias à augmenter le nombre des mots déjà si nombreux, (jiii ont pris droit de cité parmi nous.
Telles étaient les objections, non pas des adversaires des exercices physiques, mais des ennemis des nouveaux sports.
I.a plupart de ces objections sont maintenant abandonnées; mais (juelques-unes subsistent encore.
Le mouvement créé dès 1880 par Grenoble et surtout par Bordeaux, qui a été vraiment le berceau de la vélocipédie française (la première course Bordeaux-Paris fut organisée par le Véloce-Cluh bordelais), et par la suite par M. Pierre Gilfard et les propagateurs de la vélocii)édie, a puissamment contribué à répandre le goût des excursions au milieu de la jeune génération; ce mouvement n’a fait que s’accentuer avec l’aide de l'Union vélocipédique française, et surtout au moment de la création du Touriny-Club de France.
En effet, pendant que l'Union vélocipédique ne pensait (lu’à organiser des courses, des records de bicyclette, le l'ouriny-Club propageait le goût des excursions, des voyages, et rendait d’immenses services au pays tout entier par ses démarches auprès des particuliers et des pouvoirs publics, pour obliger les uns et les autres à marcher dans les voies du progrès.
Il serait donc injuste, à notre avis, de ne pas citer dans ce numéro consacré aux exercices de plein air, les noms de M.M. Ballif, baron de Reinach-Foussemagne, Davin de Champclos, Max Vincent, Ducliesne, Émile Gautier, Jules Lemaître, !)'■ Lucas-Championnière, général Rebillot, D’’ Petit, Gariel, Descubes, Berthelot, Briand, Deschamps, Guillain, Vieillard, Pierron, Defrance, etc.
Le Club alpin français, fondé en 1874 par MM.de Billy, Adolphe Joanne, a eu également une part d’influence considérable, relativement à la résurrection des excursions, et a été d’une véritable utilité en faveur des nouvelles découvertes géographiques et physiques des pays montagneux.
Ce n’est qu’à partir de l’année 1881 que date le commencement de la pratique des exercices physiques. Les deux frères Paul et Georges Breittmayer, si connus dans les salles d’armes parisiennes et dans les cercles de Paris, réunirent cette année quelques amis au jardin des Tuileries, sur la terrasse de l’Orangerie, et organisèrent des marches et courses pédestres. Immédiatement un grand nombre de jeunes gens des lycées vinrent se joindre à eux. Ils ne tardèrent pas à être assez nombreux pour oser prétendre à fonder une société. Quelque temps après, le Racing-Club de France était créé. Désormais, tous les dimanches et jeudis, ces jeunes gens se rencontrèrent à côté du tir aux pigeons au bois de Boulogne; la genèse des exercices physiques était trouvée.
En 1882, sur l’initiative de MM. Malizard, Bisson, Lanlz, Mercadet, etc-, une nouvelle société se fondait. Le Stade français. Dès 1885 des membres de ces sociétés battaient des Anglais, des Belges sur leur propre terrain.
Depuis cette époque, les succès remportés par ces deux sociétés, les plus influentes et puissamment organisées sont innom-
M. Edmond DLMUi-iiNb.
Phot. Waléry.
Le docteur Fernand LAGRANGE#
Le docteur Philippe TISSIÉ.
Phot. Panajou.
M. Gabriel BÛNVALOT.
Phot. Sartouy.
/; Ê h IJ CAT K) N P fl > S / O fl P !<: N F P ANC F
liialih^s. Les iiiaiclios i‘t coniscîs |i(^(l(;sl ros ('taient (l’al>or(l Iciif iiiii(|nc liiil,. l’clil à jielil, leur cliaiii|) d’aclion s’âlargiL avec le nomhiaî sans cess(( croissanl, i1(î lenrs nouveaux ailInTents.
(loinine un f'iaïul noinlu'o de soci(!l,(‘S senddal)les se londaient sue tous I('s |iüinls du leiiiloire, en 1887 V Union dos SorüHi's frnncaist'S des s/iorts iithléli(jn('s était créée; prescjue toutes les sociéti's existant(îs s’empressaient d(i s’at'lilier à cette association, (|ui devenait ainsi et (|ni (îst resté;e le centre du inouvenuMit en faveur des exercices |)liysiques en France.
\, 'Union, des Soriéh's frnnrnises des sports a</i/f7/yut'.s(l).S.F.S.A.) iHî tai'dait pas à nomnn'r, sur la pro|iosition de ]dusieurs iiienilires d(' divc’i ses socié'té's, des commissions cliaïq'ées d’étudier les règlements des dill'éiamts exerciecîs de plein air, appelés à être prati(|U(ss en méiiuî temi)s (jne les marcli(!set courses |)édestres. (’-es commissions, a(»rès s’étre mises d'accord, réunissaient différentes é(|ni|ies de joueiii's, tenus dans une forme d’entraînement pl[ysi(jU(! aussi parfaite que [)ossihle, pour que ces joueurs fussent |tréls à répondre à tous les défis lancés, selon les circonstances, (d, [)our tous les exercices nouvellement i)rati(jués : coui'ses, sauts, foot-l)all, lawn-tennis, aviron, etc.
I.a province s’em|)ressait de suivre le mouvement donné par l’aris, et dans pres(jue toutes les villes de quelque imj>ortance des sociélés similaires se fondèrent, ayant des accointances avec ril. S. F. S. A., quand elles n’y étaient pas affiliées. Les proviseui's, professeurs de lycées se mettaient à la tête du mouveiiK'iit et ocftanisaient des réunions à l’instar de la capitale.
Pendant les rudes mois de l’iiiver, les parties, les malches sont interrompus; mais viennent les premiers beaux jours, souvent sans les attendre, l’entraînement recommence de plus belle, et à la fin du mois de mars les grandes épreuves sensationnelles se donnent sur les terrains du Uacing-Cdub de France au bois de Houlogne, à Levallois, et sur celui du Stade français à (lourbevoie. La mauvaise saison n’est pas absolument perdue : (tuand le temps le permet, des parties dites « d’entraînement, de préparation », sont organisées; c’est à ce moment que les faibles, les médiocres sont éliminés pour les matchs futurs. Si la saison est absolument mauvaise, des conférences ont lieu à rilôtel des Sociétés savantes, à la Société de géographie, etc.; les principaux conférenciers ont été MM. le baron Pierre de Coubeifin, Lavisse, (îréard, Hugues Le Houx, Hustave Larroumet, Jules Lemaître, Habriel Bonvalot, Edmond Demolins, etc.
D’autres membres de l’L'. S. F. S. A., non contents de mener campagne dans les journaux, manquent rarement une réunion; beaucoup ont récolté de nombreux prix dans dilTérents exercices : MM. Louis Percée, directeur du Journal des Sports, Franfz Heichel, Hené Lacroix, Armand Luciez, Pierre Laffitte, de la Frété, de Palissaux, Duebamp, Garcet de Vauresmont, Sandfort, Lejeune, comte de Janzé, Jean Borie, Joseph-Renaud, Callot, les frères de KnilT, Charles Hichefeu, comte de Villers, Paul Champ, L. Manau, etc.
Les exercices physiques de plein air viennent d’obtenir deux puissantes recrues en M. Gabriel Bonvalot, l’explorateur, et en M. Edmond Demolins, auteurs d’ouvrages sur l’enseignement; le dernier livre de M. Demolins U Éducation nouvelle (école des Boches), est venu apporter un appoint considérable aux idées que soutiennent les vulgarisateurs des exercices physiques.
(In le voit, les exercices physiques ont fait des progrès considérables dans notre pays; ils voient chaque jour arriver à eux de nouveaux adhérents: on reconnaît qu’il est aussi nécessaire de diïtraire notre esprit que de distendre nos nerfs, de respirer au grand air, de nous habituer aux intempéries, de ne jias prêter plus d’attention qu’il n’en faut à quelques petits accidents toujours inévitables, mais très peu nombreux, avec la pratique de ces exercices.
11 est bien préférable de pousser les adolescents à s’amuser au grand air aussi souvent que possible, au lieu de les voir s’enfermer dans la salle surchauffée d’une brasserie ou d’un cercle, passant leur temps à boire toutes sortes de liqueurs falsifiées, tout en courtisant la dame de pique, entourés de gens tarés.
Comme pour toutes les innovations, il y a eu très certainement des exagérations d’esprits excessifs, trop prompts à l’emballement ou de gens intéressés à des affaires commerciales, qui trouvent moyen de se glisser partout. Présentement, les tours de force de toute sorte cèdent la place aux distractions, ■awx.jeux jtroprement dits; les s/nirts purs seront déplus en plus abandonnés avec les progrès considérables qui se réalisent dans les exercices physiques, (jui doivent être non un encouragement à concours, à
records, pour nous servir d’un mot anglais, mais bien une pratique journalière d’entraînement pour toutes les fonctions cajiables de fortifier le corps, d’insjiirer aux jeunes gens la confiance en eux-mêmes, de leur apprendre à surmonter les difficultés qui peuvent se présenter, et surtout à leur donner cet esprit d initiative, de présence d’esprit, absolument nécessaire avec les découvertes de la science moderne, avec les déplace-
M. Charles CAZALET.
l’hot’ Touranchet.
ments lointains par suite de notre extension coloniale, avec la facilité et la rapidité des communications.
C’est pourquoi, après le voyage en Suède de M.M. Demeny, Lagrange et Tissié, une Commission supérieure de V fîducation physique a été instituée au ministère de l’Instruction publique. Cette commission a été chargée d’élaborer les futurs programmes de la gymnastique, et des jeux et exercices de plein air. M. le IP' Tissié et M. Demeny ont été nommés les rapporteurs de cette commission. La Chambre des députés a ouvert une enquête sur l’enseignement secondaire, la commission qu’elle a nommée et que préside M. Ribot s’est beaucoup occupée de l’éducation physique dans les lycées et collèges universitaires. Elle a entendu un grand nombre de personnes, des pédagogues et des hommes de sport, des gymnastes et des hommes de science. Cette commission, dont .M. le député Raiberti a été nommé le rapporteur, prépare ainsi le rapport qui doit servir de base à la discussion au Parlement sur les réformes à apporter aux programmes de l’enseignement secondaire, au point de vue tant intellectuel que physique. D’autre part, en vue des concours gymnastiques et athlétiques qui doivent avoir lieu en 1900, à l'occasion de l'Exposition universelle, le directeur de l’Exposition, M. Picard, a réservé tout le bois de Vincennes aux choses se rapportant à l'éducation physique.
L’œuvre de la renaissance de l’éducation physique remonte, on l’a vu, au colonel Amoros, œuvre patriotique et utile entre toutes, poursuivie par M.M. Eugène Paz, Joseph Sansbœuf, Paul Déroulède, Paschal Grousset, baron Pierre de Coubertin, IP' Lagrange, D’’ Tissié, Gabriel Bonvalot, Edmond Demolins, Cazalet, Demeny, Gréard, vice-recteur de l’académie de Paris, Rabier directeur de l’enseignement secondaire au ministère de riustruction jmblique, Ouvré, Couat et Bizos, recteurs de l’académie de Bordeaux, etc., au milieu de vicissitudes diverses et de dissentiments toujours inévitables. Ils auront simplement retardé le triomphe du but commun à atteindre, qui est de faire aimer et pratiquer les exercices physiques de plein air par les jeunes gens, afin qu’ils deviennent adroits, agiles et forls pour être capables de se tirer d’affaire selon les diverses occurrences qui peuvent se présenter dans la vie; j)Our de ne pas se laisser abattre par les circonstances, et aussi, quand le moment sera venu, d’être [U'êts à pouvoir défendre leur famille, leur foyer et leur |>ays.
GUSrA\E VOU LQUI A' {de l'aris).