ARCHITECTURE
Établissement scolaire type.
Plan schématique général de ses diverses dépendances (gymnase, athénée de plein air, jardin d’enfants, jardin botanique, potager, verger, etc.)- Description et construction des agrès de gymnastique.
ANT ([u’on n’aura pas inoJillé l’architecture des établisse- ' P menis d’enseignement d’après les lois de 1 hygiène géné- JL raie, tant que le mobilier scolaire sera défectueux, tant que les classes et les études seront mal éclairées, tant que les
*^'9 D — Plan schématique général d’un établissement scolaire, avec son gymnase, son athénée de plein air et ses annexes (porcs, jardin botanique, potager, verger, jardin d'enfants, etc).
Dessiaé par M. Touzin, architecte à Bordeaux, d’après le plan établi par M. le Dr Tissié.
terrains de jeu seront éloignés de l’école, la réforme tentée en faveur de l’éducation physique sera compromise. En toute chose la théorie ne vaut que par la pratique, aucune solution de continuité ne peut exister entre elles. Cette solution de continuité existe trop encore * plusieurs causes sont en jeu i la principale
est qu’on accommode le plus souvent un établissement qui existe déjà à des besoins nouveaux; c’est ainsi que d’anciennes casernes sont transformées en lycées ou que des immeubles primitivement affectés à d’autres destinations reçoivent celle de loger des enfants. On ne peut ainsi posséder un établissement qui réponde exactement aux besoins de la p6<lagogie moderne, l’espace est parcimonieusement ménagé, souvent l’éclairage est défectueux, les cours sont étroites et leurs murs trop élevés ne permettent de voir qu’un peu de ciel, comme du fond d'un puits; le soleil y donne peu, l’humidité y règne et l’aération y est lente. Depuis quelques années on a construit de nouveaux établissements mieux compris et mieux appropriés aux besoins de la pédagogie. Entre ceux-ci, qui sont encore trop peu nombreux et les anciens, il y a la même différence qu’entre un costume taillé sur mesure et un vêtement acheté tout fait, dans lequel on se trouve toujours peu à l’aise.
Toutes ces considérations m’ont engagé à composer un plan schématique d’établissement scolaire, d’après les nouvelles notions en éducation physique. J’ai pensé qu’après avoir critiqué les méthodes d’enseignement je devais fournir un document jiratique qui permît aux administrateurs et aux architectes de comparer afin de mieux juger.
La figure 1 représente te plan schématique général d’un établissement scolaire autour duquel j’ai groupé les terrains de jeux nécessaires à l’éducation physique. Tout d’abord je me suis appliqué, dans cette composition, à faciliter la surveillance dn directeur et des maîtres en même temps que je donnais aux élèves beaucoup de liberté pour se transporter d’un point à un autre des terrains.
J’ai compris l’ensemble de l’immeuble dans un espace de terrain ayant 180 mètres de façade sur 255 mètres de profondeur, soit 4 590 mètres carrés de superficie, dans lesquels j’ai placé ; l’établissement lui-même avec son gymnase, les cours de récréation, une vaste pelouse pour la barette, deux pistes gazonnées pour les courses à pied, une piste de vélocipédie, un emplacement pour les exercices de sauts, un terrain battu pour la paume au filet (tennis), un stand pour le tir re'duit, une piscine à profondeur variable pour la natation, piscine qui en hiver peut se transformer en surface de patinage ; une place de jeu de paume avec un mur pour battre la pelote et des gradins latéraux pour les spectateurs.
Dans chaque cour j’ai élevé également un petit mur de paume pour permettre aux élèves de jouer pendant les quelques minutes des petites récréations. Ces murs, au nombre de deux, peuvent servir aux élèves de la cour des grands, des moyens et des petits; la paume peut être battue sur les deux faces opposées du mur.
J’ai placé les water-closets à l’extrémité des cours, à l’encontre de ce que l’on fait encore aujourd’hui où on les place au milieu. Sous prétexte d'une surveillance plus grande des enl'ants, on empeste l’air et on les force à respirer des odeurs nauséabondes pendant leurs jeux où la respiration est très activée.
J’ai pensé que de petits travaux agricoles avaient une place indiquée dans l’enseignement universitaire. 11 serait désirable que chaque élève possédât un petit terrain qu’il pût bêcher, sarcler et ensemencer pour le transformer à son aise en petit potager ou en petit jardin de fleurs. Peut-être en créant ainsi des tendances vers les soins à donner à la terre, dès les bancs même de l’école, arriverait-on à mieux faire comprendre à l’homme futur, qu’est l’enfant, que la terre ne doit jamais être négligée, car c’est elle qui nous fournit l’existence matérielle. A côté de ce jardin potager j’ai tracé un Jardin botanique qui faciliterait beaucoup l’enseignement pratique de la botanique au professeur d'histoire naturelle; celui-ci pourrait, au temps des fleurs, faire son cours sur nature, en plein air. Assurément les élèves goûte-
A flCHI TKCTfJltE
laipnf, f'oi'I. une lelle liiçon de rdiosos ainsi donnée à cédé des |d.inl(‘s inénies. (ieUe leçon serait coinplétée par l’élude des diflér(>ntes essences ti’arlires, dans laiiuelle on [lourrait l'aire entrer d(‘s (U)n naissances d(i potnolof'ie, |)onr les |irinci|>aux aihres rriiiliers. lieaucou[) d’élèves des étahl issements secondaires sont des lils de propriétairf's af’iaires, heaucouii retrouveraient ainsi au lycée d(‘s souvenirs de la maison paternelle.
Les entants des m'randes villes, (jui ne savent pas dilTéreiicier un épi d(^ hlé d’un éj)! de seif'le ou d’avoine, et qui des Heurs ne contiaissent souvent (jue celles des liouquets tout faits, a|>|irendraient ainsi à micîux aimer la nature dans ce qu’elle a de [ilus simple et de plus approchable.
J’ai donc p(!nsc (ju’il y avait quel(|ue intérêt à donner certaines connaissances [)rali(iues et ('■lémenlaires des choses de l’agricultuie à des enfants (jui seront p(;ul-ètre ap|»elés un jour à allei- coloniser autrement (]ue sur un rond de cuir administratif. linlin, à cèté du verger, au milieu d(;s arbres, j’ai aménagé un jardin d'enfants avec des j)elouses sur les(|uelles ils puissetit s’ébattre et beaucoup de sable avec le(iuel ils jmissent jouer.
I.cs besoins nouveaux, que nous impose une civilisation oulrancière, font trop délaisser le jeune enfant; le père esta ses alTaires, la nièi-e à son travail ou à ses devoirs mondains. 1,’enl'ant est conlié à l’école qui raccejite dès l'àge le plus tendre, l/école le reçoit dans un local souvent troj) étroit, dans des cours humides, i)eu ensoleillées et macadamisées, où le jeu de-
vient presque un danger, sous des préaux avec leurs piliers en fonte ou en pierre. La responsabilité des maîtres dans de telles conditions est grande, aussi font-ils peu pour les jeux et redoutent-ils tous les exercices tant soit peu actifs.
Les petits enfants qui ne s’amusent pas s’ennuient, et cet ennui est déjà un commencement de dégoût pour les travaux intellectuels de l’avenir: pour eux, la classe c’est la prison; la cour en est le préau ; le maître, le garde-chiourme, et l’élude, la plus grande ennemie, puisque c’est elle qui le contraint à vivre ainsi. Des tendances à la révolte ou à la soumission passive et hypocrite, selon les réactions de chaque caractère, sont ainsi créées dès l’école enfantine . rhomnie de demain sera un révolté s’il est afiirmalif ; un sacrifié fataliste ou un lâche haineux s'il est passif; un arriviste je m’enllchiste s’il est aflectifaffirmatif. Les premières empreintes reçues par l’enfance sont profondes, indélébiles; elles subsistent toute la vie: mieux vaut donc qu’elles soient bonnes que mauvaises, agréables que douloureuses. La création d’un état d’àme d’enfant est œuvre difficile, mais si noble et si grande non seulement pour l’avenir de l'enfant lui-même, mais de la société, qu’on ne saurait trop y apimrter toute la science, toute la bonté et toute l’intelligence nécessaires.
L’est pourquoi j’ai voulu que l’âme de l'enfant pût être bercée dès l’école même par des impressions douces. J’ai donc pensé qu’un jardin d’enfants devait entrer dans la composition pratique d’un groupe scolaire tel que je le comprends.
Telles sont les annexes du plein air que je voudrais voir installer autour de cbaque établissement scolaire.
Pour celui-ci, j’ai dressé un plan scbématique dans lequel le gymnase lient une grande place, en raison même de l’importance que je donne à l’éducation physique.
Je me suis appliqué à distribuer beaucoup d’air et de lumière aux diverses dépendances de l’établissement scolaire, tout en permettant une surveillance active.
Dans nos établissements scolaires, les classes sont indifféremment léjiai ties, elles donnent sur des cours, des préaux, des
corridors, des escaliers. Les mutations d’élèves sont quelquefois difliciles. Quand il fait froiil ou qu’il pleut, on doit quitter une classe cbaude pour se rendre dans une étude située à l’extrémité d’une cour qu’il faut traverser dans la boue ou dans la neige ou bien la contourner sur l’asphalte refroidi des jiréaux. La surveillance générale d’un établissement ainsi édifié n’est pas toujours facile, souvent elle est très pénible. I.e directeur ne pouvant se transporter aisément d’un point à un autre, sans risquer quebjue bon rhume ou quelque vent coulis, reste dans son cabinet, laissant à des sous-ordres le soin de la surveillance et de la rédaction des rapports sur la tenue générale de son établissement. Il arrive donc (ju’avec la meilleure volonté du monde il ne peut pas toujours savoir exactement ce qui se passe chez lui. Qu’on ajoute à cela la paperasserie qui l’écrase jusqu’à l’étouffer, le besoin de rei)os ajirès une grosse somme d’efforts pioduile en pure perte, et l’on comprendra combien il est urgent de réformer les méthodes d’enseignement.
Cette réforme, et ici je parle en médecin, doit porter avant tout sur la santé [)hysique, tnorale et intellectuelle de nos élèves, par l’air et la lumière distribués à profusion.
Le principe de la vie est basé sur les échanges nutritifs, c’est donc de grand jour et de grand air qu’il est nécessaire de doter les établissements scolaires. Pour cela, il faut qu’une construction particulière des locaux [lermelte le brassage de l’air dans les classes, les éludes et les dortoirs, en même temps ({u’une large j)énétration du jour et du soleil.
Au cours de ma mission en Suède j’ai visité beaucoup d’établissements scolaires. Les édifices construits sur les nouveaux ]>lans m’ont paru répondre à de telles notions d’hygiène.
Ces constructions ont la forme d’un parallélogramme. Au centre de l’immeuble est ménagé un immense pas-perdnsde même forme, d’où vient le jour pour fiiitérieur. Autour de ce pas-perdus et par étage court un balcon, celui-ci fait le tour du parallélogramme, sur lequel s’ouvrent les portes des classes, des études et des dortoirs. I.es balcons, établis en dehors de la maçonnerie, sont soutenus par des colonnes en pierre ou des pilastres en fer. Le directeur peut ainsi visiter tous les locaux sans sortir au dehors. Pour se rendre compte de la discipline, il n’a qu’à se placer au centre du pasperdus d'ou il assiste, sans se déranger, aux diverses mutations d’élèves, etc., etc. Il possède ainsi toute facilité de surveillance que donne une insl:illation en forme de cercle ou de parallélogramme.
Ce pas-perdus, recouvert d’une marquise en verre dans sa totalité ou dans une de ses parties plus ou moins grande, donnerait beaucoup de jour à l’intérieur. Une objection peut être faite : on n’élève plus de marquises à l’intérieur des établissements parce qu’elles en suppriment toute l’aération. On peut obvier à cet inconvénient en pratiquant des prises d’air. D’ailleurs, l’aération générale de cet établissement serait assurée par l’ouverture des fenêtres et des portes qui, par leur communication, faciliterait le brassage de l'air.
Tel est le plan schémalique que j’ai établi en vue de la construction d'un élablissement scolaire en m’aidant pour cela des observations que j’ai recueillies en Suède. Ces observations, je les ai surtout ulilisées pour la construction d’un gymnase type. Je me suis appliqué à composer un plan-tiroir, afin que chaque partie de ce plan puisse en être extraite pour être adaptée à d’autres plans différemment conçus. C’est ainsi que la salle du gymnase peut être détachée du plan schématique général et devenir avec toutes ses dépendances un édifice spécial.
J’ai pris comme type la construction de la salle de gymnastique du lycée de Stockholm, le Norralatin et pour ensemble de l’édifice celle du gymnase d’Umea.
Dans le cas oû l'on désirerait ne construire qu’un gymnase type avec ses diverses dépendances, en dehors de toute construction d’ensemble comme je l’ai décrit dans le plan schémati(jue général d’un établissement scolaire {/ig. 1), ,j’ai composé un type de construction <]ui [leut s’adapter au plan général ou s’en détacher. La ligure 2 représente cette construction <lans une cou|)e longitudinale du gymnase et de ses dêqiemlances. Le corps de bâtiment gauche jieut s’enclaver dans l’aile jmstérieure du grand bêilimcnt du plan schémalique général ou cou-
Fig. 2. — Coupe longitudinale d’un gymnase avec ses dépendances, pouvant être construit comme bâtiment isolé, ou pouvant s’enclaver dans le plan schématique général d’un établissement scolaire.
Dessiné par M. Touzin, architecte à Bordeaux, d’après les indications fournies par M. le Dr Tissié,
AltCll ITECTUllE
stituer le pavillon principal d’entrc^e si l’on ne veut érif'er qu'un seul édilice de pymnasticiue, avec la salle du gymnase, les bains, douches, etc.
Ainsi qu’on peut te constater dans la ligure d, le développement donné à la salle de gymnastique est grand. Celle-ci jiosséde 22 mètres de long sur 15 mètres de largeur et 9 mètres de hauteur, soit 2 970 mètres cubes d’air fournis par 32 grandes fenêtres ou portes d’une superficie totale de 1 53(5 mètres carrés. I.’édilice est divisé en trois parties bien distinctes.
I.a première est réservée aux dépendances du gymnase. A l’entrée se trouve un large vestibule sur lequel s’ouvrent
les portes des quatre salles, une salle pour l’escrime, une pour les recherches physiologiques sur le mouvement physique, une pour le vestiaire et la dernière pour le cabinet de travail du professeur de gymnastique. Le vestibule s’ouvre sur la grande salle de gymnastique où se dressent tous les agrès de la gymnastique suédoise dont je donne plus loin les dessins avec la description de leur construction. C’est la seconde partie.
L’extrémité de la salle de gymnastique a la forme d’une nef, dont la longueur est de 7 mètres et la largeur, à sa base, de 9 mètres, la hauteur de 9 mètres; six grandes ouvertures représentant 18 mètres carrés de superficie lui donnent du jour et de l’air. J’ai utilisé le pourtour de la nef en y installant des cabines de bainsdouches où les élèves ont toute facilité de se doucher avant ou après les exercices. Les bainsdouches, dont chaque établissement suédois devrait être muni, constituent une innovation importante dans l’application de l’éducation physique. Des water-closets et des urinoirs complètent cette installation. C’est la troisième partie.
La nef est une dépendance de la salle de gymnastique. On peut y placer des agrès facilement démontables, et la transformer également en scène théâtrale, également démontable. Ainsi la salle de gymnastique peut être transformée en salle de théâtre, de conférences, de distribution des prix, etc. La chose est d’autant plus facile que j’ai supprimé le sable; le gymnase est parqueté dans sa totalité, les murs sont recouverts d’une couche de peinture vernissée afin de pouvoir être nettoyés et lavés à l’eau. 11 faut avant tout éviter la production des poussières dans un local où la respiration est le plus profondément provoquée. Une méthode de gymnastique rationnelle n’a pas besoin du sable, puisqu’elle supprime tous les exercices dangereux. Elle supprime du même coup toutes les causes de contamination par les poussières, car il peut arriver que des enfants atteints de tuberculose crachent dans le sable, dont la poussière véhicule les germes infectieux. Une salle de gymnastique doit êire aussi proprement tenue qu’un salon de bonne compagnie. En Suède le parquet est quelquefois ciré.
Au rez-de-chaussée et en dehors du gymnase j’ai ménagé une petite construction pour servir de vestiaire des jeux.
Au premier étage du gymnase j’ai placé une grande salle d’honneur [fig. 4), elle aboutit à un vestibule qui conduit à des galeries circulaires contournant la salle de gymnastique. Ces galeries munies de gradins, en amphithéâtre, sont destinées à recevoir les spectateurs des jeux ou des fêtes, distributions des prix, soirées théâtrales ou les auditeurs des conférences, etc.
Le second étage {/îy. 2 )est réservé aux dépendances diverses
Fig. 3. — Plan de la salle de gymnastique (rez-de-chaussée) avec ses dépendances (Cabinet du professeur, laboratoire des recherches physiologiques, salle d’escrime, bains-douches), pouvant également être transformée en salle de spectacle avec scène démontable.
Dessiné par M. Touzin, architecte à Bordeaux, d’après les indications fournies par M. le Dr Tissié.
et aux logements des professeurs. Tel est dans son ensemble le plan scliématitiue que j’ai cru devoir établir en vue de la création d’un athénée scolaire de plein air et de gymnastique, dans un établissement d’enseignement.
Dans la figure 5 j’ai reproduit le ty[)e de construction d’un grand mur de jeu de paume sur le plan de celui de la place de jeu de Saint-Jean-de-Luz.
Tous les plans schématiques sont assez poussés pour permettre de se faire une idée il’ensemble d’une école-type. Les frais de construction dépendent des milieux divers, du terrain, de la région, etc.
Les figures 6, 7, 8, 9, 10 représentent la cour, le préau et la salle de gymnastique du lycée de jeunes filles de Clermont- Ferrand, le premier en France qui possède depuis quelques mois les agrès suédois, grâce à l’initiative de sa directrice, M*'® Caron et à celle de la Municipalité.
Les agrès ont été fabriqués à Bordeaux, par mon constructeur, d’après les indications fournies par M. le commandant Norlander, professeur de gymnastique à l’Université de Lund, et d’après mes observations personnelles au cours de ma mission en Suède. M. le commandant Norlander veut bien m’autoriser à reproduire les dessins extraits de son excellent ouvrage , en même temps que le texte explicatif de leur construction qui les accompagne. Je le remercie pour l’empressement qu'il a mis à faciliter ainsi ma tâche de vulgarisation.
Tel est dans son ensemble le plan général et schématique d’un établissement scolaire qui permettrait de grouper sur un même point tous les éléments d’application d’une bonne éducation physique.
Fig. 4. — Plan de la salle de gymnastique au l*** étage, avec ses dépendances (salle d’honneur, galeries, etc)
Dessiné par M- Touzin, architecte à Bordeaux, d’après les indications fournies par M. le Dr Tissié.
D<- PHILIPPE riSSIE.
Description et type de construction des agrès.
D’après M, le commandant Norlunder, professeur de gymnastique à rUniversité de Lund.
La Poutre (fig. Il) est faite en bois de sapin ; sa longueur varie selon l'espacement des montants qui la soutiennent, et dans lesquels elle joue, en glissant de bas en haute! vice versa, le long d'une rainure pratiquée dans les deux colonnes-montants.
Celte poutre a une longueur de 3 mètres environ et une épaisseur de O^jlO à 0"’,lt centimètres sur une hauteur de 0'", 15 centimètres; sa coupe aune forme ovoïde, qui permet de saisir avec les mains son rebord le plus étroit et d’appliquer la sellette sur son rebord le plus large. On peut appliquer des poutres bout à bout, selon la longueur du
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Fig. 5.— Plan et élévation d'un mur de jeu de paume.
A lU'IlfTEC Tl ItE
Fig. 6. — Cour et préau couvert du lycée de jeunes filles de Clermont-Ferrand. — Dans la cour sont placés les agrès suivants *.
A. A, (irands bancs suédois. — H. Petits bancs suédois superposés les uns sur les autres pour la svinrtrio du «icssin. — (î. 'rremplin rigide en forme de pupitre. — D Madriers en bois 1' éijuilibr»*, en lire île tliHe. I..cs madriers sont posés h terre, côte à côte. — K Support en fer cintre', sur lequel repose la grosse extrémité du madrier mobile autour d'un pivot en fer qui joue «laiis une petite cavité du madrier pratiquée dans l'épaisseur du bois.
Photographie communiquée par MUe Caron, directrice.
pytnnase el le nombre des montants qui les supportent; on peut égale, ment les doubler par paire, et placer ainsi une poutre au-dessus de l'autre pour tous les exercices îi exécuter entre deux poutres parallèles sur le même plan des rainures des deux montants qui les supportent. La longueur totale des trois ou quatre poutres réunies est généralement de y k 12 mètres. Cbac|ue montant est percé de trous de 0™,10 en dans lesquels on passe une cheville (pii, le traversant de part en part soutient la poulie k la hauteur voulue. Ces montants sont de forts madriers d’une épaisseur de ü®,16, d’une hauteur de 2 mètres à 2“,b0 et d'une largeur de n"',20 environ.
•< Un système ingénieux inventé par M. le capitaine Silow, de l'Institut de gymnasti([ue de Stockholm, permet de serrer ces agrès et de dégager rapidement la salle du gymnase. Les montants, qui jouent sur charnière, se rabattent dans une cavité pratiquée dans le sol même du gymnase, à
Fig. 8. — Salle de gymnastique du lycée de jeunes filles de Clermont-Ferrand.
A. Echelle mobile à ondulations horizontales, suspendue au plafond. — B. Échelle mobile à ondulations verticales, au second plan. — C. Espalier fixé contre le mur, au troisième l'inn
Photographie communiquée par Müo Caron, directrice.
la faroii d’une lame de couteau dans son manche qui l’enfermerait complètement. Un couveicle en bois se referme sur les montants abaissés Tiin sur l'autre dans la boîte même où l’on serre également les poutres, i^elte boite doit avoir la profondeur voulue pour recevoir les deu.v montants el la poutre. Afin de mieux saisir la poutre avec les mains, pour la mettre eu place on pratique une très légère rainure à quelques centimètres de ses deux extrémités ovoïdes.
Selle mobile I//.7. 12, {\ a) vue de face, (l />) vue de profil]. — Celle selle s'applKjue sur la povitre où elle est maintenue par un ressort ù sa partie inférieure qui serre !a poutre ou par une vis. Le système de
Fig. 7. — Salle de gymnastique du lycée de jeunes filles de Clermont'Ferrand.
A Montant des poutres, mises en place pour les exercices. La photographie représente trois montants et quatre poutres fixées dans les rainures des montants Les deux poutres placées entre les deux montants du milieu peuvent se rapprocher ou s'éloigner l’une audessus de l’autre en jouant dans la rainure des montants. — B- Caisson dans lequel se rabattent les montants et les poutres, après les exercices- La ligne qui passe en B indique la fente delà fermeture du couvercle sur le caisson ménagé dans le sol. — C. Poutre mise en place pour les exercices. — D. Selle en bois s'adaptant à la poutre au moyen d’un ressort en fer et servant aux exercices de saut avec appui sur les mains.
Dans le second plan est suspendue l’échelle k ondulations horizontales; dans le troisième plan se trouvent l’espalier fixé contre le mur et l'échelle à ondulations verticales suspendue au plafond.
Photographie communiquée par MH® Caron, directrice.
ressort est préférable parce qu’il rend la manipulation de la selle plus facile et plus rapide.
Espalier [fig. 13 (3 a), (3 />), (3 cl]. — L’espalier est composé de montants verticaux séparés entre eux de 1°*,50 à 2 mètres environ, et
Fig. 9- — Salle de gymnastique du lycée de jeunes filles de Clermont-Ferrand
A. Échelles de corde- — B. Espalier fixé contre le mur, au second plan — C l’erehes mobiles, serrées contre le mur, après avoir été dégagées du sol-
Photographie communiquée par Mlle Caron, directrice.
appliqués contre tm mur. Ces montants sont entaillés pour supporter de longs échelons maintenus ainsi comme les lignes d’une portée de nuisique. L’espace qui sépare les échelons entre eux est de un
espace plus grand de 0'»,30 environ sépare les deux preiuier.s échelons siqiérieurs du troisième. La hauteur varie entre 2“, 50 et 3™, 50.
Echelles de corde {fig. 14). — Les échelles de corde, les cordes et les perches se trouvent dans le commerce; inutile d’en donner une description spéciale. Les barreaux des échelles doivent être assez larges. Les barreaux des échelles étroites doivent avoir de OaqOO k 0"‘,35, ceux des larges échelles de 0"',45 à 0"’,.55 cenliiiii'tre.s.
Echelle à ondulations verticales [fig. 15 (7 a), (7 b), (7 c)]- — Ces
I IICIIi riîCTl IIH
échelles sont do praïuts Ireillis formés de carrés en hois par des échelons (]ul s’enlrc-croiscnt ; elles sont suspendues an plafond et mobiles. Elles descendent jusqu’il à 0''‘,70 au-dessus du sol.
Echelle à ondulations horizontales [/!;}. Iti (8 a), (8 b), (8 c)]. —
Fig. 10. — Salle de gymnastique du lycée des jeunes filles de Clermont-Ferrand.
A- Cordes lisses suspeodues par paire au plafond. — B. Perches mobiles en bois, fixées au plafond et au sol. — C. Espalier fixé contre le mur. — D. Échelles de corde relevées et serrées dans un coin du gymnase.
Photographie communiquée parM^* Caron, directrice.
nier cadre est recouvert d'un matelas en crin très fortement rembourré il y est cloué. Chaque cadre est entaillé, afin de pouvoir le saisir jilus facilement avec les mains pour son usage.
Les bancs suédois {fig. 6-/1) sont des bancs ordinaires, mais bien
Fig. 12. — Selle mobile, vue de face.
* a. Selle mobile s'adaptant à califourchon sur la poutre, au moyen d’un ressort qui la maintient en place. Dans ce dessin l'adaptation est faite au moyen
d une vis de pression dont on distingue l’écrou au centre de la figure. 4 b. Vue
de profil avec le système de vis qui fixe la selle à la poutre.
’in iii'ijj .hW. S
if
Fig. 13. — Espalier.
îi .
3 a. Espalier complet, vu de face, dressé et fixé contre le mur. — 3 b- Portion de l’espalier vu en détail. — 3 c. Profil de l’un des montants de l’espalier qui soutiennent les barreaux*
Fig. 14.
Échelle de corde fixée au sol.
Cette échelle est ordinairement composée de neuf compartiments dans le sens de la longueur et de trois dans le sens de la hauteur.
plus bas, de 0“,:t0 de hauteur environ pouvant se renverser et possédant sur leur face inférieure, adhérant aux pieds, un petit madrier de la Ion-
lA
Fig. 11.
A A À. B B. Montants dressés sur le sol pendant les exercices à exécuter sur la poutre C. Ces montants se rabattent ensuite dans le caisson F, dans la direction des flèches A A' et B — C C. Poutre maintenue en place sur les deux montants AB au moyen des deux clavettes G G, passées dans les trous pratiquées de 0™,10 en 0®,10 de distance. — DD. Petits couvercles relevés, se redressant sur les montants, selon le quart de cercle décrit par D^ D. Le couvercle principal H se rabat sur le caisson, l’agrès est ainsi prêt à fonctionner. Le petit couvercle D au lieu de s’articuler au plancher peut aussi s’articuler directement au grand couvercle H au moyen d’une charnière, dans ce cas il pend dans le caisson dès que les montants sont dressés; quand ceux-ci sont rabattus dans le caisson, une targette unit en dessous les couvercles D et H pour ne former qu’un môme couvercle. — E. Rainure du montant dans laquelle glisse la poutre C. — F. Caisson en bois pratiqué dans le sol du gymnase pour recevoir les montants rabattus A' et la poutre C' abaissée qu’on dépose sur les montants ; on rabat ensuite le couvercle H sur le caisson et le plancher du gymnase est libre- — GG. Clavettes soutenant la poutre C. — H. Couvercle articulé au plancher au moyen de charnières et se rabattant sur le caisson F.
Le cheval-sautoir [fig. 17, (9 a), (9 6)] se trouve dans le commerce; il peut se passer de description.
I.a plinthe-sautoir [fig. 18, (10 a), (10 6)] est un agrès qui a la forme d une commode, à tiroirs superposés qu’on place les uns sur les autres au lieu de les faire glisser. Chaque tiroir ou cadre s’emboîte dans le cadre inférieur sur lequel il repose. Ou peut élever la hauteur de la plinthe en laison de la hauteur des sauts qu'on veut provoquer. Le der-
7g 3a Sa
Fig. 15.
ha. Perche mobile pouvant être fixée au sol. — 5 6. Articulation de l’extrémité supérieure de la perche au plafond pour sa suspension vue de profil. — 5 c. Même articulation vue de face. — 5 Articulation de l’extrémité inférieure de la perche qui se fixe dans le plancher. — 6 c. Plaque en fer rivée au plancher; au centre est ménagé un trou dans lequel s’enfonce U petite pointe en fer assujettie au bout de la perche h d. — h f- Diamètre d’une perche (0“,07 à 0“,086) et distance qui sépare les perches entre elles (0“, 60). — 6 a- Corde lisse suspendue au plafond. — 6 h. Articulation de la corde lisse au plafond vue de face. —6 c. Vue de proltl. — 7 a. Échelle à ondulations verticales suspendue au plafond et mobile- — 7 6. Attache des montants de l’échelle au plafond vue de profil. — 7 c. Vue de face '.k l’extrémité est dessiné le profil du premier montant supérieur du cadre.
pfihA GoaiE
Kiiciir niôiiii' liu Ijiiiio, ot d’une lar(,'eur de nn',05 i’i 0"‘,10 environ, qui aerl pour l(!s inouveiuenls d’équililire. (ies lianes sont, munis, à une de leurs extr( niil<«, de eroclicts en fer puuvunl les faire cramponner aux
l'iy. 16. Échelle h ondulotions horizontales suspendue au plafond.
K II. Vm* tri*nsitjnlil<‘ iJo face «le l’échelle. — 8 (>. I)i*tail de la construction d’un an"le «le r< i holle ot do l’articulation tl'un barreau vu de face. — 8 v. Même détail, vu de profil.
harrcaux de 1 espalier ou à la jioutre. l.e liane forme ainsi un plan incliné l'ipidi- et lixe utilisé dans cei tains exercices.
Petits lianes suédois (fig. (i h et /ig. 19 (11 a, M b). — ün utilise également de pelils bancs qui ne dilférent en rien des petites banquettes
Fig. 17. — Cheval-sautoir rembourré.
9 a. Vue de face. — 9 t. Vue de profil.
ordinaires. Ces bancs sont individuels et portatifs, ils servent pour les altitudes de départ assises.
Corde bi- oblique. — La corde bi-oblique forme un V suspendu entre le plafond où les deux branches supérieures s’appliquent et le
Fig. 18. — Plinthe-sautoir rembourrée.
10 a. Vue de face. — 10 h. Vue de profil.
plancher où est fixé le sommet. Un système de cran à vis maintient le V fortement tendu contre le sol et conire le plafond.
Ün place une ou plusieurs cordes, qui tombent verticalement et à distance vaiiée du plafond à terre, le long des brandies du V de la corde bi-oblique, afin de permettre aux gymnastes de descendre verticalement ou obliquement, selon le cours de la leçon.
Les perches pour le saut et le sautoir mobile se trouvent dans le commerce.
Le tremplin {fig . 6. c) est élastique ou rigide. Le tremplin élastique est dans le commerce, le tremplin rigide a la forme et la grandeur d’un pupitre en bois [dein. L usage de ce tremplin est préférable.
Le matelas. — En Suède, toutes les salles de gymnastique sont parquetées, il n’y a pas de sable. Les cliutes sont amorlies sur de petits matelas portatifs, très rembourrés, très durs et peu épais.
Les perches mobiles et fixes {fig. 15) [5 a, 5 é, 5 f, .’) (/, 5 c, 5 f] sont en pin ou en suidn; leur diamètre e.sl de 0™,Ü7 à 0"',h.v(i; elles sont distantes entre elles de environ.
Les cordes lisses (fig. 15) [ti a, 6 b, 6 c] sont fixées au plafond et tombent jnsiju’à tei're.
Les madriers à équilibre (fig. 6 d) sont taillés en biseau et de dilfé. renie épaisseur, afin de rendre l'équililire moins stable par une applicalion du pied sur une surface plus étroite. Ces madriers sont percés d’un trou à leur extrémité la plus élevée, Irou dans lequel joue une petile cheville en fer maintenue à quelques centimèties au-dessus du sol par un support en fer cintré, à quatre patins, auquel elle est soudée {fig 6 e). Ce.s madriers ne se trouvent pas dans les gymnases suédois. Ils sont de notre invention.
Dr Vh. T.
Hh
Fig. 19.
Pflit bMiic suédois) rciiibourr»'. — 1 1 /f . Viu- lie face. — 1 1 b. Vue de profil.
PÉDAGOGIE
La Gymnastique pédagogique
au point de vue
de son application pratique et méthodique.
En basant tout son système de gymiiastiijue sur les lois physiologiques de la respiration, de la circulation et sur celle de la mécanique humaine, l.ing a de'couvert la véritable formule de réduc.ation physique dans ses applications à la pédagogie, à la médecine, à l’art militaire et à l’esthétique. La Suède applique cette formule depuis soixante-dix ans, et cela avec un tel succès que [dusieurs nalions Tout adoptée.
En France il en est encore autrement, ainsi que nous l’avons établi dans l’Introduction. Deimis trente ans les exercices pliysiques ont été jugés nécessaires au relèvement de la patrie mutilée; les résultats n’ont répondu jusqu’ici ni aux espérances, ni aux bons vouloirs, ni aux tentatives si nombreuses qui ont été faites. Nous avons piétiné sur place par défaut de méthode scientifique, alors qu’en Suède on allait de l’avant et que nous eussions pu suivre le même mouvement si les rapports demicentenaires fournis par l’Institut de Stockholm avaient été suivis d’effet. Peut-être recueillerions-nous aujourd’hui les fruits de cette réforme.
En pénétrant dans les classes, la gymnastique pédagogique doit donner plus d’air, de jour et de mouvement utile au corps de l’enfant, par une refonte des programmes de l’enseignement intellectuel et physique.
Varrété du 8 janvier 1881 , article 8, dit : « Dans les écoles à plusieurs classes, les exercices seront coupés pour les élèves du cours élémentaire et du cours moyen par une récréation de cinq minutes, qui aura lieu toutes les heures, et pour les élèves des cours supérieurs par une seule récréation d’une durée de quinze minutes. »
L'article 6 régit ainsi que suit les cours supérieurs : « La durée maximum de chaque classe ne pourra dépasser une heure et demie. Deux classes consécutives seront toujours séparées par une récréation de dix à quinze minutes. »
Il n’est nullement question de repos de quelquesminutes ou de quelques secondes dans le cours même d’une leçon donnée pouvant durer une heure et demie ! En Suède, les enfants ont leurs récréations après chaque classe ; j’y ai assisté; elles sont aussi vivantes que celles de nos jeunes Français. Mais, de plus, j)endant l'étude ou la leçon, quand le besoin s’en fait sentir, l’instituteur délasse les enfants par quelques mouvements de gymnastique respiratoire dans lesquels ils détendent également leurs muscles et corrigent au fur et à mesure, par des exercices spéciaux, les fausses attitudes prises pendant le cours du travail.
Cette détente est nécessaire au bon fonctionnement du cerveau et à la bonne circulation sanguine. Nous verrons dans La Ggmnastique médicale qu’il existe une opposition très marquée entre l’attention forcée et la respiration un peu vive. Celle-ci atténue le pouvoir d'altention, de même que l’attention forcée réagit sur la respiration. Ür, la circulation sanguine dépend de la resiuration. Le ralentissement de la respiration a une grande iiilluence sur la rapidité de la circulation périphérique capillaire, qui est diminuée (1). La pédagogie doit donc se préoccuper de ces états récipro(|ues, afin de les utiliser au mieux de la santé des enfants. La respiration dépend également de l’altitude juise par le cori)s et surtout par la cage thoracique; son maximum de jeu est dans l’attitude perpendiculaire à l’horizontale. Cette attitude est toujours modifiée dans la scolarité, et surtout jtar les mauvaises mélliodes d'écriture en usage dans les écoles. Pres(|ue toutes provoquent des déviations de la colonne vertébrale; les pires méthodes sont précisément celles qui ont remporté les récompenses les plus élevées dans les diverses expositions. Voici
(l) Binet et Cuurtiei’ : Dffct du travail inlcUecluet sur la circulation capillaire. Année ij.sychulogicjuc, S' année, 1897, p. 03.
PÉDAGOGIE
à liire d’exoïnple quelques pholoprapliies prises sur un enfant liicn (It^vclopiK^. Ayant étc'- noinnu^ membre du jury de la seclion de [H'da^^ef’ie il l’Kx[)osition do Itordeaux en 18!)5, j’eus il donner mou avis sur la valeui' des mélliodes d’écriture exposées. Avant lie me prononcer, Je lis photographier un enfant dans les attitudes indiquéessur les cahiers des diverses méthodes d’écriture. Ce sont ces atliludes que je donne ici [fig. 3 à (i). Mal^'ré mes proteslations, les premières réconqtenses furent attribuées aux méthodes qui ]irovo(iuaient les jilus grandes déviations de la colonne vertébrale. Le jury sacrilia ainsi la forme et la santé de
Fig. 1. — Photographie d’un élève des écoles primaires de Bordeaux, prise avant l’expérience faite sur les méthodes d’écriture présentées à l’examen du jury de l’Exposition de Bordeaux, en 1895.
Les apophyses des vertèbres dorsales sont numérotées de 1 à J2. Les deux bords internes des omoplates sont indiqués par deux lignes parallèles et verticales. Une ligne horizontale unit les deux angles inlérieurs en bas ; une autre ligne horizontale unit, en haut, les deux sommets de l’omoplate. Cette ligne sert de base au Iriangle isocèle dont les deux autres lignes symétriques suivent le bord supérieur de l epaule sur le trajet des bords externes du trapèze à leur insertion à la nuque. Une ligne médiane et axiale passe par le sommet du triangle et les apophyses vertébrales. Cette ligne est considérablement déviée dans les figures 3 et 4, elle l’est moins dans les figures 5 et 6, ainsi que l'indique le fil à plomb.
l’enfant à la forme des caractères de l’écriture dite anglaise. Si encore le maître corrigeait au fur et à mesure ces fausses attitudes imposées par la scolarité 1 Mais il n’en est rien. Les temps de repos et les corrections des fausses attitudes ne sont pas appliquées dans nos écoles : les enfants, énervés, détendent eux-mêmes leurs muscles à leur fantaisie, ils sont inattentifs. Ils s'amusent à faire des niches à leurs voisins ou à leur maître — une façon de se détendre un instant — au risque d’être punis pour indiscipline. J’ajouterai que les cinq premières minutes qui suivent une récréation active réglementaire sont généralement perdues pour nos jeunes enfants, qui ne se remettent au travail que difficilement. Il y aurait donc intérêt à ne pas établir des divisions absolues entre le travail et le repos, imposés à minutes fixes, mais bien à appliquer l’un et l’autre au moment voulu, en quantité et en qualité, selon une bonne psycho-physiologie pédagogique; on appliquerait ainsi un dosage éducatif. Mais nous n’en sommes pas encore rendus à ce point, et pendant longtemps encore nous verrons nos enfants se voûter sur leur pupitre, mal respirer, prendre de fausses attitudes pour toute leur existence et être obligés de réprimer une turbulence native, indice d’une vie qui s’affirme. Je reviendrai sur ce sujet dans mes considérations générales sur l’esthétique scolaire au chapitre de \<i Science du geste, dans l’orchestique scolaire. La pédagogie a tout intérêt à s’appuyer sur la psycho-biologie. Elle entre dans cette voie nouvelle avec M. Binet, qui poursuit de très intéressants travaux de pédagogie expérimentale dans les écoles primaires de la ville
Fig 2 — Attitude imposée à l'enfant avant l’expérience.
P.'is lie déviation de la colonne vertébrale, fil à plomb passe sur l'axe des douze vertèbres dorsales.
de Paris. Au fond de tout pédagogue il devrait y avoir un liygiénii-te (1).
La gymnastique de Ling, qui est avant tout res[)iraloire, donne satisfaction à tous les désidérata de la pédagogie et de l'hygiène du mouvement physique. La pédagogie suédoise accorde une grande importance à la respiration. C’est pourquoi non seulement tous les mouvements de gymnastique ont pour but de développer la cage thoracique , mais les méthodes scolaires pédagogiques imposent une attitude droite au tronc dans les divers travaux scolaires des garçons ou des filles.
« C’est grâce à son union avec la gymnastique médicale, dit M. le jirofesseur Tôrngren (2), que la gymnastique pédagogique a pu acquérir son caractère correctif, et par là son entrée de
Fig. 3. — Déviation extrême de la colonne vertébrale.
Courbure de la cage tboracique en cypho-lordose, torsion de la tête, axe visuel oblique.
(Il M. lîinet a remarqué que les enfants ne rient pas quand ils font un effort très vigoureux ou quand ils réussissent ce qu’ils ont essayé de faire (I). Le rire est plus frequent chez les enfants débiles que chez les enfants vigoureux. L’enfant rit au nioincnt où son impuissance à continuer un effort devient manifeste. Ce rire est un signe d'impuissance musculaire. Les causes sont; l^la fatigue musculaire; 2“ la honte ou le dépit de ne pouvoir continuer l’eBort. Il cache l’expression du dépit de la physionomie. Les enfants actionnant l'ergographe et qui ont une mimique exprc.'sive et même grimaçante sont moins forts que ceux dont la figure reste calme ou présente une expression peu accentuée. La fatigue a pour ellct de généraliser les mouvements et surtout d'accentuer les mouvements d’expression. L’expression de la physionomie devient de plus en plus accentuée à mesure que l’expérience se prolonge, autrement dit à mesure que la fatigue augmente; à égalité de travail mécanique exécuté, celui-là est le plus vigoureux qui a dépensé le moins d’efforl. Il y a en moyenne une relation entre la force au dynamomètre et l’ampleur de la poitrine.
Enfant vigoureux.
Figure non contractée, calme sans grimace.
Nû2.
Enfant faible.
Figure contractée, grimace (moue).
Enfant faible.
Figure contractée, grimace (moue).
Enfant faible.
Figure contractée, grimace (rire).
Dessin à la plume, d’après une série chronophotographique prise sur trois enfants travaillant a l’ergographe. La quinzième image est seule reproduite. — No I. Enfant vigoureux, figure calme. — No* 2, 3, 4, enfants de force moindre grimaçant et riant sous l’intluence de la fatigue musculaire. — (Photographies, d’après une planche extraite de l'Année psychologique. 1898. page 47.)
La fatigue arrive plus vite chez l’entant que chez l’adolescent (Binet et Vaschide),chez l’adolescent plus vite que chez l’adulte (Maggiora) [II].
La moyenne arithmétique des pulsations du cœur à l'état de repos est 76, 86 elle est de 7i,04 sous l'influence du travail intellectuel; elle peut s’abaisser jusqu’à 69,81 dans le turmenage intellectuel entraînant un excès de fièvre (111).
0 Effort physique et effort mental constituent des excitations du système nerveux; mais l'excitation du travail intellectuel quoiqu’il n’y ait pas de commune mesure à employer est bien inférieure comme degré à l’excitation physique; et en second lieu, elle paraît être d’une autre qualité, comme le montrent ces deux effets qui sont particuliers au travail intellectuel : le rétrécissement de la cage thoracique et l’atténuation de la circulation capillaire périphérique. « Le rétrécissement de la cage thoracique provient de nos mauvaises méthodes d’écriture et des fausses attitudes de scolarité, attitudes en flexion en avant avec projection des épaules dans le même sens, alors qu’elles devraient être projetées arricre par la station droite du tronc sur le siège- l.’attènuation de la circulation provient egalement de l’opposition qui existe entre l'attention forcée et la respiration. Celle-ci étant ralentie, la circulation périphéiique capillaire est diminuée.
(1) A. Binet et N. Vascuidk, Expériences de force musculaire et de fond chez les jeunes garçons (« Année psychologique », 4' année, 1898, pp. 46, 47, 58).
(II) J. JoTEYKO, Hevue générale sur la fatigue musculaire [Ibid., 5® année, 1899, p. 32).
(III) Vaschide, Influence du travail intellectuel prolongé sur la vitesse du poids, (Ibid., 4« année, 1898, p. 356.
(2) L. M. Tôrngren, Sur l'enseignement et la pratique de la gymnastique sco laire, extrait du Journal de gymnastique suédois (« Tidskrift i Gymrastilti, Stockholm, 1881).
PÊDA GOGIE
plein droit A l’école; en effet, les enseignements positifs (le la s('ieiice ne se contentent ()as de singularités acroliati(]iies, et les exercices doivent se limiter à ce que la raison ajipi'onve sur la hase (le l’exiK'iience... I,e moyen |irati(jue d’y |)arvenir consiste, en grande partie, à sitiqilifier les exercices, de trranière (|u’un seul et même maître jurisse diriger à la fois le plus grand nonrhrx* d’élfrvris possible. .. La régie g('rréi-ale à cet égard doit être de chercher toujoirrs le moyen le plus simple de réaliser l’effet demandé...
Si l’on ne s’applique pas suffisamment à la simplicité , on n’arrive à aucune précision, et sans précision suftisarrte la simplicité est impossible.
« Il faut doitc que la gymnastiqurr pédagogique se fonde sur urt choix ratiorrrrel (rexercices, tant par rapport à leurs effets (}u’(‘rt vrre de la simplicité appropriée et de la précision des fortmrs...
Déviation très prononcée (ie la colonne vertébrale, l-’ort»* torsion de la axe visuel très
olili(|iie. cjpho lorilose très prononcée. Kesjnr.ilidii très oénee
(( La valeur d’un exercice gymnastique dépend princi[)alemerrt du degré ampiel, suivant les besoins (pour les plus faibles, les plus forts, etc.), il assure, dans le plus court espace de temps possible, urt elfet relatif, mais certain, sur le développement physique (sauts, tenue, force, souplesse)... La gaieté et la vivacité sont aussi le but de la gymnastique... Plus une méthode est parfaite, c’est-à-dire plus elle est fondée sur des bases scientifiques et sur une expérience réelle, plus elle peut être facileirrent abandonnée à des routiniers, à la condition toutefois (lue ceux-ci possèdent les qualifications suivantes: 1® avoir parcouru un cours pratique corrrplet; 2® posséder des dispositions et des aptitudes pour le métier. Ils devront, en outre, avoir en main un manuel bien rédigé et se trouver incessamment sous la surveillatice d’inspecteurs compétents... Pour les jeunes tilles, comme pour les garçons, ce ne sont pas des engim choisis qu’il faut rechercher, mais des exercices choisis. La mesure de tout exercice est l’organisme même... Chacun fait de la gymnastique pour son propre compte, non pour être comparé à d’autres... (In fait de la gymnastique pour vivre en bonne santé, mais on ne vit pas pour faire de la gymnastique... L’expérience a prouvé que l’on ne peut prendre les sociétés particulières de gymnastique comme modèle à suivre et comme points de départ pour les exercices de l’école... C’est un des triomphes de la méthode de gymnastique rationnelle de pouvoir, en peu de temps, transformer de grandes masses d’ouvriers ordinaires en soldats agiles dont les forces [diysiques sont, sans la plus petite incertitude, les instruments dociles de leur volonté. »
Kn résumé, le caractère de la méthode de gymnastique suédoise est d’être pédagogique et physiologique, respiratoire et abdominale. Elle agit très fortement sur la nutrition générale et ne laisse rien à l’imprévu. Elle est aussi amusante pour les enfants que notre gymnastique française, car ce qui rend un enseignement agréable à l’enfant et à l’homme, ce n’est pas tant la matière de l’enseignement luimême que la manière de l’éducateur ou du maître de l’appliquer. Les choses les meilleures [leuvent lasser par l’abus ou la répétition, et les choses les plus ennuyeuses peuvent plaire grâce à l’apti- Fig. 5. — Aiiiiu(ie d(i corps nor- tude du maître à les enseimale ainsi que nous l’avions pro gner.
posée. C’est pourquoi, avec une
constituent
telligences
paresseuses
Fig. 6. — Attitude moins mauvaise.
Cypho-lordose p»Mi prononcée, chtUe de l’épaule ffauohe avec élévation de l’épaule droite, respiration ^ènée.
bonne méthode, on possède en Suède d’excellents maîtres; la sujiérioi'i té des [irofesseurs suédois de gymnastiijue sur les [irofesseurs français de gymnasti(jue est incontestable. .le comparerai volontiers l’organisation iniiculaire de l’homme à celle d’une classe : (juelques intelligences su[i(^rieures en la tête, des ininférieures ou en forment la (jneue, des intelligences moyennes se maintiennent avec plus ou moins de facilité entre ces deux extrêmes. Un bon pédagogue ne sacrifie Jamais la queue ni même le corps de la classe à la tête.
Celui-là seul qui veut remporter des succès superficiels et égoïstes prépare spécialement les forts. La sélection se fait en faveur de quelques privilégiés; (juant aux sacrifiés, c’est le Væ viefis.
Il en est de même dans l’enseignement physique, d’ajirès la méthode française. Ce sont les têtes de classe, c’est-à-dire les plus forts, qui agissent; quant aux faibles ou aux paresseux, ils se reposent. Et si, poussant plus loin encore la comparaison, nous assimilons le corps humain à une classe, nous voyons que sa puissance musculaire est inégalement répartie sur (ïill’érents groupes : train inférieur ou train supérieur, et alors, selon la loi du moindre effort et selon le maître qui applique le mouvement ou l’appareil qui sert à l’exécuter, ce sont de préférence les groupes musculaires les plus forts qui entrent en fonction, tandis que se reposent les muscles les plus faibles, qui cependant auraient besoin de se développer normalement pour concourir au développement général des autres groupes en vue de l’harmonie du corps tout entier.
Un gymnaste très entraîné aux exercices physiques de la gymnastique française, et ne ressentant pas de courbature du fait même de cet entraînement, est cependant courbaturé après avoir exécuté des mouvements de la gymnastique suédoise, ce qui prouve que la méthode française ne répartit pas l’entraînement à tous les groupes musculaires du corps, mais qu’elle les localise à certains grou[)es pendant que les autres se reposent ou agissent peu. La réciproque n’a pas lieu.
C’est pourquoi la gymnasti(|ue française, qui ne s’occupe que des forts, n’a pas donné jusqu’à ce jour les résultats de la gymnastique suédoise, qui agit sur tous les muscles, forts et faibles. Dans un même genre d’assouplissement, par exemple, l’ordre ou l’anarchie peuvent exister selon la valeur de la méthode qui préside aux mouvements, et surtout celle du maître qui est chargé de les appliquer et de les diriger. 11 y a autant d’erreur à croire que le mouvement se suffit à lui seul pourvu qu’il soit exécuté, que d’admettre qu'il suffit de donner une leçon de mathématiques, par exemple, pour que tous les élèves d’une classe en bénéficient également. Tout est dans tout, mais au-dessus de tout existe la méthode, et surtout l’esprit du maître qui est chargé d’appliquer l’enseignement.
Le nombre des combinaisons d’attitudes auxquelles donne lieu le jeu des articulations est infini. Ce nombre s’élève davantage (juand l’exercice est appliqué au moyen d’agrès qui modifient le jeu des bras de levier du corps humain. Le jeu de chaque articulation donne naissance à une quantité innombrable d angles dont le nom- Pig. 7. — Déviation nnoins yranae,
bre s’élève en raison même attitude meilleure,
du jeu de celle articulation. Cyplm-lurdose nn.lns |.fonnii,('e
pÉDAGoan:
(In seul bras tendu, par exemple, jouant au sommet de l’articulation de l'(5pa)ile, lient arriver !\ passer par un minimum de ‘28Î)1‘2(IÜÜ points l’e'ométriiiues dilVérents. line application scientiliiiue des mouvements permet seule de ne |ias se perdre dans un dédale de plans iiui s’enchevêtrent les uns dans les autres. Je ne parle pas des exercices de plein air, où les combinaisons du jeu des articulations atteignent des chilTres fantastiques.
La gymnastique aux agrès n’a d’autre raison que d’ôtre orthomorphiiiue ; son rôle est de corriger les attitudes vicieuses imposées par le développement anormal du corps dû à la scolarité, aux travaux professionnels, etc. Cette gymnastique doit être rationnelle; elle peut être moins suggestive que celle des jeux libres, mais elle est aussi nécessaire. D’ailleurs elle sert surtout la gymnastique des jeux libres et de plein air, en développant la cage thoracique et les poumons par un entraînement raisonné de tous les muscles extenseurs du corps qui, en redressant toutes les articulations, fixent la colonne vertébrale dans un plan perpendiculaire à l’horizontale. La machine humaine ainsi mise en forme, grâce à une gymnastique bien réglée, est dès lors plus apte à exécuter les exercices libres des jeux de plein air. Ces jeux sont l’application agréable de tous les mouvements ennuyeux imposés méthodiquement. Le jeu est à la gymnastique rythmée ce qu’est l’exécution d’une partition de musique aux exercices d’entraînement des gammes.
La gymnastique pédagogique doit être, avant tout, une gymnastique architecturale; à ce titre, elle doit être basée sur les lois de la géométrie biologique et, comme telle, être scientiflquement réglementée d’après le jeu et le mécanisme des divers bras de levier du corps humain. Les agrès doivent répondre aux indications de la géométrie biologique et forcer le corps à s’adapter à eux selon les plans voulus.
Ces agrès doivent être construits de telle façon qu’ils permettent aux bras de levier humains de fonctionner rationnellement; ils doivent avoir surtout pour objectif le développement le plus grand de la cage thoracique et permettre d’immobiliser tel ou tel segment du corps afin de le transformer en point d'appui rigide et fixe sur lequel puisse jouer le segment qui doit entrer en fonction. Autrement dit, si, par exemple, on veut actionner le train supérieur, il faut que celui-ci trouve un point d’appui fixe dans le train inférieur selon un plan voulu. Il en est de même pour tous les segments du corps. Tels les mouvements des bras, dont la valeur dépend de la pureté de l’altitude des jambes et des pieds, puisque le tronc sur lequel ils s’articulent peut être dévié lui-même par une fausse position des pieds sur le sol ou des jambes qui les supportent. Les agrès doivent répondre pratiquement aux indications de la géométrie
biologique; nos agrès français ; trapèze, anneaux, barres fixes, barres parallèles, etc., ne répondent à aucune indication méthodique.
Cependant, le meilleur agrès étant le corps humain lui-même, un maître de gymnastique compétent peut transformer tout point d’appui résistant en un agrès de gymnastique.
En Suède, les bancs de l’école servent d’agrès aux enfants sous la direction de l'instituteur 8 et 9).
« L’enseignement de lagymnastique, dit le commandant Norlander (1), professeur de gymnastique à l’Université de Lund, ne diffère point de celui des autres branches, bien qu’il s’applique spécialement aux facultés physiques ; il faut donc qu’il soit organisé d’après un plan nettement déterminé. Pour ne point s’égarer, pour ne point travailler à tâtons et sans but, le professeur a besoin de jalons ou de points de repère; et, à cet égard, à part leurs immenses avantages comme aide-mémoire, les tableaux d’exercices lui
(1) Cari Norlander, Manuel de gymnastique rationnelle suédoise à l'usage des écoles primaires, des écoles moyennes, des athénées, des écoles normales, de l’armée et de la marine, traduit en français par Édouard Martin (Paris, Delahaye, 1883).
seront d’une utilité incontestable, sinon d’une nécessité absolue.
lin des priiicii>aux reiirochcs adressé par les fuofesseurs de gymnastique française à la gymnastique suédoise est d’être ennuyeuse, alors que la gymnastiipie française, par son excitation, serait amusante.
« Si les commencements, dit M. Norlander, offrent relativement peu d’attraits, le professeur doit comprendre que c’est surtout alors qu’il doit employer son savoir-faire pour rendre ses leçons agréables, l.’ennui est le plus grand écueil de l’enseignement, et tous les elîorts du maître doivent tendre à l’éviter. Celui qui, sous prétexte de système ou de méthode, sacrifie l’intérêt ou le plaisir qu’une leçon bien préparée et sagement ordonnée peut procurer est bien près de perdre le fruitdesespeines...
On aura soin d’interrompre assez fréquemment les exercices par un « repos surplace » ou un « repos », afin de permettre aux élèves de se mouvoir un instant à volonté, et aussi afin de les habituer à se replacer rapidement en rang et à reprendre une position fondamentale correcte. La prudence exige, surtout lorsque la respiration et l’activité du cœur ont été excitées à un haut degré, d'intercaler dans la leçon un mouvement léger des membres inférieurs, une marche ordinaire ou sur la pointe des pieds; une marche lente, ordinaire ou sur pointes, ou bien encore une marche basse, sans attendre pour cela que les élèves soient essoufflés ou fatigués outre mesure, ce qu'il faut toujours chercher à éviter. »
Les exercices qui, par leur rythme même, ne peuvent se transformer en exercices désordonnés doivent être intercalés dans la leçon par le professeur, quand il s’aperçoit que les mouvements perdent de leur pureté de forme et deviennent désordonnés. Ces exercices servent ainsi à ramener dans le cadre les mouvements qui, par leur nature même, échappent aune stricte réglementation, tels que la course, le saut, etc. Ces exercices ont également une action éducative sur l'esprit de l’enfant, qui apprend ainsi à savoir ménager ses forces, et, par un efl'ort de volonté, à refréner des actes impulsifs nuisibles. Une leçon de gymnastique peut ainsi se transformer, dans les mains d’un bon pédagogue, en une excellente leçon de philosophie psychologique par l’école pratique du vouloir et du jugement.
Afin de mieux fixer les idées, voici le plan général d’une leçon de gymnastique pédagogique que j’ai présenté à la Commission supérieure de l'éducation physique de la jeunesse. C’est le plan de la leçon type de gymnastique suédoise que j’ai développé dans la description des exercices.
Plan général d’une leçon de gymnastique.
{Le rythme lent des mouvements doit varier entre 3, S et 10 secondes.)
Durée de
l’application des
Description des exercices. e.xercices.
Marches et exercices d’ordre.
Marche sur la pointe des pieds : 1 , en flexion; 2, en extension complète desjambes (ankylosé provoquéedu genou) avec travail de l’articulation coxo-fémorale et des extenseurs fessiers, lombaires, dorsaux.
Petits pas gymnastique.
Mouvements de flexion, d’extension, de circumduction et de rotation des
jambes 5 minutes.
Mouvements de flexion et d’extension du tronc à mains libres ou avec barres d’altitudes.
Position allongée par terre, corps en extension les mains reposant sur le sol, bras tendus avec et sans flexion sur les bras.
Mouvements d’extension du dos avec appui lombaire sur la poutre ou sur les mains jointes des opposants. . ,3 —
Fig. 8. — Extensions au pupitre
(d’après Liedbeck).
Exercices exécutés au cours d’une leçon dans une classe. Les pupitres servent d’agrès de gymnastique. Mouvements d’amplitude thoracique agissant sur la respiration et luttant contre la voussure du dos provoquée par les attitudes de la scolarité. Extension des muscles lombaires, dorsaux et cervicaux.
Fig. 9. — Extensions au bano
(d'après Liedbeck).
Exercices exécutés au cours d’une leçon, dans une classe. Trois bancs de l’école constituent un appareil pour l’extension des muscles des lombes et des jambes avec suspension sur les mains.
Lutte contre la voussure du dos-
Groupe des exercices fondamentaux.