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Fig. 3. — Station dérivée. Station verticale. Mains devant la poitrine ou .Mies ferniées.
Bras tendus en croix dans le plan horizontal formant angle droit avec Taxe du corps. Avant-bras en flexion complète sur le plan des bras, pouce touchant la clavicule, face palmaire tournée eu bas.
Fig. 4. — Station dérivée.
Station verticale. Bras tendus latéralement ou Croix.
Bras fortement tendus en croix dans le plan horizontal des épaules, doigts tendus, face palmaire tournée en bas. Extension forcée de tout le corps : jambes, hanches, colonne vertébrale, cou, tête et bras.
Fig. 5. — Station dérivée.
Station verticale.
Avant-bras en flexion rectangulaire horizontale sur les bras tendus en croix ou Ailes avant.
Face palmaire tournée en bas. En prenant cette même station de départ, les bras étant fortement tendus en croix, on relève les avant-bras en flexion rectangulaire verticale ou ailes.
Dans cette attitude, les avantbras forment angle droit vertical avec les bras, les paumes des mains se font face, les doigts sont tendus et serrés les uns contre les autres. De cette attitude [ailes), en laissant tomber les avant-bras sur les bras selon un plan parallèle au corps, les faces palmaires viennent tomber et s’appliquer derrière la tète dans position mainnuque {fig. 7).
Fig. 6. — Station dérivée.
Station verticale avec appui antérieur et horizontal des mains.
Faces palmaires appuyées à angle droit contre un plan perpendiculaire et fixe, bouts des doigts dirigés en haut, bras en extension forcée, (lette attitude peut être prise à Tcspalier suédois ou contre du mur.
Fig. 9. — Station dérivée. Station verticale. Élévation sur la pointe pieds, flexion des genoux ou Pointé losange.
Les figures précédentes représentent la station fon damentaledes jambes et du tronc(traia inférieur) en station verticale pour permettre aux bras de fonctionner selon des plans voulus et recherchés d’avance.
La figure 9 représente la station fondamentale des bras et du tronc (train supérieur) permettant aux jambes de fonctionner de même. Le commandement du mouvement peut s’établir en deux mots, pointé losange, c’est à-dire élévation sur la pointe des pieds, genoux pliés en forme de losange. Ce mouvement est décongestif de la tête, il doit être exécuté à un rythme lent de 5 à 10 secondes.
Fig, 10. — Station dérivée. Station oblique ou Escrime.
Une jambe fléchie en avant, une jambe fortement tendue en arrière» Station oblique du corps; le bras du côté de la jambe pliée est tendu fortement en avant; le bras du côté de la jambe tendue en arrière est fortement tendu en arrière, les deux bras sont soulevés et maintenus à la hauteur des épaules.
Fig. 11. — Station dérivée. Station oblique du tronc en avant.
Flexion du tronc en avant ou Salutation.
Train inférieur fortement tendu. Reins fortement creusés, mains placées sur les hanches, tête rejetée en arrière, flexion en bloc et en lame de couteau sur son manche, de tout le train supérieur surletraininférieur»
Poitrine très développée en avant, bras rejetés en arrière. Rapprochement forcé des omoplates, travail d’extension forcée des muscles du massif lombaire. Mouvement décongestif de la tête devant être exécuté lentement au rythme de 5 à 10 secondes.
Fig. 12. — Station dérivée. Station verticale. Flexion du tronc en arrière ou Courbe raidie.
Train inférieur fortement tendu, mains hanches, flexion du tronc en arrière, tête fléchie en arrière, poitrine développée en avant. Articulation du genou fortement maintenue parla contraction du triceps fémoral. Mouvement congestif de la tète à exécuter au rythme de 3 secondes. Dégager la congestion de la tête par un mouvement de salutation faisant suite à la courbe raidie.
Fig. 13. — Station dérivée. Station verticale. Tronc fléchi latéralement ou Éventail.
Train inférieur fortement tendu, flexion du tronc latérale à gauche et à droite alternative, ment, tète maintenue dans Taxe du tronc. La flexion doit être exécutée dans le plan du train inférieur, sans torsion du tronc autour du bassin, en éventail qui s’ouvre.
Dr Ph. T.
(1) I)r A. WiDE. Traité de gymnastique médicale suédoise, traduit en français et augmenté do plusieurs chapitres; par le Dr (Paris, Alcan, 1898.)
CouRCART, avec préface du Dr F. Lagranoe
LA « GYMNASTiniJE GANSÉE
La « Gymnastique dansée ».
PAHMi les exercices destinés à prendre ran^, inétliodi- (|uenient, dans le cours de doctrine ;,'yinnasti(jue (jue les rénovateurs de l’éducation pliysiijue s’elTorcent de constituer, la dans(“ doit-elle avoir uni! jilace ?
Itans ce 7'/vn7é r/c l' éducation iilii/siijue, chacune des études, tlnhuiriue ou |)rati(|ue, émane d’un s[)écialiste. Leur f^roujteinent n’est |ias fortuit, et l'organisateur de l'ensemble, M. le I)'' l’ii. 'l'issié, tient à mettre en lumière une vérité trop méconnue en Lrance. dette vérité est ex]irimée en termes décisifs par M. h’, buisson, et je ne puis mieux faire que de remettre sous les yeux du lecteur les lif-nes suivantes, empruntées à l’éminent professeur en Sorbonne ;
« Un bon cours de pymnasti(}ue scolaire pour enfants et pour adolescents, [tris à l’état de santé normale, est une sorte de mécanisme compensateur qui non seulement ne vise pas à produire des prodij^es, mais, tout au contraire, s’astreint à une sorte d’équilibre propice au dévelop[)ement moyen, symétrique et harmonique des diverses fonctions du corps humain... C’est la f’ymnastiiiue rationnelle et méthodique sans doute, mais c’est aussi la ^'yninasticiue aimable, f'ràce à une certaine part d’initiative libre, de mouvement et de jeu (1). »
Si l’on rapproche ces définitions des faits cités par M. le major Victor lîaick, dans son étude de la gymnastique suédoise(2), et des regrets exprimés par M. le 1)'' Ph. Tissié au sujet de l’acrobatisme en usage dans la gymnastique française (3), on pourra répondre aisiunent à la question posée plus haut. Et il paraîtra désirable que quelques-uns des principes de la danse puissent s’appliquer aux elTorts des gymnastes afin de les tempérer, et aussi de les embellir.
Je m'abrite derrière l’autorité des savants que j’ai nommés pour délimiter le domaine de ce que j’appellerai la gi/)nnaslifjue dansée. Elle constituerait un chapitre additionnel de la grammaire des gymnastes et serait, s’il est permis d’employer une telle expression , la rhétorique de leur art. Dans les programmes officiels qui dressent les listes des exercices physiques applicables aux écoliers des deux sexes, on s’efforce d’éliminer de plus en plus les mouvements violents, qui congestionnent, et de leur substituer une activité musculaire plus judicieusement réglée.
On revient ainsi au mode d’éducation corporelle que Platon préconisait dans ses Lois et dans sa Hépublique. Rien de nouveau sous le soleil ! Et si je ne craignais d’en appeler à une tradition que les lecteurs pourraient juger surannée, je prouverais, à grand renfort de textes, que les anciens avaient une prédilection pour les exercices modérés. Le témoignage des historiens et des philosophes à cet égard est unanime. Je ne veux pas dire que l’usage et l’abus de la gymnastique violente ne se retrouvent pas chez les Urées et chez les Romains. Mais, théoriquement — ce qui est déjà quelque chose — la recherche de l'cvrythmie paraissait aux uns et aux autres digne de leur constante application. Or, cette qualité divine — ainsi qu’ils l’appréciaient — excluait la force brutale. Rien que nous ne soyons plus au temps où il fallait ne rien oser sans chercher dans la vénérable antiquité des précédents et des exemples, il n’est pas indifférent de se souvenir que le peuple grec, inventeur des jeux Olympiques, fut le peuple danseur par excellence, celui qui eut du rythme la notion la plus délicate et le culte le plus fervent, et il est permis de le citer comme témoin dans le débat où tant de voix autorisées s’élèvent depuis peu.
(2) /Ai'/., p. 67 et suiv.
\;i) Ibid., p. 7 i et suiv.
D.ins la société moderne, les exercices gymnastiques sont réputés peu conciliables avec les principes de la danse. Les [iremiers sont faits, ilit-on, jiour fortifier les muscles, et c’est une croyance réjiandue i|u’aucune formule de mouvement, si violente qu’elle soit, ne doit être exclue du réjiertoire. Les danseurs, au contraire, passent pour être épris d’un idéal de grâce et de beauté qui les oblige à éliminer les mouvements raides, heurtés, tendus à l’excès, et à masquer l’effort, lorsque effort il y a. De sorte ijue la gymnastique et la danse, loin de s’associer, comme le voulaient les Urées, en sont arrivées de nos jours à se tourner le dos. Ce n’est plus une vérité fondamentale (jue la force, dans tout son déploiement, ne doit pas réjmdier l’élégance : nos athlètes se préoccupent infiniment peu d’appliquer à leurs mouvements certains principes de beauté. Le danseur et le gymnaste sont devenus étrangers l’un à l’autre; si bien (]ue l’entreprise est hasardeuse de vouloir réconcilier ces frères ennemis.
Introduire de l’aisance dans les mouvements, de l’harmonie dans leur ensemble, exclure la force brutalement musculaire, rechercher les lois qui président à la fois à la mobilité, à l'é- (|uilibre et à la grâce, substituer à la raideur systématique des gestes violents et à la cassure disgracieuse des articulations un mécanisme plus souple et des profils moins anguleux, en un mot, soumettre tous les efforts' des muscles à une discipline esthétique, tel doit être le programme de la gymnastique dansée. Programme vaste, qui ne pourrait être définitif, complet, qu’après une recension de tous les muscles orchestiquement ulilisahles et l’établissement des formules cinématiques applicables à chacun d’eux. Ce n’est pas un pareil traité que je prétends écrire. Je voudrais seulement, répondant à un désir de M. le D'" Ph. Tissié, esquisser, dans ses lignes principales, une méthode que les professionnels de la gymnastique pourraient adopter.
La gymnastique dansée n'a d’ailleurs pas la prétention de se substituer à la gymnastique pure. C’est aux physiologistes à établir le code des mouvements qui relèvent de celle-ci, à régler l’amplitude, la fréquence, l'énergie, la durée des efforts que les mouvements appellent. La gymnastique dansée ne serait que le complément de toute leçon consacrée à cette science appliquée des énergies physiques. Elle interviendrait après des exercices de force bien gradués et rationnellement établis, pour former l’élève, pendant quelques minutes, à des exercices rythmés, musicaux, où la souplesse deviendrait élégante et par lesquels le corps se formerait à la beauté.
La gymnastique dansée ne peut avoir avec la danse professionnelle que des rapports de cousinage. Elle ne saurait s’approprier les métliodes ni les formules en usage dans l’art compliqué des modernes danseurs, sans les simplifier et sans y apporter de nombreuses modifications.
En effet, la danse moderne est devenue techniquement une gymnastique assez souvent violente, abusive, dont les inconvénients physiologiques seraient analogues à ceux des « mouvements congestionnants» pratiqués parles gymnastes et signalés par le D"' Tissié (1). D’imitative qu’elle était chez les anciens et qu’elle fut jusqu’à la fin du xvni® siècle, la danse aboutit de nos jours à tout autre chose qu’à la mimique, dont elle a fait longtemps son but. Elle est essentiellement une glorification de la beauté cor|mrelle, une plastique vivante, mobile; et, pour en varier les formules, elle ne se contente pas de mouvements naturels. Elle transforme ceux-ci au point de les rendre parfois méconnaissables. Elle en exagère l’amplitude. Il lui arrive même de les dénaturer. De sorte que, sous la grâce et l’aisance apparentes, se cachent souvent des efforts musculaires excessifs, que M. le D"' Tissié et M. le major Halck proscriraient avec la dernière rigueur.
Le public ne sait pas ce que le sourire des danseurs dissimule de fatigues. 11 ne se doute guère qu’il faut au moins dix ans pour rompre les muscles des jambes au mécanisme cruel (jui n’apparaît que comme un jeu (2). Et lorsque l’accoutumance est venue,
(2) Je l'Ciivoie le lectcui' au livre de r.a Danse yrcegue anligue (Hachette, 18'.>6), p. 222 et suivantes, où j’expose en d'dail le plan des i tudes méthodiques organisées à l'Opera.