‹ L'éducation physique au point de vue historique, scientifique, technique, critique, pratique & esthétiqueChapitre 6 sur 130 · I. LE RÔLE DE l’ÉTAT · texte numérisé non relu

I. LE RÔLE DE l’ÉTAT

L’ Administration. — Les Rapports. — Les Circulaires ministérielles. — Les Manuels officiels, etc.

Dans un traité fort curieux de gymnastique par les jeux de plein air, paru en l’an XI (1803), les auteurs A. Amar Durivier et L.-F. Jauffret (1) tracent, dès le commencement du siècle, les grandes lignes de l’éducation physique pédagogique. « C’est la première fois, écrivent-ils de Stains, le 24 ventôse an XI (13 mars 1803), que l’on parle gymnastique aux Français ou qu’on leur en présente du moins un traité élémentaire.» Ce traité est divisé en trois parties; la première est théorique, la seconde est pratique, la troisième est un essai sur l’exercice des sens. L’ouvrage a pour titre La Gymnastuque de la Jeunesse, il est rédigé « pour accoutumer les enfants à bien sentir, et à leur apprendre à raisonner juste ». C’est le premier livre de jeux scolaires qui ait paru en France au xix' siècle. Il passa inaperçu, bien qu’il contint en germe l’idée qui a été reprise quatrevingts ans plus tard, à la suite de l’importation anglaise. Les préoccupations étaient ailleurs. En 1815, Clias, officier d’artillerie de l’armée suisse, fonde un gymnase à Paris, le premier qui existe en France à cette époque. Sa tentative échoue, il passe en Angleterre où il importe sa méthode, qui est allemande.

(l) A. Amar Durivier et L.-F. Jaüfkrrt, La Gymnastique de la jeunesse ou Traité élémentaire des genres d'exercices considérés sous le rapport de leur utilité physique et morale (Paris, A. -G. Debray, an XI [1803]).

En mso, Amoros, directeur d’un institut gymnastique à Madrid, établi à Paris dejniis ((iielqiies années, fonde, place Diipleix,un yymnnye normal civil et militaire, d’après la méthode allemande. Il obtient un grand succès. Le préfet de la Seine, M. de Chabrol, crée pour Arnoros nu gymnase normal civil, et le nomme directeur de cet établissement. L’enseignement doit être donné gratuitement aux élèves des lycées et collèges commnnaux de Paris et de Versailles. En cette même année, le ministre de la Guerre, Gouvion-Saint-Cyr, fonde également un gymnase normal militaire dans le parc de Grenelle, Amoros en est nommé directeur avec le grade de colonel.

L'année précédente, en 181!), un autre gymnase, le troisième à Paris, avait ôté fondé pour les sapeurs-pompiers.

Des gymnases divisionnaires sont fondés en 18.‘i3 dans les places militaires de Metz, Arras, Strasbourg, Lyon, Mont[)ellier, Toulouse et Heims.

En 183!), Laisné, l’élève préféré d’Amoros, auquel il succédera et qui continuera la mauvaise tradition amorosienne, est attaché au gymnase de Grenelle, en qualité de sous-officier du génie.

En 1840, l’enseignement de la gymnastique est prescrit à toutes les troupes. Clias rentre en France, il est chargé de l’enseignement de la gymnastique dans les écoles communales de Besançon, puis de Paris. Il publie un Traité de gymnastique, qu’il avait fait précéder, en 1828, d’un

autre traité intitulé : Calislhénie ou Gymnastique pour jeunes filles, orné de 23 planches dans lesquelles sont dessinées des exercices trop athlétiques pour des jeunes filles, aux barres parallèles, au triangle (ftg. 1), à la barre fixe, à l’échelle oblique, à la planche d’assaut (fig. 2), au vindas, etc. Cette méthode, qui a la prétention d’être scientifique et pédagogique, est mauvaise. En 1845, Clias fait encore paraître La Gymnastique populaire.

En 1847, Amoros publie un Manuel de gymnastique.

Mais les deux promoteurs, Clias et Amoros, qui sont les deux maîtres de l’école de gymnastique française, n’aboutissent pas. Bien qu’il ait été largement favorisé par les circonstances et par les hommes, Amoros ne réussit pas à implanter la gymnastique dans l’enseignement scolaire, parce que sa méthode athlétique et acrobatique, bien qu’il se défendît de funambulisme, est trop violente, sinon trop dangereuse, pour des enfants.

Nous verrons cependant que malgré ses graves défauts, elle se perpétuera pendant tout le xix' siècle par l’école militaire de Joinville-le- Pont d’où sortiront les professeurs de l’enseignement secondaire et primaire.

Le 21 octobre 1845, M. de Salrandy, ministre de l’Instruction publique, charge une commission d’examiner l’utilité qu’il pourrait y avoir à répandre la gymnastique dans les écoles ; de rechercher les causes qui avaient fait délaisser ou négliger ces exercices ; d’apprécier l’influence de la gymnastique telle qu’elle était pratiquée sur les études, sur la santé et sur les mœurs des élèves, et enfin d’examiner de quelle utilité pouvaient être ces exercices mis en pratique.

Les travaux de cette com mission n’ont pas été publiés, ils ont dû ne pas aboutir. Un rapport sur l’organisation de la gymnastique à l’Institut central de gymnastique de Stockholm lui fut adressé de Suède.

En 1849, Triât fonde à Paris, avenue des Veuves, un gymnase où il applique sa méthode. Triât (de Nîmes), doué d’une grande force et d’une grande agilité, était un ancien gymnaste des cirques forains du .Midi.

En 1847 et 1848 paraissent V Instruction pour l'enseignement de la gymnastique dans tes corps de troupes et l'Instruction pour l'enseignement de la gymnastique dans la division des équipages et à bord des bâtiments de la flotte.

En 1848, la première idée de la fondation d’un institut national

Fig. l.“ Triangle de Clias.

Troisième exercice du triangle.

Nota. Le trapèze est le triangle de Clias, modifié par Amoros.

(Clias, Calisthénie, planche 20.)

Fig. 2. — Planche d’assaut.

Grimper la planche.

(Clias. C*flisthcnie, planche 25.)

INTItOnUCTION

l'I cenlrril de oymnnstique pst pr^sont/'e par N. Daily au comité de l’ins- 1111011011 piildiiiiie (le rA8aciiilili''e iialioiiale.

I.ii loi du l-'i uKirs Ifl.ii) inscrit. r(‘nsci(,’'iicineiil de la Kymnasll(|ue dans les iiiatiéres faciiltativea de reiiselKnenieiit primaire.

l.r rh/lcniciit du i' 1 uiiir.s- l/i.il classe la ('yiiiiiastir|iie dans les matières de reiiHeif^iiriiieiit,

ICn l'Keole iioriiiale de Kvmnasli(|ue iiiililaire est transférée du

pure de tireiielle é .loiiiville-le l 'ont. Les élèves d’Aiiioros : d’Arp:y, l.aisiie et de Keraiiily, y eoiitiiiiieiit les traditions de la '<1'“^ niili-

laiie et al lihil iipie . La pyiniiasliiiiie est introduite dans les écoles de SIraalionrg, (lolniar, Wissemlioiirt;, l’eronne, Saint-Onier, Lille, Laon, L()nipi('’gne, I lazidiroiicli, Lpinal. L’.Assistance piil)lii]ue de l'aris conlie à Napoléon Laisne l'appliralion de la {,'yninastii)ne médicale an.x enl'anls des In'ipilan.x.

l.e noveiuhve IS.i:!, M. Kortniil nomme une commission chargée (rindi(]ner les exercices gyninasti(iues les plus propres à développer les forces pliysiipies de la jeiinesse confiée aux lycées et à la mettre en mesure d’accomplir sans fatigne le travail intellectuel ipii lui est demandé.

Lu loi du 'Jl Juin Ifdii sur renseignement secondaire spécial mentionne la gyninastii|iie an iiomlire des matières non obligatoires.

On arrive ainsi à l'année Isd.s. iini marque une date importante dans révolution de l’idée.

l’iir (inrlé du lit février l/lilS, M. Diirny, ministre de l’instmctioii pnliliipie, nomme une commission chargée d'examiner les questions reintires à t'enseiiiiiemenl de lu qyninasl ique dans toutes les écoles et de lui présenter un /iror/rumnie méthodique îles erereiees convenahles aur divers tiqes et dans les diverses ealéqories d’élaldissemenls scolaires.

(lotie commission travaille très consciencieusement. M. Hillairet en est nommé le rapporteur. Mlle dépose ses conclusions dans le rapport d'octobre IS(!,S sur l’Enseiqnemenl de la gymnastique dans les lycées, eidléqes, éetdes normales et écoles primaires (1}. Le commissaire avait très consciencieusenieiit enquêté en France, en Allemagne, en Suède, en Suisse, etc. M. Hillairet s'étail transporté chez M. Zimmerman, seul représentant de la méthode Linq à l'aris, pour obtenir des renseiynernenls qui ont concouru, dit-il, à fortifier ta commission dans la marche adoptée pour tracer le programme.

M. llillair('t fait l’bistorique de la question physique, histori(ine complet et d'une lecture aussi instructive qu’intéressante. 11 n’y a rien de nouveau sous le soleil, nous ne retouchons qu’à du vieux neuf, tout existait il y a quatre ou cinq mille ans chez les Égyptiens, et plus tard en Chine sous le règne de //oan.v-fi, 2698 ans avant notre ère, qui fonda la gymnastique en vue du perfectionnement de soi-rnéme (2). Le rapporteur cite tour à tour l’antiquité grec(iue et romaine, persane et égyptienne. Puis passant aux modernes il mentionne Mercuriali de Vérone, mais il uid)lie Villore de Harnbaldoni, le grand éducateur italien, (jui naquit en i:!78 et qui, d’après Mossofd), fut le grand initiateur en éducation physique, et Mefeo Vegio, en IV.iI. Il cite MM. Andry, Tissot, les savants d’Allemagne, et Luther pour lequel il est essentiel que la jeunesse se livre à la musique et aux nobles Jeux de la chevalerie ; Montaigne, Idasedow, de Dessan, Pesta'ozzi, qui le premier en Europe appliqua la gymnastique dans son institution d’Yverdun, en Suisse ; l’exemple fut suivi dans son pays et surtout en Allemagne par Guts-Muth et Salzmann ([ui fondèrent nu gymnase à Scbnepfenthal (Saxe). Jus(|u’à la fin du siècle dernier, aucun autre pays de l'Europe n'imite la Suisse ni l’.Allemagne. En 1799, le gouvernement danois institue un gymnase public sous la direction de Nacbtigall.

A l’ouverture du xix*^ siècle, trois Etats en Europe sont seuls pourvus de gymnases. Ce sont la Suisse, l’Allemagne et le Danemark. C’est la premièi'e période moderne de l’éducation physique. La seconde période remplit les vingt-cinq premières années du xix® siècle, elle est personnifiée par Ling, né en Suède en 1777 ; par dahn, né en Allemagne en 1778 ; par Clias et Amoros.qui naquirent à peu près à la même époque.

Le but de Jahn était le rélahlissemenl de l'équi/ibre entre tes forces du corps, tout en rendant à la nature intellectuelle la vie physique qui lui manque. Sa gymnastique était toute militaire et athlétique. Le professeur Kneuscn protesta contre cette méthode, niant qu’elle pût jamais contribuer au développement intellectuel et moral de la jeunesse. 11 avait raison, l’avenir et l’expérience nous l’ont prouvé, puisque cent ans plus tard nous cherrbons encore la vérité, après avoir suivi cette méthode introduite en France par Clias et Ainoros, alors qu’en Suède les résultats ac.qui> par la méthode pédagogi(iue de Ling sont excellents.

En l - 'iJ, Spb'ss fonde l'école de gymnastique allemande de BurgdorfT, dans le canton de Berne. En 1847 la gymnastique est importée en Russie,

(1) Rapport de .M. Hillairet médecin du lycée Saint-Louis, chargé de préparer une liste des appareils ei r, r^^ nécessaires à l'enseignement de la gymnastique (27 décembre l8tj(J), in //icnt de ta ijymnastiijuc dans V Université, publié

par les soins de M. Bardoux (l'rri^. Imiirimerio nationale, 1878).

(2) l.a gymnastique française Osi appliqu('e aujourd'hui dans l’enseignement chinois. M. Léon de (liélerfV. L'/lhnstraliun <ia 22 juillet 1899). professeur oe langue française à l'Université imiK'rialc de Pékin, y est en même temps professeur d'exercices physiques et militaires.

I.'|•nseigncmcnt de la gymnasiique est facultatif, le gymnase est monté sur le moJéle de ceux de Kraiice. I,e.s élèves s'adonnent aux exercices avec une grandi: ardeur.

(3, Mosço. U Education physique de ta jeunesse, p. i (Paris, Alcan, 1895).

à Saint-Détcrshoiirg un gymnase est placé sous la direction de de Rou; M. Bcrgliolrn est chargé de son enseignement officiel à l’université d’I Irlsingl’ors. L’émigration allemande a exporté la méthode de Jahn eu Amériijiie. A la suite de la U(;v(dution de 1848, beaucoup de chefs de groupe des démocrates socialistes allemands faisant jiattie des sociétés de gymnastique furent exilés, ils allèrent en Amérique et dès la môme année ils fondèrent des sociétés analogues à Cincinnati et à New-York, l'in 1849, on en créa d’autres à Dbiladelphie, à Saint-Louis, à Boston, à Loiiisville, à Williamsburgh. Un peu |)lus tard on fonda la Confédération américaine des sociétés de gyinnasti(|ne. Son but était de favoriser le dévelo|)|)ement des exercices corporels et des idées de liberté. Les femmes allemandes de Cincinnati avaient fabri(|ué une lianniôre noire, blanche et jaune pour la donner au premier Etat allemand qui [iroclainerait la Républi(|ue. Les 2G0 sociétés de gymnastique aux États-Unis comptaient 30 000 gymnastes. Pendant la guerre de Sécession, le régiment des gymnastes (le New- York quitta la ville au nombre de 1 200 hommes, au retour il n’en restait jdiis que 467. Les feux de salve du 9“ régiment de rtJhio, formé entièrement de gymnastes de Mill-Spring, contribuèrent à la première victoire des armes fédérales (I).

M. Hillairet poursuit son (“nqiièle dans l'Europe, surtout en Allemagne, en Suisse et en Suède ; il montre la place que la gymnastique prend dans la vie sociale du peuple et le souci qu’ont les gouvernements de (lévelopi)er les exercices physiques dans la nation entière. En ce qui concerne la Suède, le rapporteur cite la circulaire du 19 juin 1866, de Sa Majesté l(( roi de Suède, qui a tr.ait à l’enseignement de la gymnasrique dans les écoles primaires, o L’Angleterre, dit M. Hillairet, est de tous les pays celui certainement où les exercices du corps répondent le plus aux habitudes et aux mœurs de la population... » Les jeux athlétiques y sont cultivés... avec une sorte d’entraînement irrésistible à 'Winchester, Eton, Harrow, Rugby, Schewsbury, .VIerchant-Taylors, Saint- Paul, Uxford, Cambridge, Westminster, Leeds, Durham, etc. (( Le Grec est lutteur comme l'Anglais est boxeur. » Celte partie du rapport est très documentée; on n’a rien écrit de mieux sous cette forme depuis cette époque. Après avoir fait mention de l’état actuel de la gymnastique dans les lycées, les collèges et les écoles normales, le rapporteur constate que l’organisation de cet enseignement » a, dès le principe, péché par la base, par le recrutement des professeurs » Dans une note, nous apprenons que l’école normale de gymnastique militaire de la F'aisanderie est visitée par de nombreux officiers des armées étrangères, au nombre desquels (( M. le lieutenant Aulher, aide de camp du roi de Suède, qui y a suivi les cours, ce qui lui a permis d’apporter des modifications dans l’enseignement de la gymnastique militaire de l’élablissement de Stockholm et, entre autres manœuvres, l’exercice à la b.ifonnetle à l’aide d’un fusil de bois dont la ba’ionnette était en gutta-percha. Cette baïonnette a été depuis abandonné à la Faisanderie ; elle avait l’inconvénient de se durcir au froid et d'être alors dangereuse ». J’ai assisté à Stockholm à des exercices à la baïonnette; celle-ci a été modifiée depuis cette époque, elle est formée d’une tige de fer qui joue dans le canon du fusil au moyen d’un ressort ; sous la pression la ba'ionnette s’enfonce dans le canon. Ce système avait déjà été préconisé par le capitaine Saint-Alary pour les fusils de bois des enfants de nos écoles primaires, n La gymnastique est la science raisonnée des mouvements, elle a [lour but le développement régulier du corps, l’accroissement et l’équilibration de toutes les forces de l’organisme. Un résultat si important ne peut être obtenu qu’à l’aide d’un enseignement méthodique et scientifiquement institué. » Ainsi s’exprime M. Hillairet. Il développe les systèmes qui servent de base aux diverses méthodes appliquées depuis le commencement du xix» siècle. 11 expose le système de Ling en homme qui le connail assez bien : « L’idée fondamentale de la gymnastique de Ling, dit-il, est une reproduction avec amplification d’une des méthodes les (dus anciennes et certainement la plus philosophique, celle de Platon, d’où dérivent la plupart des théories de la gymnastique moderne. En effet le philosophe d’.Athènes se propose de développer à la fois le corps et l'âme. » Ici, M. Hillairet analyse le système de L'ng en le comparant à celui de Platon, et il conclut ainsi : « Telle est, en peu de mots, la théorie de la gymnastique suédoise complètement empruntée à la gymnastique de Platon, en ce qui concerne l’idée capitale, mais devenue scientifique par l'intervention de l’anatomie et de la physiologie comme bases de la progression des exercices. »

La méthode de Spiess est basée sur raiiatomie, la physiologie et la diététique; elle a pour règle invariable l’exécution en commun des exercices libres ou avec appareils selon un rythme déterminé; elle ne diffère pas beaucoup d’ailleurs de celles de Pestalozzi, de Basedow, de Salzmann, de Guts-Muth, de Jahn et d’Amoros, car toutes ces méthodes mettent en première ligne renseignement des manœuvres militaires aux enfants des écoles primaires et secondaires, et le maniement des armes aux élèves des classes supérieures. Clias et Niggeler, le vrai représentant de la méthode suisse, inspecteur de gymnastique du canton de Berne, s’appliquent à rendre la gymnastique pédagogique, mais avec les procédés de la méthode allemande, malgré la variation des mouvements selon l'âge des exécutants. Un fait capital a échaïqié à M. Hillairet; dans son exposition de la mélhode de Liiig, il n’a pas (■01111)108 (pie le (iriiiclpc de celte méthode est la position fondamentale imiiosée au coi'iis au déiiiirt, avant

(I) Jdlm B. IIamilton, U Eitiication physique chez les anciens et les modernes. Conférence faite au Jtush medical collei/e, !i cliicago, le 29 septenilire 1891.7)1 Journal of the americnn medical .Xssocinlion du 1 octobre 1891, |). 513.

/. ’ ED U CATION P II ySI Q d IC

d’iiccomplii’ le iiionveiiioni comiiiaiidô ; nous verrons pins loin, dans les cliapilres de la ihirntuislique, pc(J(i(/ot/i(/iie et tnedicule, ce i|n’il lanl enlcndro par position fundainentale de départ en forme pure; tonte la valeur de la nuHliode de Ling est contenue dans ce principe.

« Lo dérant, jusiiii'i'i présent, de la gymnastique française, constate M. llillairct au cours de son rapport, c’est de manquer de base scientiti(|ne, et d ctre par cünsé(iuenl toujours empirique. l‘bi ell'ut, très peu de gymnastes ont préludé à leur instruction par des études d’anatomie et de physiologie; la plupart se sont moins préoccupés de l’éducation physique de l’enfance comme auxiliaire de l’éducation intellectuelle, que de développer quand môme la force. En somme, la gymnasti(iue moderne, de l’.Mlemagne, de la Suisse et de la France a la môme origine. »

Les ouvrages didactiques écrits par tes médecins sont très nombreux, mais il existe une solution de continuité très accentuée et presque infranchissable entre la théorie et la pratique. M. Daily écrit des pages excellentes et très originales (1). Il s’élève contre les mouvements clowniques, saccadés, brusques et violents, qui sont toujours nuisibles. Ses vues sont en complète opposition avec celles des gymnastiques allemande, suisse, française et même suédoise, car en Suède les mouvements sont exécutés par saccade, ce qui est mauvais. « Les mouvements lents, dit M. Daily, les contractions musculaires prolongées, aidées d’inspirations musculaires profondes, sont les seuls exercices profitâbles au développement de l'organisme. La gymnastique est formellement contreindiquée pour les très jeunes enfants, qui se trouvent bien mieux des exercices libres de la course, des jeux, etc. Les effets des exercices du corps se résument en peu de mots : un développement vrai, légitime, des organes qui y sont soumis. »

M. Ilillairet, au moment de conclure, présente le programme élaboré par la commission, programme basé, dit-il, sur des données anatomophysiologiques ; il série les exercices selon les âges, mais ici encore il commet la même erreur que ses devanciers en indiquant une série d’exercices à exécuter sans s’occuper de la forme initiale dans laquelle ils seront accomplis et surtout corrigés par les professeurs. Le programme est plus théorique que vraiment pratique, la caserne pénètre toujours dans l’école par le sous-officier instructeur de l’école normale militaire de la Faisanderie. Le maniement des armes est imposé aux enfants, il le sera longtemps encore, surtout après la guerre, avec les bataillons scolaires. Cependant la Commission attache une grande importance à la multiplication des jeux dans les récréations, tels que les jeux de balle, de ballon, de corde, de cricket, etc. « Depuis longtemps, dit le rapporteur, on remarque que les élèves ne jouent plus, que les récréations se passent en promenades et conversations, surtout chez les élèves des classes supérieures, ce qui n’est pas fait pour les reposer des travaux intellectuels assidus. » Aussi la Commission propose-t-elle au ministre la création « d’intendants des jeux, dont la principale occupation serait d’en rechercher, de les ordonner et de les faire accepter aux élèves avec lesquels ils y prendraient part ». En ce qui concerne les études, le rapporteur demande que le mobilier scolaire soit modifié parce qu’il provoque des attitudes vicieuses chez les enfants, et il ajoute très sagement ; « La gymnastique appliquée sans précaution à ces enfants pourrait encore aggraver ces difformités. Pour quelques enfants les exercices gymnastiques sont nuisibles, il faut les présenter au médecin de l’établissement avant d’être conduits au gymnase, où seuls doivent se rendre les élèves qui so)it dans de très bonnes conditions de santé » (sic). Voilà précisément le point faible de la méllioda préconisée par la Commission. Une gymnastique vraiment pédagogique doit s’airesser aux débiles, qu'il est nécessaire de fortifier, i>lus qu’aux robustes qui, somme toute, en ont moins besoin. La méthode de Ling est supérieure à toutes les autres méthodes parce qu’elle s’adresse plus aux « besogneux » qu’aux « riches » de santé.

Et ici on touche au nœud de la question. Par qui cet enseignement doit-il être donné? En 1853 on avait recruté les professeurs parmi les élèves de l’Ecole normale militaire de la Faisanderie ou parmi les sapeurs-pompiers. Les résultats, dit le rapporteur, furent peu satisfaisants En 1868, « le plus grand nombre des maîtres étaient privés des

notions scientifiques les plus élémentaires et d’une insiruclion générale convenable. Ici l’on prend des militaires de la garnison pour faire exercer les enfants: ces militaires sont fréquemment remplacés; là on requiert des militaires en congé ou des sapeurs-pompiers qui sont certainement de bons gymnastes, mais chez lesquels rien n indique l’aptitude nécessaire à l’enseignement pédagogique; ailleurs on s'adresse à des maîtres formés par les gymnases civils; ils laissent souvent à désirer sous le rapport de l’instruction et de l’éducation, et ne savent pas toujours imposer le respect à leurs élèves... Le recrutement des professeurs est défectueux. MM. le colonel d’Argy et Laisné et quelques autres professeurs de gymnastique demandent la création d’une école normale civile de gymnastique. Cette demande est appuyée par la Commission. Ce ne sont plus des moniteurs sans instruction qu’il convient de donner désormais à la jeunesse qui s’instruit dans toutes nos écoles, mais des professeurs suffisamment lettrés sachant, par des démonstrations claires et bien dites, lui faire comprendre quel est le but sérieux de cet rnsciguement ». Le rapporteur cite l’exemple de la Suède et il décrit, à I appui, le fonctionnement de Vlnsiilut central de gymnastique de Stockholm. Trente ans après, en 1899, M. Callot, rapporteur de la sous-commission des jeux.

(l) Daily,. art. Gymnastique, in Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.

constate l’insuffisance des professeurs de gymnastique actuels ; pendant trente ans rien n’a été fait, on a suivi les mêmes errements et de tous les beaux projets, de tous les beaux rapports, il ne reste rien qu’une mauvaise méthode de gymnastique française et de mauvais maîtres. Depuis 1815 on connaissait le bon fonctionnement et les heureux résultats de la méthode suédoise à Stockholm; pourtant ce n’est qu’en 1890 qu’une première mission dans ce pays est confiée à M. Dcmeny, et en 1898 à nous-môme, à l’effet d’aller étudier sur place la valeur exacte de la méthode de Ling. Pendant ce temps, la Prusse, la liavière, le Wurtemberg, la Hollande, le Danemark, la Delgique, la Saxe suivaient l’exemple de la Suède et s’imposaient de grands sacrifices à cet effet.

Voici (luelles furent les conclusions de la Commission :

1® Rendre la gymnastique obligatoire dans les lycées, collèges coin» munaux, les écoles normales primaires et les écoles primaires publiques;

2° Etablir un gymnase modèle dans l’Ecole normale de Cluny ; créer, en outre, une école normale de gymnastique à Paris ;

3® Nommer une Commission chargée de délivrer des diplômes facultatifs constatant l'aptitude spéciale de l’enseignement de la gymnastique.

Cependant, comme une telle organisation demande du temps, les mesures provisoires suivantes sont adoptées :

1® Choisir les professeurs parmi les candidats préparés dans les gymnases de leur choix ;

2® Recourir aussi à l’École normale militaire de la Faisanderie ;

3® Constituer une Commission d’examen des candidats de toute provenance ;

4® Réserver aux anciens sous-officiers, munis du diplôme délivré par la Commission d’examen, les fonctions de professeurs de gymnastique.

Nous vivons aujourd’hui encore sous le régime de ce provisoire, tellement il est vrai qu’en France c’est le provisoire qui dure le plus.

Ainsi qu’on peut le constater par le résumé du rapport de la Commission, rien n’est changé depuis trente-deux ans ! Aujourd’hui nous formulons les mêmes critiques qu'en 1868. Tous les projets de réforme que nous émettons en 1901 sont contenus dans le rapport du docteur Hillairet. Nous ne faisons que reprendre la question après un sommeii d’un tiers de siècle I Allons-nous aboulir celte fois ? Espérons-le ! Comme suite au rapport de la Commission d’octobre 1868(1), M. Duruy, ministre de l’Instruction publique, rédigea la circulaire du 9 mars 1869. L’erreur qu’il commit, et que nous avons commise jusqu’à ce jour, a été, je le répète, d’appliquer l’instruction de la caserne à l’école. Nous allons retrouver celte idée dominante dans toutes les circulaires ministérielles. Au lieu de remonter de l’enfant à l’homme, on descend de l’homme à l’enfant, du soldat à l’écolier, alors que la progression devrait être ascendante. La guerre de 1870 donne une force plus grande encore à cette fausse conception du développement physique. Ayant été battus par l’Allemagne, nous avons cru na’ivement qu’il suffirait de faire jouer les enfants aux petits soldats de féerie pour leur donner le goût des exercices physiques et pour préparer une nouvelle armée. Duruy avait commis la même erreur en voulant préparer l’enfant au service de la garde mobile. Nous allons voir par la suite combien il est difficile de s’orienter sur la bonne route quand on part sans autres fils directeurs que l’imitation et l’empirisme.

Dans sa circulaire du 9 mars 1869 (2) aux recteurs, M. Duruy différencie de la façon suivante la gymnastique militaire de la gymnastique pédagogique :

« La gymnastique de l’armée a pour but d’habituer ceux qui s’y livrent à des exercices dangereux, afin que le soldat arrive à la plus grande puissance de force musculaire, d’adresse et d’agilité, en même temps qu'il s’habitue à triompher d’obstacles en apparence périlleux. La gymnastique du lycée et des écoles, au contraire, ne doit chercher qu’à développer d’une manière normale et progressive la force du corps, à en rétablir au besoin l’équilibre et l’harmonie. C’est un exercice hygiénique que le médecin surveille et contrôle, et non pas un moyen de produire des prodiges d’agilité ou de hardiesse. Telle est la règle qui présidera dans nos écoles à cet enseignement et dont vous surveillerez avec le plus grand soin l’exécution...

« Au village, l’enfant a l’air et l’espace qui lui manquent dans les villes ; mais les jeux gymnastiques remplaceraient d’une manière heureuse le vagabondage dans les rues ou sur les places, le maraudage dans les champs ou la destruction des nids d’oiseaux dans les bois. L’attitude embarrassée et lourde d’un grand nombre de conscrits des communes rurales suffirait à montrer combien ils ont encore besoin qu’on assouplisse leurs membres, qu’on rende leur démarche plus dégagée, qu’on leur apprenne, enfin, à tirer meilleur parti de toutes les forces que la nature a mises en eux... Dans tel district manufacturier où la jeune génération dépérit sous l’influence du travail industriel, où le corps des enfants porte la trace prématurée d’un assujettissement pénible, la gymnastique sera un immense bienfait. Si elle ne doit pas avoir dans toutes

(1) Au 1" octobre 1868, 67 lycées sur 82 étaient pourvus d'agrès de gymnastique, ainsi que 90 collèges sur 254, et 29 écoles normales sur 78. De plus, 42 lycées, 22 collèges et 6 écoles normales possédaient un gymnase couver:, tous ces établissements employaient 174 professeurs, dont 60 militaires et il4 civils, anciens militaires ou autres.

(2) Circulaire n® 338, du 9 mars 1809

! NTIlOhUCTION

Ica loculitca le ciiiMct^i'c d’un remède iicceasaii'c, elle sera iiartoiil utile, liarce (|ii'il y a pour tout le nioiide avaidage à savoii' bien régler le dévelofipeim lit (les forces pliysbiiiea, ce (jiii est le but de la gymuasti(|ue. l'bi oiilre, d faiil bien i'emar(|uei' (|ue ces iieiuveiiieiits cadencés, dirigés liar le iiiaiire, sont encore une habitude d’ordre «in’il fait prendre à ses élèves et ([lie cette discipline du corps est aussi une diseipline de l’esprit, ('.'est pour cela <|ne les plus grands pbilosopbes de la (irece donnaient à la gyinnasti(|ue tant d’impoi lance dans l’édueation. A un autre point de vue, (|nels services rendraient les jeunes gens de la campagne en cas d'incendie, d’inondation on d'accidents graves s’ils élaient babilués de bonne benre à ces e.vereiees gymna;,ti(|ues (|ni, en augmentant la force et l'adiesse de I bomine de co'ur, lui permettent de porter de prompts secours aux personiu's en danger, de courir là oii les inbabiles ne peuvent allei', de faire pins (|ii’cnx, sans s’exposer davantage, et d’accomplir parfois des sauvetages beroiiiues (|nc la foule applaudit et (]ne l’emiierenr récompense »

(ielle circulaire ministériidle témoigne d'un gi’and désir de bien faire. Klle Iraite du nombre et de la longueur des leçons; celles-ci doivent être de (|nalre par semaine, et durer une deini-benre an moins par séance. I..a consirnclion de gymnases couverts est l’objet d’un paragraphe spécial, l'in théorie elle est excellente, mais la pratique a prouvé la diflicnlté de son application, parce (|ne la réforme pèche par la base, c’est-à-dire par la valeur pedagogiiine des maitres de gymnaslii|ue. 11 est intéressant d’o|)poser les recommandations suivantes aux théories d6v(doppées au début de la circulaire sur l'excellence ib; la gymnastique. On a l'impression (liu^ le rédacteur a écrit son rapport avec des données d’bnmanités elassi(]nes et non avec celles de rexpérimentation pratique et technique. Il est plus facile d'aligner de belles plirases que de passer aux actes. Et, en cette alfaire, le moindre fait pratii|ue vaut mieux ([ue toutes les belles théories .sur la valeur de l'éducalion physique que personne ne réfute, mais (|ue fort peu c.om|)rennent. Les mots ont donné le change sur les actes. Il faut (lue leur puissance soit bien grande |)our qu’un savant tel que M. Ituruy se soit laissé prendre <à leur valeur fictive.

« Les maitres, dit la circulaire, auxquels sera confiée la direction des exercices de gymnastique devront être choisis avec grand soin. Des directeurs de gymnase civils, d’anciens sous-officiers sortis de l’Ecole normale militaire de .loiuville-le-Potd, sont déjà appelés dans certain nombre de nos maisons. Eluujuc régiment possédant un maitre de gymnastique et d'excellents instructeurs, les régiments de beaucoup de villes peuvent olfrir, pour la gymnasti([ue proprement dite comme pour les autres exercices, un précieux coutirigent. »

l’.st-il ])Ossible (jne des sous-officiers dont rinstruction est rudimentaire puissent établir une juste répailition entre les exercices atblélicjues et jusifu’à un certain point dangereux de la caserne, auxquels ils ont été spécialement entiaînés à ri'icole militaire de Joinville-le-Pont, et les exercices pédagogicpies à appliquer dans les lycées et les écoles « pour développer il’uiie manière normale et progressive la force du corps et à en rétalilir au besoin l'equilibre et l'harmonie » ’? Un tel programme ne peut être appliijué que par un professeur de gymuaati(]ne ])Ossédant des notions très sérieuses de [diysiologie et d'bygiéne, de mécanique humaine, d’esthétique et même de médecine. A vrai dire, le médecin de rétablissement est appelé à contribuer à la réforme, en surveillant et en contrôlant les maities. Mais, dans la pratique, la recommandation n’est pas sui\ ie, parce (fue le bagage scientifique du médecin en fait de gymnastique est nul au point de vue technique et fort restreint au point de vue théorique. Le médecin et le professeur n’ont jamais collaboré sérieusement à l’œuvre de l’éducation physique. Les sous-ofliciers ne pouvaient donc que faire exécuter les mouvements athlétiques et dangereux imposés à la caserne; c’est ce qu'ils ont fait pendant trente ans, c'est ce qu’ils font encore aujourd’hui, en dépit des nouveaux manuels de gymnastique pédagogique.

La circulaire de Duruy va plus loin. Elle veut que tous les enfants des écoles primaires bénéficient des exercices gymnastiques aux agrès; mais comme certaines communes ne peuvent faire les frais d’un gymnase, on doit réunir, dans l'une d’elles possédant les appareils, les enfants des villages voisins. Les instituteurs deviennent ainsi des moniteurs de gymnastique; mais comme ils ne possèdent pas, en général, les connaissances nécessaires, ils peuvent, dit la circulaire, en recevoir dans des conférences cantonales faites par le sous-officier professeur de gymna>li<iue de l’école normale ou de l’école primaire du chef-lieu de canton.

Vouloir grouper les enfants des communes voisines dans un gymnase cantonal est chose peu pratique à cause du déplacement, de la fatigue et de la i-esponsabilité dans la surveillance des élèves; mais vouloir faire donner de- cours par des sous-ofliciers à des instituteurs plus instruits qu’eux, c’élai; commettre une lourde faute pédagogique. Que tout cela est superficiel!

Le rédacteur de lu circulaire se contredit d’ailleurs lorsque après avoir écrit que la gymnastique didl rétablir au besoin l’équilibre et l’harmonie du corps, il ajoute : « renseignement de la gymnastique est obligatoire pour tous les élèves, à l'erce/i/ ion de ceux que leur constitution physique, l’état de leur saulé ou les exigences temporaires de certaines études spéciales pourraient empêcher d'y assister Une vraie gymnastique pédagogique doit suitout s’adresser aux faibles, dont la constitution [diysique a besoin d'être soutenue et harmonieusement équilibrée. Elle doit également délasser le cerveau et lui permettre de mieux travailler, surtout au moment des études spéciales les plus intensives. C’est mémo aux résultats que donne une telle gymnastique qu’on reconnaît la valeur réc'le d'une bonne méthode d’éducation physi(iue.

Le programme de renseignement pratique de la gymnastique faisant suite à cette circniaii'e est en opposition avec les belles théories émises par M. Duruy sur la gynmasti(iue scolaire, car il est athlétique et acrobatiijue. Il ne pouvait en être autrement, la circulaire ayant été rédigée ilevaut un bureau du ministère, et non devant les agrès par un seul et même rédacteur également compétemt en gymnastique pédagogique et physiologiijue et en techni(jne pratiipie.

L’envoi du nouveau manuel annexé au décret du 3 janvier istil) rendant la gymnastiiiue obligatoire est suivi d’une circulaire aux recteurs sur Vensciijncment de la iHjmnasl'Kjuc (H mars ISOIIj;e]le a pour but de bien définir à nouveau la dilférence qui doit exister entre la gymnastique militaire, « (|ui jus(iu’à un certain point est dangereuse », et la gymnasti(jue pédagogique, « qui doit (être un exercice hygiénique ». Un tel souci prouve qu’on sentait dès 1801) qu’il y avait (juelque cho=e de mieux à faire en éducation physique. On prenait, en somme, la gymnastique militaire comme pis aller. On avertissait les maitres des dangers «lu’elle peut faire courir aux enfants, mais ou continuait provisoiremenl à confier l’enseignement à des soldats, (jui devaient forcément perj)étuer une méthode dangereuse, en attendant la création d’une école normale civile de gymnasti(iue que nous ne possédons pas encore.

La manoîuvre du fusil y est imposée, les armes sont mises à la disposition (le l’Université par le ministre de la Guerre, les élèves âgés de plus de seize ans s’exerceront seuls au maniement de l’arme. Ce môme jour (',) mars 1869), M. Duruy adresse une circulaire aux préfets sur rinslallalion dans les écoles normales primaires du matériel nécessaire pour l’ensehjnemenl de la ipjninaslique (I). (c C’est à vous, dit le ministre, qu’il appartient de rendre possible l’introduction de cet enseignement dans les communes où il est opportun de l’établir d’une manière complète. » Le -li août 1869 paraît l'arrélé relalif aux achals d'appareils ynohiles et d’a//rès pour l’ensei;/neme?il de la t/;/mnaslique,U est suivi de la liste d’appareils et d’agrès pour les exercices gymnastiques fournis par l’adjudication.

Au nombre de ces agrès se trouvent les anneaux, les barres parallèles, les trapèzes, les vindas, les trapèzes de voltige, les passages de rivière, etc., tous instruments dangereux, provoquant à l’acrobatie. On les trouve encore dans nos gymnases des lycées et collèges, bien qu’ils aient été supprimés dans le manuel ministériel de 1891. La conclusion du beau rapport du Dr üillairet et des recommandaiions ministérielles sur la difl'érence à établir entre la gymnastique « dangereuse » et la gymnasti([ue « hygiénique » est la conserxalion d’agrès qui doivent forcément, par leur nature même, faire échec aux plus belles théories scientifi(jues et aux meilleures volontés de bien faire. Placés dans les mains d’un professeur compétent ils sont dangereux, à plus forte raison le sont-ils davantage dans les mains de maîtres incompétents, mais très développés musculairement et par ce fait même toujours tentés de faire exécuter des exercices violents et dangereux à ces agrès tentateurs pour la pai'ade et l’exhibition des « doubles muscles ». Le ministre prévoyait si bien la chose, que sa circulaire du 4 mai 1869 est envoyée aux recteurs sous la rubrique : Précaulions à prendre pour l'admission des élèves aux exercices et pour la visite des appareils. « Au moment, dit-il, où l’administration s'efforce d'organiser des gymnases dans nos établissements d’instruction, il importe de prévenir les accidents par des précautions multijiliées {sic). Suivent les indications. Le manuel de 1869 avait été rédigé par le capitaine 'Vergnes, membre de la commission de gymnastique; il ne pouvait que renfermer les exercices violents et dangereux de la caserne. C'était un médecin pédagogue qu’il fallait, ce fut un soldat que l’on ])rit, et depuis ce sont toujours des soldats qui ont imprimé leurs idées militaires à l’école! Quelle erreur, et que de fautes commises par une telle conception de l’éducation physique! Cette conception est d’autant plus fausse que l’entraîneiuent militaire est loin d'êire basé sur des lois scientifiques, et qu'il aurait besoin d’être considérablement modifié par une sériation exacte des forces individuelles à utiliser. Dn les gaspille trop.

La circulaire du II mai IS09 a trait au rapport annuel à ailrcsser au ministre sur renseit/nement delà ;/;/mnustique dans les lycées et les collèges. « ün veut savoir si le professeur s’acquitte de sa tâche avec talent; si son enseignement produit de bons résultats et est aimé par les élèves. » Avec talent '? Par de braves sous-officiers et des sapeurspompiers à peine instruits! S’il est aimé? üh ! ennui des leçons de gymnasli(iue !...

Le là mai 1809 paraît la circulaire relative an traitement des professeurs de gymnastique dans les lycées ; 800 francs pour douze à seize heures de travail par semaine; 1 000 francs pour dix-sept à vingt heures;

I 200 francs pour vingt et une à vingt-ijuatre heures.

Le 24 mai 1869, le ministre envoie une circulaire qui fixe les précautions à prendre pour l’admission des élèves aux exercices et pour la visite des appareils. Nous verrons que, plus tard, MM. Jules Simon et de Cumont témoignent le même souci, preuve évidente des dangers (lu’olfraient la méthode de gymnastique et les appareils pour des enfants en cours de scolarité.

Le l“2 juillet 1809, le ministre de l'Instruction publique fait parvenir une circulaire aux préfets relative à l’organisation de l'enseignement de la gymnasti(iue dans les lycées, collèges et écoles normales primaii'es.

II demande la prompte organisation de l’enseignement de la gymnastique dans les écoles normales, b s collèges et les écoles.

(1) UuiletiH de l'inslruclion piibU(iiic du 12 mars ISG'J (n“ 201).

i/i-: i)(i CA T ION r II y s i o un

Le 17 jiiillel ISIH), envoi de la circulaiie ayanl rapport aux emplois do professeur de (fyiiinasli(|ue à l'énerver ttux anciens mililaires. Cette cireulaire règle les eoiidiiioiis fi remplir par les sous-o/'/iciers et soldats pour être nommés maitres de gymnasticiue dans les lycées et collèges. Ceux-ci doivent avoir suivi « les leçons de l'école de la Faisanderie, à .loinville-le-l’out, ou justilier par des cerlilicats d'une aptilude éprouvée, et remptir les eondilions de tenue et de caractère exigées de ceux gui se proposent, à un titre guelconquc, d’instruire lu jeunesse ». Un monde que celte jihrase! () puissance décevante des mots!

L'arrété ministériel du 25 novembre 1869, signé de M. Bourbeau, ministre de l’Instruction publique, est relatif è l’examen pour le certillcat d’aptitude à l’enseignement de la gymnasti(iuc (circulaire du 25 novembre 1869). L’examen comprend trois parties :

1® Notions tbéori(|ues ;

2“ Aptitude pédagogique;

3“ Aptitude physique ; le diplôme est délivré par le ministre, après interrogatoire subi devant une commission académique. Le programme de l'examen est annexé à cet arrêté. Voici les notions théoriques demandées aux candidats :

1® Des leviers, applications aux mouvements des corps et des membres, de la poulie, des moufles ;

2® Station, mouvements des bras, marche, sauts ;

3® Des os, désarticulations, des muscles et des viscères.

Tel est le programme théorique. Court, il est vrai, mais très développé par le vague même des questions posées. Nous retrouvons le même vague dans le programme actuel des examens qui, d’ailleurs, a été copié sur celui-ci. Quant aux aptitudes physiques, ii l’exécution des exercices, nous voyons que les professeurs ont ,'i exécuter des mouvements acrobatiques aux barres parallèles, au trapèze avec voltige, aux anneaux, au passage de la rivière, aux planches à rainures, etc. Rien d’étonnaiit qu’étant d’une certaine force à ces exercices ils les fassent ensuite exécuter aux élèves selon la poussée de leur ego-altruisme. En commentant les circulaires du second Empire, je commente du même fait les circulaires de la troisième Républiijue, car rien n’est changé depuis trente ans.

Le S5 juin -tSTO, dernière circulaire du pouvoir impérial qui va bientôt sombrer dans la grande tourmente de 1870. Cette circulaire, signée de M. Mége, ministre de l’Instruction publique, a trait aux appareils de sauvetage en cas d'incendie. 11 s’agit d’exercices de sauvetage auxquels les élèves âgés de quatorze ans au moins seront seuls admis à se livrer, à une hauteur qui ne devra pas dépasser le second étage. Voilà du coup les enfants transformés en sapeurs-pompiers! Il ne peut en être autrement, puisque plusieurs de leurs maîtres sont sapeurs-pompiers eu.x-mêmes.

La guerre est déclarée, suivie de la défaite et de l’année terrible. Il semble que dans le bouleversement général la réforme doive être compromi-e, il n’en est rien. M. Jules Simon a succédé à M. Mége, et la République à l’Empire, les circulaires succèdent aux circulaires, sans solution de continuité, preuve évidente de l’intérêt puissant qui s’atlacbe aux questions de l’éducalion physique de la jeunesse. Hélas! ici encore on va suivre les mômes errements; si la débâcle a ébranlé bien des idées, atteint bien des principes, modifié bien des choses, il en est une qui reste immuable, c’est la routine dans l’ignorance. Tout le monde veut bien faire, mais on tâtonne et on commet des fautes, car on ne fait pas encore appel à la science d’observalion. ün va imiter le vainqueur, lui prendre sa méthode de gymnastique atblélique, que notre tempérament transformera en parade. Un va donner quelque espoir à l’âme française, mais on ne fera rien de bon.

Le i novembre IS7I, M. Jules Simon adresse une circulaire aux recteurs, relative à l’enseignement de la gymnastique dans les établissements secondaires et primaires : « Il ne suffit pas, dit-il, d’avoir des locaux bien organisés, des instruments et des appareils • le succès de l’enseignement tient évidemment à l’aptitude et à la capacité du maître... Vous veillerez partout à ce que nos maisons reçoivent des instructeurs capables... Les sous-officiers et soldats pourvus de brevet, qui sortent de l’école militaire de la Faisanderie, sont d’excellents instructeurs; nous n’avons eu qu’à nous louer de la direction qu’ils ont donnée à nos élèves pour la gymnastique et les exercices militaires. » Jules Simon, comme ses prédécesseurs et ses successeurs, n’a pas compris exactement cette partie de l’éducation, parce qu’aucun d’eux n’a été appelé à la professer directement. D’ailleurs, leurs connaissances scientifiques du mouvement élaient trop incomplètes pour leur permettre de juger de la valeur réelle de l’enseignement donné par des sous-officiers et soldats, même brevetés.

On voit par ce seul fait tout le mal que peut faire un homme à la situation élevée et à l’esprit aussi supérieur que celui de Jules Simon, à une cause qu’il aime, mais qu’il défend très mal, parce qu’il est incompétent. Il accorde ainsi un brevet de satisfaction à des agents pour lesquels une telle approbation sert presque de diplôme par la considération qu’elle leur donne. « M. Jules Simon ou M. X ont approuvé ma méthode, donc elle est bonne, » disent -ils alors. Cet argument ad hominem est faux, car le seul maître en cette aU'aire est la science.

IjU circulaire du 13 décembre 1871 est relative aux exercices militaiies et aux leçons d’équitation dans les lycées et les collèges; elle est suivie d’une circulaire du ministre de la Guerre, le général de Cissey, invitant les généraux à accorder des fusils et des chevaux en vue de l’éducation physique et militaire des élèves.

t.e 2' avril t87“2, le ministre rappelle les instructions (ju’ll a données le 2 novembre précédent.

Le 17 mai 1872 paraît la circulaiic relative à l’organisation de l’eoseignement de la gymnastique dans les écoles normales primaires. L’Assemblée nationale inscrit au budget de la même année un crédit (b; 100 000 francs |)Our seconder le développement de l’enseignement de la gymnaslii|ue dans les établissements d’instruction primaire.

Le 27 septembre 1872, M. Jules Simon s’exprime ainsi dans sa circulaire aux recteurs, ayant trait à la gymnastique, les exercices militaires, l’équitation, l’escrime et la natation : « Mon intention formelle, vous le savez, est que la gymnastique soit enseignée dans tous les établissements et rendue obligatoire pour tous les élèves... Je n'attacbe pas une importance exagérée au matériel, et je vous engage môme à éviter, autant que possible, les exercices qui peuvent occasionner des accidents. Le pas gymnasti((ue, la course, les divers mouvements du corps exécutés méthodiquement, l’emploi des haltères, suffisent pour développer la force et l’agilité des élèves. 11 ne faudrait donc pas me dire, comme on l’a fait dans plusieurs lycées, qu’il est impossible d’exercer tous les élèves faute d’espace suffisant... En cela comme en beaucoup de choses, tout dépend de l’habileté et du zèle du professeur. »

Les divers exercices gui peuvent occasionner des accidents l — Mais alors, où est la valeur des professeurs qui laissent ces accidents se produire ? — Les divers mouvements du corps exécutés méthodiguement. — Mais quelle est celte méthode? Celle de Joinville-le-Pont? Elle provoque des accidents! C’est précisément cette application méthodique qui fait défaut et dont la circulaire se réclame. — tdemptoi des haltères, gui suffit à développer la force et l'agilité! Quelle er.eur! Des mots! des mots académiques et administratifs, les pires de tous !

Celte mise en demeure prouve que la réforme est mal vue des chefs d'établissement et des professeurs, en tout cas que bien peu paraissent faire preuve d’initiative. Nous retrouverons ce même état d’esprit dans l’enquête pai lementaire de 1899 sur les exercices et jeux de plein air. Nous le signalons personnellement en 1901, car nous le rencontrons quotidiennement dans l’enseignement secondaire et dans l’enseignement primaire.

Jules Simon commet une grave erreur quand, dans la même circulaire, il assure que les sous-officiers et soldats élèves de Joinville-le- Pont possèdent, après examen, quelques notions médicales et se rendent compte de l’effet de chaque mouvement par les muscles et les organes du corps. « Nous ne tarderons donc pas, ajoute-t-il, à avoir de bons maîtres et en grand nombre, pour toutes les écoles. » Ces bons maîtres, nous les attendons encore aujourd’hui. '< A la gymnastique se rattachent étroitement les exercices mililaires; il faut qu’à dix-huit ans i n jeune homme élevé par nous fasse l’exercice avec la précision d’un vétéran! » Encore une erreur : l’expéiience a non seulement démontré qu’à dix-huit ans les jeunes gens ainsi éduqués manœuvrent fort mal, mais qu’ils prennent de mauvaises habitudes, si bien que, leur instruction étant à refaire, les officiers instructeurs sont unanimes à demander la suppression de l’enseignement des exercices militaires, refusant ainsi le présent que leur offre l’Université. Pur contre, Jules Simon a grandement raison quand il préconise le tir, l’équitation, l’escrime, la natation elles longues promenades topographiques accompagnées d’herborisation, de visites aux ruines, etc.; et il termine par ces lignes, où il se livre tout entier : L'éducation pirgsigue est encore à créer en France, et je vous supplie de m'y aider. Je t'irai moi-même les rapports de tous les proviseurs, et je préférerai cette occupation il toutes les autres, car je vois là un service à rendre aux familles et au pays. Magnifique élan d’un grand cœur. Hélas! voilà vingt-huit ans, plus d’un quart de siècle, que ces instructions ont été données aux maîtres de l’enseignement et aujourd’hui encore l’éducation physique est à créer en France, au point de vue universitaire. Que de temps peidu! que de forces gaspillées par défaut de méthode et à cause des mots? L’opinion publique était favorable aux réformes ; la preuve en est donnée dans la circulaire du 28 octobre 1872 dans laquelle Jules Simon informe les recteurs « qu’un grand nombre de pères de famille lui ont demandé, à plusieurs reprises, que leurs fils, élèves externes dans les lycées des départements, soient admis aux exercices mililaires, à la gymnastique et aux promenades topographiques ». Que les temps sont changés! aujourd’hui les pères empêchent leurs fils externes de se rendre aux leçons de gymnastique, parce que cet enseignement n’a pas donné les résuit.ils qu’on en attendait de la part « des sous-officiers et soldats ayant des connaissances médico-pédagogiques » [Circulaire relative à l’admission des éludes de la division supérieure aux e.vercices militaires et aux e.xercices gymnastigues).

Le 5 novembre 1872 une circulaire aux préfets leur indique le catalogue des objets nécessaires à l’enseignement de la gymnastique dans les écoles rurales.

Le 13 avrd 1873 paraît l’arrêté concernant la fourniture des appareils et agrès pour l’enseignement de la gymnastique, avec une note et une liste des appareils fournis par l’adjudicataire.

Le 15 avril 1873 une circulaire est envoyée aux recteurs concernant les emplois de maître de gymnastique à réserver aux anciens militaires.

La circulaire du 28 juillet 1873 est relative aux prix à décerner aux élèves qui se distinguent en gymnastique.

La circulaire du 31 janvier 187,5 est très importante. M. de CumonI, ministre de l’Instruction publique, supprime quelques appareils dangereux.

INTIlOimCTION

<( D’npiôs les (livcrs rapporls d’inspection générale ()ii\ in’oiil été transinis, écrit le ininistee aux leeteiirs, j’ai lieu (!(: craindre (|ue renseignement de la (îy(nnasti([n(! ne soit [las donné, dans tons les étaljlissements 8e(;ondair(!s et primaires, conforménumt aux prescriptions dn décret du H lévrier IHfÜI... Il importe surtout (|ne 1» professeur chargé des cours de nymiiastii|ue oliserve strictement la progression des exercices, etc. La commission de gymnasti<ine a pensé qu’il y avait lieu de suppi'imer un cerlain nomlii’e d'appajcils dont l'expérience lui a démontré l'iiiulilité et mêrm? les inconvénients, ce sont ; /c Ifc.iiiptin, /(’ vinfltis, le Ira/ièze de viil/i(/e, le jiassdr/e île rivière el les Imsciiles hrurliinles. (In a reconnu (pie ces engins ne pouvaient convenir il un enseignement régnliei’ el im'lliodiipie, dans leipiel on se propose de développer les forces des élèves en tenant tout particuliérement compte de leur organisation physique. » On tourne toujours autour do la (]uestion, on y tournera longtemps encore. On sent ipi’il y a mieux à faire, maison ignore (|uel est ce mieux, alors iin’mi Suède on le [lossi'de et (jne des rapports ont été écrits sur la mélliodc de Ling. O puissance de l’automatisme! Aujourd’hui encore, on peut adresser les mêmes critiipies aux agrès utilisés dans renseignement scolaire.

La force d’inerlie de (piehpies maîtres devait être égale alors îi celle des maîtres d’aiijourd'hnî, car le ministre demande (pi’on lui signale <■ ceux ipii se montreraient coupables de négligence on de mauvaise volonté ».

Le ï’.l février 1S70 M. IL Wallon rédige une circulaire relative au remplacement des fusils Suider (uir des fusils du modèle lülKi.

Le Ÿli murs 11177 M. Waddington charge M. de Féraudy de l’inspection des e.xi'rcices gymnasticpies el militaires dans les lycées, collèges et écoles normales primaires du ressort de l’académie de Paris el des deux acjuh’mies voisines.

ICii février 1S7S le ministère ])uhlic une notice rédigée par M. Ch. Belle, chef de bataillon au 3tj' régiment de ligne, sur le rnaniemenl des armes à feu.

Nous arrivons au 25 juin 1878, à la circulaire de M. A. Bardoux, sur le programme des cours du Irupèze. Décidément voilîi un agri's dangereux, pnisipi’il est l’objet d’une réglementalion spéciale. La commission de gymnasticpie reconnaît (jue le lrai>ézc, en i-aison de sa mobilité el des di/férenles situations que prend l’élève en dehors de la portée du miiiire, est un des appareils qui nécessitent une altenlion toute particulière pour éviter les accidents: elle donne des instructions spéciales, et règle ainsi les exercices h cet agrès. La note de la commission est un document humain très intéressant, parce qu’il prouve combien les esprits, même les mieux équilibrés, ont de la difficulté à se dégager des notions fausses maintenues par l’habitude et par la répétition d’un même acte.

Un reconnaît que l’appareil est dangereux, mais on ne songe nullement à le supprimer, on trouve qu’il fortifie beaucoup et que, somme toute, il faut savoir faire la part du feu. L’automatisme humain est tel, qu'aujourd’hui encore, bien que le trapèze soit supprimé depuis IS91, on le trouve dans tous les lycées et collèges, en compagnie des anneaux, également supprimés.

En IS79 une commission sénatoriale (1) prépare un projet de loi pour la réforme de l’éducation physique. On cherche à aboutir, car on sent que quebjne chose joue mal dans l’organisme scolaire, mais on fait fausse route, l’ccuvre pèche toujours par la base, parce qu’on ne cesse de s’adresser à des instructeurs de l’armée et non à des pédagogues.

Dans son rapport du 10 juin 1879 au Sénat, M. Barlhélemy-Sainl- Hilaire (2) s'exprime en ces termes : « Lorsque, dans l’éducation de la jeunesse, on s’occupe uniquement de développer l’esprit, on n’a rempli que la moitié de la tâche. Sans doute, c’est la partie essentielle de l'éducalion; mais, quelque précieuse qu'elle soit, elle entraîne de très graves inconvénients quand elle est exclusive; elle ne porte tous ses fruits que si aux lumières de la raison et de l’intelligence on joint un corps robuste et sain ; à défaut de cet instrument indispensable, nos labeurs ne peuvent être ni bien prolongés, ni bien féconds

M. Barthélemy-Saint-Hilaire conserve comme professeurs les sousofliciers ou soldats pourvus du diplôme de Joinville-le-Pont, l’inspection de leur enseignement sera assurée ainsi que suit.

« Nous ne pensons pas, dit .M. Barthéleiny-Saint-Hilaire, que, pour cette vérllication annuelle, il y ail à créer un corps spécial de fonctionnaires. Le ministre de l’inslruclion publi(jue a toujours sous sa main les moyens d’information les plus nombreux et les plus directs. Les inspecteurs généraux de tout ordre, les recteurs, les inspecteurs d’académie, les inspecteurs primaires, les délégations cantonales ellesmêmes, les commissions centrales et permanentes de gymnasti(jue sont toujours là pour fournir les renseignements. La gymnastique, prenant place parmi les matières obligatoires, sera inspectée comme tout le reste des études, par les mêmes personnes, et avec la môme vigilance. »

Le système de la loi proposée consistait à décréter l’enseignement général de la gymnastique obligatoire et prescrivait une inspection annuelle,

(l) La commission était composée de MM. Barihélemy-Saint-Hilaire, présilirnt-ruppurluur ; George, secrétaire ; Valeiuin, de Carayon-Latour, Koussel (Th(;ophile), Comboscure, Laboulaye, Oscar do I.afayette, Dauphinot.

(■-') Itapport fait au nom de la commission chargi'e d'e.xauiiner la proposition de ... de .VI. George sur L' Euseignemeni de la gginnaslique, par M. B,xui'iniLi..vn'bAi.Ni llu.Aïui:. béance du Sénat du lo Juin ig'o.

« l’avenir devant se charger infailliblement de développer ces premiers germes (I ; ».

Ainsi, dix ans aprè.s la circulaire de Duruy, on reprend les mômes errements dans l’application de la gymnastique. Les sous-officiers devaient être inspectés non par un inspecteur com[)étent, mais par beaucou;) d’inspecteurs tous plus ou moins incom|)étents les uns que les autres. Il advint donc (|ue pratiquement les professeurs de gymnastique furent les seuls à ne pas être inspectés et (|u’ils purent ainsi donner leurs le(;ons au gré de leurs convenances et (le leurs connaissances personnelles, sans qu’on s’occupât vraiment de la valeur de leur enseignement. Paradoxe étrange! Seuls, entre tous les professeurs dont tout enseignement est contrôlé par un chef compétent, les professeurs de gymnasti(iue n’eurent jamais à rendre compte vraiment de leur enseignement, parce qu’ils étaient trop inspectés!... Ce qui prouve que les responsabilités doivent être individualisées d’après les vraies compé lences et que les fausses économies ne sont souvent que du gaspillage. Hous prétexte de ne [las grever le budget, on a dépensé en pure perte beaucoup d’argent et beaucoup de temps, puisque en ce moment même tout reste encore à faire.

Il existe une science gymnastique, celle science est môme très complexe. Ignorant ces choses, on a commis des erreurs. La cause de la gymnasti(jne a été servie bien plus par l’émotivilé que par la raison, par espi'it d’imilalion (pie par esprit scienLifi()ue d’observation, d’analyse et (le synthèse. On a prononcé de beaux discours, mais on a fait peu de besogne, et celle qui a été faite a été mauvaise.

Tous les textes de lois, même les meilleurs, ne peuvent lien contre l’esprit de routine et contre l'ignorance; c’est pourquoi l'article 3 de la loi du 27 janvier 1880 resta lettre morte. « Un rapport, dit cet article, sur les résultats de vérification faite au moins une fois l’an par les soins du ministre de l’Instruclion publique, dans tous les établissements auxquels s’applique la présente loi, sera annexé au budget.»

M. .Jules Ferry, ministre de l’Instruction pulilique, nomma une commission centrale de gymnastique chargée de rédiger un manuel de gymnastique. Sur quinze membres dont cette commission était composée, on comptait six militaires. Le manuel qu’elle publia est mauvais; il ne pouvait en être autrement; la caserne régissait toujours l’école (v./Zÿ.3, 4,5).

Fig. 3. — Exercice au trapèze.

S’asseoirface en avont en deux temps (l" temps, a).

(Manuel tle ggninastigue et d'exercices militaires tle iSSO, page i V6-)

Fig. 4. — Exercice au trapèze.

S'asseoir face en avant en deux temps |2' temps, é).

(Manuel de gymnastique et d'exercices militaires de ISSO, page UO.)

Fig. 5. — Exercice aux anneaux.

Revenir en avant en deux temps.

(Manuel de gymnastique et d'exercices militaires de 1S80, page 148. J

Le SO mai IHSO une circulaire aux recteurs impose ce manuel; elle préconise les exercices libres sans appareils, tels que mouvements des bras, des jambes, les marches, les sauts, (te. Us sont empiriquement réglés. En gymnastique, le mouvement ne se suffit pas plus à lui-même que la respiration ne se suffit à elle-même dans l’acle de la parole articulée, qui est une gymnastique des muscles de la phonation. Il faut donc le réglementer scientifiipiement si l’on veut obtenir des résultats physiologiques et pédagogiques.

Le 29 mars ISS I une circulaire accompagne l’envoi de ce manuel.

Le 21 mars IS82 paraît une nouvelle circulaire ayant Irait à l’enseignement de la gymnastique dans les écoles primaires et secondaires de filles et des écoles normales d’institutrices. Don a été fait <à toutes les communes qui l’ont demandé au ministère d’appareils et d’agrès destinés à l’installation d’un gymnase scolaire. Un drapeau est accordé aux écoles à litre de récompense à l'occasion de la fête nationale du 14 juillet. 1! est confié chaque année à l’école cantonale qui a obtenu les meilleurs résultats en gymnastique, dans les exercices de tir et dans les marches militaires .

La loi du 2S mars ISS2 rend la gymnastique obligatoire dans l’enseignement primaire.

La circulaire du SO juillet ISS2 règle les cours spéciaux de gymnastique aux élèves maîtres des écoles normales d’insliluleurs.

Le rèqlemenl du 30 avril ISSS a trait à la fourniture des agrès de gymnas'ique avec la liste des appareils pour les exercices.

(1, I.(ji réglant l’enseignement ebligaloire do la gymnastique du 27 janvier 1880.

L’ E l) U CA TI ON PHYSIQUE

En iSS-i, le manuel de 1881 est refondu en trois pnriies ; une ({yinnaslique, rniitre inililairo scolaire, la troisième a Irait au service des marelles de topof,M’apliie et de tir.

Sous le ministère de M. Paul Perl, la commission coiilrale de gymnastique qui avait rédigé ce manuel est supprimée; elle est renqilacée par une commission d’éducalio'n militaire, composée de musiciens, de peintres, de poètes, de publicistes, de députés, de sérialcurs, de quel- (jiies oflieiers, mais celte commission est dissoute avant d’avoir formulé de programme. Et cependant, Paul Bert était dans la vérité ! Ma’s les tendances militaires sont telles, en ce moment même, que les commissions doivent s’occuper d’éducation militaire et non d’éducation physique estliélique , dans laquelle les peintres, les poètes et les musiciens ont une place marquée et même plus marquée (|ue celle des soldats, ainsi que nous l'établirons dans le chapitre de VUrcheslique scolaire.

En ISS6, tandis qu’on réglemente administrativement les exercices physiques, un facteur nouveau entre en scène, il va faire à lui seul plus (jiie tous les livres, les rapports, les discours, les programmes, les lois et les décrets; ce facteur nouveau est la bicyclette.

L’arrêté organique du 18 janvier 1887, article 19 (8“ et 27°) dit « que la gymnastique, outre les évolutions et les exercices sur place qui peuvent accompagner les mouvements déclassé, occupera Ions les jours ou au moins tous les deux jours, une séance dans le courant de l’aprèsmidi ».

Dans sa séance du 8 mars 1887, l’Académie de médecine ouvre une longue discussion sur le surmenage intellectuel. Les médecins entrent en scène. Une voie nouvelle e^t ouverte, elle sera féconde.

Le 18 oclohre 1887, M. Lockroy, ministre de l'Instruction publique, institue une nouvelle commission, chargée de reviser les programmes relatifs à l’enseignement de la gymnastique. Décidément, tout ne marche pas à souliait! En fait de commission, une seule suffit pourvu qu’elle soit bonne; la besogne faite par les commissions précédentes n’a pas dû donner de bons résultats. Il ne peut en être autrement, puisque le principe continue à être faussé parce que la méthode de travail est mauvaise. C'est toujours en vue de l’armée qu'on rédige les programmes de gymnastique scolaire, au lieu de les rédiger tout simplement en vue de l’école même. .\u cours de ses études, la commission avait délégué trois de ses membres, MM. Demcny, Lagrange et Ouénu. au congrès de gymnastique belge, à Dinant, le 2 septembre 1888. M. Marey, président de la commission, demande la révision du manuel de 188I. Va-t-on aboutir, enfin? Hélas! pas encore, puisque ce manuel sera réformé dix ans plus tard, eu 1898, par une nouvelle commission!... Longtemps encore on piétinera sur place, parce que depuis quatre-vingt-dix ans on violente les lois de la nature par des exercices anliphysiologiques.

Le décret du 38 Jiiillel /.9S5, déterminant les programmes généraux des écoles placées sous le régime de la loi du 11 décembre 1880, dit dans son article 9 : « Les exercices de gymnastique et militaires se font le jeudi ou les autres jours en dehors des heures ordinaires des classes. »

Le /“r juin 1888, un comité pour la propagation des exercices physiques dans l’éducation est nommé è Paris, sous la présidence de M. Jules Simon. Quelques mois p'us tard, M. Bischoffsheim mettait 5 000 francs à la disposition du ministre en faveur des jeux dans les écoles de garçons et dans les écoles normales d’instituteurs.

Le 15 octobre 1888 un arrêté ministériel institue une commission en vue d’examiner un projet de concours pour l’établissement de jeux gymnastiques dans les écoles.

Le 13 novembre 1888, après avis de cette commission, un concours est ouvert pour faire connaître les meilleurs jeux à introduire dans les écoles.

En 1889 M. Marey adresse un rapport très documenté au ministre de l’Instruction publique sur l’application d’une gymnastique rationnelle dans l’enseignement (1).

« Même au point de vue militaire, dit-il, la gymnastique naturelle est une préparation directe aux applications spéciales.

« Malheureusement, les -nécessités budgétaires condamnent trop souvent les municipalités à entasser les élèves en des préaux étroits, où l'on chcrclie, au moyen d’agrès de toutes sortes, à remplacer les exercices de gymnastique naturelle. C’est là que filles et garçons s’exercent aux barres parallèles, se suspendent au trapèze, exécutent au commandement des mouvements rythmés et monotones, le plus souvent sans entrain ni bonne volonté.

« Quelques enfants robustes, avides d’activité physique, se contentent de ce pis aller, suivent avec ardeur la leçon de gymnastique et y deviennent plus forts et plus agiles. Mais les filles, ne trouvant pas au gymnase un attrait suffisant pour surmonter leur répugnance instinctive au mouvement, éludent les difficultés des exercices et n’en tirent aucun profit. »

Dans la même année, M. A, Daily publie sur VEnseignement de la gymnastique et des jeux scolaires (2) un rapport très documenté, mais dans lequel il oublie de mei tionner la grande discussion de l’Académie de médecine, qui a été le point de départ d’une ère nouvelle, puisque la

(1) M.vrey, Mémoires et documents scolaires publiés par te « Musée pédagogique». Travaux de la commission de gymnastique, fasc. n” 77 (Taris, lmp. nationale, 1889).

(2) A. Dally, Enseignement de la gymnastique et des jeux scolaires, «Musée pédagogique », 2' série, fase. n” 38, 1889.

science entre en scène, non plus à titre individuel, mais au titre collectif, d’une association savante et officielle.

M. Lagrange présente un rapport sur la gymnastique dans les écoles primaires.

L'arrélé du 8 août 1890 règle les programmes de l’enseignement de la gymnastique dans les élalilissements {l’enseignement primaire, dans les écoles maternelles et les classes enfantines, ainsi que dans les écoles primaires supérieures publiques.

Le 7 juillet 1890 paraît la grande circulaire de M. Bourgeois, ministre de l’Instruction publique, relative à l’emploi du temps, à l’éducation physique et à l’hygiène dans l’enseignement secondaire. Cette circulaire fixe administrativement les vœux émis par l’Académie de médecine en 1887.

On commence à y voir plus clair. On aiguille sur une voie nouvelle. Une commission de l’éducation physique avait été instituée au ministère, par arrêté du 12 juillet 1888.

Le conseil supérieur de l’instruction publique partage la manière de voir des recteurs de France qui, répondant aux circulaires des 8 mars et 4 septembre 1888, déclarent insuffisante la part réservée à la vie physique dans le régime des établissements d’instruction secondaire. On réfurme les plans d’études, on allège les programmes, on accorde plus de temps à l’éducation physique {Elan d'études de 1880, réduit en 1885 et de nouveau modifié par arrêté du 38 janvier 1890).

Cette excellente circulaire régit encore l’enseignement secondaire.

Je crois devoir donner une analyse succincte de cette circulaire, qui mérite d’être connue; elle témoigne du souci de l’Université, en ce qui concerne le bien-être des enfants qui lui sont confiés; de plus, elle révèle un état d’esprit nouveau : une liberté plus grande est accordée aux élèves, on facilite l’organisation de sociétés de jeux scolaires. Les jeux et les exercices de plein air tendent à remplacer la gymnastique aux agrès.

En voici les divers paragraphes ;

1“ Réduclion du travail sédentaire. — a). Au point de vue du maximum de sédentarité d’après l’âge des élèves; b) des exercices compris dans le temps de sédentarité; c) de l’emploi de la journée; d) des conditions concernant les maîtres répétiteurs; e) des élèves externes.

2° Régime des classes. — a) Entrée en classe; b) classe du jeudi; c) durée des classes dans les divisions primaire et élémentaire; d) dans les divisions de grammaire et supérieure; e) exercices pratiques rendus possibles par la réduction de la durée des classes. Leur utilité. Il s’agit ici des conférences pratiques à faire aux élèves par les professeurs, afin de mieux les préparer aux cours des classes.

« Certaines familles, dit la circulaire, s’imaginent que dans les lycées on sacrifie la masse à l’élite. Il importe au plus haut point de ne laisser ni raison, ni prétexte à cette opinion, susceptible de porter à nos établissements un si grave préjudice. Il faut établir l’opinion contraire que, dans un lycée, aucun élève ne court le risque d’être ni sacrifié, ni négligé. La classe à elle seule, surtout dans les grands établissements, n’en fournirait pas toujours bien les moyens. »

/■) Organisation de ces exercices ; g) conférences diverses; h) dessin; i) hygiène. Les conférences d’hygiène instituées en rhétorique seront obligatoires pour tous les élèves; elles seront faites par le professeur de sciences naturelles;/) réduction de la durée des classes dans l’enseignement spécial.

3“ Eludes. — a) Durée des études ; b) mesures à prendre pour l’étendue et la force des devoirs; c) lecture à l’étude; d) l’étude du soir; e) veillées.

4“ Récréations et jeux. — « A l’avenir, dit la circulaire, les récréations et jeux tiendront une large place dans la vie scolaire; a) durée des récréations : « Pour toutes les récréations qui n’ont pas simplement pour objet de couper par un moment de détente une classe ou une étude trop longue, une demi-heure doit être accordée au minimum... Si les cours sont trop étroites, on conduira, quand la situation de l’établissement s’y prêtera, les élèves au dehors, dans la campagne autant que possible, pour la récréation principale, qui devra durer au moins une heure et demie, de préférence après le dîner. »

b) Concours à provoquer. Après avoir fait appel à l’initiative des maîtres, la circulaire s’adresse aux associations amicales d’anciens élèves, aux sociétés de sports existant dans la région, aux personnages influents dont on connaît le dévouement à la cause de l’éducation en ce qui concerne l’organisation des jeux, des travaux manuels, du jardinage, etc.; c) Cotisations des élèves. Ceux-ci doivent, autant que possible, subvenir aux frais des jeux en participant, dans une proportion si modeste qu’on voudra, à l’étaldissement du matériel des jeux fournis par l'administration, et cela afin de les rendre plus ménagers du matériel mis à leur disposition; d) Association des jeux : « Si les associations de jeux suscitent par accident quelques difficultés disciplinaires dont une surveillance vigilante, quoique réservée, viendra aisément à bout, plus ordinairement, on peut l’espérer, elles contribueront, par la saine occupation qu’elles donneront au corps et à l’imagination, à prévenir ou à dissiper tout mauvais esprit; peut-être même, ne pouvant se passer, non plus qu’aucune société, d’obéissance et de direction, elles feront sentir à plus d’un, mieux que bien des punitions et bien des retenues, la nécessité de la règle. »

e) Promenades. Les promenades sont rendues obligatoires, sauf dispense du médecin, pour tous les élèves sans exception. Les retenues de promenade sont supprimées. Ces promenades doivent être attrayantes, par des visites aux sites environnant la ville, par des marches de iu à 15 kilo-

INT no DU CTI O N

iiiMros, après (‘niraliioniont prèala!)le. grandes «xciir.siotis

(levriiiit ètie oi’^anisècs dans le couranl île rannci*.

üa l''.L'erci<-c.s ;/i/iiiniisl.i<iiies cl ynilihiire!-'. — l^a circulaire rappelle ijiie les exercices nyinastiqiies sont ol)li},'al()ires; ils soid rétçlerneiitès par les circidaires des II scpteinlire cl ÜO déceiiihre ISS2, en vertu de la loi du 07 janvier ISSU, ti) Nointirc et durée des leçons, la; temps réservé aux exercices gymuasl iijues et luilitaires devra être porté ?i trois licures par semaine, reparties en séance d une demi-lieiu’e ou de trois (juarts d'iienre, par troupe de e,in(|uante élèves. La circulaire constate que si dans lieancüup de lycées et collèges les exercices gymnastiques sont hien dirigés, dans d’antres, au contraire, la leçon es! marne; leu éleres n'i/ jirennenl aucun ;/anl ; elle, sérail jtonr ca r presijite une carrée, tain (iéire une réi'réalion. I.es pro/’essea rs insaffisanls deiironl èire signales. Il) But et condition de renseignement de la gymnastique. « Il importe aussi, dit la circulaire, que tous les maîtres se rendent un eonqile exact du rôle que la gymnaaliijue scolaire est appelée à jouer. Son Imt n’est pas d’amener ()neliincs adiqites è exécuter des tours de force plus ou moins rcinarquahles. mais de soumettre tous les élèves à un entrainement progressif et métliodiqne, de provo(|uer chez eux, [lar des exercices sagement gradni’s, le développement régulier des divers organes. An sni'plus, on sait qu'un violent exercice iihysiqne ne re[iüse pas d’un grand laheui’ intellectuel; ce sont des fatigues qui s’additionnent et ne se compensent pas. Pour les exercices aux agiès, on comhinera les mouvements d’ensemhle et on disposera les groupes de telle sorte que chaque élève n’ait pas à attendre son tour à l’appareil plus de trois è quatre minutes; è cet ctfet, on conduira successivement les élèves aux agri's par petits groupes, tandis que le groupe principal continuera les mouvements d’ensemhle sous les ordres d’un instructeur adjoint on |)ar un moniteur choisi parmi les élèves. » (le paragraphe, que j’ai tenu h citer en entier, renferme toute la réforme de l'éducation physique. Bien inspiré par un rédacteur de haute compétence, il n’a pas été appliqué dans la généralité des étahlisseinenis, pai'ce que si, en théorie, il est excellent, il est inapplicahle dans la pratiqui'. Le hagage scientifique des professeurs est trop restreint pour satisfaire au désir e.xprimé par la circulaire de saiiniel Ire Ions les élères à an en Irainemen! progressif et tnéllioddine, de pruvwiner chez Ions, par des e.rercices sai/enient gradués, le développenieni régulier des divers organes. Nous verrons plus loin, au chapitre de la Ggnuuislique française, comhien notre méthode nationale déforme le corps des gymnastes et est incapable de le développer normalement, comme la méthode suédoise. La combinaison des exercices aux agrès et des mouvements d’ensemble implique des connaissances générales de science anatomique, physiologique, etc., en même temps que de technique pédagogique scolaire qu’on n’apprend pas à l’école militaire de .loinville-le-Pont et que des sous officiers ne sauraient comprendre.

e) liai des e.Terrices miUlaires. — La preuve est faite : les officiers de l’armée ayant eu à réformer le mauvais enseignement de la manœuvre du fusil donné aux enfants des bataillons scolaires et aux élèves des lycées se sont plaints. Us préfèrent, disent-ils, enseigner en bloc le maniement de l’arme à un ignorant qu'à un conscrit qui le connaît mal. Les officiers ont une seconde instruction à faire, d’autant plus pénible, qu’il leur faut réformer de mauvais principes. Ainsi, de l'avis des officiers instructeurs eux-mêmes, l’enseignement de l'armée ne doit pas sortir de la caserne pour pénétrer dans l’école. Le maniement du fusil, sans être supprimé, est relégué au second plan. La circulaire « veut (ju'on se garde de toute exagération - il faut arriver h former des jeunes gens vigoureux et alertes, habitués à la marche et à la fatigue, imbus de l’esprit de discipline, ayant conscience des devoirs qui les attendent au régiment ». Les élèves seront initiés aux diverses formations de la section, du peloton, de la compagnie, etc.; quant au maniement du fusil, « il condamne les enfants à une immobilité relative qui peut devenir nuisible, en biver surtout ». Un doit s’attacher au tir, à l’équilation et à l’escrime, d] Fri.r pour tes e.rercices phgsigues. — Des prix seront accordés pour les exercices physiques et mentionnés au palmarès; les professeurs appelés à voter pour l'attribution du prix d’excellence auront à tenir compte de notes obtenues pour les exercices physiques, et la circulaire ajoute très éloquemment ; <1 Nos lycéens seront ainsi amenés à comprendre, ce que trop peu comprennent jus(iu’à ce jour, que, dans un pays où chaque citoyen est appelé à faire un soldat, la culture et le développement des forces et des aptitudes physiques n’est pas chose facultative, mais un devoir positif. » La circulaire Duruy est rédigée dans le même esprit et à peu de cho.se près dans les mêmes termes, et cependant le progrès accompli en trente ans est presque nul. Les lycéens comprendront vraiment le jour seul où ils constateront que leurs professeurs peuvent être également d’excellents rhétoriciens ou philomphes en même temps (|uedebons gymnastes. Ils comprennent mieux aujourd'hui la valeur des exercices de plein air, parce qu ils s’y entraînent entre eux, selon leur milieu éducatif et intellectuel. Ils ne comprendront jamais que les notes de gyinuastiijue données par un sous-oflicier ont la même importance que celles données par un agrégé. Le jour où le professeur de gymnasti([ue possédera un bagige scientifique (’quivalent à celui des autres maîtres, les lycéens comprendront parce que le professeur leur apprendra à comprendre.

6” Soins d'Iiggiene et de propreté. — a) Lever, toilette. « La propreté est une vertu, la plus humble, si l'ou veut, et la plus facile, mais non la moins respectable », ainsi s’exprime la circulaire; b) Bains.

l" Fepas, alinienlalion. — a) Heures et durée des repas; è) Bégime alimentaire; c) l’roportion des divers aliments. Ce paragraphe a été

rédigé par M. Bouchard, membre do l'Institut, de l’Académie et de la Kaculté d(! médecine, en même temps que du conseil supérieur de l’instruction publique. Les économes trouvent dans le tableau d’alimentation des éléments précieux pour l’établissement des menus; d) Variété nécessaire; ej l’ain; di Boisson; e) Kau. Il faut assurer aux enfants une eau potable, parfaitement pure et à l’abri de toute contamination, afin d’éviter bon nombre de maladies contagieuses.

La circulaire du 7 juillet IHttt) a fait faire un grand pas aux réformes dans renseignement s(^condaire. Elle est accompagnée d’une lettre de M. Bourgeois, ministre de l’Instruction publique, datée du 15 juillet 1890, <lans laquelle, en termes élevés, dans la pensée et dans la forme, il adresse aux membres du personnel administratif et enseignant des lycées et collèges des instructions spéciales au sujet de l’éducation physique:

« Il y a, dit-il, quelque chose de malade ou qui va l’ôtre, dans une jeunesse qui ne .joue pas. Qu’on sache, à cet égard, voir par delà les app.'irences et se tenir en garde contre une trompeuse sécurité... Ce n’est donc pas seulement un caprice d’opinion et une mode, c’est une pédagogie mieux informée et plus attentive h tous les besoins de la jeunesse qui impose à l’Université ce souci des exercices physiques... Comme je demande aux chefs d’établissement d’encourager les jeunes par tous les moynis, je verrais aussi avec satisfaction nos jeunes maitres se mêler aux divertissements des élèves, les diriger rriôme discrètement au besoin. Je veux qu’ils sachent (|u’il y a autant de mérite à organiser une récréation qu'à assurer la discipline dans une élude... L'éducation pbysi([ue, soigneusement entretenue parmi la jeunesse, est la meilleure alliée de l’éducation morale. »

L’année suivante, en 11191, un décret règle les conditions de présentation au certificat d aptitude à l’enseignement de la gymnastique pour l’enseignement primaire et secondaire. D'après ce décret, une commission est nommée chaque année par le recteur de chaque académie, afin d’examiner les candidats. L’examen se compose d’épreuves orales et |(ratiques. Le programme de ce certificat est très étendu. Sous une forme succincte, il implique, par le vague môme des questions posées, tout un enseignement didactique qui n'existe pas encore en France. Telles, par exemple, les questions suivantes : Influence de la gymnaslique sur la sauté physique et morale. — Les fondions du corps dans leurs rapports avec la gymnastique. — Digestion, circulation, respiration, fondions de ta peau. Nous verrons dans la première partie de cet ouvrage combien ces questions sont complexes, combien elles sont encoi'e peu connues des savants eux-mêmes. Si la circulaire du 7 juillet 1890 est marquée au coin scientifique, la conclusion pratique des idées qui y sont émises et qui devait aboutir à la formation d’un corps enseignant supérieur a été faussée, parce que le niveau scientifique des professeurs de gymnastique par lesquels, seuls, la réfor.me peut pratiquement aboutir, n’a pas été relevé.

En Iftyi le ministère de l’Instruction publique publiait le Manuel d’exercices gymnastiques d de Jeu.v scolaires (I). Ce manuel avait été rédigé par les soins de la commission nommée le 18 octobre 1887, à l’effet de reviser les programmes relatifs à l’enseignement de la gymnastique et le manuel de gymnastique de 1880. Elle élabora son nouveau programme d’après celui de 1880; il est plus détaillé que celui du ministère Duruy, mais les tendances sont les mêmes. La méthode reste défectueuse, bien qu’on supprime des agrès tels que le vindas, le trapèze, la barre fixe, les anneaux, etc., qui provoquent à l’athlétisme, à l’acrobatie et qui déforment le corps. Une nouvelle organisation des jeux de plein air est introduite dans C3 manuel Mais ici encore, l’exposition pratique et théorique des exercices à faire exécuter ne répond nullement à l'excellent avant-propos théorique et scientifique et aux conseils pratiques sur le choix, l’enseignement et l’exécution des exercices gymnastiques. Le rédacteur a parlé en théoricien et en homme de science, mais dès qu’il a voulu conclure en praticien la clarté lumineuse de son exposition scientifique s’obscurcit dans l’application pratique des mouvements gymnastiques; ceux-ci manquent de précision, parce qu’aucune méthode n’a présidé à leur groupement en familles et en sous-familles, selon leur valeur et leur action sur la fonction des divers organes de la machine humaine. Ces mouvements, à part ceux aux appareils supprimés, sont les mêmes que ceux des manuels de 1869 et de 1880. .\ucun progrès n’a été réalisé. Bien mieux, certaines attitudes môme , recommandées et dessinées comme étant normales, sont mauvaises. La caserne imprime encore son empreinte dans ce travail, où cependant on a essayé de faire œuvre pédagogique. Publié en 1891 et adressé à tous les établissements universitaires de France, ce manuel était ignoré de plusieurs d’entre eux en 1897. Il avait été reçu, mais depuis six ans il dormait sur les rayons des bibliothèques dos lycées et collèges. Les professeurs de gymnastique continuaient toujours à appliquer le manuel de 1880, et cela parce qu’ils étaient trop inspectés!

Cependant, dans sa circiilairedu 11 février 1898, M. Dupuy, ministre de l’Instruction publique, annonçant l’envoi du manuel en 1891, indlait les profes.seurs, dans les élahlissemenis de garçons et de jeunes filles, à conformer slridemenl leur enseignement aux prescriplions qu'il renferme.

C’est pour remédier autant que possible à un tel état de choses dans son académie, que M. Cuuat, qui fut un piécnrsour (le premier de tons les recteurs de France, il avait donné son adhésion publiiiue à la Ligue na-

(I) Ministère de lliistriiclion piibliiiue et des lîoaiix-.\rts. lOnscignoniciU secondaire. Instructions, jirayrammes et l■èl/lclnents (l’aris, linp. nationale, 1891).

L ’É DUC A T I O N P II VS / O ü E

lionalp (le l'Éduralion physique, en 1S87) demanda M. le ministre de l’Instruction pul)li(]ne, M. Gomhes, de nous cliarprcr de l’inspeeiion des jeux et des exercices physiques dans l’acadc^mic de liordeaux. NI. Goinhcs, sur la proposition de M. Hahier, directeur de renseignement secondaire an ministère, nous chargea de cette inspection en Cedte nomination

était la consécration oflicielle d’une tentative personnelle qui consista à visiter hénévolemeiit, muni d’une délégation de M. le recteur Ouvré, tous les lycées et collèges de l’académie de Bordeaux, pendant plusieurs années, de 1889 i\ 189(1. Nous fûmes assez heureux pour provo(|ner ainsi un réel mouvement régional en faveur des exercices physiques. Nous fûines surtout aidé et soutenu par la jeunesse scolaire. M. Bizos a succédé il M. Couat, décédé. Il a donné une impulsion plus grande encore à l’œuvre girondine. En continuant la Iradition inaugurée par MM. Ouvré et Gouat, M. Bizos a apporté une large contribution à la réforme tentée par TUniversité et secondée par l'initiative privée de la Ligue girondine de l’Education physique. Grâce â cette collaboration féconde, vingt-quatre lendits annuels ont été organisés depuis 1890 jus(|u’en 1908 dans l'académie de Bordeaux, en faveur des élèves des lycées, des collèges et des écoles primaires.

En cette même année (1891), la direction de l’enseignement primaire publiait une liste des agrès et appareils de gymnastique « pour les établisblissements d’enseignement primaire de tout âge et des deux sexes ». Gette liste renferme des dessins représentant quelques mouvements de la gymnastique suédoise.

En IS9S une commission supérieure de l’Education physique de la jeunesse est nommée au ministère de l’Instruction publique à l’effet d’étudier les nouvelles réformes à apporter dans l’enseignement de la gymnastique et des jeux de plein air.

Elle est composée de physiologistes, de médecins, de pédagogues, de techniciens et de militaires; mais les tendances sont encore telles, après cent ans d’erreur, qu’on oublie d’y faire figurer des peintres, des sculpteurs et des musiciens, ainsi que fort judicieusement l’avait tenté Paul Beri. L’art et la science doivent collaborer à l’œuvre de la Renaissance physique, en vue du développement harmonieux de la forme humaine que les exercices militaires compromettent le plus souvent. L’école est seule la grande éducatrice parce qu elle crée chez l’enfant des tendances initiales et indélébiles.

C’est pourquoi le futur Manuel des exercices physiques n’aura vraiment de valeur que s’il est rédigé par des savants et par des artistes, et non par des soMats. Seuls la science et l’art peuvent, par leur union intime, expliquer le pourquoi du mouvement : celui-ci doit être éducalif tant au point de vue des fonctions organiques que psychiques. Il faut apprendre à l’enfant à aimer la beauté pour elle-même, dans la force et dans l’agilité, et à développer son corps pour le seul plaisir d’être beau et fort. Tout le reste vient par surcroît, quand le corps a été ainsi ennobli, comme une conséquence directe de l’effort utile proiiuit.

La collaboration de l'art et de la science est d’autant plus indiquée que les attitudes les plus simples du corps sont les plus belles. Il y a mieux: c’est dans les attitudes plastiques qui se rapprochent le plus de la ligne droite, dans une large simplicité, que fonctionnent le plus largement le cœur et les poumons.

Les exercices du futur Manuel devront donc être composés par des physiologistes, des médecins, des sculpteurs, des peintres et des musiciens : ceux-ci pour le rythme musical à appliquer au mouvement.

Si une napoléonite aiguë ne nous avait pris aux moelles, depuis un siècle, il y a longtemps qu’on aurait songé à ces choses, comme y songea le poète Ling, auquel la Suède devrait élever des monuments en signe de reconnaissance nationale. La commission supérieure de l’Éducation physique a rédigé deux rapports qui ont été déposés en 1899: un sur la gymnastique; l’autre sur les jeux de plein air.

En IS99 une commission des exercices physiques est nommée, pour préparer les grands concours athlétiques qui doivent s’ouvrir à Paris pendant l’Exposition de 1900. Aces concours nationaux d'exercices physiques et de «porta doivent prendre parties élèves des lycées, des collèges et des écoles primaires supérieures de France, pendant les vacances de la Pentecôte.

Des épreuves éliminatoires seront organisées en province. Les concours définitifs auront lieu à Paris. Tous les frais de voyage et de séjour des champions délégués seront à la charge de l'État.

En 1900 M. Rabier, directeur de l’Enseignement secondaire, est nommé président du Gomité consultatif de ces concours de jeux de plein air et d'exercices dans lesquels sont compris la course à pied, la course avec obstacles, la lutte à la corde, les sauts en hauteur et en largeur, les sauts à la perche, le lancement des poids, l’aviron, la gymnastique, l’escrime et le tir.

L'Union des Sociétés franca'ises de Sports athlétiques est chargée par M. le ministre du Gommerce d’organiser les concours de jeux de plein air : courses à pied, sauts, etc., le liullelin officiel de l'Union en publie le programme. Des courses à pied deéOO mètres, de 1 000 mètres de 1 .'iOO mètres et de 2 500 mètres sont imposées à des enfants âgés de moins de 16 ans (juniors) et à des adolescents, âgés de plus de 16 ans (seniors). Ges épreuves sont trop atlilétiqiies et par conséquent trop violentes pour de jeunes organismes en voie d’évolution, dont le cœur est le plus souvent irrité par la croissance. Je crois devoir reproduire, à ce propos, les lignes que je publiai à cette époque pour protester contre ces épreuves (1). «11 n’est pas possible, disais-je, que l’Université

(il Tissié. L'Education physique en France in Bevue Scientifique, 1900, p. 1130.

Fig. 6. — Exercice du mur.

Escalade du mur à l’aide de la perche amorosienne.

[Manuel d'exercices gymnastiques et de jeux scolaires de 1691, page 142.)

accepte une si lourde responsabilité en faisant sien un tel prograrurno. Imposer de telles épreuves aux concours scolaires de l'Exposition, c’est leur donner rofficialitf;, à. moins (pi il ne s'ayisse d’un essai sur lequel aura à statuer en dernier ressort la commission médico-physioloqiqur qui doit suivre tous les concours physiques. L’Université doit les pro biber dans les établissements de l’enseignement public, car elles ofl'rent de réels dangers pour des jeunes gens appelés à y prendre part; l’entrainement même qu’elles sup(io.«eut ne saurait être encouragé, parce qu’il constitue une acrobatie du plein air, la pire de toutes!

« Il faut lutter contre de telles tendances sportives, parce que les enfants et les adolescents ne doivent se livrer qu’à des jeux sportifs, c’est-à-dire à des jeux athléüques atténués : l’athlétisme n’est pas fait pour eux.

Acrobatie pour acrobatie, cidle des gymnases est préférable à celle de la pelouse : elle est moins dangereuse.

« Les sportifs qui critiquent si vivement les gymnastes commettent les mêmes fautes qu’eux. Le défaut de méthode a exalté le besoin de siirenclières, car ces concours ne réuniront que des champions scolaires régionaux. Qui donc nous débarrassera une bonne fois pour toutes de tous les championnats intellectuels et physiques? G’est avec de tels abus que, depuis 1890, Paris compromet la cause de la renaissance physique. On était si bien parti, il y a dix ans! Que Taine a raison, quand il écrit:

« Toujours le vice de la vie parisienne : le « goût de l’apparence et le manque de bon sens ! »

Paris a manqué de bon sens en imposant à nos enfants des épreuves aussi violentes que les courses à pied de 400 mètres, de 1 000 mètres, de 1 500 mètres et de 2 500 mètres; il se prépare à sacrifier la réalité à l’apparence en instituant des championnats qui ne prouveront absolument rien au point de vue de la valeur réelle et du degré de l’entrainement général

dans les établissements de l’enseignement public en France. Nous n’en voulons pour preuve que le témoignage du rapporteur lui-même de la commission des jeux de plein air, trésorier de VUnion des Sociétés françaises de Sports athlétiques-, il est placé mieux que qui que ce soit pour bien juger. Nous publions plus loin un extrait de son rapport sur l’organisation des exercices physiques de plein air dans l’enseignement public ; l’entraînement y est à peu près nul.

(( Il y a mieux : en même temps que l’Union imposait à des enfants les épreuves très violentes de courses à pied, elle inscrivait au programme des concours athlétiques pour hommes adultes, professionnels et amateurs, les épreuves de lawn-tennis, de longue paume, de courte paume, de croquetl! et... de jeu de boules!!!

« Ges jeux auraient dû être inscrits au programme scolaire ; ils ont leur véritable place dans les écoles, parce qu’ils sont récréatifs, point violents, faciles à installer dans les cours et d’une surveillance plus effective que celle d’une course de 2 kilomètres et demi à travers champs, avec obstacles!

« Apparence, manque de bon sens, souci de la galerie, amour du panache, voilà bien le mauvais Paris ! car il y a le bon Paris, celui qui pense bien et qui agit de même ; puisse-t-il réagir contre un tel état d’esprit 1

« L’étranger va nous observer et nous juger. Prenons- y garde, nous n’avons plus de faute à commettre en Éducation physique, parce que nous en

avons commis suffisamment pendant cent ans, et surtout parce que l’avenir est aux peuples qui posséderont le meilleur capital humain. Ce capital ne peut être développé que par l’esprit de méthode et de suite. Le rôle de l’éducateur de la jeunesse contemporaine est de créer des tendances en faveur de cet esprit de méthode, sans lequel toute nation est à la merci des événements, comme un navire sans boussole est à la merci des Ilots.

« La bonne volonté ne saurait suppléer ni au savoir, ni à l’expérience dans un siècle de science comme le nôtre. L’expérimentation et l’observation nous ont démontré la violence de tels exercices : ce sont des

Fig

7. — Exercice à la planche à rétablissement. — Rétablissement dans l’attitude renversée.

[Manuel d'exercices gymnastiques et de Jeux scolaires de 1891, page 186.)

casse-cou et des casse-cœur pour les enfants et les adolescents.

« Pendant ces concours, une commission composée de savants, médecins et de physiologistes fonctionnera afin d’étudier l’influence (Ls . \ercices physiques sur la machine humaine. Dans celle commission on a également omis les artistes dont la collaboration eût été féconiie assurément, car c’est l’étude du mouvement sur nature même, au point de vue scientifique et artistique, qui peut fournir les seules données exactes pour la rédaction du futur Manuel des eiercices physiques, .l’adresserai la

INinODUCTfON

ni('t!ie oiUi(iiH‘ aux orgaiiisialrui's du (’onprès de l'I^'.ducatlon physique (|ui HO tiendi'ii il Paris, peiuiaiil I lixposiliou, sous ia présidrncc de M. l-éoii Poui'^eiiis, aiu'iiui présiiieiil du (lori.seii des miiiistri's. On a ouidié d’y Taire une place il l’Art. Il eill étd intéiessaiit de savoir ce que pensent les artistes sur le développeiuenl luiriiionieux de l’Iioniruc eide la Teinnie dans ses rapports avec restliéti(|ue et avec la vulKarisation de l’ai t dans ce qu’il y a de plus simple et de plus nolile à la fois : le mouvement liiimain dans ses diverses maiiifestalioiis.

«Si l’art ddeoratildevienl de jour eu jour un Arl riccessiiire ii une vie milioiiale qui s’ariine, le déveIo|ipemeul eslliétique et are.liilectural de riinmme eoustitue un Art iiifl/spriisii/ilc, puisqu'il atteint les sources nii'mes de la vie pliysiiiue, intellectuelle et morale de la nation par I individu. »

Dans sa séanci’ du -1 déi-cinlive Iftmt, la (’diamhre des df'puU's vote uu(i somme de 100(10(1 francs sur le luidget du ministère de l’Intérieur pour sulivenlion aux sociétés de [gymnastique, de tir et d’éducalion pliysiipie. Les fonds, ipii jusqu’à ce jour avaient été alloués au môme hudf'cl, ne s’élevaieni qu’à ào 000 francs.

ParallèlemenI aux liavaux de l’enseifcnement physique poursuivis par l’adminialration supérieure, la (Ihamhre des députés nomme une commission parlemenlaire de l’enseignement secondaire, sous la présidence de M. Hihot. dette commission ouvre une large enquête auprès des recteurs et des conseils généraux de l'Vance (I).

Voici les vieux que la commission émet sur la durée des classes et sur l’apidicalion de reducation physique :

Aut. it. — lj(t diirtd’ lolai.p des /teiires de classe, et d'étude seca réduite à sir heures pour les enfants fie moins de douze ans et n' excédera pas huit heures pour les étèees de mains de seize ans.

.Aire. 10. — L'éduetriion p/tysifpte sera ort/anisée sérieusement et aura une sfuielion soit dans tes examens de fin d'étfides,soil au point de rue du serriee militaire.

Certes, ce n’est pas encore l’idéal! Mais c'est une tendance vers le mieux. L’important est qu’on veuille s’occuper de la réforme.

Imposer plus de huit heures de travail intellecluel à des élèves âgés de plus de seize ans est une faute ijuc la refonte et l’allègement des programmes corrigeront. (jiianl à l’éducation physique, la sanction qui lui sera donnée aux examens de fin d’études et au régiment nous est le meilleur garant de son application sérieuse.

En 1900, au cours de l’Cxposition universelle, la cause de l’éducation physique est vivement défendue par les congrès scientifiques et par les concours physiques, dont nous donnons les comptes rendus dans la seconde partie de cet historique. L’idée progresse, elle pénètre si bien dans l’opinion que les pouvoirs publics s’y intéressent au point d’apporter des réformes très importantes à l’enseignement.

Aussik'it après le premier Congrès international de l’éducation physique, tenu à Paris du ttO août au G septembre 1900, paraissent deux circulaires du ministre de la Guerre et une circulaire du ministre de 1 Instruction publique; d’autre part, un projet de loi est déposé à la tribune de la Cbambre des députés par M. Gervais, rapporteur de l’éducation pbysiijue de la commission parlementaire d’enquête sur l’enseignement secondaire.

Le Journal officiel du 2 septembre 1900 publie une décision du ministre de la Guerre, M. le général André, créant un brevet militaire de gymnastique et de tir accessible à tous les jeunes gens appartenant ou non à des sociétés et ayant atteint l’âge de dix-neuf ans au l^r novembre de l’année. Ce brevet est délivré par une commission militaire siégeant au chef-lieu de chaque corps d’armée, à la suite d’un examen comportant essentiellement trois épreuves : marche, tir, gymnastiijue, à tout candidat ayant obtenu pour l’ensemble 70 pour 100 du maximum des points, avec un minimum de 50 pour 100 dans chaque catégoried’épreuves. Des places

(1) Cette enquête relève des faits piquants sur la façon d’appliquer l'éducation ptiysique par certains chefs d'établissement.

Après la discussion de r.Academie de médecine, l'Université songe à réformer ses programmes; elle fait construire, hors Paris, afin que les élèves jouissent du ]dein air et des exercices pliysiqiies mieux que dans les cours étroites et enserrées, deux lycées, celui de Vanves et le lycée l.akanal, situés en pleine campagne et possédant des parcs immenses. Or, le régime y est absolument le même que dans 1rs auires lycées de Paris. La seule di/ference, c'est que l'été, le matin, les élèves passent une demi-heure dans les allées du parc, en promenades en ranqs sous la sur~ ri illance des répélitcurs. Pendant les récri’ations, ils jouent dans leurs cours qui donnent sur Ir parc, mais il leur est formellement interdit d'en franctiT les limites. Cela sr passe au lycée de Vanves.

Au lycre l.iikanal, c'est à peu (irès la même chose. Son proviseur le déclare. Le parc de l.ak.iiia; a lu hectares, mais il est interdit aux élèves. Le dimanclie et le jeudi seulement les parents [icuvent y conduire leurs enfants. Quant aux promenades elles ont lieu en rang, toujours! lèt comme un membre de la commission demandait au proviseur [loiirquoi le parc n'i'uait pas mieux utilisé pour les exercices physiques, il répondit ijii'il ne voulait pas encourir les responsabilités des l'article 1384, un proviseur de Paris ayant été condamné àauoofrancs d'amende parce qu’un élève, en jouani avau passé la main dans une vilre et s'était blessé.

Malgré les vœux omis par rAcadèmie de médecine et la circulaire do 1890, réglant les heures d étude et de rocri'ation, dans certains lycées les élèves n'ont par jour que deux heures et demie de récréation sur neuf et dix heures de classes ou d'études. Quant aux promenades du jeudi et du dimanche, les élevés se irainenl encore dans les rues ou sur les routes. Ils en reviennent fatigués, sans profit pour leur développement physique. L'esprit d’initiative fait défaut. Le proviseur du lycée l.akanal n'ulibse pas le pare « parce qu'il faudrait pour cela une organisation .sp.‘cia!e et comme en ai'rivanl il avait trouvé une organisation toute faite... il l'a maintenue (Clément Nom,, Les .siporls et l'Enseujnement : Deux Lip'-es niodèles [Journal des Sports ù\i 19 mai I889]j.

d’engagés volontaires de trois ans, dans la proportion fixée pour cbaqiie corjis de troupe d’infanterie, d’artillerie on de génie, â 20 pour 100 du nombre lotal annuel des eiigagemcnls volonlaires de trois ans, sont réservées au mois d’octolire de eba<|ne année aux candidats ayant obtenu les meilleures notes.

La circulaire ministérielle du 17 septembre 1900 règle les conditions de l'examen et en publie le programme. Les coefticienls accordés sont: pour la marche,!)!) jioinls; le lir.50 points; les assonplissemenls et la tiatalion, 20 points; la boxe et le bâton, 2.') points; les courses et sauts, 25 iioiiils; la gyinnasliqne aux apjiareil.s, 20 points; la tenue générale, 10 points.

Le septembre 1900 le iriinislro de la Guerre publie le /‘rofp'amme d’éducalion phi/sit/ne et t/'enseif/iiemeul militaire jmur les élevés du l‘rytaw'e militaire de La Flèche, ("est la ■•('•''orme la plus importante en la matière qui ait été faite dans tout le siècle. Nous avons vu que pendant cent ans Ions les iiistriictenp.s ont été foiirnis par .)oinville-le-Dont, d’on ils ont apporté dans l’école renseignement militaire atliléliqiie et acrobatique. Voici maintenant que le |n'ogramme universitaire iiônèlre dans l’école militaire du Drytanée,pé])inière d’ofliciers iiui anront plus lard à appliquer l'éducalion pliysique au régiment et h .loinville-ie-Pont. Ainsi l'éducation va désormais remonter de l'eril'antâ riiomme et ne plus descendre de l’homme à l’enfant. Kn publiant sa circulaire programme du 2fi septembre, M. le général Andréa ouvert une voie nouvelle à l'enseignement physique de la jeunesse du jiays et de l’armée.

L’élaboration de ce programme avait été précédée d'un rapport adressé au ministre de la Guerre par M. le capitaine de Cissey, délégué de ce rninislère au prem'er Gongrôs inlernational de l’éducation physique, rapport dont les éléments forent puisés dans la série d’articles que nous avions publiées dans la Hernie scientifi/iie et qui constitiieiil le chapitre même de cette Introduction, et ensuite dans les travaux qui furent présentés an congrès.

<1 La gymnastique inililaire, écrit le rapporteur, excellente pour des hommes faits en pleine possession de leur force, convient moins à des enfants ou h des adolescents dont les systèmes musculaire et osseux, en voie de développement, n'offrent pas encore la résistance suffisante pour produire des efforts intenses. »

En conséquence, la première direction propose d’adopter pour le Prytanée militaire l'usage du Manuel d'exercices gymnastiques et de jeux scolaires publié par le ministère de l’Instruction publique, en usage dans les écoles publiques depuis 1893 et dont les essais tentés depuis 1898 dans les écoles militaires préparatoires ont donné de bons ré.sullats.

Le programme du 24 septembre est rédigé par des autorités très compétentes : « Ou doit absolument proscrire au début de tout entraînement toute recherche exagérée de la force musculaire. »

Les exécutants doivent être divisés en deux groupes d’après leur âge; le premier groupe comprend les enfants de dix à seize ans, « c’est la période des exercices d’assouplissement, d’équilibre, d’oppositions, de luttes, de courses et de sar.ls exécutés avec modération; celle des jeux de plein air, des exercices de suspension, d’appui, de voltige et d’escalade, de natation... Tous les mouvements imposant des efforts violents doivent être évités... La rigidité des exercices militaires exécutés avec ensemble et à commandement, l’immobilité piolongée sur les rangs ne conviennent pas aux enfants, dont ils contrarient la nature vive et ardente. 11 convient de s’attacher à n’apporter à la libre manifestation de leur besoin de mouvement d'autres limites que celles qui sont imposées par la nécessité de maintenir le bon ordre. »

Gue nous voilà loin des bataillons scolaires !

Que de chemin parcouru en quelques mois à peine!

L’idée progresse, elle va, elle frappe. La vérité scientifique pénètre partout et vivifie, ou finit par aboutir dans l’armée elle-même ; l’iionneur en revient à M. le général André.

La deuxième période comprend les adolescents de seize à vingt et un ans. « Ceux-ci peuvent commencer progressivement lesexercices d'escrime, d’éqiiitalion, les mouvements plus difficiles aux appareils et en général les exercices de la gymnastique d'application qui exigent une grande vigueur. Pour les adultes, comme pour les enfant.s plus jeunes, lesjeux de plein air constituent le complément nécessaire de la gymnastique proprement dite... Les bons effets delà pratique des exercices de gymnastique dépendent de la méthode qui préside à leur exécution et du soin que les instructeurs mettent à les diriger rationnellement... La valeiird’un exercice réside dans la correction des altitudes et de la position du corps et des membres au cours de l’exécution du mouvement, dans le sens, l'étendue, l’intensité et la progression de l’effort musculaire. Les instructeurs doivent donc mettre tous leurs soins à surveiller et à rectifier les attitudes et les positions, à régler l’effort en vue du résultat à obtenir... Les exercices physiques ne doivent pas être envisagés au [loint de vue de l’enseignement des mouvements, mais à celui des elfets ()ue la pratique bien réglée decesmoiivements doit produire sur la santé et sur le développement physique des élèves... L’usage du Manuel d'exercices gymnastiques et de jeu.v scolaires publié par le ministre de l'Instruction publique et du Manuel du ler février 1893 est imposé au ITylanée militaire. »

Itédaction excellente, idées non moins excellentes. Nous avons vu combien les circulaires ont été nombreuses dans le cours du xix“ siècle; (misse celle-ci avoir un effet direct sur l'enseignement physique mililaii e. La réforme ne sera bien élablie que le jour où l’on possédei a des moniteurs et des professeurs instruits. Tant qu’on ne pourra pas compter stir un corps enseignant supérieur, sorlatit d’une école de gymnastique pédagogique et militaire semlilable à celle de 1 Institut central de gymnastique, de

/. ’ É I) U CA T ION ru y s / o u e

Slockliolm, toutes les rfrormes avorteront. On se sera payA de mots, on tournera toujours dans un cercle vicieux.

M. le général André, comprenant la nécessité de posséder un bon corps do professeurs, a délégué à Stockholm M. le capitaine Weinberg, du toi® régiment d’infanterie, pour y étudier la mélbode de gymnastiiiue mllllaire de Ling, à l’Institut central.

/.e Sd au moment de renouveler les engagements décen-

naux entre les collèges et l’État, M. Leygucs, ministre de l’Instruction publique, rédige une circulaire dans laquelle il traite la question des professeurs de gymnastique. L’enseignement pourra être donné par un professeur des classes élémentaires ou instituteur, quand la ville ne pourra faire les frais d’un professeur de gymnastique. Celui-ci devra recevoir un Irailement minimum de 1 200 francs par an. Ces professeurs devront participer aux marches et aux excursions; ils sont les moniteurs indiqués des exercices physiques qui doivent être en honneur dans les collèges et pour lesquels le ministre accorde des récompenses. Les recteurs auront à renseigner le ministre sur les collèges qui se seront particulièrement distingués dans l’organisation des jeux, de la marche, de l’escrime, de la nala'ion, du patinage, etc.

Hélas! de semblables circulaires ont été déjà rédigées sans qu’elles aient abouti. La raison?... C’est le peu de goût et le peu d’entrain que les maîtres eux-mêmes mettent à leur exécution. On fait tout avec l’homme ! mais le difficile est de trouver cet homme. Jusqu’à ce jour la théorie du moindre effort, résumée dans la formule du « pas d’affaire », a beaucoup trop de sympathiques adhérents auprès des maîtres de l’enseignement public en France. C’est pourquoi nous nous montrons quelque peu scepti. que sur les effets immédiats de toutes les circulaires ministérielles, fussent-elles rédigées plus éloquemment encore.

La solution est dans la création de responsabilités avec des sanctions sérieuses contre les paresseux et les réfractaires, et des avantages importants en faveur des hommes de bonne volonté et d’action.

Le 12 novembre 1900 .M. Gervais, député, présente à la Chambre une proposition de loi ayant pour objet d’exempter de six mois de service les jeunes gens pourvus du diplôme spécial de l’enseignement secondaire ou du brevet de gymnastique et de tir. Cette proposition, acceptée par la Chambre, est renvoyée à la commission de l’armée.

La question de la réduction du service militaire de trois ans est soulevée par cette proposition. Elle ne sera résolue que le jour où l’éducation physique sera appliquée méthodiquement dans toutes les écoles de France ; pour cela, il est nécessaire de posséder un corps enseignant digne des hautes fonctions qui lui sont dévolues.

Nous avons fini d’énumérer les circulaires ministérielles qui se sont succédé pendant un siècle; toutes ont été fort bien rédigées, toutes se sont inspirées du souci de rendre la patrie plus forte et plus grande par l’éducation physique de la jeunesse fran(;aise.

Après cent ans d’erreur et d’essais infructueux, allons-nous enfin aboutir? Qui sait où la routine va nous conduire encore? Pourvu qu’on ne se paye plus de mots I

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