V. — APPLICATION MÉCANIQUE DES MOUVEMENTS
L’application des mouvements en gymnastique médicale se pratique de deux sortes, à la main ou à la machine. L’application à la main telle qu’elle est exécutée à l’Institut central de gymnastique de Stockholm réclame des médecins gymnastes solides, bien entraînés et pouvant supporter la fatigue des longues manipulations.
Par la pratique, le tact digital du médecin acquiert une grande sensibilité, il lui permet d’apprécier les réactions musculaires les plus fugaces et d'agir ainsi en connaissance de cause.
Un médecin suédois, Zander, a remplacé par la machine le travail manuel du médecin gymnaste. 11 a pour cela inventé une série d’appareils vraiment très ingénieux. Par la transmission d’un arbre de couche, tous ces appareils fonctionnent soit en même temps, soit isolément. Néanmoins, entre l’exécution d'un mouvement appliqué ou provoqué par l’homme ou appliqué par la machine, il y a la même différence qu’entre un morceau de musique exécuté par un pianiste ou moulu par un piano mécanique. La manipulation directe d’homme à homme est de beaucoup supérieure à la manipulation mécanique. D’autre part, au point de vue pratique, l’installation de tous les appareils nécessaires à cette application est très onéreuse. Les appareils les plus perfectionnés ne sauraient constituer par eux-mêmes la gymnastique médicale. 11 est d’ailleurs tout un domaine qui leur échappe, c’est celui de la psychologie, dans lequel seul peut pénétrer le médecin gymnaste.
Le mécanisme le plus ingénieux est toujours inférieur à celui du cerveau agissant avec intelligence. Il ne faut donc [las
((lie rinstrnmeiitatioM donne le change sur la méthode ellemême, (|ui est très simple dans son application, mais très com- [dexe dans le pourquoi de cette application. La machine ne réqiond (ju’au coinmnut, le médecin gymnaste répond au j/ourquoi et au coininciU de l'application du mouvement jdiysirpie.
Un autre .Suédois, Liedbeck, a inventé un [letit appareil jiour les vibrations, fonctionnant soit à la main, soit à l’électricité.
beaucoup d’autres inventeurs ont construit de nombreux appareils en vue du dévelojqiement physiipie du corjis; tous ces ap[)areils valent ce ([u’ils valent [lar eux-mêmes, c’est-à-diie peu de chose, tant que les princi[)es de Faction des bras de levier jiar rapport aux fonctions articulaires, d'ajirès les [loints d’insertion musculaires, ne sont [las connus et ajqdiqués.
On ne saurait trop le répéter, de tous les agrès ou aj)|)areils les moins mauvais sont ceux qui [lermettent d’a(ipli((uer les mouvements avec ordre, selon la valeur des [dans de la géométrie biologique; les pires sont tous ceux qui provoquent la confusion entre tous ces plans et qui mêlent ainsi dans un inextricable enchevêtrement Faction des fibres musculaires les jilus opposées, sans coordination dans leur travail respectif et sans but ultime bien défini au point de vue du développement rationnel du corps. Au nombre de ces pires instruments, il faut placer tous les agrès de suspension en équilibre instalde, tels que le trapèze, les anneaux, etc., dans lesquels le corps ne prend pas d’appui sur le sol ; puis viennent les appareils élasti(jues à boudin ou en caoutchouc, dits opposants; ils peuvent faire du bien ou faire du mal, selon l’attitude. prise [lar l’exécutant avant d’accomplir le mouvement. La valeur du mouvement dé[)end de la forme pure prise au départ, c’est-à-dire de la fixation des segments articulaires immobilisés afin de mieux faire fonctionner le segment sur lequel on veut opérer.
Si l’on prend, par exemple, le mouvement aux anneaux, dit croix de fer, on constate ([ue l’articulation de l'épaule, qui est très élastique, très souple, à peine maintenue par des ligaments peu résistants et par des muscles en somme peu développés, est obligée de supporter tout le poids du corps, qui varie en moyenne entre 60 et 80 kilogrammes. Afin de pouvoir se maintenir en l’air, on transforme la cage thoracique en manchon à air comprimé en fermant hermétiquement la glotte afin de prendre un point d’appui fixe et le plus rigide possible sur le sommet de la cage thoracique. La respiration est ainsi supprimée, la circulation est ralentie, la tête se congestionne. Tout le poids du corps est soutenu par quelques faisceaux musculaires d’une articulation très peu résistante dont la fonction est de faciliter le libre jeu pulmonaire dans la plus grande amplitude thoracique. Tous les exercices de suspension du corps sur un point d’appui mobile ou même rigide, quand la suspension a lieu aux barres parallèles par exemple, provoquent des attitudes d’accommodation innombrables ; les mouvements des faisceaux musculaires sont désordonnés, ils s’enchevêtrent les uns dans les autres, en raison du déplacement du centre de gravité du corps. Les muscles, pour ojiposer la résistance nécessaire, modifient en quantité et en qualité les axes de leur traction, d’après le poids du corps et de ses axes de déplacement eux-mêmes. L’effort musculaire est énorme, car on respire d’autant mieux que la somme des efforts nécessités //ar l'acte respiratoire est moindre. Dans les suspensions aux anneaux, au trapèze, à la barre fixe, aux barres parallèles, cet effort est maximum parce que les muscles inspirateurs sont en extension forcée et que les muscles expirateurs, trouvant dans cette extension une force antagoniste à la leur, ne peuvent abaisser suffisamment les côtes pour expulser des [loumons l’acide carbonique fourni par le travail musculaire.
L’erreur vient d’une illusion respiratoire.
Par le nombre des attitudes multiples prises dans les mouvements de suspension, il arrive que, pendant quelques instants très courts, les omoplates sont fortement projetées en arrière et en dedans, grâce à une contraction rapide des rhomboïdes et des angulaires de l’omoplate faisant ainsi opposition à la chute en avant du centre de gravité du segment su[)érieur du tronc et de la tête. Dans cette attitude la cage thoraciijue atteint le maximum de développement, la respiration est plus profonde. On éprouve un bien-être respiratoire d’autant plus sensible et d’autant plus doux que la respiration vient d’être plus violentée. Ce bien-être passager et très rapide suffit pourtant à donner le change sur la bonté de l’exercice et sur la valeur de 1 agrès. Aussi répète-t-on ces mouvements. En agissant ainsi empiriquement, on sacrifie la réalité à l’illusion, ou gaspille des forces
L /I (: } M Y .1 N T / O / / /<; .1/ h: Dir a l e
cai', |iimr (ililciiii' uni' sciila pdsilion vraiitinil lionne i/a’o/t fitiun-di/ /ijrinhc tout, ilr siiifc, on on essaie une friande (|iianlilé viaiiiLoiil nianvaisos. La smlo allilinlo iini ]iiovoini(' une lionne, res|iii alion esl. (•elle des onio|dales loi teinenl rejeli'e en ai rièie jiar la eonliartion des innscles rlioinlioides el angulaires de l’o-
ino|ilale. Ils l'onl, liasenler eel os de dehors en dedans el. ils [irojelleiil, le nioif^non de l’i’'- |ianle en arrière.
V’oiei I rois dessins exi'cutés d'après trois altitudes dill'érentes prises par une ieune (ille, à ma cliniiine de f^ymnastii|ue médi cale. La [ueinière lif^ure a été dessini’e dans l’attitude des bras tendus en bas, tombant le long du cor[)s ; la seconde dans l’ati ilude des bras fortement tendus en haut ; la tioisième dans l’attitude des bras relevés à angle droit sur les épaules, les avantbras repliés , la paume des mains ajipliquée contre la nuque, la tête fortement redressée en arrière.
.\insi qu’on peut le constater, le muscle rhomboïde que j’ai seul dessiné d’après ses points d’insertion anatomiques sur le bord interne de l’omoplale, sur la 7® vertèbre cervicale et sur la 5“ vertèbre dorsale, ce muscle, dis-je, change de forme dans les trois positions.
Dans la /è/io-e 17 [bras l(‘mlus en bas, nu repos en station debout) le bord inlerne des deux omoplates G est à peu près parallèle à l’axe de la colonne vertébrale A li ; l’axe de l’épine de l’omoplate G' D (jui passe par le centre de la cavité glénoïde G' passe entre la '2“ et la 3' vertèbre dorsale, par un plan perpendiculaire, à Ü(J" sur l’axe du corps A B. La ligne G E G qui réunit les angles supérieurs de l’omoplate se confond avec la ligne G' U.
L’angle formé [lar le bord supérieur du muscle G .1 et le bord supérieur interne de l’omoplate G K est de 70° environ ; l’angle inférieur formé par la ligne F F qui réunit les deux angles inférieurs des omoplates et le bord inférieur du rhomboïde FI est de 30“ environ.
La ligne F F passe entre la 7° et la 8“ vertèbre dorsale ; l’écartement total entre les deux angles inférieurs est, de 0“’,08. L’angle formé par la ligne G' E G', qui réunit les deux angles supérieurs par la ligne G J du bord
supérieur du rhomboide, est de Les lignes G .1 et F 1
sont à peu près parallèles.
Dans la /è/«rc iS [bras tendus juirallrlenienl en hua/], le parallélisme n’existe (iliis. Les deux bords internes des omo|)lates sont rejetés de dedans en dehors, selon une ligne ohliriue très jirononcée ; l’axe de r('|iine de l’omoplate G' D passe [lar la 3' vertèbre dorsale, formant nn angle de 4t)'' avec l’axe de corps A B; la ligne G E G, (pii réunit les deux angles supérieurs de l’omoplate, forme la base d’un triangle avec les lignes axiales G' II; elle liasse entre la 3' et la ï' verichre dorsale. L’angle formé par D G' le bord supérieur du rhomboïde G .1 avec le bord su[)érieur interne de l’omoplate G K est de lo” environ ; l’angle inférieur formé par- les lignes F F et F I (sst de ID” environ ; la ligne FF passe par- la 7" vertèbr e dor sale ; l’écar ternent total entre les deux angles irrférieurs est de l)"’,17. L’iingle formé par la ligne G E G et la ligne G J est de 51)“ environ. L'aspect général de la ligure est celui d’un triangle isocèle à large base. Les faisceaux musculaires, au lieu d'être obliquement et systématirjuement dirigés entre; eux de dedans en dehors, rompent leur [larallélisme ; les angles d’insertion sur la colonne vertébrale s’ouvrent très largement à la partie irrférieure pour se fermer assez fortement à la partie supérieure.
Le triangle formé par les lignes G E G, G J, .1 G s’allonge à son sommet en raison du rerrversernent en bascule produit par l’épine de l’omoplate, de dehors en dedarrs.
L’extension des faisceaux inférieurs du rhomboïde est surtout très marquée dans l'attitude des bras fortement tendus en haut.
X\'ec\a. figure 1 !)
[mains-nuque), l’aspect général du rhomboïde change encore, le triangle isocèle s’allonge davantage par son sommet et se rétrécit légèrement à sa base avec ()“,ül en moins que dans l’attitude précédente. Les bords internes des deux omoplates sont fortement rejetés de dedans en dehors, l’axe de l'épine G' D passe par la G“ vertèbre dorsale, au-dessous du point d’insertion du bord inférieur du rhomboïde, alors que dans les deux autres attitudes il I)asse dans le muscle lui-même (entre la 2“ et la 3“ dans la figure /7) , à la 5' dorsale dans la figure LS), il fait un angle de 30“ avec l’axe du corps A B. La ligne G E G foinie la base d’un triangle avec les lignes axiales G' D et l) G', mais ce triangle se rétrécit beaucoup; cette ligne passe parla 5“ vertèbre dorsale. L’angle formé par le bord supérieur du rhomboïde G .1 avec le bord su[iérieur interne de l’omoplate G K est fermé com|ilètement à 0“ par l'accolement des faisceaux du rhomboïde au bord supérieur de l’omoplate. L’angle inférieur formé jiar les ligrtes F F et F I s’ouvre davantage que dans l’attitude précédente, il jiasse de IU“ à 2U“. La ligne F F jiasse par la 8® vertèbre dorsale; l’écartement total entre les deux angles est de Ü'“,ltJ. L’angle tonné par les lignes G'E G, G .1 et .1 G est de 05“ environ. L’asjiect général de la figure dilfère énormément de ceux des attitudes des bras tendus en bas ou tendus en haut. I.es faisceaux musculaires forment des angles d’insertion, sur l’axe du corps A B, d’autant |dus aigus (jiLils s'insèrent plus haut. I.eur extension est maximum dans l’attitude mains-nuque ; elle est [rrovorjuée jrar le mouvement de bascule de l’épine de l’omoplate. Get os prend ainsi la position maximum de projection de dehors en dedans et de haut
l itj. 17. — Muscle rhomboïde dans rottilude (les deux bras tombant le lontj du corps, bras tendus en bas, en position de Fixr. (Tracé pris sur uru; fille de treize ans.)
A n. Axe (!(’ I;i (••'Icinie — C,C. Oinojilates. —
(V ('*. (’jivilr (1** rdtnoplato. — (' 1). Axe «lo répiiie
di' l i'iiiopltiti* pa r 11* ct’titfc di‘ la cavité ^l'iaoïde,
nili-D la -Je et Ac vci ti'liii's ilnf^alcs. — i'i réunissant
lus diMix ntiioplairs par li’ui’ angle supuricur. I<«‘8 deux axes C 1) «■‘t (i 1-' passi-iit pai- le tiiAnic plan cl m* conrimdcnt. — F. .\ntfl«' inrci'icur de rnmnplatt*. F F Ligne ri'unissant les deux angles inferieurs des miinplatcs et passant entre la T** et la vertebte dot sale avec un c'i'arteiiient entre les deux angles de 8 cent i ni(*l res — K I. Bord inft'riour dti rhomboïde ineline h :»0'\ — (î .1 Bord supérieur du rhumboMo incline :i 4(10. (; jv Bord sn|M'rieur interne de l’oinoplate. — H.
An"le fornii’ par le soinnirt de runioplati* et le bord supérieur du rboinbohlo ouvert à 7U'*. — 7'“'’. 7® vertèbre cervicale. — I. :i, t;, g, 7, 8. b . 2>’, 7®, s- ver-
tèbres do: ale^.
Fig. 18. — Muscle rhomboïde dans l’altitude des deux bras élevés et tendus parallèlement en haut, au dessus de la tête, en position d' Ini'ocnd' )i. (Tracé pris sur une jeune fille de treize on?.
.\ B. Axe de la culonne vertébrale. — C,C. Omoidates.— <■' F', (’avitô glénoïde de l’oinoplate. — C D. Axe de l'épine de l’ouiojdate p.issant ji ir b- l•<•lltre de la cavité glénoïde et I l G* vertèbre ikirsale. — (î 10. Ligne riMinissant les deux omoplates par leur angb? sup-''ri''nr et passant entre la 3» et la 4® vertebre dorsale- — l‘\ Angb* inférieur de roiuojdate — FF. Ligne réunissant b'S dmix angles iiifi.M-ienrs des omoplates Gt passant ji-ir la 7® vertebre dor.salc avec un écartejiM-nt entre les deux angles de 17 eetitiin- trcs. — F L Bord intérieur du rhoinboïde incliné à 10'». — G. J. Bord supé rieur du rh'unbuide incliné ii liQo. — (J K. Bord sujti'rieur interne de l'oinojdatc. — IL Angle formé par le soniniet de l'(inio[(l.i(e (’t b* bord su pé-iieur du rbomlioïde, ouvert .'i I 7'"®. 7‘ vei-tebi'c Cervicale — 1, 2, 4, 3, 7. l®®, 2®, 3®,
ü®, 7® Ve rtc lu’t*.' doi’sal
fig. 19. — Muscle rhomboïde dans l’attitude des deux bras repliés en haut en position de maiusnu'/ue. (Tracé pris sur une jeune fille de treize ans.)
A B- Axe de la colonne vertébrale. — C,C. Oinoplatys. - C' CL Cavité glenoïde de l'omoplate- — CD- Axe de l’épine de i’omoplate passant par le centre de la cavité glénoïde de la 6® verti'bre dorsale- — CE- Idgne réunissant les deux omoplates par leur angle supérieur et pa'<sant par la 5® vertèbre dorsale. — F. Angle inférieur de l’omoplate- — F F- Ligne réunissant les deux angles inférieurs des omoplates et passant par la vertèbre dorsale avec un écartement entre ces deux angles de 0,16 centimètres. — F L Bord inférieur du rhomboïde incliné à, 20«. — G J. Bord supérieur du rhomboïde incliné à 6-i)0 — G K. Bord supérieur inlerne de l’omoplate touchant le bord supérieur du rhomboïde- — H- Angle formé par le sommet de l’omoplate et bord supérieur du rhomboïde, formé à O». — 8. 8c vertèbre cervicale- — 1- 5- 6- 8- B®, ü®, 6® et 8® vertèbres dorsales.
L /I r, YMNA S TIQ UE ME El CA E E
en bas (jiril jmisse atteindre. Il attire tons bis muscles de la région supérieure llioraci(iuo (jui s’insèrent sur lui et leur imposent une extension l'orcée. (Jette extension est surtout Irès prononcée aux pectoraux et aux muscles intercoslaux dans le soulèvement de laçage Ihoraciiiue. L’attitude déve-
loppe la poitrine au maximum par l’antagonisme du iliomboide et de l’angulaire de l’omo{)late. D’autre part, celte attitude ])rovoque un travail plus grand de ces deux muscles, surtout du rliomboïde ; elle contribue ainsi à les fortilier et, par cet elTet iiulirect, à fortilier les muscles inspirateurs de la poitrine, l’oint n’est besoin jiour cela d'agrès de sus|)ension,qui violentent à la fois les muscles par le poids du corps qu’ils ont à supporter, et la respiration pourrelTorl à produire, comme cela se passe dans la suspension aux barres paiallèles, aux anneaux, au trapèze, à la barre fixe, etc.
Dans les exercices aux barres parallèles, l’e'quilibre instable du corps tend à déplacer constamment le centre de gravité. Un ell'ort musculaire continu est nécessaire pour rétablir l’équilibre puisque le point d’appui se trouve placé au-dessous du centre de gravité. Cet effort porte sur le massif de l’épaule et principalement sur le deltoïde, fort peu sur les pectoraux et sur les rhomboïdes, puisque l’attitude est celle des bras fortement tendus en bas. La résistance du poids du corps à soulever trouve un antagoniste dans la puissance des muscles de l’articulation de l’épaule, articulation très lâche et fort peu résistante. Le corps se voûte, la poitrine se creuse, le dos s’arrondit, les rhomboïdes sont au repos, l’axe des bords internes des omoplates est parallèle à celui de la colonne vertébrale.
Dans la supension aux anneaux, au trapèze, à la barre fixe, à l’échelle, etc., le point d'appui est placé au-dessus du centre de gravité, l’équilibre est stable. L’axe spinal de l’omoplate bascule comme dans la figure 18 [attitude bras tendus en haut] mais ici l’articulation de l’épaule, très souple et relativement peu solide, est obligée de supporter tout le poids du corps. Le jeu des muscles inspirateurs est violenté par une extension forcée d’autant plus grande que le poids est plus lourd ou que la puissance des muscles de l’épaule est moins grande pour s’opposer à la résistance du corps. Celui-ci prend des attitudes diverses de compensation selon les groupes musculaires les plus développés du sommet de la cage thoracique et des bras. Car Taxe du corps ne tombe jamais verticalement vers le sol selon un plan normal et physiologique. On ne peut donc rectifier les fausses attitudes à cause des deux seuls points d’appui pris sur les mains. La faligue, d’ailleurs, fait lâcher l’agrès et tomber à terre. Les agrès de suspension sont d’autant plus mauvais que le point d’appui pris sur eux provoque l’action désordonnée des muscles, à la recherche d’un centre de gravité qui se déplace sans cesse, que l’appui soit pris au-dessous de ce centre, comme dans les barres parallèles, ou au-dessus, comme dans les agrès mouvants tels que les anneaux, le trapèze, etc.
Tous les agrès doivent donc être stables et permettre de prendre un point d’appui fixe et ligide afin d’immobiliser le segment du corps qui doit servir de point d’appui à l’action musculaire du segment qu’on veut faire fonctionner.
L’attitude à angle droit des avant-bras sur les bras placés en croix à la hauteur des épaules est celle qui développe le plus la cage thoracique, de même que l’allilude des mains appuyées contre la nuque par leur face palmaire. Une barre rigide passée transversalement dans le dos, au milieu des omoplates qu’elle maintient contre la cage thoracique, dans un plan vertical, est le meilleur des agrès avec lequel on peut faire exécuter un très grand nombre de mouvements aux segments supérieur et moyen du corps, puisqu’elle sert de point d’appui rigide. D’autre part, le point d’appui du corps étant appliqué sur le sol par les pieds, les muscles extenseurs et fléchisseurs de la cage thoracique, de même que les muscles de l’inspiration et de l’expiration, ne sont pas violentés par la lourdeur du poids du corps suspendu ; ils peuvent ainsi fonctionner ; l’effort nécessité par l’acte respiratoire étant moindre, la respiration est plus profonde.
J’ai établi que les agrès les plus utilisés dans notre gymnastique française sont fort dangereux par eux-mêmes. A vrai dire le danger existe partout; un peu d’eau désaltère, mais si l’on tombe dans la rivière, on en boit trop et l’on se noie. Une station debout, fixe, délasse d’un travail de bureau prolongé, mais la même attitude longuement conservée par un stylite peut entraîner la mort par surmenage. Tout est dans tout.
Ce n’est vraiment qu’en Suède qu’existent une organisation
et une application scienti(i(|ues de la gymnastique hygiénifjue et médicale. Ces deux gymnastiques se pénètrent l’une l'autre.
VL — MASSOTIlliliAI'in
{Manœuvres de Massothérapie.]
Les alfeclions tiaitées avec succès par la gymnastique suédoise sont celles des organes digestifs chez les malades atteints de dyspepsie, de dilatation, de constipation, d’atonie péiistaltique, d’entérite chronique, etc., et surtout les alfections du cœur, auxquelles onappliipieune gymnastique spécialequia pour effet de faciliter le travail de cet organe en améliorant la circulation ralentie et affaiblie. On arrive â ce résultat en diminuatit l’alfusion du sang dans la circulation veineuse par des mouvements passifs tels que le massage, les torsions musculaires et les mouvements respiratoires. Par le massage et les torsions musculaires on active la circulation veineuse de retour. Le sang est attiré vers le thorax par les inspirations profondes et vers l'abdomen par le massage du ventre. Le massage agit sur la circulation lymphatique. Chaque pression d’un muscle décongestionne d’autant le cœur parce que le sang stagne moins longtemps dans les veines, par ce fait la circulation artérielle est facilitée.
On peut comparer le système circulatoire à un réseau de chemin de fer commandé par une station principale s’étendant par ses grandes voies et par ses petites voies d’intérêt local et particulier jusque vers les demeures les plus isolées du territoire. Le réseau possède deux voies : une d’aller, une autre de retour, plus un petit réseau annexe qui sert à assurer le bon fonctionnement des échanges gazeux. Sur le trajet abdominal on rencontre également un réseau annexe, dont la fonction est d'éliminer les déchets liquides par filtration dans les tubes des reins. A la tête de chacune de ses voles se trouve une double salle d’attente pour le départ et pour l’arrivée des voyageurs. Le cœur est la station d’où part et où aboutit le train liquide sanguin, par les deux voies d’aller et de retour : le système artériel et le système veineux. Le globule sanguin est le voyageur qui, chargé d’oxygène, passe de la salle d’attente, l’oreillette gauche avec la masse liquide, également chargée de principes nutritifs, par le quai de départ de la gare où il est poussé sur la voie, c’est-à-dire dans l’artère aortique par le ventricule gauche. 11 suit tour à tour les grandes voies de communication avec les artères, les petites voies avec les artérioles, les voies d’intérêt particulier avec les capillaires, et il arrive ainsi chez l'habitant, c’est-à-dire jusqu’à la cellule musculaire, nerveuse, glandulaire, etc.; accompagné du plasma sanguin, il fournit l’aliment à l’habitant qu’il débarrasse ensuite de ses déchets d’acide carbonique et autres pour se transformer en tombelier; il revient ensuite vers le cœur par les voies veineuses de retour, afin d’aller déverser les immondices dans le grand océan aérien, par l’intermédiaire du réseau annexe de la circulation pulmonaire. Pour cela il arrive à l’oreillette droite, la salle d’attente; il passe ensuite sur le quai de départ par le ventricule droit, d’où il est projeté dans l’artère pulmonaire, la grande voie ou réseau annexe. 11 arrive ainsi par de petites voies capillaires jusqu'à l’océan aérien, c’est-à-dire jusqu’à l’air extérieur où il déverse l’acide carbonique pour y puiser de l’oxygène. Cela fait, il revient sur ses pas par une autre voie de retour qui aboutit par la veine pulmonaire à la salle d’attente, l’oreillette gauche, d’où il est parti au début. Si un obstacle obstrue la voie en un point quelconque du réseau, soit sur les grandes lignes d’aller et de retour, soit dans les régions visitées par les pourvoyeurs, le transit est aussitôt enrayé par l’accumulation des transports en certains points; les voies étant obstruées, toute la circulation est compromise, et par contre-coup, la gare centrale, le cœur travaille en raison même de cette modification dans le service des approvisionnements. Le cœur est forcé, la maladie survient.
En dégageant le réseau obstrué, on soulage le cœur dans les efforts violents qu’il est obligé de faire pour accomplir sa fonction. On y arrive par le massage des organes abdominaux et de toutes les parties en général où la circulation sanguine est grande.
En déblayant les voies de retour sur lesquelles on a une action directe par le travail musculaire, on déblaie du même coup les voies circulaires de l’aller.
Les procédés utilisés par la gymnastique suédoise dans ce cas sont simples et sûrs. Le massage agit surtout sur les terminaisons nerveuses qu’il excite et qu’il provoque à l’action en
/. A (\ ) M N A S T / O n E M El) K' A L E
viK! (riiric iirilalidii iiii'caniiiiic des iiiiisclas de la (iiiiii|ii(; des vaisseaux sanguins, l es ellleuraf'es de la lu-aii à la eat'iliai|ue aj^'isseiil sur les I ei iii i uaisuiis nerveuses euuuue sédal ils (d rdujuie raliiiauls du eu iir (|ui esl, ii ril.é par un U’avail piaiiil .
I.a Inrsidii des uieiulii'es ou des sef^uiful.s du corps esl uufi
inauu'uvre ('^.'aleiueul Ires ulilisée. (lu alloui,'(‘ ainsi les li lires uiiisculair (;s ijui reu l'ei ment, les vaisseaux saiii^uiiis, ^'rands et, petits. I.e calilu’e de tous (Uis vaisseaux est lirassi"' jiar ralloui^eiueul dû à leur torsion, le jdasnia sauf'uin est refouli' inéca n i(|ueinen t et la circulation se rétaldit ainsi plus rapidement. I.es torsions employées sont c(dles de la main, du luas, à rartirulation d(î l’éjianle, du pied, des liaucli(‘s, de la tète, du tronc avec, torsion circulaire, car on agit de |)rél'(û'euce sur les légions articulaires où se rencontrent le jdus de vaisseaux qu’on peut atteindre ainsi jilus l'acilenient. Les mouvements de torsion sont exécutés passivement par le malade, le médecin gymnaste actionne luimême le membre sur lequel il agit.
I.a torsion de la tète doit être ju’atiquee avec beaucoup de prudence car elle provoque des étourdissements et des vertiges, par son action sur la circulation de retour au passage des veines jugulaires.
Toutes les torsions abdominales sont d’excellents exercices qui de'congestionnent la tête et le cœur.
Une bonne respiration a une beurense intluence sur la circulation sanguine. Un ouvrant largement la porte d’entrée à l’air dans les poumons et en développant la cage thoracique au maximum par l’élévalion des côtes et par le libre jeu du diaphragme, on augmente d’autant les points de contact des capillaires pulmonaires et du liquide sanguin. Plus les débouchés du (lain liijuide sur l’océan aérien sont nombreux, plus grande est la circulation sanguine. Tous les mouvements de gymnastique pédagogique, hygiénique ou médicale qui développent la cage thoracique en l'élargissant sont donc des mouvements qui facilitent la circulation; par ce fait ils sont décongestifs et nutritifs gazeux. Les fortes inspirations augmentent la pression négative sur le thorax, une absorption vigoureuse se fait vers les poumons, d’autre part le diaphragme agit sur la masse intestinale et sur la circulation abdominale.
Les mouvements les plus utilisés dans le traitement des maladies du cœur sont le soulèvement de la [mitrine, l’extension de la ]ioitrine en éventail, l’élévation des bras, tous ces mouvements ont pour elfet de soulever les côtes et de transformer en cylindre le tronc de cône de la cage thoracique.
On utilise également les secouements de la poitrine et du dos accompagnés de pressions sur les émerijences nerveuses du dos, aux trous de conjugaison des nerfs rachidiens.
Le traitement local du cœur consiste en bachemeids, battements, cla(]uements et eflleurage. Les claquements et l’eflleurage diminuent l’activité du cœur de dix à trente pulsations à la minute ; elle est augmentée au contraire par le hacbement et le battement.
Dans un tel traitement, il faut avant tout utiliser les mouvements passifs, aux(juels on peut ajouter, le cas échéant, quelques mouvements actifs légers, tels que les llexions des mains et des pieds avec des extejisions alternatives, les llexions et les extensions des genoux et des avant-bras.
Un applique également quelques mouvements actifs des jand)es; les jirincii>aux sont le soulèvement avec extension de la
Fi(j. 20. - - Ascension de côte en montagne. Marche en flexion en avant, {('ote de Sr> po}n' fOO.)
Mxtension «lu la jainbo p;aiioli(* ft du troue un avant, (U>xion de l,i jainlio droite. Poids du oorp.s ju-ojot»' de "aiiclie h droite sur la janiln* droite en (lexion. Ce poids s(*rt ?i soulovcr, jt.ar action ftpjD-,s(-<‘, le poids de la jambe jjauehe. Le poids de la tt'te tendue ou avant, de ^anclic droite, vient .s’ajouter au poids du segment droit du corps. Le plus grand effort porte sur les imiseles de la région lombaire droite qui servent îi soulever la jambe gauche. Celle-ci, en se pliant, vient placer le pied sans effoid sur le plan incline supérieur d(î la côte. Pieds plac'<?s à angle <lroit- — Photographie prise à (buiterets (Cambasque) par M. le D»’ Paul Senipé.
■ I(‘ 'Parbes.
jambe siii' la cuisse, la torsion et l’écat lement. Les mouvements, qm; les Siiéilois appellent mouvements comliirleurs, dégagent le e.ieui- bien mumx (|ue ceux des liras, qui sont mal supportés [lar les cardiaques. Le liai teim nt du cuuir ilure environ trois triois, à raison d’une heure d’exercice jiar jour.
\ll. — I.A CUltK DU l'I.KI.'l AIR PAR l.A MARCIIK KN MONTAGNE
La méthode d’OUrtel, en Allemagne, connue sous le nom de cure de terrain, et (|ue nous appellerons cure de plein air, est basée sui- la même théorie. Les (uaialiaques doivent marcher en j>ays de montagne dans des lacets dont les côtes varient.
La montagne (leut être considi' l'éf; comme un agrès de gymn.istiqiie immobile et rigide sur le()uel s’accommode la machine liumaiiie, mise eu fonctiun avec cet agrès, dette fonction esl limitée aux jambes, dans l’ascension ordimiire; aux jambes et aux bras, dans l’escalade avec giimpeimmt. Selon rinclinaison du lerrain, c’est-, à-dire de la côte, le liTivail du cœur est pins ou moins gr.'iiuL l);ms l;i marche en montagne il faiil. considérer, comme dans tout exercice physiiiue, la [irogressiou rationnelle comprenant : la iiositiori fomlamentale, la force, la durée, la rajiidité, la ii'qiélilion, la combinaison des mouvements s’adressant aux st'gments inli'rieur et siqiérieur du cot jis. La position fondament.de a une grande importance.
Latlitmle du cor[)s dans la marche en montagne dilfère selon la cote du terrain. Alors qu'en plaine elle doit être droite, en montagne elle doit être penchée en avant dans l’ascension, et verticale en arrière dans la descente. I.a montée dans ratlitude droite agit sur les muscles extenseurs des cuisses, elle est très fatigante. I>ans l’ail itude penchée en avant la montée est moins pénible parce (jii'on monte avec les muscles du massif lombaire au lieu de monter avec les muscles extenseurs des cuisses bien moins dévelopjiés que ceux du massif lombaire.
L’allure de cette marche est lente, à balancement doux et alternatif Je gauche à droite et de droite à gauche. Les groupes musculaires extenseurs d’un côté attirent le segment opposé du corps en formant pour cela une masse rigide qui prend un point d'appui fixe sur la jambe fléchie en avant et du même côté. La jambe droite, par exemple (fig. 20), étant en llexion sur un point plus élevé que celui de la jambe gauche, celle-ci est tendue fortement, le buste se porte eu avant et à droite, la tête fait contre poids à l’extrémité du bras de levier que forment la colonne vertébrale et les os de la jambe tendue. Tous les muscles du côté gauche sont en extension, tout le poids du coiqis se porte en avant, sur la jambe droite lléchie;ce poids sert à soulever la jambe gauche, elle se place sans elî'ort, par la simple contraction du muscle couturier et des adducteurs, devant l’autre jambe par un mouvement de bascule de gauche à droite. Le pied vient se poser naturellement sur le sol qu'il rencontre sur un
plan incliné en avant (fig. 21). Eu ce moment, la tête et le buste se poi lent de droite à gauche eu se penchant sur la jambe gauche llèchie, le côté droit étant en extension l'orcée, et ainsi de suite. Dans cette marche l'élévation du corps sur le plan incliné de la côte est produite par le travail des muscles du massif dorsolombaire et iiostérieur de la ceinture abdominale et non de la cuisse. On monte avec son râble en utilisant le poids de la l(‘te et du buste inclinés vers le sol, qui a pour elfet de déplacer en avant le centre de gravité du corps.
Fig. 21. — Ascension de côte en montagne. Marche en flexion en avant. [Cote de S5 pour tOO.)
Extension de la jambe droite et du tronct-n avant, flexion delà jambe gauehe. l’oids du corps projeta de droite gauche sur la jambe gauche en flexion; ce poids sert à soulever jiar une action opposée le poids de la jambe droite. Le poids de la tête, tendu'* en avant, de droite à gauclie vient s’ajouter au poids tlu segment gauche du corps. Le plus grand effort porte sur les inu&cles de la région louibaire gauche, qui servent à soulever la jambe droite.
Celle-ci, en se pliant, vient jilaeer le pied, sans effort, sur le phin iin-liné supérieur de la ctUe. Lieds placés angle droit.
— Photographie prise fi Caulerets (Camlias'pio) par M. le 1)‘ Paul Sempé, de 'i'arbes.
A/l (iï MN ÀSTlQini MK 1)1 CAI. K
Fig. 22. — Descente de côte en montagne. Marche en flexion, vue de face. {Cote de BBpour 100.)
Jambes fléchies en losange ouvert, buste droit, perpendiculairement à l'horizontale, pieds en équerre. L’attitude, en cette photographie, a été intentionnellement exagérée pour mieux faire compreiuU’c l’importance de la flexion des jambes dans la descente d’une côte rapide. Le choc est atténué dans l’articulation du genou et dans celle du bassin- — Photographie prise à Cauterets (Cambasque) par M. le Dr Paul Sempé, de Tarbes.
Dans la dasconlo, raltiliule cliaiif;*’ ; mais elle dépeiul loujeurs, comme dans la moulée, du bras de levier formé pai' la tôle à l’exlrémilé de la eoloiiiie vertébrale, 'l'amli.s qu’à la montée le poids de la ti'le, placée eu avant, tend toujours à reporter le centre de {gravité d’arrière en avant; dans la descente il doit tendre à le placer d’avant en arrière selon un plan perpcndicn-
laiie à l’bori/.oiilale. l’onrcela, lont le jioids du corps doit, leposer en entier sur la plante des jiieds; les pieds attaquent le sol selon un plan obli(iue parallèle à celui de la côte (/à/. 22-‘23) , et non sur les talons (//V/.2à). La figure 24, descente sur les talons, jambes tendues, et la figure 23, descenle sur la plante des pieds, jambes en llexion, rej)résentent ces deux altitudes vues de dos. La descenle sur les talons ne doit se faire que sur des plans très inclinés. Les talons jouent alors le rôle de pieux rigides qui s’enfoncent pour soutenir le poids du corps contre la chute en avant, la tête est fortement rejetée en arrière pour faire contrepoids, un pic sert de point d’appui en arrière en même temps que d’arrêt {fig. 25). Mais sur un terrain dont la cote varie entre 0™,30 et 0™, 40 par mètre la descente peut se faire de plain-pied.
Pour cela, on fléchit les jambes eu losange en les entrouvrant assez fortement, le buste est maintenu droit et rigide [fig. 23).
Cette descente en llexion, qui fatigue beaucoup les muscles extenseurs de la cuisse et l’articulation du genou, à la patte d’oie, supprime tous les ébranlements du cerveau provoqués par la descente sur les talons. Tous les chocs sont décomposés dans les articulations du bassin et du genou, la douleur est à la rolule et aux muscles du massif lombaire.
C’est surtout eu montagne que la marche en flexion rend de véritables services. 11 n’y a d’ailleurs qu’à regarder marcher les vieux montagnards: leur allure lente est légèrement balancée latéralement, le buste est plus ou moins penché en avant et les jambes sont lléchies à la montée ; elles le sont également à la descenle, mais le buste est droit. Les montagnards et les ours ont une même allure de marche balancée.
Voici quelques observations que j’ai prises en montagne, à Cauterets; elles peuvent servir pour d’autres stations d'altitude.
L’inclinaison de la route carrossable qui conduit de Cauterets à la cascade du Cerizet varie entre 0™, 07, 0™,08, 0“,10, 0"’,12, 0"',14 et même, à certains endroits, 0"’,15 par mètre.
Jusqu’à Ü“,09 et U™, 10 l’inclinaison du corps en avant est peu sensible, la projection du buste augmente sensiblement à partir de 0'",14;à celte cote, la montée commence à devenir difficile. L’amorce des premiers lacels du chemin foreslier qui conduit du Cerizet au sommet du Péguère possède une inclinaison de 0“,15;
, celle de la promenade des Œufs est de 0™,09, la marclie y est facile; la moyenne de l’inclinaison des Lacets, promenade située au-dessus des Œufs, est de 0''’,'12, la marche s’y fait sans danger, sans difficulté et sans fatigue.
Fig. 23. — Descente de côte en montagne. Marche en flexion, vue de dos. Attitude intentionnellement exagérée. (Cote de 35 pour 100.)
L'inclinaison de la côte qui ronduilde labuvelte du .Mauliourat d’en bas, à la grotte, source du Maiibourat d’en haut, vaiie entre 19 et 0"',3O j)ar mèti e ; la route carrossable possède à cei tains endroits 0"“,I4 pai’ inèlre. Le [)ied du lacet (jui de la route conduit à la grotte est à 1 071 mètres d’altitmb!, la grotte est à 1 102 mètres, la longueur du lacet est de 130 mètres, les inclinaisons de ce lacet sont tour à tour de ü"‘,24, de 0"‘,11,
0"',24 et ü"’,2ü. Les attitudes de la marche à prendre à la montée et à la descente de ce lacet, très fréquenté, qui s’élève de 31 mètres sur 130 mètres et sur lequel j’ai fait les expériences de marche, doivent être celles qui sont imli- (]uées sur les photographies {fig. 20 à 23) prises dans les lacets de Cambasque , à la cote de Ü™,3o par mètre. Le lytlime de la marche dans l'ascension d’une côte variant entre 0'’',19 et 0“,35 doit être environ d’un pas à la seconde.
Voici une observation prise à la montée des 130 mètres du lacet du Maiibourat ; elle servira à mieux faire comprendre cette exposition. Sujet mis en expérience ; âgé de 49 ans, poids 67 kilogr., taille 1“,74, ouverture des jambes du périnée au sol 0™,85, développement thoracique au cyrtromètre, au repos ü“,8o (1), en expiration forcée 0'",83, en inspiration forcée ü“,88, capacité respiratoire 3 litres 200, pouls au repos, au lit, le malin au réveil 52 pulsations à la minute ; au pied du lacet après une marche à pied pour s’y rendre, de Cauterets 72 pulsations; montée, au rythme de u?t pas à la seconde, longueur du pas 0“,50, temps mis pour gravir les 130 mètres, 2 minutes 40 secondes; pouls à l'arrivée 85 pulsations; après une minute de repos 77 pulsations. Le même sujet observé au sommet des lacets qui conduisent au lac de Gaube donne 95 pulsations à la minute. L’inclinaison de la côte y varie entre 0''',55, 0'^,70 et On^SO par mètre. A certains endroits l’escalade s’opère par un système d’escaliers.
Avec une inclinaison de plus de Ü‘'’,46 la montée se fait surtout à l’aide du triceps fémoral, les muscles lombaires travaillent également ainsi que les muscles de la région antérieure de l’abdomen. La 'douleur de la
courbature, au premier en- • — - ^
traînement, se localise surtout dans toute la région supérieure et antérieure de la cuisse et aux muscles de la région lomliaire; la descente se pratique sur les talons, à l’aide d’un bâton servant de point d’appui au corps, qui a une tendance à être projeté en avant. A Û“,42 on peut desceudrede plain-pied sans l’aide du bâton [ftg. 22).
A l’inclinaison de 0'’',61 {ftg. 25) la montée s’opère en
Fig. 24. — Descente de côte en montagne. Marche en extension, sur les talons. {Cote de 35 pour 100.)
Les jambes sont tendues, le choc porte sur les talons au lieu de porter sur les genoux et le bassin en arrière, comme dans la marche eu flexion. Il se répercute à la tête. — Photographie prise à Cauterets (Cambasque) par AI. le D'' Paul Sempé, de Tarbes.
(i) La valeur vitale du sujet, d’apres la formule de M. Pignet, serait égale à 19. Cette valeur est obtenue en additionnant la mesure de la dimension cyrtomélrique de la poitrine avec le poids, le total est ensuite retranché de la taille. La valeur est d'autant plus grande que le nombre restant se rapproche le plus de o.
Dans le cas présent la valeur serait moyenne. T — P + C-V, ou mieux l“',74 — (67 -F 88). 1,55 = 19.
Fig. 25. — Descente d’un plan très incliné en montagne.
{Cote de 61 pour 100.)
Jambes alternativement tendues et très fléchies, appui sur les talons etsur le pio par la pression d’un bras. Buste projeté en arrière dans le plan perpeudicuiaire à l’horizontale. — Photograjihie prise à Cauterets (Cambasque) par M. le D^Paul Sempé, de Tarbes.
LA gymnastique MÉDICALE
(ï-;c;ila(I(‘ ; la (l('S('(‘nl,c s(; l'ail (>n rxli’usioii l'()r('('(i ilos Jaiiilias, les lalims |irrtiaiil, un jioinl (ra|i|nii (ixn i l r if.'iilc sur le sol ; le hâloii qui niiii il le len ain en an ièic du coi |is, serl, à le relenir dans sa clinii' eu avaul.. A I inclinaison de ()"q77 la niontde en escalade s’exécule à l’aide de niaiclies d’escalier |iraliqu('es dans le sid, il en est de nièine [lour la descente.
I.a niarclie en inonla,i,'ne |ieut être jilus ou moins falif,'ante, utile ou nuisilde sidon (|u’on tient coni|ite des l'acteurs cités plus haut : position l'ondanientale, l'orciq dniée, l'ujiiditê, ri'|i(!lilion, etc.; sidon l’i'lal de santé' et d’entraînement du corps; selon l’à^e du sujet, le moment an(|uel il se livre au.x exercices de la marche; sa puissance de réparation aux pertes nerveuses que [ii'ovoijue tout exen ice physique tant soit |)en intense, etc.
l'în cours de Irailement, surtout quand les eaux sont irritantes ou excitantes comme les eaux sulfureuses ou arsenieales on doit s’abstenir de toute finaude fatif^'ne musculaire [laice ipie celle-ci jirovoiine la l’atif,'U(ï des centics nerveux. Il en est de même (|nand le système nerveux est fatigué jiar un surmenaf,'e intellecluid, émotif ou autre. Il convient alors de procède)' avec heaucou]! de ciiconspection dans l’apidication de la cure de plein air par la marche en moida;^ne, sous peine de jirovoiiuer de ”iaves dé'sordres. Il va sans dii'e que la circonspection doit être |dus f^ramle encore (]uand on a alfaiie à un sujet atteint d’une alVec.tion patholo”ii]ue du cieur, des poumons, des reins, du foie, etc. La machine humaine s’échaulfe comme une machine industrielle, l’échautfeuient peut même dépasser 2“ au-des.sus de la normale et [uovoquer ainsi de la lièvre expéiimentale. •l’ai vu la tempêratui e Ihei inoim'li ique d’une |)ei sonne qui s’était mise en expérience s'élever de d7'’,2, température normale du corps humain, à 29“ sur un paixoïirs de 10 kilomètres d’ascension en montagne, en quatre heures de marche, dans des lacets dont l’inclinaison variait enti'e 0"’,15 et 0“‘,2ü par mètre pour s’élever aune altitude de lüUÜ mètres.
Ouand l’essoufllement survient il faut arièter la marche et procéder aussitôt à des mouvements d’inspiral ion profonde afin de cahner le cœur par un développement pulmonaire ]dus large. On exécutera pour cela les mouvements d’élévation des bras qui soulèvent la cage thoracique. Un élèvera également le corps sur la pointe des pieds, dans le mouvement il’élévation des bras et on rabaissera sur les talons dans le mouvement d’abaissement des bras. On pourra exécuter les mouvements d’après les ligui'es 3, 4, 5, 7, 8 de la Gijnniaslique pédtigoijique (page 95) et les r(''péter de cinq à dix fois dans un ri/thme très lent. La montagne élant un agrès de gymnastique au plein air sur lequel s’adapte le corps, il faut apidiquer avec elle les règles de la méthode utilisée en gymnastique rationnelle pédagogique et médicale. C’est ainsi, par exemple, (jue dans la paresse stomacale ou intestinale, qui provoque des dilatations par la présence de gaz, l’exeicice en montagne peut rendre de réels services à condition d’être appliqué en (juantité et en qualité, c’est-à-dire posologiquement. La marche t;n montagne a pour effet, dans la montée, de soulever le corps de plus en plus haut ; et de le porter de plus en plus bas, dans la descente, üans l’ascension nous avons vu <.[ue les principaux muscles qui travaillent sont les muscles du massif lombaire, quand le corps est penché en avant; mais pour si [leu qu’il se redresse chaque extension des jambes provoque une extension des juuscles tle la légion antérieure de l’abdomen; il advient donc que ceux-ci, étant mis tour à tour en flexion et en extension, agissent sur l’estomac et sur les intestins qu'ils massent. Ce massage est d'autant plus profond ou intense que la côte à gravir est [dus rapide, que la longueur du pas est plus grande ou que le redressement du buste est plus prononcé. On peut ainsi procéder à un massage automatique musculaire. Aux bienfaits de ce massage viennent s’ajouter les bienfaits d’une circulation plus active, avec des échanges gazeux [dus profonds. Pour ce qui est, par exemple, du traitement des maladies de l’estomac et de l’intestin par les eaux du Mauhourat, il est certain que la gymnastique abdominale des muscles contribue largement à la cure.
Avec une inclinaison de terrain de 0“,l'i par mètre, le massage abdominal est doux; à 0“,30 il est plus rude; dans l’escalade ou dans la montée d’un escalier il est plus intense encore. Cette intensité, dans l’ascension ou dans la montée des marches d’escalier est en raison directe de la hauteur de l’inclinaison de la côte ou de la marche de l’escalier.
Dans la descente, il en va autrement, il ne s’agit plus de massage, mais de vibrations sur la masse intestinale et sur l’estomac [)ar la série des chocs se répeicutant de bas en haut, à
chaque tombée du cor[)s sur un jilan plus ou moins déclive. 1,’inlensitê des vibrations est en laison directe de la déclivité du teriaiti, de la rajndité de la marche et de la longueur du jias. l'in l'ésumé' la cure de |dein aii- par la marche en montagne a [mur agent diiect dans les alfections des voies digestives le massage musculaire automatique à la montée et les vibrations à la desc.ente.
On conqu'end facilement les bénéfices qu’on peut retirer d’un tel ti aitement scienti/i q uenteni appYiqué, mais combien aussi dans certains cas il peut [u'ovoijuer <le graves désordies sur l’économie. La cure de plein air par la marche en montagne [leut faii'e beaucouj) de mal (juand (die ne fait du bien. Les maladies tributaires de c(d,te cure sont celles de la nutrition par excès ou pai' ralentisscnnmt des échanges solides, liquides ou gazeux, telles que l’obésité, l’anémie, l’artliritisme, l’atonie musculaire destuni(iues stomacales et intestinales, (]ui [irovoque la production des gaz. L’expulsion de ceux-ci a lieu dans la montée d’une côte par le massage musculaire de l’estomac.
Oueh]ues maladies du cœur, pendant la période de comjtensalion, [(euvent bénéticier de l’exercice en niontagne, de même ([lie (|ueh]ues alfections pulmonaires telles (jue les adhérences pleurales, l’emphysème, etc.
Nous avons vu combien les questions d’entraîneiuent physi(jue dans les maladies sont encore peu connues en France. Aucun coui's n’existe dans les facultés de médecine; les médecins doivent faire letir [iro[)re instruction par eux-mêmes, ils rélléchiront donc à tous les dangers iju’ils peuvent faire courir à leurs malades s’ils ordonnent des exercices dont ils ne connaissent pas absolument la valeur thérapeutique ni le dosage posologique.
VllL — SOMMAIBE UES PRATIQUES DE GYMNASTIQUE ET DE MASSAGE
Les maladies tributaires de la gymnastique médicale, après celles de la circulation, sur le traitement (iesquelles j’ai tenu à m’étendre, sont les maladies chroniques des poumons, telles que l’épaississement et l’adhérence de la plèvre, l’asthme et même la tuberculose; certaines affections de la gorge se traitent par les vibrations; les maladies des organes locomoteurs résultant d’une maladie de la nutrition générale, telle que le rhumatisme, la goutte, l’arthritisme, ou d’une affection aiguë, telle que les traumatismes accompagnés d’inllammation des muscles, (l’arthrites, d’hydarthroses, d’entorse, d’atrophie musculaire, de luxations, etc.; les déviations de la colonne vertébrale d’origine musculaire ou articulaire; les alîections du système nerveux, telles que certaines paralysies et névralgies et les névroses; avec l’anesthésie, l’hyperesthésie, la chorée, la neurasthénie, les crampes des écrivains, etc.; les troubles de la menstruation, toutes les alfections, en un mot, dans lesquelles la nutrition générale est atteinte.
Le principe de la gymnastique médicale est basé sur son action dans la nutrition cellulaire, à l’aide de moyens physi([ues appliqués activement ou passivement. Ces applications sont faites selon un formulaire mécano-thérapeutique équivalant au formulaire pharmaceutique de la médecine oïdinaire. En gymnastique médicale comme en gymnastique pédagogique, la position fondamentale, c’est-à-dire l’attitude initiale prise avant tout exercice a la plus grande importance, puisque de sa pureté dépend l’utilisation exacte de la puissance des bras de levier.
Cette position est divisée en stations fondamentales et en stations dérivées pour les mouvements actifs. Les stations fondamentales sont : 1“ verticale debout; 2“ assise; 3° couchée; 4° suspendue ; 5“ à genoux. Chacune de ces stations donne naissance à d’autres stations dérivées (ju’il serait trop long d’énumérer ici, c’est ainsi que la station verticale, à elle seule, fournit les stations déi'ivées : 1“ des mains-hanches; 2“ des mains-éiiaules ; 3“ des mains devant la poitrine (mouvement de nalationl ; 4* des bras tendus en avant; 5“ des liras tendus de côté; 6“ des bias lléchis à angle droit; 7“ des appuis antérieurs des mains au mur; 8“ des mains-nuque; 9“ des mains-front; 19“ des bras tendus en haut; 1 1“ des bras en béquille à la poutre, etc. {Voir pafied'i.)
Les mouvements passifs appli'iixés [uir le médecin gymnaste sont divisés en groupes suivant leur analogie dans l’exécution ou dans l’effet (|u’ils produisent. Chaque groupe est divisé en raté, gorie-x suivant la force ou le degré du mouvement. Ces mouvemenis sont :1" les hachements avec le bord cubital des mains ouvei tes; 2“ les tajiofements à main plate, avec la face [(almaire; 3“ les tapotements avec les poings fermés; 4“ le [xHrissage; 5" les tré-
LA sciencl: ni’ (.este
piiliitioiis ; 0“ renieuraf'C ; 7“ le |■(nll.■lge; 8“ le sciaj;e;'J'’ les pi essions; 10“ les vibrations; It® les tViclions. Tous ces moyens agissent sur les muscles et surtout sur les terminaisons nerveuses i)6ri[>li(5ri(|ues ou prol’ondes. Ils sont excitants ou sédatifs selon leur a|>[dication en force ou en douceur.
.Vvec les mouvements passifs on ajoute également (juebiues mouvements généraux (jue le malacle exécute plus ou iiioins activement ou passivement, selon l’ordonnance médicale. 1 elles sont : 1“ les élévations du corps ou de ses segments; 2“ les soulèvements des épaules; 3“ les llexions et les extensions des segments; 4“ l’écartement des bras et leur lancement; 5“ les tractions; 0“ les adductions et les abductions; 7“ le relèvement du tronc, avec passage de la station couebée à la station debout; 8“ le redressement; 11“ le renversement; 10“ le balancement; 11“ les rotations des segments et des articulations; etc.
De telles manœuvres produisent d’excellents effets (juand elles sont bien appliciuées. La inaebine ne dose pas la qualité du mouvement, seul le médecin gymnaste peut la doser.
Les manœuvres manuelles sont très fatigantes, c’est pourquoi on a recours aux appareils moteurs.
Les qualités requises d’un candidat à son entrée à l’Institut de gymnastique de Stockholm sont ; une bonne santé et une constitution forte, avec musculation développée et normale; de la souplesse des articulations, de l’endurance et du goût au travail même pénible; un caractère gai, car le gymnaste doit appliquer les mouvements avec douceur, bienveillance et gaieté ; et le désir de se perfectionner dans son art, toutes qualités que la machine ne peut posséder.
Les études que les médecins gymnastes suivent pendant trois ans sont sérieuses. Je dois dire cependant que les travaux français y sont à peu près inconnus; on y ignore ceux de Marey sur le mouvement; de Chauveau sur le muscle: de Bouchard sur la nutrition ; de Charcot sur l’hystérie, etc. On y pratique fort
bien la mécano-théia[)ie à l’aide de la main humaine, de même (pTà l’Institut Zander à l’aide des machines. J’ignoie si depuis l’épo([ue de mon séJouràStockholm, en 18118, il en (!St aiiti ement.
Noblesse oblige. Avec juste raison, la renommée de l’institul de Stockholm est aujourd’hui à jieu [)rès universelle. Beaucou[) de médecins s’y rendent des pays les [ilus éloignés du monde; le moment est venu d’organiser son enseignement sur des basf;s plus larges. Peut-être alors ne vorra-t-on [)lus (juelques médecins gymnastes suédois faire une panacée île la gymnastique et l’appliquer, par exem[)le,aux maladies infectieuses d’origine microbienne !
Sur cette simple remanjue, je me hâte d’ajouter que la méthode thérapeutique doit être prise telle qu’elle est, pour servir de base à une méthode plus complète.
L’édilice scientifique est construit dans une forme [lure, avec de larges lignes; il suffit d’y ajouter parallèlement quelques annexes pour le compléter. Le souci qu’ont les Suédois de bien faire, leur esprit d’observation et de méthode, le légitime orgueil de posséder seuls au monde un enseignement bien national sont un sûr garant de l’avenir.
Pour nous Français, nous devons prendre à la Suède sa méthode de gymnastique pédagogique et médicale telle qu’elle est, sans l’adultérer. Nous devons cependant y adjoindre toute la partie psycho-physiologique qui lui fait défaut et que nos maîtres de la science française ont éclairée d’un jour si nouveau! Ainsi l’union sera féconde, car le système de gymnastique franco-suédois répondra à tous les desiderata de la thérapeutique par le mouvement physique. C’est pourquoi, en souvenir des bonnes heures que j’ai passées à l’Institut de Stockholm à observer, à noter et à m’instruire, j’ai désiré apporter ma modeste contribution à cette œuvre future.
Dr PHILIPPE TISSIÉ.