CINQUIÈME PARTIE
L’ÉDUCATION PHYSIQ UE AU POINT DE VUE DE L’EURYTHMIE DU GESTE DANS SON APPLICATION PRATIQUE AVEC L’ART MUSICAL — ORCHESTIQ UE SCOLAIRE
ORCHESTIQUE SCOLAIRE
La Science du geste.
Introduction à l’orchestique scolaire.
^--.ouTE idée se transforme en mouvement plus ou moins cons- I ’ cient ; tout mouvement se transforme en idée plus ou J- moins consciente. L'idée et le mouvement provoquent mutuellement la mise en fonction des centres psycho-moteurs. Mise en fonction instantanée et d’une rapidité extrême des milliards de cellules nerveuses, c’est-à-dire de neurones, dont les centres psycho-moteurs sont constitués.
Quand on songe au travail psycho mécanique auquel se livre le cerveau pour associer les mouvements entre eux, on reste confondu devant l’effort colossal et jierpétuel produit jiar les centres psycho-moteurs au bénéfice de la vie musculaire de relation ; et inversement, on peut se demander quelle est la limite de la puissance d’accommodation des muscles par rapport à la fonction vitale du système nerveux.
De cette union intime entre la ccrébration et la musculalion dépendent la vie physique, intellectuelle et morale de l’individu.
de la société et de la race. L’intelligence, qui est constituée par le pouvoir d’accommodation de l’individu au milieu, dans le temps et dans l’espace, se développe grâce à l’intégrité des rapports de jeu mutuel et connexe entre les centres psycho-moteurs et les muscles.
Plus l’idéation est intense par les images ou représentations nombreuses et fortes, plus la mimique est expressive par les gestes qui sont répartis en ce cas dans tout le corps.
Le milieu climatérique, sa calorimétrie et son hygrométrie paraissent iniluer sur le nombre et sur la mobilité des images représentatives ; plus celles-ci sont nombreuses, rajiides, intenses, plus les mouvements correspondants sont nombreux, et plus vive est la mimique. Le soleil est le grand metteur en scène. La mimique îles habitants de la région sèche et ensoleillée des bords méditerranéens est plus exinessive que celle des habitants de la région océanienne, voisine du (iulf-Stream, région temiiérée, bumide et moins violemment ensoleillée.
Les principaux muscles de la mimique sont groupés à la face; leur contact avec les centres cérébraux psycho-moteurs est presque intime, l’inllux nerveux n’a pas un long trajet à parcourir; tels les muscles moteurs de l’œil, qui pénètrent presi|ue dans le cerveau et dont la délicatesse des mouvements n’a d’égale que leur multiplicité. Les gestes des yeux ont une intensité de vie psychique qu’on ne retrouve dans nul autre organe moteur
A.1 S(1EN<'E IKJ (lESTE
iht coiiis liiiiiiaiii. Ici la ccia'lu a I ion cl, la iiinsculalioii sonl, iiil.iiikmpiciiI unies. Il setniilc (|uc la |inissanc,(* niitirK]iic e.st en raji- |ioi I, (lirccl lin ra|i|irocliciiLciil, îles ^^ronpc.s ninscailaircs cl. des ceiilrcs jisyclio niolcnis. I.a niiniii|nc des jaiiilics (îsl moins dévclo|i|icc i|nc cidlc des lii'as, id, |i()nilanl, leurs localisaLionsix'rc- Jn o-inol I ices sonl, [dacecs l’iinc à côlc de l’anire dans le lei t il.oirc rida ndii] ne. Seule la distaniuï entre l(!s deux segments dill'ère. I.’itillnx nerveux met moins de l{;m|is |)our |iaivcnii’ à la main iin'an [ded, on le Irajetcst d'nn tientiéme de seconde. S’il est vrai i|ne mouvement et pensée ne font (|n'nn, la jniissance de leurs manifestations doit être en raison diieete de la proximiti' de leur agent niolenr; le cei vean. l’enl-ètre [lenvent s’exiilii|ner ainsi les pliénomèiies encore peu connus de la cliironiancie. l.a fonction ]isycliiqne ferait l’oi'gane muscnlaiia! qu’est la main.
l.a mimique est |•enforcée |iar les gestes qui se divisent en deux glands groupes :
1" l.es gestes en cr/citsion, dans tonte mimique ex(irimant la force, la joie, le liimi-ètre, le plaisir, l’orgueil, le ldas|ilième, la révidte, l'impulsion, l’action par Viifliriiinl-ion du anini» duni l'clfiir/ jiiinr hl rir ;
2" l.es gestes en Hv.riiui, dans tonte mimique exprimant la fa ligne, la donlenr, le malaisi', riinmilité, la n'ilexion, la |irière, l'adoration, le laqios dans Vabaissrmcnt du u moi n uvec ullrnualiou de l'cf/'oii pour lu l'ir.
Plus on se raïqiroche des derniers échelons dans l’évolution psyi'liiijue de riiumanité, plus les gestes de ces deux groupes s'allirment par leur netteté, l.es gestes en extension sont très larges et très prononcés dans les danses guerrières des noirs : les gestes en llexion de ilouleni- sont [ilus accentués chez eux que chez les hlancs. Le noir se met en llexion complète ; il se replie sur lui-mème, les Jamhes et les liras serrés contre le corps quand il est triste ou (jn'il soulfre.
I.'inllnence de la céréhialion sur la inusculalion se révèle surtout dans les attitudes imposées par les diverses fonctions sociales.
Le mililaire et l’i'cclésiastique ont une idiysionomie opjiosée: la [iremière est en extension par l’entraîncinent au combat, la seconde est en llexion par rentraînement à la prière. Les manifestations de la mimiijue sont très vives chez les êtres mobiles comme les enfants et les peuples sauvages.
Voici deux col lèges : un enterrement et une noce. A la ville comme aux champs les attitudes sont en extension dans le plaisir et en llexion dans la douleur; mais aux champs ces attitudes sont plus prononcées parce qu’elles se rapprochent le plus
de celles de riiomme |irimitif. l’ai cru ti'ouver l’ex|di(:ation de ces deux tendances initiales à toute vie humaine et même anim.ile quaili'upède ou bi|ièile, dans le dévclo|qiement du fadus. (à; dévidoppement se fait en llexion constante, puisijue tout le coiqis est nqdié sur- lui-même: les avant-hras sur les liras, les Jamhes sur les cuisses, la tête sur la |ioitriue; le tronc est voûté. Les muscles, tou jours maintenus en llexion, se fatiguent; aussi le fœtus cherche-t-il à les dél;isser en les didendant en extension: il donne des coups de pied, il se remue, il s’étii-e. On s.'iit également ipie les muscles utérins de la mère peuvent se conti-.'icter el, imilgré le liipiide amniolique qui n’est jamais également nqiarli sur toute l;i surface fœtale, en presser telles ou telles p;irties segmenta ii-es. Ils emprisonnent d’autant plus tortement que les contractions sont jdus jirononcécs, d’où empêchemeni de détente du fœtus et imiiression de fatigue par la tenue de la même jmsition pendant un tenijis [dus ou moins long. Les cenires jisycho-nioteurs du cerveau fudal emmagasinent ces im[uessions rudimentaires et inconscientes (1)
Ainsi, dès le déhut de la vie active inti-a-utiuine les centres psycho-dynamiijues cén'braux enregistrent deux inijiressions initiales (qqiosées : l’une de pression forcée, en llexion; l'autre de détente, en extenuon. Or, comme cette détente ne peut jamais être complète, il ari ive (jue l’impression de l’altitude en llexion domine toute la scène. Deux tendances iniliules et opposées sont ainsi créées dans les centres [isycho-idéateurs du fœlus (le mouvement et l’idée sont ainsi intimement unis) : une tendance ayant rapport à la sensation de gène et de fatigue, l’autre à la sensation de di'lassement et de bien-être. Sur ces deux branchestronc viendront [dus tard se giclfer automatiquement toutes les sensations d’ordre opjiosc entre elles. Toutes les sensations de douleur, de biiblesse, de né<jation du « moi », etc., se iminifesteront en llexion, et toutes les sensations do force, de joie, A'ufftrninlion d.u c moi», se manifesteront en extension (2).
Le magnifique bas-relief Aux Morts! de Dartholomé , au cimetière du Père-Lacliaise (/û/.l),est une synihèse de toutes les attitudes en llexion [uovoquées par la doideur. La femme du piemier plan qui s’écrase sur le sol reproduit l’ai titmle fœtale utérine dans la plus grande llexion; or, c’est précisément celle attitude dans laquelle le visage esl caché et dont, [lar conséijuent, le jeu de la [ihysionomie est supprimé, ([ui est la plus tlouloureusemenl poignante de toute l’œuvre; c’est celle aussi que le grand artiste observateur a placée au premier plan pour exprimer la plus grande douleur dans sa plus grande simplicité et sa plus grande émotivité. Cette attitude pure de toute idéation créée et surajoutée par le milieu social émeut la foule, dont les notions
d’art sont rudimentaires ou milles, autant ([ue le savant et l’aitiste, qui pensent et qui analysent, parce c[u’automatii]uement elle réveille le subconscient d'une vie intra-utérine dont chacun [lorte en soi les mémoires lointaines, confuses, mais prol'ondes et indéb'bile.s jiuisi[u’elles sont initiales et ([u’elles précèdent loutes les mémoires [lostérieurement créées [);ir le contact avec le monde extérieur. .Sur ces mémoireshase viennent ensuite se siqicrposer à l’iulini d’aulres mémoires ([ui consI il lient des idéations diverses et d’aulant plus complexi's ([u'elles s'accnmulen t et s’associent entre
(l l’nii.iPi’i:, fJnjnui.salion 'le non iHüuviAnrni'i (von* p. 13).
(2) l’h. Tissnc, Lü lùUiyue, lue. cit., J), lüi.
Fig. 1. — Monument Aux Murts! de L- ai Lholoiné.
un GESTE
LA SriEN<'
elles. Ces ideiilions coniiilexes, on les retrouve e.\|iriinées dans les atlitiulcs des antres personnaf^es du lias-relief ([ui souH'rent plus cériH)raleinent (|ue la l'einine, dont tout psychisme est, anéanli. L’inliihition totale provoquée par la plus f-rande douleur la ranu'neau type fœtal (jiii s’e.xtériorise mnsculairement par l’attitude en llexion complète de tous les segments du corps repliés sur eux-mèmes comme ceux du fœtus dans l utérus maternel.
Il n’y a pas de solution de continuité absolue entre la vie fœdale et la vie ae'rienne de l’enfant au moment de sa naissance. I.a fonction circulatoire est nnîdiliée par la fonction respiratoire qui débute, mais elle n’est pas transformée au point que la naissance au monde extérieur constitue une vie absolument nouvelle. L’évolution continue au grand air avec quelques modifications de détail a[qiortécs par l’adaptation de l’individu à un milieu nouveau. La naissance est une vie qui continue. Le milieu réagit sur l’être. Les deux grands territoires psycho moteurs fœtaux des tendances au plaisir et à la douleur vont désormais recevoir de multiples impressions venues des milieux nouveaux on l’être va être appelé à se défendre et à combattre.
Le mouvement crée ainsi la représentation, c’est-à-dire la pensée. Le premier mouvement de l’enfant qui naît est sa première pensée en prenant possession du monde nouveau dans lequel il va sans cesse évoluer et se transformer jusqu’à la vieillesse et à la mort. Aussi verrons-nous le mouvement accuser cette transformation : mouvements généralisés dans les attitudes segmentaires du corps, mouvements localisés dans les muscles de la physionomie, de la face, de l’œil, de la main, des doigts, etc. La première pensée de l’enfant doit lui être agréable par le fait même de l’acte inspiratoire initial qui crée une première représentation extérieure de l’effort pour la vie. Tous les mouvements de plénitude de vie sont en extension avec la poitrine projetée en avant et bien développée; tous les mouvements d’affaiblissement de la vie sont en flexion avec la poitrine en arrière et le dos voûté en avant.
Au début de la vie embryonnaire, il n’y a que mouvements cellulaires ; ces mouvements se développent progressivement pour devenir musculaires chez le fœtus. Les cellules se sont groupées pour agir collectivement sous formes de fibres, puis de faisceaux. Mais ni dans le fœtus, ni encore moins dans l’embryon, la pensée au sens propre du mot n’existe. Des territoires psycho-sensitifs et psycho-moteurs se forment d’après l’orientation et la valeur du mouvement cellulaire et fibrillaire par le contact intime qui existe dès le début entre la fibre musculaire et le neurone.
La cellule musculaire n’est, en somme, qu’une annexe de la cellule nerveuse : elle est comme son prolongement biologique; il ne saurait y avoir de solution de continuité entre ces deux cellules puisqu’elles ont une même origine embryonnaire : le feuillet externe de l’embryon qui, se repliant sur lui-même en doigt de gant, forme le feuillet interne ; le feuillet moyen naît des deux replis accolés du doigt de gant, il appartient donc au feuillet externe, le seul qui existe au début de toute vie embryonnaire. Or, le feuillet externe donne naissance à la peau, aux organes des sens et aux poumons, par un bourgeonnement; le feuillet interne donne naissance à la muqueuse bucco-anale; et le feuillet moyen, aux muscles et la charpente osseuse. La même répartition se retrouve dans le corps humain, dans le même ordre : la peau, les muscles, la muqueuse interne. La nature ne fait pas le saut: tout n’est qu’évolution et transformation. Le mouvement crée les deux grandes tendances initiales de la vie : celle du plaisir et celle de la douleur. La pensée est fille du mouvement qui préside au début de toute vie psychique. Chez les animaux à segments articulés, quadrupèdes, bipèdes, etc., la mimique est la même. Le cheval, le chien, le coq, etc., se placent en extension dans le plaisir et en flexion dans la douleur, parce que leur vie fœtale s’est passée en flexion dans l’utérus ou dans l’œuf, c’est-à-dire dans un milieu où une paroi musculaire ou calcaire a toujours lutté contre l'effort vers la vie.
L’intimité entre Xa cérébration et la musculation est telle que sa rupture ou la moindre modification dans les rapports mutuels constituent des états pathologiques dont l’hystérie fournit des exemples si divers et si suggestifs.
L'hystérie est une maladie de l'attention, c'est-à-dire une maladie purement psycho-dynamique. On comprend dès lors quelle importance peut avoir le mouvement sur l'idéation du sujet hystérique; et, rice rer^a, quelle importance peut avoir l’idéation sur ses actes musculaires. Ceci explique également les modifica-
tions dans la sensibilité des organes sensor iels : vue, ouïe, goût, tact, de l’hystérique, qui voit, entend, goûte ou .sent réellement comme machine récejitrice des impressions, mais qui n'a qu’une conscience sensorielle très atténuée. Le milieu extérieur réagit mal sur son être, irarce ({ue les cellules nerveuses des localisations centrales réceptrices de ces imirressions fonctionnent mal et que la modification dans leur fonctionnement provoque, de ce fait même, une atténuation ou une su[ipression de rattention du jugement et de la volonté, puisque la volonté est constituée par le passage du jugement à l’acte. Certains excito-moteurs, tels que la morphine, l’alcool, etc., atténuent le pouvoir de l’attention, et comme conséquence la conscience de la douleur; la kola agirait de même en masrjuant la réaction de fatigue. La volonté peut agir sur la fonction des localisations du plaisir et de la douleur.
L’entraînement à la douleur atténue la douleur. La répétition de l’impression douloureuse rend cette impression moins aiguë en déplaçant l’attention de cette sensation même ; c’est ainsi qu’on aguerrit sa peau contre les coups en l’habituant à en recevoir. Les boxeurs anglais sont passés maîtres dans cet entrainement. Pour cela ils reçoivent des coups de poing sur la figure, dans le creux de l’estomac et dans toutes les parties sensildes, afin d’habituer les localisations psycho-sensorielles cérébrales aux chocs douloureux (1).
La conscience a pour principe l’intermittence. Sans arrêt et sans repos, sans modification dans le rythme, la conscience ne peut s’établir. Le même son toujours prolongé avec le même timbre et le même rythme ne se perçoit plus. Le tic-tac d’unependule, par sa répétition même régulière et rythmée, devient subconscient. Le « moi » a une tendance à revenir toujours vers l’automatisme qui forme la base de sa vie, parce que le mouvement initial cellulaire est automatique et que les acquis de la conscience ne sont dus qu’à un travail des centres psychiques supérieurs. Ces acquisitions sont surajoutées et stratifiées par l’éducation ; par cela même, elles sont moins fixes. En renouvelant souvent l’impression douloureuse dans les centres psycho-sensoriels, on la rend subconsciente. L’onde douloureuse qui suit régulièrement une onde douloureuse de même intensité n’ébranle plus le neurone avec autant de force, parce que celui-ci prend automatiquement position vis-à-vis de cette excitation répétée. Pour certains sujets, la douleur n’est qu’un mot. La douleur possède ses localisations, et peut subsister dans toutes les localisations d’où elle n’est pas déplacée par l’entraînement, et cela chez le même sujet, chez l’athlète le mieux entraîné contre telle ou telle impression douloureuse. Cet entraînement à la douleur donne le change sur certains actes de courage, qui ne sont en dernière analyse qu’une expression de l’atténuation ou de l’abolition de la douteur physique ou morale, quand ils ne sont pas provoqués par l’automatisme ou l’habitude. On est courageux à ses heures et selon sa profession. Les courages professionnels du médecin, du sauveteur, du soldat, etc., sont différents de nature, ils ne se complètent pas forcément les uns les autres. C’est pourquoi les Espagnols ont raison de dire : « Un tel homme a été courageux en telle circonstance. » Et non pas: « est courageux. »
Les athlètes grecs pratiquaient le même entraînement des boxeurs anglais jusqu’à pouvoir se faire écraser la figure sans trop sourciller.
« Quand Vathlctique eut succédé à la gymnastique., dit M. Cartault (2), on vit paraître dans les jeux des colosses gonflés de muscles et de chair, terribles par leur volume et leur poids. Gros mangeurs, esclaves de leur mâchoire et de leur estomac, les athlètes étaient soumis à une alimentation forcée. C’est là ce qni, joint à des exercices perpétuels, à un sommeil prolongé, à l’interdiction des plaisirs, en faisait des champions redoutables, mais d’une intelligence fort bornée. »
Le lutteur soulevait son adversaire de terre, il le maintenait sur sa cuisse à demi ployée et il l’étouffait en pressant ses deux bras contre le ci'eux de l’estomac de l’antagoniste. Le seul moyen de résister à une telle attaque était d’enfoncer les doigts dans le flanc de l’adversaire, à qui la douleur faisait lâcher prise.
Les pugiles avaient de larges épaules, les bras très gros; tout le haut du corps était énormément développé, mais les jambes
(1) Ph. TissiÉ, 1’ a-t-il des nerfs spéciaux pour la douleur ? (« Revue scientifique » , 1899).
(2) Cartaui.t, Lutteurs pugiles [Collection Camille Lecuyer. Terres cuites antiques, trouvées en Grèce et en Asie Mineure, Paris, Rollin et Fleuardent, 1885, planche D '* ).
LA SCILi\('L nu UE STE
étaient, grêles, ce <|iii était, une eonséiiuence du métier. « Les oreilles, ajoute M. (’.artaull, étaient, en outre, alisolumenl écrasées, signe aui]iiel on l econnaissail le pugile émérite. Olympidios, aujourd'liui (;n si |nl(Mix état, ilil un é|)igramme de V Antlinhuiie /ez/a/me, avait jadis un nez, un menton, des sourcils, des oreilles, des paupières; de[)uis (ju’il s’est l'ait inscrire parmi les pugiles, il a |>er(iu tout cela... Oiiand les pugiles s’exerc aient dans la jialestre, ils déployaient vigourcuiscoiient les liras en l’air pour leur donner de la l'orci' el de la souplesse; c.’était le simulacre du comliat. Telle était l'attitude (]u’ils prenaient devant un adversaire ic'el : ils s(; pii'\s('ntaient di'essés sur la pointe du [lied, le cor()S en avant, les liras tendus, les mains l'ermées. Cette posture précédait l’engagi'inent proprement dit ; (iueli|ues athlètes avaient pour |irincipe de la (•ons('rver [lendant toute l’aclioti. Ils lassaient ainsi leurs rivaux, cjui s’escrimaient en vain contre ces poings menaçants (d, après d’inutiles elTorts, linissaient par succomher... Certains lutteurs enlaçaient les doigts de l’adversaire et les lui tordaient Jusciu’à ce cjne celui-ci, incapable de résister, leur ciblât la victoire. »
Ici J’ouvre une |iarentlièse. Des ex|iéi iences faites sur les animaux ont établi i|ue sous l inlluence de la fatigue [irolongée les appendices piriforines des neurones perdent leur pouvoir A'exqu’ils ne nbigissent plus, qu’ils rentrent en eux-mèmes en jlexinn ou en conti action, [leu importele terme, selon la forme d’une sangsue ipii se met en bouleou d’une corne d'escargot qui se replie et ne s’allonge plus sous le choc d’une excitation. Il est fort intéressant de constater qm; la fatigue produit les mêmes ell’ets sur les attitudes humaines. Puisque le neurone préside à toute vie animale, (jue l’homine n'est qu'un énorme neurone, on peut se demander si, en dernière analyse, il ne faut pas chercher la cause initiale des attitudes en extension et en llexion dans les attitudes mêmes des appendices piriforines des neurones eux-mémes. Et cela, d’autant mieux que leur allongement en exiension établit les contacts de vie par le passage de l’onde sensorielle ou motrice, tandis que leur rétraction ou llexion sur eux-mêmes abolit les contacts, c’est-à-dire le passage de l’onde de vie active; ainsi les attitudes mêmes des appendices piril'ormes des neurones créeraient deux territoires fondamenlaux : l'un de lonicité, c’est-à-dire d’elTort pour la vie dont les réactions futures seront ïexteyision ; la force au point de vue physique est te au point de vue psychique; l’autre A'ulonie de ce même elfort, dont les réactions futures seront la flexion: la faiblesse au point de vue physique et la doutenr au point de vue psychique.
Cet elTort pour la vie est la manifestation humaine de la force inconnue qui gouverne la vie des mondes incommensurables et celle des microlies les plus micioscopii|ues.
C’est pourquoi, ainsi que Je l’ai dit ailleurs (1), on peut naître << fatigué ». C'est jiourquoi les diveis surmenages, physique, émotif, toxique, etc., de la mère ont une i cqiercussion fatale sur l’embryon, le fœtus et l'enfant. La biologie, l'hygiène, la sociologie, la religion se trouvent d'accord en cela, pour réclamer une bonne réglementation de l'ell’ort, atin d'atténuer autant que possible les causes de la grande fatigue chez la mère. Une société vraiment soucieuse de son avenir doit réglementer la fatigue, ciuelle (ju’en soit son origine : travail manuel, boissons alcooliques, défaut de sommeil par des veillées trop prolongées, émotivité hyperesthésiée par une mauvaise littérature ou de mauvais exemjdes, etc.
Par l'école, elle doit créer des tendances. 11 faut que celles-ci répondent non seulement au besoin individuel de chaque élève, mais surtout au besoin de la collectivité. Or, la collectivité française a besoin de lutter fortement contre des excitations déprimantes d'une vie sociale quelque peu surentraînée par défaut de miHhode dans le travail. La production intellectuelle et physique ne vaut que par une Juste alternance entre le repos et le labeur. Savoir se reposer, c’est savoir travailler. Et c'est déjà savoir se reposer que savoir ne pas exciter son système nerveux par les excito-moteurs dont nous abusons vraiment, et en tête desquels se trouve l’alcool.
La machine humaine ne doit produire que ce qu elle peut donner selon la puissance d’action qui lui vient de l’hérédité ou que la volonté lui fait acquérir par une bonne hygiène. Les excito-moteurs tels que l’alcool, qui agissent sur le neurone, donnent le change sur leur valeur réelle. Ce sont des agents provocateurs à la fatigue, des imposteurs qui promettent plus qu'ils
(1; Pb. TissiÉ, La Fatigue et l’Entrainement phgsigue.
ne peuvent tenii'. Ce sont des prêteurs à gages usuraires qui paraissent soutenir l’économie, mais qui linissent toujours par la ruinei’.
Ainsi s’élargit et s’éclaire d’un Jour nouveau la (juestion des exercices iihysiijrtes ilans laquelle on ne voit trop encore (]ue des muscles, des poumorrs et urt cœur eirtrarrt en action, alors (jue vrainrent c’est sur tout le système nerveux psycho-moteur rpii, seul, forretiorrrre dans le sens absolu du mot, [misque muscle, jrournotrs et cœur ne sorrt que les serviteurs du rrraître toutjmissant rju’est le cer veau Le cerveau résirrne toute l’iiurrranité.
L’art grec avait devim- toutes ces choses par- l’observation du mouvement datts ses formes diverses. Il lui a fallu urte longue strccession de siècles pour- arriver à la forirtule (]u'il rtous a léguée et <iu’il avait très pr-obablenrent errrpruntée à l’art égyptien et [rerse. Cette forntule, gr-àce au milieu dans lequel elle a été ap[>li(iuée sous un ciel ntagrtifiqite, et sous urt climat tempéré, a (u-is toute l’ampleur que irouvaient lui donner le ittilieu et les hommes.
Le « pourquoi » lui a échappé, parce (jue la science ne pouvait le lui fournir comme elle nous l’a fourni dans les deritières années de ce magnilique xtx” siècle qui sera grand dans l’histoire de l’humanité.
Cràce aux travaux des maîtres de la science contemporaine, trous commençons à déchilfi-er l’énigme du physique et du moral.
En poursuivant l’hystérie et en la démasquant dans toutes ses manifestations si diverses, si étonnantes et si trompeuses, avec une méthode d'analyse sûre et tenace, Charcot a ouvert une voie nouvelle : celle de la psycho-dynamie. A côté de lui, Duchenne, de Boulogne, a relevé les réactions musculo-nerveuses, grâce à l’électricité exploratrice. Il les a lixées par la photographie dans son étude sur Le Mécanisme de la jdujsionomie humaine ou analyse électro-physiologique de l'expression des passions ajijtlicables à la pratique des arts jilastiques, en utilisant les procédés scientiliques à la recherche des expressions de l’art antique (Laocoon, Niobé, etc.) et en les comparant à celles que provoquent les électrodes sur certains muscles de la physionomie.
M. Hibot, s’aidant des recherches de Charcot, a porté ses investigations sur la psychologie si complexe du « moi ». 11 a brisé les vieux moules d’une scolastique ]iour laquelle l’intelligence, le caractère, la volonté, étaient considérés comme des entités et des dons, et fondé la nouvelle école de philosophie contemporaine en faisant la preuve de la non-existence de ces éléments. .M. Hibot est à la philosophie moderne ce que fut Lavoisier à la chimie. En décomposant l'air et l’eau, éléments en hydrogène, oxygène et azote, Lavoisier ouvrit des horizons nouveaux; de même en décomposant la personnalité, le caractère et la volonté, M. Hibot a transformé la philosophie.
S’aidant des travaux de M. Hibot et de son école, M. Hineta fouillé la personnalité et forcé le cerveau à révéler son inlluence sur la circulation cutanée, ce cœur ju'riphér ique, par de belles recherches sur les battements du pouls capillaire, (jue modifient également la tristesse et la Joie, la respiration profonde ou superficielle. Eu entrant d;ins l’école primaire et en y appliquant sa méthode scientifique d'analyse, M. Hinet a ouvert une voie nouvelle à la pédagogie expérimentale, la seule qui soit féconde.
Le mouvement a été analysé par M. Marey avec une perspicacité géniale et un bonheur rare; grâce à ce savant, les connaissances sur le mouvement ont été considérablement élargies. La chronophotographie a révélé des faits ignorés parla fixation du mouvement dans les attitudes si rapidement prises par les divers segments du corps que l'œil ne peut les saisir. Le cinématographe, qui reconstitue le mouvement, ajirès l’avoir dissocié, permet de le reproduire à volonté et de l’étudier dans tous ses détails. M. Marey a donné une nouvelle formule à l’art. Grâce à lui, le mouvement a [dus de vie, parce qu’il se rapjtroche plus de la vérité.
M. Bouchard a fondé une école et ouvert un domaine nouveau à la médecine et à la philosoidde, en forçant la vie cellulaire à révéler ses secrets. Par ses magnilhjues travaux sur les réactions chimiques dans lanutiition chez l'homme sain et chez l’homme malade, il a expliqué pourquoi l’assimilation ou la désassimilation de la cellule constitutive agit sur la manière d’être psycho-sensorielle et psycho-moirice de l'individu: c’està-dire sur le tempérament, et par celui-ci sur le caractère et la volonté. 11 a ainsi apporté une très haute contribution à la philosophie de l’évolution humaine avec les l.amarck, les Gabanis,
LA SClENCi: ini (lESTE
los Darwin, los (’laudo lîprnanl, ctr. Avec cello de Pasteur, TuMivre de ümu liard dominera le sit'‘cle nn^dical.
l.e l'élue invesi iiîaleur de Itrown Séiiuard a éclairé; le domaine du sysième lUM veux par ses belles rerlierclies sur l’inliibilion. Sa plus ludle découverte a été la dernière, celle de l'aclion des sucs orf'ani<iues sur le système nerveux. lirown- Sé(|uard a donné une ex|ilicalion iiliysioloifique et idiilosopliiipie de l'iulhience du physii]ue sur le moral. I.a production plus ou moins f'rande de certains sucs |;landulaires agit sur l’être [isy chique, <|ui varie moralement et intellectuellement en raison même de cette |iroduction.
MM. Hamon y (’.ajal, Dolgi, Itenaut et Duval se sont jdacés au premier rang en découvrant et en étudiant le neurone; ils ont fait comprendre l’action prépondérante du système nerveux.
M. Hictiet, dans ce même domaine, en physiologiste de haute science et de haute philoso|due, a recherché les manières d’être de ces cellules vis-à-vis d’elles-mêmes et vis-à-vis de l’évolution de l’être dans le milieu, lin poursuivant ses recherches sur le plaisir et sur la douleur, sur l’elTort pour la vie, sur les vibrationsnerveuses et sur beaucoup d’autres sujets non moins suggestifs, M. Richet a largement contribué au développement de la philosophie contemporaine.
Mosso a recherché les causes de la fatigue dans ses magnifiques travaux de laboratoire et dans ses belles recherches expérimentales dans les Alpes, sur le mal des montagnes et sur la marche. Joignant l’action à la théorie, il a escaladé les hauts sommets alpins alin de mieux étudier sur lui-même et sur ses compagnons les effets de la fatigue et de l’altitude sur la nutrition générale. Par ses ouvrages scientifiques, par ses écrits périodiques et par ses livres de vulgarisation, M. Mosso peut être placé dans la phalange des champions de l’idée nouvelle. Sa contribution à la renaissance physique est large, riche et de haute valeur. Lombroso lui-même, dans ses recherches sur la criminalité, en constatant l'extrême dextérité de certains délinquants, a apporté un document très important en faveur de la psycho-dynamie.
Enfin, au-dessus de tous, éclairant le siècle de toute sa lumière géniale. Pasteur, en découvrant le monde des infiniment petits, a fixé les lois de la biologie philosophique. 11 a appris à l’humanité étonnée que l’infiniment petit la fait exister, la gouverne et la fait succomber, qu’il est le vrai maître de toute vie organique, et que l’homme, dans sa toute-puissance, est bien peu de chose en face d’un microbe. Grâce à Pasteur et à son école, nous savons que ces infiniment petits luttent entre eux et que leurs batailles pour la vie sont semblables à celles de l’être humain, poussière de microbe, perdue dans l’immensité des âges et des espaces.
Utilisant cet état de guerre, l’homme est arrivé à opposer l’action des infiniment petits entre eux et, par ce moyen, à se préserver des maladies d’origine microbienne. Il divise pour mieux régner.
La liste serait longue de tous les savants qui ont apporté, dans la dernière moitié du xix® siècle, leur contribution à la connaissance plus intime de l’homme pensant et agissant. Chacun d’eux a fondé une école. Toutes ces écoles ont pénétré l’art moderne qui a trouvé des formules nouvelles et plus sincères. L’union des deux grandes forces émotives de l’humanité : la science et l’art, ne peut être que féconde.
Si, personnellement, nous avons pu accomplir notre tâche, nous le devons aux savants qui, dans ces divers domaines, nous ont procuré les matériaux nécessaires. Nous avons pensé qu’en apprenant à l’enfant à être simple, bon et beau dans ses goûts, dans ses jeux et dans ses gestes, nous ferions ainsi œuvre d’art et de science en même temps qu'œuvre pratique et nationale. Voilà pourquoi nous essayons de créer des tendances vers la beauté et la bonté par l’association de l’idée et du mouvement.
L’association de la pensée au mouvement et du mouvement à la pensée s’étend à l’infini. Pour ce qui est de la danse, par exemple, en admettant, dit M. Emmanuel, 47 positions des jambes, 30 des bras, 7 du corps et 7 de la tête, soit un total de 91 positions types, ou obtient 93 140 combinaisons d’attitudes de groupes musculaires, chaque groupe étant composé de plusieurs muscles et chaque muscle d’une quantité très grande de faisceaux, les associations de la pensée au mouvement de chacun des faisceaux sont incalculables.
Mais, dira-t-on, si vraiment le développement de l’intelligence dépend du mouvement, tous les athlètes qui s’adonnent
aux exercices jihysiiiues devraient, de ce fait même, être de.s esprits élevés, ce qui n’est fias.
(’.liaque individu possède un potentiel de forces nerveuses, c’esl-à-dire un capital de vie physiifue et psychique. Pour mieux me faire comprendre, je comfiarerai l’être humain à un vase plein de liijuide, et à deux robinets, pouvant se remplir au l’ur et à mesure de récoiilement qui se jiroduit. La valeur du débit dépend de la quantité de récejition du liffuide en même temps que de la dimension des deux robinets d’émission. Chez les sujets normaux, l’éijuilibre est maintenu. Le repos, l’alimenfalion, le sommeil, etc., chargent le vase de forces vives, qui se répartissent, fiarun des robinets, vers l’organisme moteur, musculaire et digestif; et par l’autre, vers l’organisme directeur psychique, le cerveau et le sysième nerveux. Mais si le robinet moteur est plus grand que le robinet directeur, la force vive emmagasinée se déverse vers le sysième musculaire au détriment du système nerveux cérébral. Si c’est le contraire, le cerveau bénéficie plus que les muscles du plus grand débit du robinet directeur.
Il faut donc sérier et diviser les sujets en trois classes, selon la valeur et la nature de leurs réactions physique, psychique et psycho-physique : les musculaires, les cérébraux et les cérébro-musculaires. Dans la première classe se placent tous les athlètes à muscles puissants et au cerveau peu développé ; l’Hercule Earnèse en est le prototype. Chez ceux-ci la musculation prime la céréhralion. Les gestes sont lourds, toujours les mêmes, presque automatiques; on constate qu’un pouvoir directeur fait défaut, ou qu’il ne donne qu’un minimum d’impulsion intelligente. L’accommodation psychique au milieu n’est pas en rapport direct avec l’accommodation physique, la musculation ayant seule bénéficié du travail d’accommodation en tant que machine dynamique. En cherchant bien, on trouverait probablement que chez ces sujets la boîte crânienne s’est peut-être trop vite soudée, et n’a pas permis aux neurones cérébraux de se développer en raison du mouvement. Dans cette hypothèse, le nombre des neurones des couches corticales du cerveau serait de ce fait moins élevé; ainsi leur fonction serait modifiée, d’où des actes musculaires automatiques plus fréquents. L’influx nerveux fuserait vers la moindre résistance, c’est-à-dire vers la fonction musculaire au lieu de se rapporter sur lui-même, vers la fonction cérébrale.
L’intelligence est constituée par la pluralité et par la diversité des jugements, au moyen desquels l’être s’adapte au milieu dans lequel il évolue.
Nul jugement ne peut exister sans la déposition des témoignages, c’est-à-dire des impressions perçues par les neurones. Le nombre et la valeur de ces Impressions est donc fonction de la quantité et de la qualité des cellules psycho-motrices réceptives de l’écorce du cerveau. L’atténuation de l’intelligence dépendrait donc du défaut même de développement des neurones et des localisations psychiques qu’ils constituent.
Dans la seconde classe, se placent les cérébraux; ceux-ci ne vivent que par leur cerveau, méprisant tout acte musculaire, qu’ils considèrent comme vil. Ils font peu d’efforts physiques, leurs muscles ne se développent pas, leur faiblesse organo-dynamique crée une conscience de non-pouvoir; cette conscience renforce le mépris de l’action virile. Pour l’esthète ou l’ascète, le corps est guenille méprisable. Chez eux, l’hyperesihésie psychique atteint un tel degré que l’humanité active s’efface devant le rêve maladif d’une humanité faite d’un souffle, vaporeuse, impalpable, où les contacts d’âmes sœurs ont des attouchements éthérés. Ce nirvâna dans l’infini est la porte ouverte à toutes les aberrations intellectuelles et charnelles, où la raison n'est plus la raison, où la folie marque du doigt le cerveau mal équilibré! Chez ces malades, car ce sont des malades, l’accommodation psycho-dynamique ne s’est pas établie enraison du développement des cellules nerveuses cérébrales : le travail des localisations psychiques a déplacé en sa faveur celui des localisations dynamiques. Chez les cérébraux purs, le rire, ce geste par excellence, est forcé, cruel, sardonique ou méchant, parce qu’il révèle l’impuissance et qu’il cache la honte du non-pouvoir. Ce rire de faiblesse, M. Binet l’a bien observé au cours de ses recherches de psychologie infantile chez les élèves faibles des écoles primaires de Paris (1). Ici, l’influx nerveux a fusé vers les centres psychiques.
(l) Binut et Vaschide, Expériences de force musculaire (« Année psychologique » 1898, p. 47).