LA CHASSE
Chaque époque a compté des chasseresses célèbres, à commencer par Diane, la farouche déesse.
Dans l’antiquité, on cite nombre de princesses passionnées pour la chasse, et s’attaquant même; aux bêtes féroces, le javelot ou l’épieu à la main.
Au moyen âge, les hautes et puissantes damesaffrontent également ces chasses dangereuses.
Mais, peu à peu, les mœurs s’adoucissent... relativement.
Les « douces châtelaines » recherchent des plaisirs plus tranquilles; on crée un genre de chasse à l’usage des « dames et damoiselles », l’art de l’oisellerie ou de la fauconnerie se fonde, et l’on voit de belles chasseresses chevaucher lentement, accompagnées de leurs pages et de leurs varlets, le faucon au poing.
Il est curieux de voir à ce propos qu’un vieil
l’éducation physique et sportive
auteur, Gace de la Vigne, dans un poème sur les « Déduicts » de la chasse, qui ne compte pas moins de 10.000 vers, vante particulièrement la fauconnerie, « parce que les dames peuvent porter l’épervier sans donner lieu à la médisance et prendre part à tous les divertissements de la volerie, au lieu qu’à chasse à courre, elles ne peuvent honnêtement aller, au plus que bien accompagnées de leur suite, dans des routes larges et bien alignées » .
Mais en même temps que la fauconnerie, la véritable vénerie comptait toujours nombre d’amateurs du beau sexe. 11 n’était pas jusqu’aux abbesses et aux austères chanoinesses qui n’eussent parfois la fantaisie de courre le cerf à travers les vastes domaines de leurs abbayes.
Dans le plus ancien livre français sur la chasse, intitulé : « J je Roi Moclus » , et publié vers l’an 1300, on trouve un dialogue entre femmes sur la vénerie.
Unedame Julienne Berners, rivalisant de science avec le beau Gaston Phœbus, écrivit un petit traité de chasse « enseignant aux gentilles personnes la manière de chasser toute espèce de bête de vénerie et menu gibier » .
Dans leur amour de la vénerie, de hautes et puissantes dames allaient même jusqu’à apprendre à sonner du cor; un poème dédié à Anne de France,
fille de Louis XI, par le grand sénéchal de Normandie, nous révèle que cette princesse possédait un joli talent d’agrément sur la trompe.
Au temps des Valois, surtout après François Ior, le « père de la vénerie», les chasseresses sont plus nombreuses que jamais.
Au siècle suivant, elles commencent à cultiver la chasse à tir, qui détrône la fauconnerie après le règne de Louis XIII.
Sous le règne de Louis XV, l’antique olifant est remplacé : le marquis de Dampierre, commandant de F « équipage vert » (équipage du roi), invente la trompe, et fait honneur à son invention, si l’on en croit ces vers sans prétention aucune (espérons-le !) :
Quand Dampierre eut sonné,
Tout’ la Cour s’est étonnée.
A la chasse, princesses et grandes dames rivalisent de luxe.
Après la tourmente de la Révolution, les grandes chasses s’organisent de nouveau; les traditions de la vénerie sont reprises à la cour de Napoléon Ier, et continuées sous les règnes suivants.
Charles X était fervent amateur de chasse à courre jt à tir.