LE PATINAGE
Ce sport convient à merveille à une jeune fille, à une femme, et met en relief, développe même sa grâce naturelle, l’élégance de sa tournure.
Une jolie femme paraît encore plus jolie lorsqu’elle glisse sur la glace avec des légèretés de cygne. Soyons poétiques !
Que d’élégantes patineuses on remarque à Paris ! Elles étaient déjà nombreuses avant la création d’établissements tels que le «Pôle- Nord », puis le « Palais de Glace », où l’on peut s’entraîner tout l’hiver.
On était surpris de voir paraître au Bois de Boulogne toute une légion de patineuses qui semblaient aussi exercées, aussi habiles que si elles eussent passé plusieurs hivers dans les pays du Nord.
Où et comment avaient-elles appris l’art du patin ? On se le demandait tout en admirant leurs prouesses sur le glissant miroir de la glace.
Ces facilités nouvelles que l’on a maintenant pour pratiquer ce sport ont grandement augmenté le nombre de ses adeptes ; et nous ne pouvons songer à faire une liste complète de toutes les patineuses dignes de mention.
En ces dernières années on remarquait à Paris, dans les réunions de patinage :
L’Infante Eulalie, comtesse Louis de Gonlaut-Biron, duchesse de Morny, Mme Maurice Ephrussi, Mme Aumont, lady Helen Vincent, baronne Édouard de Rothschild, Mmeel Mlle Halphen, comtesse François de Miramon, Mme Eugène Vail, Mme Maugham, M1,e Bouët- Willaumez, comtesse de Moltke, M1Ies Pimentel , Subervielle, Micard , marquise de Massa, MUe de Sinçay, Mme Ashkevasy, MUe Castellanos, Mme Keischman, Mme Fenaille, marquise de Breteuil, baronne de Coubertin, Mme Verdé-Delisle, Mlle Solange de Lesseps , Mme et Mlle Laroche, comtesse de Barbentane, Mme Gouin, Mmc et Mlle Avril, comtesse Stenbock, Mme Pinto, baronne Henri de Rothschild, marquise de Clermont-Tonnerre, Mme et Mlle Fourton, M",c Henri Letellier, Mme Bucquet, la marquise et Mlle5 de Laborde, Mme et Mlle de Saint-Paul, baronne de Linsingen, et Mlle de Keranflecb, comtesse et Mlle Récopé, comtesse Eugène d’Harcourt, vicomtesse de Sainte-Suzanne, Mme Léon Fould et M1Ie Fould, Mme et Mlles Lambert de Sainte-Croix, Mme Jack Leishman, Mme Payne, Mm* Mourichon, Mlle de Saint- Sauveur, Mlle Green, Mmo de Louzé-Giard, Mme et Mlles Sherman, Mlle Blackinton, marquise de Chasseloup-Laubat, baronne Franchelti, Mlle de Kertanguy, marquise de Noë, M"ie Trousseau, M",e Godillot, Mmes Fleutiaux, Magnus, Hine, Ricard, Van der Hoven, de Carranza y Loya, marquise de Montrichard, MI,ie*Sevène,
Pasquier, Macquaire, Michel de Joucques, R. d’Ariès, Mahinias, Mlle Chabrié, M",e et M"e Giron, Mlles Lecompte, Défais, Malarais, etc.
Aux débutantes dans le beau sport dont il s’agit, nous avons la bonne fortune d'offrir un véritable petit manuel pratique écrit par notre ami George E. Vail, si connu dans tous les milieux où l’on patine sous le pseudonyme de Frosl.
Il a publié autrefois L’Art du Patinage ; et, en dehors du sport, des livres remplis d’humour et d’esprit. L’anglais et le français lui sont également familiers ; et c’est tout naturel, car George Vail est Américain du Nord par son père, Français par sa mère. Du côté paternel, il appartient à une famille des plus connues de New- York, dont plusieurs membres marquèrent dans la diplomatie. Du côté maternel, il est apparenté à plusieurs des plus anciennes familles de Bretagne. Sa double origine de Yankee et de Breton explique la rare persévérance, qui est une des notes dominantes de son caractère. Son esprit original s’est montré en un livre à la Henry Monnier « The Troubles of Monsieur Bourgeois », écrit dans un anglais spécial, orthographié de façon à imiter ironiquement ceux qui prononcent mal la langue de Shakespeare. Depuis la publication de ce livre, je n’ose même plus dire à Frost : « IIow do you do to-day ? »
Il a gagné une fameuse partie sur les planches : en effet, sa pièce, « Partie gagnée », a dépassé la centième au Gymnase.
Que d’élèves appartenant au beau sexe et à la plus élégante société ont demandé à Frost l’appui de son bras pour exécuter sur la glace les mouvements dont il avait formulé la théorie ! Au Cercle des Patineurs du Bois, à Saint-Moritz et à Davos, où il passe une grande partie de l'hiver, et un peu partout, au cours de ses voyages, Frost a formé, professeur-amateur sans rival, d’innombrables élèves, aussi désireux qu’elles-mèmes de constater leurs rapides progrès. Veuillez suivre ses conseils, ô jeunes débutantes, et vous régnerez sur la glace !
Fig. 18.
Sur-la patinoire de Davos. — Miss Elhel Hoghton, une jeune patineuse anglo-française (née de mère française).