partie. Ils admirent la gracieuse aisance de certain
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coups de patin; ils suivent un joli dessin tracé sur la glace.
Ah ! vos petites dents blanches sont au vent; vous riez de bon cœur, sans méchanceté, en vous moquant, malgré vous. Ce n’est pas de votre faute. Je le comprends si bien, que je ne puis m’empêcher de rire aux éclats avec vous : parmi cette bande joyeuse, il y en a de si drôles, avouons-lc, de si grotesques.
Oh ! mais nous n’allons pas suivre cet exemple ! Nous allons étudier sérieusement, raisonner, tout en nous divertissant, et savoir au juste ce que nous désirons faire avant de l’entreprendre. Nous irons progressivement. Vous me le promettez?
Alors, choisissons nos patins — non, permettez, d’abord nos bottines.
J’en entends parmi vous qui disent : « Je donnerais n’importe quoi pour apprendre à patiner; mais jamais je n’oserais essayer. Hélas! j’ai les chevilles beaucoup trop faibles! »
Pardon, vous vous trompez; jeunes filles, vous vous trompez.
Mademoiselle, prêtez-moi votre main. Voyez comme je puis tourner votre poignet en tous sens. Est-il faible ? Non, il est souple, ainsi que vos doigts effilés. Etes-vous fâchée d’avoir ce poignet et ces
doigts effilés si souples, lorsque vous jouez du piano avec un doigté qui nous charme?
Il en est de même pour votre cheville : elle est tout ce qu’il y a de plus souple. Tant mieux. Vous pouvez tourner votre pied en dehors, en dedans, dix fois plus que nous, et cela vous donnera un avantage inouï dans tous les mouvements sur la glace.
Soyez certaines, jeunes filles, que des chevilles trop faibles pour patiner n’existent pas. Êtes- vous contentes ?
Quant à la bottine et au patin, Brrrrou ! je frémis en y pensant !
C’est cette petite bottine-là — très fine, très mignonne, j’en conviens — que vous alliez choisir pour patiner ?
Tenez, regardez : si je presse juste au-dessus du talon, c’est mou comme un gant. Et le talon, s’il vous plaît ? Un talon Louis XV. Je l’arracherais avec deux doigts sans le moindre effort. Et la semelle ? Beaucoup, beaucoup trop mince, trop faible. Et la bottine est à boutons ! Horreur ! Il y a de quoi, non pas se donner simplement une entorse, mais se tuer en essayant de patiner avec cela.
Dites à votre bottier — s’il est de confiance — s’il ne l’est pas, adressez-vous à un autre, de suite,
— dites à votre bottier de vous faire une paire de bottines spéciales, à lacets, laçant un peu plus bas que d’habitude — afin de pouvoir serrer ou desserrer les doigts de pied à voloulé — en cuir souple, mais solide; à talon large et droit, pas la moitié aussi haut que ce talon Louis XV, et à semelle forte. Que la partie juste au-dessus du talon (qui était molle comme un gant) soit excessivement rigide. Il faut que vous sentiez en vous chaussant que votre talon est emboîté. Voilà l’essentiel.
Si la bottine vous blesse, si elle vous pince au petit doigt, n’écoutez pas votre bottier; ne remettez jamais cette bottine. Vous souffririez le martyre en patinant, et personne ne vous en saurait gré.
Croyez-moi : il n’est pas indispensable de souffrir pour être belle. Soyez heureuse, et vous resterez toute belle.
Encore une recommandation : lacez votre bottine avec un seul lacet, comme si vous cousiez. 11 est ainsi bien plus aisé de la serrer ou desserrer quand on est sur la glace. Vous trouverez utile de vous servir d’un petit crochet — un tire-bouton de poche.
Ayez soin de faire poseï sous la languette — qui est toujours trop mince — une légère épaisseur de feutre, afin que le lacet une fois bien serré ne puisse vous blesser.
Maintenant — le Patin !
Pas de courroies, pas de clef, pas de cannelure. Un patin tout ce qu'il y a de plus logique, de plus simple. Une lame peu cintrée, de largeur et de hauteur moyennes, s’adaptant à la semelle et au talon de la bottine uniquement par deux plaques vissées (un bon nombre de vis), de façon telle qu’il n’y ait pas le moindre jeu, et qu’il soit impossible de l’arracher sans arracher la semelle et le talon de la bottine.
La bottine devient ainsi une bottine-patin, et le patin un patin-bottine.
La lame, toujours plus longue que les plaques, doit dépasser la bottine d’environ un centimètre à l’avant et au talon. Il est essentiel qu’elle se trouve placée très en dedans , c’est-à-dire beaucoup vers l’orteil et dans cette même ligne au talon. C’est la ligne d’appui.
Bien simple, n’est-ce pas?... Pourtant neuf personnes sur dix qui gigottent sur la glace, sans avoir reçu de conseils, ont aux pieds des casse-cous. Elles ne së doutent guère du danger. Elles s’imaginent que, du moment qu’elles sont chaussées et qu’il y a des patins quelconques sous leurs chaussures, elles peuvent apprendre à patiner. Elles se trémoussent dans leur ignorance; et lorsqu'il leur arrive des
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accidents, elles s’en prennent entièrement à leurs « chevilles trop faibles » /
Vous voici, chère petite élève, sur la glace, patins aux pieds.
Votre première idée (je m’y attendais) est de marcher — marcher très vite — presque courir, comme si vous étiez sur le gazon; vos pieds s’écartent; vous n’avez pas d’équilibre. Vous tournez sur place, vous trébuchez; vous sentez que vous allez tomber en arrière. — « Au secours ! »
Non, vous n’allez pas tomber; je suis là; je vous tiens la main et le bras. Penchez-vous un peu en avant; réunissez vite vos pieds, presque talon contre talon. Ne bougez pas. Comme cela vous ôtes d’aplomb, impossible de tomber.
Ah ! chère petite élève, vous avez voulu marcher comme sur le gazon, sans songer que lorsque vous marchez sur le gazon vous pliez le pied à chaque pas. Comment pourriez-vous plier le pied avec une lame d’acier qui ne plie pas ?
Nous n’allons plus essayer de marcher; nous allons glisser , mais glisser très, très peu à chaque pas et aussi lentement que possible.
Soyez sans crainte; je vous tiens toujours la main et le bras.
Chaque pas est un coup de patin. Au moment de donner un coup de patin, vos pieds doivent être très rapprochés, les lames un peu en équerre, autrement vous n’auriez aucun point d’appui.
Vous poussez d’un patin et glissez en avant sur l’autre qui supporte tout votre poids. Le patin qui a poussé se lève aussitôt et se place très près de celui sur lequel vous glissez. Il est, pour le moment, libre;. mais dès que le pas sera fini, ce sera son tour à lui de se poser sur la glace, d’être poussé, de glisser et d'avoir le bonheur de supporter tout votre poids. Voilà pourquoi il doit se tenir en éveil, près de l’autre patin, et la pointe un peu en dehors.
Après quelques pas, pied droit, pied gauche, ayant de l’éJan, gardez vos deux patins sur la glace, rapprochés, parallèles. Glissez ainsi un ou deux mètres, votre poids également réparti sur les deux lames .
Commençons : Pied droit, pied gauche... Pas si vite, pas si vite. Voyez, vous allez dix fois plus vite que moi. Au début, l’on veut toujours aller trop vite — beaucoup, beaucoup trop vite. Tâchez de gagner une course de lenteur, et vous irez très loin sans vous fatiguer. A mesure que vos lames et la
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glace font connaissance, les coups de patin s’allongent : la confiance vient avec l’équilibre et l’équilibre avec la confiance.
Je vous tiens de moins en moins... Vous ne vous en étiez pas aperçue ? Je ne vous tenais pas du tout.
Ces pas que vous venez de faire, ces coups de patin que vous venez de donner étaient déjà beaucoup plus longs que les autres, parce que vous avez été obéissante ; vous avez glissé très lentement, vos pieds bien rapprochés et vos lames un peu en équerre au moment de vous lancer.
Essoufflée ? Lasse ? Arrêtez-vous. Voici
comment :
Restez sur deux pieds. Écartez les talons en rapprochant davantage les pointes . Vos lames forment ainsi deux côtés d’un triangle qui résistent à l’impulsion que vous aviez acquise. Si vous préférez, si cela vous est plus aisé, vous pouvez vous arrêter aussi bien en tournant vos deux pointes en dehors, et en rapprochant les talons. Le résultat est absolument le même.
Reposons-nous. Comment ? Vous le savez à présent : les pieds se touchent presque et presque talon contre talon. Vous restez inclinée un peu en avant.
Écoutez. Un patin a deux carres ou deux tranchants — en dehors et en dedans par rapport au pied. Exemple: la carre du dehors de votre patin droit est celle qui se trouve clu côté droit — du côté du petit doigt de pied, et la carre du dedans est celle qui se trouve du côté gauche, du côté de l’orteil.
Vous avez tout de suite senti, en glissant tant soit peu sur une lame, qu’il y avait tendance à faire une courbe en dedans vers le côté opposé au pied qui glisse.
Cela provient de ce que le poids de votre corps est beaucoup plus en dedans qu’en dehors ; et forcément votre lame penche en dedans. Or, un patin est comme un cerceau : il va où il penche.
Bien qu’un patin n’ait réellement que deux carres : dedans et dehors, il y a, en termes de patinage, quatre carres; et selon que vous glissez sur un patin en avant ou en arrière, en dedans ou en dehors, vous faites :
Le Dedans en avant.
Le Dedans en arrière.
Le Dehors en avant.
Le Dehors en arrière.
La tendance étant au début — nous l’avons vu —
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à patiner toujours en dedans, nous devons travailler d’abord le Dehors.
Ayons une idée claire de direction ; dirigeonsnous vers un point fixe, et partons non pas de front, mais absolument de côté : si nous partons du pied droit, nous faisons face à gauche, l’épaule droite
en ligne avec notre point de mire.
Donnons deux coups de patin, tout petits, petits, droit devant nous, sans nous préoccuper de l’empreinte sur la glace. Ces deux tout petits, petits coups de patin ne sont que pour obtenir de l’aplomb, de l’équilibre, de la confiance.
C’est le troisième coup de patin qui va compter. 11 devrait être long, dessiner un demi-cercle et nous ramener sur la ligne ou nous étions au moment de partir. Alors nous fanons face à droite, l’épaule
gauche en ligne avec notre point de mire. Et nous répétons le même mouvement en partant cette fois du pied gauche — ainsi de suite.
Mal gré vous, ce troisième coup de patin ressemble énormément aux deux premiers. Pour le moment, vous croyez qu’il vous est impossible de lui donner la courbe et la longueur voulues.
Raisonnons un peu. En donnant les deux premiers coups de patin, vos épaules n’étaient pas effacées, puisque vous alliez tout droit devant vous, tandis qu’au troisième coup de patin, vos épaules doivent être tout ce qu’il y a de plus effacées — comme dans la position d’un escrimeur en garde — même encore davantage si possible.
Au moment de donner ce troisième coup de patin, regardez — la tête haute — par-dessus l’épaule droite dans la direction où vous devez glisser.
Restez les épaules effacées (les hanches le sont d’elles-mêmes aussi); laissez pendre vos bras naturellement avec souplesse; pliez le genou droit, et poussez, poussez, poussez, à plusieurs reprises du patin gauche en vous penchant de plus en plus sur le dehors du patin droit.
Oui, poussez, poussez, poussez jusqu’à ce
que vous arriviez où vous le désirez, face à droite, prête à recommencer du côté gauche,.
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Je ne vous cache pas, chère petite élève, qu'il vous faudra répéter ce mouvement — toujours avec l'idée de direction — bien des fois. Mais vous verrez qu’avec de la patience, vous ferez des progrès rapides, et que le patin qui a poussé, poussé, poussé, poussera de moins en moins. Vous supprimerez les deux premiers tout petits, petits coups de patin, et vous arriverez à faire le demi-cercle d’un seul bon coup de patin, face à gauche, face à droite. Je vous le promets. Vous sentirez, en faisant le dehors en avant, comme si vous étiez enlevée dans l’espace : vous goûterez du vol de l’oiseau.
Comment apprendre à patiner en arrière?
Tournez-moi le dos. Tenez vos pieds rapprochés Je rabâche ? Tant pis, il le faut et
je n’ai pas encore fini de rabâcher je profite de
votre promesse d’être obéissante. Tenez vos pieds
rapprochés; ils s’écarteront tout à l’heure ils se
sont déjà écartés un peu.
Soyez de plomb sur le patin droit, et de plume sur le patin gauche. Tournez la pointe du patin gauche le plus possible en dedans, et poussez-vous de ce patin en faisant un mouvement très vif de torsion des épaules et des hanches de gauche à droite, en regardant par-dessus l’épaule gauche. Répétez plusieurs fois d’un pied comme de l’autre.
Vous avez fait peu de chemin. C’était prévu. L’essentiel est de saisir ce mouvement de torsion des épaules et des hanches, et que le patin sur lequel vous avez, pour ainsi dire, pivoté, supporte presque entièrement votre poids.
Poussez lentement ; faites ce mouvement de torsion doucement — vos deux patins restant toujours sur la glace — vous pivotez moins, vous faites plus de chemin. Avec de la pratique, les courbes s’allongent, et le patin qui a poussé et qui supporte à peine votre poids (celui sur lequel vous étiez de plume) ne le supporte plus du tout : il vient se placer tranquillement derrière l’autre vers la fin de la courbe et osera se lever tout à fait.
Vous pouvez alors essayer le dehors en arrière progressivement, en suivant le même principe que pour le dehors en avant.
Je rabâche encore ; je ne saurais mieux vous conseiller qu’en vous recommandant de travailler avec énergie et patience les quatre carres, en observant toujours ce même système — ce système de deux tout petits petits pas pour commencer, et caetera.
Le Dedans en avant vous sera beaucoup plus facile; vous avez été sur cette carre si souvent sans y penser que l’équilibre est tout trouvé ; et, du
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reste, vous n’avez pas besoin d’effacer autant les épaules. Mais il ne faudra pas négliger cette carre, elle est indispensable.
Le Dehors en arrière est, par contre, très difficile. Au moment de donner le coup de patin, les pointes doivent ctre tournées bien en dedans, afin qu’il y ait un peu d’équerre — un point d’appui — pour pousser.
Le pied libre, aussitôt levé, reste devant l’autre quelque temps. Il est ramené en arrière très lentement.
Lorsque vous êtes assez ferme sur vos quatre carres pour faire de bons demi-cercles, il faut travailler ces quatre carres avec persistance en cercles entiers, — en huit.
O O Posez sur la glace, comme point
de repère, un objet léger — tel qu'une balle minuscule en caoutchouc — qui glisse facilement et ne pourrait causer une chute si, par hasard, voire lame l’effleurait.
Exercez-vous à partir de ce point de repère, et à y revenir à chaque coup de patin.
Fig. 20. Il faut persister jusqu’à ce que
vous puissiez fermer votre cercle — faire un cercle
lit
complet. Le balancement de la jambe libre vous aidera énormément.
Vous pouvez f<i ire les dehors en avant et en arrière très gentiment, mais moins grands, ayant moins d’élan — en croisant les pieds à chaque pas. Ces coups de patin s’appellent des croisés.
Dans le Huit sur le dehors en avant, la jambe libre reste derrière l'autre presque tout le temps; tandis que dans le Huit sur le dedans en avant, elle se place doucement en avant au demi-cercle.
Dans les Huit en arrière, elle est devant l’autre pendant le premier demi-cercle, ensuite derrière.
La position de la jambe libre vous fera sentir quelle doit être celle des épaules, des hanches, des bras et des mains. Souvenez-vous que le pied libre doit être toujours bien détaché de l’autre, mais pas en l’air : la pointe baissée et tournée en dehors.
Pliez légèrement la jambe libre; ne tournez jamais vos coudes en dehors — c’est fort laid; — levez peu les bras, évitez de les écarter inutilement; ne crispez pas les doigts, ne les écartez pas non plus. Qu’il n’y ait aucun angle dans vos lignes.
Puisque vous êtes, vous le savez, jeunes filles, l’idéal de la souplesse, de la grâce sur terre, pourquoi ne le seriez-vous pas sur glace?. . . Nous voulons être charmés, éblouis !
112 l’éducation physique et sportive
Après les Huit, viennent les changement s de carre : passer d’une carre à l’autre en traçant un grand S sur un patin.
Comme il y a quatre carres, il y a, naturellement, quatre changements de carre. Le principe est le mème'pour tous :
Vers la fin du demi-cercle, accentuez, raccourcissez la courbe en vous penchant davantage sur la carre; fléchissez , balancez la jambe libre — bien en avant ou en arrière, le pied par-dessus ou derrière l’autre, selon que vous patiniez en avant ou en
arrière; puis ramenez-la vivement — toujours en balancement — et prenez de suite la position correcte pour la nouvelle carre.
L’S n’est qu’un mouvement.
Pour que la figure soit complète, il faut arriver à faire un cercle entier sur la deuxième carre. Vous reprenez ce demi-cercle (première carre) de l’autre pied sur cette carre.
Ça va sans dire que pour le cercle entier après un changement de carre, la position est pareille à Fîg- 21. celle que vous avez pour un cercle
entier sans changement de carre.
Plus tard, quand vous aurez travaillé davantage, vous serez à même de faire un Huit entier sur un pied : cercle, changement de carre, cercle.
Ensuite? — Les Trois.
Exécutés sur un pied et ainsi nommés, parce que l’empreinte ressemble au chiffre 3.
Essayez sur le dehors en avant. . . sans hésiter, sans raisonner. Vous prenez de l’élan et. . . crrrr ! . . . Votre patin gratte; vous faites un peu de chemin presque en travers de la lame, sans avoir tourné.
Il en est toujours ainsi la première fois. Pourquoi ?
Votre patin y a mis de la bonne volonté, il a fait un effort très méritant pour tourner; mais votre corps était mal placé, l’équilibre n’a pas aidé votre patin.
Voici la progression :
Songez d’abord à pivoter; ça m’est égal si vous pivotez sur place, pourvu que vous pivotiez sur un pied. Recommencez une dizaine de fois. A la bonne heure, déjà quelque chose : vous pivotez sur un pied.
Essayez maintenant de rester un peu sur la carre avant de pivoter.
Fléchissez, et, au moment même de pivoter,
levez-vous légèrement sur l’avant du patin. Après
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avoir pivoté, vous vous trouvez sur le dedans en
arrière.
Travaillez de la même façon les Trois sur les
quatre carres. Vous pivotez d’arrière en avant un peu sur le talon.
Visez toujours à faire les deux parties du Trois, approximativement de mêmes dimensions.
Fi". 22.
Les simples Trois en avant se tracent aisément pied droit pied gauche; tandis que les simples Trois pied droit pied gauche en arrière exigeraient des positions anormales avec plus ou moins de saut. Voilà pourquoi un simple Trois en arrière est précédé ou suivi d’un
Trois en avant sur l’autre pied.
En revanche, tous les doubles Trois, où vous pivotez deux fois de suite sur le même pied, vous permettent de repartir du point de repère aisément de l’autre pied sur la même carre. Observez les mêmes principes que dans le simple Trois pour les proportions relatives des courbes.
Nous allons maintenant étudier la Loupe — la plus jolie, la plus intéressante de toutes les figures sur la glace.
La Loupe est, vous le devinez, tout bonnement un ovale au milieu d’un cercle. Il faut donc pouvoir
faire un tour complet au demi-cercle et, tout en tenant bien la carre, faire le second demi-cercle. Comment vous y prendre?
Commencez par faire (Quelques centaines de spirales sur les quatre carres, en gardant la jambe libre jusqu'à la p,n de chaque spirale dans la position même où elle se trouvait au départ.
Quand vous aurez fait ces quelques centaines de spirales très lentement, vous serez toute Fig- 24-
prête à essayer la loupe même.
Au moment où la carre se meurt, où vous devenez presque immobile, balancez vivement la K\V~ jambe libre — en avant si votre
spirale vient d’être faite en avant, et en arrière si elle vient d’être faite en arrière. Ce balancement vous fera sortir de la loupe. Essayez. Vous ferez ensuite de moins en moins de spirale avant ce balancement vif de la
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jambe libre, et vous arriverez à faire votre loupe juste au demi-cercle.
Il nous reste encore trois différents « Turns », sur un pied et sur les quatre carres, bien entendu.
Que nous pourrions, en quelque sorte, appeler un « Contre-Trois », puisque nous tournons d’une carre à la carre contraire, soit en avant soit en arrière, mais en un autre sens, et faisant en principe face du même côté.
L'Accolade.
La Bascule.
On tourne comme dans le Trois, mais d’une carre à la même carre , soit en avant soit en arrière.
Exemple : du dehors en avant au dehors en arrière.
Fig. 27.
La Contre- Bascule.
Également d’une carre à la même ' 'carre , soit en avant soit en arrière, en tournant non pas comme dans le Trois, mais comme dans l’Accolade.
Notez que tous ces tiims ont une ou deux fausses courbes ou courbes de liaison.
Il en existe deux dans l’Accolade : l’une à la fin de la première carre, l’autre au commencement de la seconde carre. Dans la Bascule, cette courbe de liaison se trouve seulement au commencement de la seconde carre; et dans la Contre-Bascule, seulement à la fin de la première carre.
Votre lame, en faisant malgré elle cette courbe de liaison, doit pourtant être sur la carre correcte.
Moins il y a de courbe de liaison, plus le « turn » est net et la figure exacte.
Je vous ai surprise déjà bien des fois, chère
petite élève, valsant avecjun jeune cavalier qui vous tenait comme dans une salle de bal. Il vous conduisait, vous faisait glisser et tourner en mesure.
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Saviez-vous au juste ce que vous faisiez? Vous répondez : « Je valsais. Valser sur la glace, c’est vivre. » J'admire votre enthousiasme, votre frénésie : c’est de votre âge. Je vous applaudis des deux mains.
Cependant, pour valser correctement, il faut décomposer le pas, le bien comprendre, le travailler (toute seule autant qu’avec votre cavalier), et arriver à voler plutôt qu’à glisser.
Or, ce pas de valse est fort simple... Le voici : Quelques coups de patin légers pour entrer en cadence, puis on commence. La dame fait un dehors en arrière — d’habitude du pied droit; un seul Trois sur le dehors en avant de l’autre pied; puis un second dehors en arrière sur le pied qui avait commencé.
Elle se trouve donc de nouveau sur le dehors en arrière — après avoir fait un tour complet. Elle répète chaque fois le même mouvement de l’autre côté, partant de l’autre pied, et ainsi de suite.
Le cavalier doit, en valsant, faire patiner la dame autant que possible en arrière. Son rôle, à lui, est de s’effacer, de faire valoir les mouvements gracieux de sa charmante partenaire.
Il commence par un simple Trois, dehors en
avant, d’habitude pied gauche — et en croisé. Il «
fait ensuite un dehors en arrière sur l’autre pied, et
DES JEUNES FILEES
un dehors en avant sur le pied qui avait commence.
Le cavalier, lui aussi, a donc fait un tour complet, et il répète de l’autre coté en continuant pied droit pied gauche, pied droit pied gauche... tant que vous voulez. On peut, si l’on veut, répéter deux ou meme plusieurs fois du même côté. Le principe ne change pas.
Allez, chère petite élève, allez; la musique vous appelle, et votre cavalier aussi. . . mais rappelezvous votre promesse d'être obéissante. Travaillez le pas de valse beaucoup toute seule, comme toutes les autres figures. Faites de vrais dehors en arrière, de vrais Trois; ne soyez jamais pressée de changer de pied ni de tourner.
Vous deviendrez de plus en plus légère. Vous aurez des ailes.
Voulez-vous essayer, pour vous distraire, les cercles en pivot? les pirouettes ordinaires? les pirouettes sur pointe? les « cross-cuts » — courbes courtes et entre-coupées?
Je ne vous le conseille que lorsqu’il y a peu de place.
Amusez-vous plutôt avec le patinage sur deux pieds; — exercez-vous à serpenter, à tourner, sans que vos lames quittent la glace; — croisez, décroisez vos petits pieds — en avant, en arrière; balan-
cez, appuyez tantôt sur un patin, tantôt sur l’autre. Caressez la glace avec vos lames — elles ne demandent que cela.
Vous tracerez des vignes , d’abord simples, puis doubles. Donnez libre carrière à votre imagination. Composez.
Oui, composez; mais revenez toujours au travail sérieux, aux simples éléments du patinage.
Oh! je rabâche, je rabâche, moi qui
rabâche depuis tant d’années patins aux pieds.
C'est que, vous seules avez le don de rendre au patinage la poésie du mouvement — vous seules. . . si vous le voulez, jeunes filles !
Votre adorateur sur les crystals of joy.
George E. Vail (Frost).