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Les sujets litléraires sont généralement moins appréciés

Enfin, elles étendraient l'aire de leur influence et de leur pénétration. »

Nous disions tout à l'heure que les projections augmentent considérablement l'attrait et le succès d'un discours. « Les conférenciers ont trouvé dans les organisations spéciales, soit publiques, soit privées, un concours toujours plus précieux pour la réception des textes imprimés et des vues. Le Musée pédagogique (qui vient d'être récemment réorganisé (avril 1903) et qui aura une section spéciale centralisant tous les renseignements relatifs aux œuvres complémentaires de l'école, avec une exposition permanente de documents tenue constamment à jour] a expédié, en 1902-1903, 31.298 collections de vues dont 28.617 aux instituteurs et 2.681 aux soldats ^ ha^Société nationale des conférences populaires, dont l'action est toujours associée à celle du Musée pédagogique, a envoyé à ses lecteurs correspondants plus de cent mille conférences, 273 appareils à projections, 164 phonographes, 700 tableaux muraux sur l'agriculture intensive, 22 microscopes à projections lumineuses, ainsi que plusieurs centaines de pièces ou des chœurs du répertoire qu'elle a su constituer.

La Ligue de l'enseignement a fait de même : d'octobre 1902 à fin mars 1903, elle a prêté 51.365 vues pour projections.

Ainsi donc, grâce à ces diverses organisations, les instituteurs peuvent avoir gratuitement ou à peu près tout ce qui est nécessaire pour donner

\. Dans les régiments, les conférences à la troupe sont devenues très nombreuses : en 190-2-1903, ces conférences ont été organisées officiellement dans 172 régiments et 370 officiers « se sont transformés en éducateurs du soldat". Voici les sujets les plus fréquemment traités : alcoolisme, tuberculose, marine de guerre en France, lescolonies, l'agriculture, l'armée allemande, la Martinique et la Guadeloupe, les institutions de prévoyance.

une conférence « illustrée ». Nous verrons un peu plus loin que les œuvres catholiques ont aujourd'hui à leur disposition instruments et clichés à projections : malheureusement, elles ne peuvent faire circuler tous ces objets avec le bénéfice de la franchise postale.

LES MUTUALITES SCOLAIRES

Les mutualités scolaires prennent chaque jour une plus grande extension. Elles groupent actuellement plus d'un demi-million d'enfants (exactement 566.000), répartis entre 13.000 écoles et 3.000 mutualités. Dans l'année écoulée, trois millions et demi de francs ont été versés comme cotisations et plus de huit cent mille francs ont été payés « pour journées de maladie «.

Ces chiffres disent l'importance de l'œuvre appuyée par les instituteurs : ceux-ci comprennent « l'influence que leur donne la signature apposée sur les feuilles de bons pour journées de maladie et quelle force de rayonnement acquiert l'école d'où part le secours mutuel, ainsi que le savoir ».

Nous avons précédemment raconté les origines des mutualités scolaires \ dues à un philanthrope, M. J.- C. Cave — d'où leur surnom de Petites Cave; nous n'y reviendrons donc pas, mais nous devons noter les modifications qui se sont produites dans leur organisation depuis 1900. Aujourd'hui, les Petites Cave présentent trois types que M. Edouard Petit caractérise, ainsi qu'il suit, dans son rapport de 1903 :

1° La mutualité scolaire à livret uniquement individuel (système des Landes, de Rouen, etc.). A la fin

1 Cf. page 22 et suiv. Il ne faudrait pas croire que les débuts furent très faciles : dans le Matin (8 mai 1904), M. J. Barjjeret indique les obstacles dont l'énergie persévérante de M. Cave sut triompher.

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de chaque année, les sommes disponibles, après paiement des indemnités journalières, sont versées, sauf une réserve, sur les livrets individuels de retraite. Le calcul est simple, le travail facile, d'évidente netteté. Les partisans du système arguent que l'enfant se déplace, quitte lécole, la ville, qu'il sait à la fin de chaque exercice social quel est son avoir personnel. Il va de soi que lepargne constituée de la sorte ne profite que de l'intérêt à 3,50 % (Caisse nationale des retraites) ;

2" La mutualité scolaire (système le plus généralisé) place, par semaine, 5 centimes sur le livret individuel (3,50 % à la caisse des retraites) et verse au fonds social (caisse des dépôts et consignation) environ 0 fr. 025, soit 1 fr. 30 par an, reliquat de la somme attribuée aux secours mutuels, et qui est grossi, d'après la loi de 1898, d'un quart de la somme versée plus un franc par tête de sociétaire, le tout jouissant d'un intérêt à 4,50 %^ système avantageux, mais qui a l'inconvénient de laisser tomber en déshérence une trop grande quantité de livrets individuels oubliés par les ayants droit et qui, de plus, creuse un fossé entre les mutualités scolaires et les mutualités d'adultes, car les sociétés de secours mutuels et de retraite placent, en général, leurs fonds à la caisse des dépôts (fonds social commun). Comme elles ne font pas la retraite par le livret individuel, elles s'agrègent malaisément les mutualités scolaires de ce type qui conduisent à la retraite par deux chemins parallèles : livret individuel, fonds commun. Le passage de la double voie à la voie unique s'opère avec dinévitables lenteurs ou bien même produit des erreurs d'aiguillage ;

3° La mutualité scolaire (système de la commission interministérielle, 1901-1902', qui est déjà adoptée par quelques départements et qui est à l'étude sur nombre

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de points, place les 10 centimes de la cotisation hebdomadaire au fonds commun (caisse des dépôts, 4,50 %, plus un quart de la somme versée, plus un franc par tête de sociétaire), défalcation faite des frais occasionnés par les journées de maladie (soit environ 0 fr. 025 par semaine). Financièrement, la combinaison est plus avantageuse que les autres. Pratiquement, elle est plus simple. Elle permet, chaque année, d'indiquer sur un livret de pension mutualiste la somme qui, sur le fonds commun, intérêt et subvention compris, revient à chaque participant. Le titulaire du livret n'a qu'à le produire à l'entrée de la société d'adultes qui, à son tour, saisit le nouvel adhérent à un moment nettement fixé de sa vie mutualiste et qui, par les mêmes moyens, le fait coopérer à la continuation de l'effort collectif. Quant au livret individuel, il n'est pas supprimé ; il est remis à l'enfant au début de son ini tiation mutualiste. Un franc y est inscrit comme indication. L'on enseigne au débutant qu'il y a une Caisse nationale de retraites pour la vieillesse, que l'on peut, par une série de versements, s'y constituer une rente de 1.500 francs qui ne se confond pas avec la retraite mutualiste fixée, à l'heure actuelle, à 360 francs et qui sera bientôt augmentée.

Il est probable, conclut M. Edouard Petit, que, par un progrès lent mais sûr, les préférences des mutualités scolaires iront à la troisième modalité qui est une application très ingénieuse de la loi du 1" avril 1898. Déjà l'évolution se dessine, puisque, l'an passé, vingt mille livrets de pensions mutualistes ont été pris.

Voyons maintenant les traits particuliers à quelques-unes des mutualités scolaires officielles.

Un certain nombre d'entre elles ont entrepris des essais de plantations qui ne sauraient passer ina-

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perçus. « La société scolaire de S'-IIaon-le-Chàtel (Loire), écrit M. Edouard Petite continue ses expériences de plantations forestières sur un terrain acheté par elle. INIème essai dans LAin, à Attignat, où sont plantés, depuis 1901, chaque année, près de dix mille épicéas et pins noirs. Dans les Vosges, subventionnées par les communes, la mutuelle scolaire de Ban-de-Sapt a, sur quatre hectares, créé une pépinière et planté plus de cinq mille sapins par an; celle de Lesseux a planté sept mille sept cents plants résineux ou feuillus et épierré certaines parties du pâturage. Dans le Jura, cinquante a Petites Cave » ont planté en 1902 près de deux cent mille plants forestiers et défriché de vastes étendues de terrain. Le Doubs, l'Ardèche, suivent le mouvement qui doit se généraliser. Comme on l'écrit dans le Bulletin hebdomadaire delaLigue de V enseignement'^ : «Nous verrons les Petites Cave, après le reboisement, faire de la culture, de l'élevage, s'occuper de construire des habitations ouvrières; le pays y gagnera, les jeunes mutualités aussi, et l'esprit de solidarité, né de l'association, se fortifiera chez tous. «

Le rapport officiel nous fait connaître d'autres innovations intéressantes qui méritent d'être retenues.

C'est, par exemple, l'organisation dune mutualité dotale. La Mutualité scolaire de Fontenay-le-Comte (Vendée) a un fonds de prévoyance consacré soit à la dot, soit à une retraite personnelle, à la volonté des parents '.

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