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LES PATRONAGES SCOLAIRES

De toutes les œuvres postscolaires non confessionnelles, ce sont assurément les patronages qui se sont le moins développés. La chose était indéniable jusqu'à l'année passée; mais, dans son dernier rapport, M. Edouard Petit affirme que « les patronages scolaires sont désormais entrés dans la phase active ». Ils auraient atteint le chiffre de 1.663 ^ alors qu'ils n'étaient qu'au nombre de 1.276 en 1901. Nous regrettons que M. l'inspecteur général n'ait pas jugé bon de continuer à nous renseigner, par le menu, comme il avait si bien commencé à le faire en 1900, nous indiquant le nombre de jeunes gens qui fréquentent ces institutions et le budget dont elles disposent ^ : si le rapport officiel eut donné ces précisions, le public aurait été en mesure d'apprécier l'importance réelle de ce développement ^.

A défaut de chiffres, nous croyons qu'il y a intérêt à reproduire les considérations dont M. Edouard Petit

1. Les départements qui comptent le plus de patronages, sont: l'Aude (192) ; la Gironde (38) ; le Loiret (348) ; Meurlhe-et-Moselle (44); Nord (123) ; Pas-de-Calais (103); Seine (142).

2. D'après le rapport officiel de 1900, les patronages groupaient alors 58.40ijeunes gens; ces œuvres avaient un budget total de 284.000 francs pour les dépenses et de 356.000 francs pour les recettes.

3. Nous ne serions pas surpris que, en certaines régions, les statistiques officielles comptent parmi les patronages des associations qui, en d'autres régions, sont plus exactement considérées comme de simples petites A. Le fait nous paraît s'être produit notamment dans le Loiret.

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acompagne raffirmation du récent progrès des patronages scolaires. Ces œuvres, dit-il, avaient, jusqu'en 1902-1903, cédé le pas aux mutualités, aux associations qui, tout en exigeant beaucoup d'initiative et de dévouement, se constituent plus aisément, réclament des efforts moins persévérants, une moins grande assiduité chez les oro-anisateurs. moins de frais, moins de concours étrangers, moins de surveillance et de responsabilité. Car il faut bien établir que les patronages scolaires ne doivent pas être l'œuvre des institutrices, des instituteurs. Sans doute leur collaboration est nécessaire au début pour la mise en train, pour les appels aux parents, pour la rédaction des listes d'enfants; sans doute, on ne saurait prétendre à leur refuser la part de coopération volontaire qu'ils tiennent à apporter à la tâche éducatrice, mais il faut que, dans les milieux urbains, là où surtout le patronage est nécessaire. Ton ait recours le moins possible aux membres de l'enseignement, sollicités déjà par des travaux absorbants. C'est à l'initiative privée qu'incombe le devoir de fonder et de soutenir les patronages scolaires.

« Au vrai, ajoute M. Edouard Petit, les amis de l'école semblent enfin prendre conscience de leur rôle. Cn mouvement s'est produit en 1902-1903, surtout parmi les Femmes ^'cez/pres laïques. Elles commencent il se grouper autour de l'école, à constituer des comités de dames qui entrent en rapport, pour Paris, avec la Coopération féjyiinine, pour la province avec le comité de la Ligue de l'enseignement que préside M™" Jules Ferry.

« Il est heureux, conclut le représentant de l'Université, que ces manifestations s'affirment au moment même où toute l'attention et toute l'énergie des comités directeurs des écoles libres se portent sur l'organisation et l'affermissement des patronages congréganistes,

destinés soit à remplacer, soit à consolider les établissements en concurrence avec ceux de l'Etat... »

Puis, durant près d'une colonne de V Officiel, M. l'inspecteur général expose les graves dangers que l'activité confessionnelle, fait, paraît-il, courir à l'enseignement laïque. Il y a de quoi frissonner. Nous ne pouvons malheureusement tout citer, mais nous regretterions de ne point rapporter ce qui suit : « On ne saurait signaler, dit-il, l'activité spéciale qui, à l'heure actuelle, règne dans les patronages confessionnels et autour d'eux. L'opposition a compris quel parti elle pouvait tirer de ces organismes souples, s'adaptant en perfection au milieu, jouissant d'une indépendance qui permet d'exercer une influence profonde sur la jeunesse. Nul contrôle à redouter. Dans le patronage qui est couvert par la loi sur les associations, sous couleur de cours, de lectures, de conférences, de causeries moralisatrices, de divertissements dominicaux, les doctrines enseignées par l'Etat, l'éducation donnée par l'Etat peuvent être complétées et corrigées. » Assurément, nous ne saurions accepter tous les termes dont se sert M. Edouard Petit qui s'obstine à rabaisser à une vulgaire lutte de partis politiques un débat autrement élevé, puisqu'il s'agit de la liberté de penser et de croire. Mais, ces réserves faites, nous ne pouvons nous empêcher de constater que le document officiel fournit aux catholiques les plus forts arguments en faveur de leurs patronages scolaires : ils y trouveront les meilleures raisons pour créer, soutenir et développer ces œuvres « complémentaires » et « rectificatrices « de l'enseignement prétendu neutre.

loi L'ÉDUCATION POl'LLAlllK DE 19jo A 1912.

LES COLLABORATEURS DE l'œUVRE. — LES RESSOURCES IIN'AXCIÈRES

Chaque année, le rapport conslale — non sans mélancolie — que le plus fort de la tâche est fait par le personnel universitaire, depuis les instituteurs et institutrices jusqu'aux inspecteurs primaires et aux inspecteurs d'académie. « Les collaborateurs de l'œuvre demeurent les mêmes », déclarait encore M. Edouard Petit en juillet 1903. Le lecteur voudra donc bien se reporter à ce que nous avons dit précédemment sur ce point '. Nous n'avons à y ajouter que deux chiffres suffisamment éloquents par eux-mêmes: en 1902-1903, plus de 38.000 instituteurs et près de 23.000 institutrices ont prêté leur concours aux œuvres complémentaires de l'école. Il y a là un zèle et un dévouement qu'il y aurait aveugle et maladroite injustice à ne pas signaler, alors même que parfois, malheureusement, ils seraient inspirés par la passion antireligieuse.

Examinons maintenant les ressources financières qui subviennent à l'entretien des œuvres complémentaires de l'école.

Une partie — une très faible partie — provient de rinitiative privée : deux cent cinquante mille francs environ de dons et libéralités. Il y faut ajouter les cotisations qui, nous affirme-t-on, sans donner d'ailleurs le moindre détail, dépassent deux millions.

]Mais le plus gros des sommes sort des poches des contribuables : annuellement l'Etat fournit, en effet, 344.000 francs, les conseils généraux 65.000 francs et les municipalités plus de 2.200.000 francs.

Les subventions municipales vont surtout aux cours. Si elles étaientégalementrépartiesentre les 44.000 cours, elles représenteraient une moyenne de 40 à 50 francs

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