‹ L'éducation populaireChapitre 41 sur 178 · Cf. Le Mouvement ouvrier en France, p · texte numérisé non relu

Cf. Le Mouvement ouvrier en France, p

ses frères ouvriers des relations qu'il s'était créées dans les milieux intellectuels. Il invita « ces bourgeois qu'il avait trouvés si bien disposés, à venir exposer leur pensée devant le peuple. iVussitôt, il annonça l'ouverture d'un premier local où serait pratiquée la coopération des idées. Aidé de quelques amis, il s'improvisa menuisier, tapissier, acheta une vieille table de café, quelques chaises de jardin, en meubla un atelier loué rue Paul-Bert et demanda leur concours à divers conférenciers : il voulait tenir porte ouverte chaque soir ' ». L'entreprise réussit. Elle réussit même si bien que, quelque temps plus tard, en octobre 1899, jNI. Deherme, aidé de MM. Séailles et Buisson, inaugura, non loin de là, rue du Faubourg-Saint-Antoine, un grand local comprenant salle de jeux, salle de conférences, bibliothèque, etc. La première Université populaire était née.

Dans l'espace de quelques mois, de toutes parts, surgirent des U. P.

Bientôt, presque tous les quartiers de Paris eurent, à côté des écoles communales et des cours du soir, une ou plusieurs de ces nouvelles institutions. C'est, dans le V^ arrondissement, V Union de la rue Mouffetard, la plus importante de toutes par le nombre de ses adhérents, après la Coopération des Idées : elle présente cette particularité de recruter son corps enseignant parmi les élèves socialistes de l'Ecole normale supérieure^. Dans leXIII^^, la Solidarité s'efforce de donner un enseignement suivi. Citons encore le Réveil àQS F"" et II« arrondissements, V Idéal social du X«, la Fraternelle du III", la Coopération des Idées de la rue des Apennins (XIX«), V Emancipation de Grenelle, VAiwore du XVP arrondissement, VEdu-

\. cf. Le Mouvement ouvrier en France, p. 164.

-2. Cf. Revue socialiste, fémer 1901, p. 108. >

LES UNIVERSITES POPULAIRES. 113

cation sociale de Montmartre, la Solidarité ouvrière du XIX<', « toutes œuvres dont les noms sonores suffiraient, à défaut d'autre indication, à nous faire connaître l'esprit ' ». Dans la banlieue parisienne, un peu partout, ont pris naissance des Universités populaires : on en signale à Vincennes, à Vanves, à Boulogne, à Courbevoie, à Nanterre... En province, non seulement dans les villes universitaires, mais jusque dans des villages, on découvre des groupements qui ont adopté cette étiquette à la mode. On en trouvera une liste, à peu près complète, dans l'article de la Revue politique et parlementaire que nous avons déjà signalé "^ et dans la Revue socialiste ^ qui contient une monographie des principales Universités parisiennes. On comprendra que nous ne puissions refaire ici cet historique d'un intérêt d'ailleurs médiocre. Par contre, nous tenons à noter quelques-uns des caractères dominants de ces institutions et les résultats obtenus jusqu'à aujourd'hui.

Ces résultats sont, en réalité, très faibles, de nature fort peu encourageante : les organisateurs n'ont vraiment pas atteint et n'atteindront pas la masse populaire.

Sauf deux ou trois Universités parisiennes, telles que la Coopération des Idées,V Union de la rueMouffetard et la Solidarité, ces fondations n'ont pas réussi à se constituer un public nombreux et stable, qui prenne goût aux études sérieuses. L'enthousiasme des premiers jours s'efface peu à peu : on ne pourrait

1. Cf. Revue politique et parlementaire, septembre ^901, p. 487.

Page 1