Cf. Le Mouvement ouvrier en France, p
LES UMVERSITES POPULAIRES. 115
infime, si on le compare au chiffre qu'il pourrait atteindre.
C'est là une première difficulté. 11 en est plusieurs autres encore qui viennent arrêter les directeurs et les initiateurs des U. P.
Ils ont beaucoup tâtonné — et ils tâtonneront parfois encore — pour organiser l'enseignement qu'ils veulent faire distribuer aux auditeurs populaires.
Que doit être cet enseignement réputé supérieur?
Ce ne peut être un haut enseignement scientifique analoo'ue à celui de la Sorbonne ou de l'Ecole de Droit : pour le recevoir, il y a des conditions de loisir et de préparation que l'on ne peut espérer rencontrer dans ces publics populaires.
Ce ne peut être non plus un enseignement technique ; il est déjà donné par de nombreuses associations et ferait ainsi double emploi.
On comprend dès lors l'embarras des organisateurs. Dans la. Rei'ue politique et parlementaire \ l'un de ceux-ci nous le laisse clairement entendre : « ... En sorte, dit-il, que ces mots « Enseignement supérieur populaire » paraissaient à première vue dépourvus de sens. Et la lecture des programmes de quelques Universités populaires n'était pas faite pour calmer notre inquiétude. Car on n'y trouvait guère que de ces questions très générales et inutiles sur lesquelles, seuls, les philosophes et les hommes politiques trouvent quelque chose à dire. On y rencontrait des problèmes comme ceux-ci : « La lutte, phénomène universel », « Education et Révolution », « la guerre des mondes », etc. Mais il faut bien répéter que l'enseignement supérieur n'est point celui dans lequel on traite des sujets vagues, arbitraires, ou même inexis-