‹ L'éducation populaireChapitre 54 sur 178 · Cf. Chronique du Sud-Est, décembre 1000, p · texte numérisé non relu

Cf. Chronique du Sud-Est, décembre 1000, p

.çrenre : ils montreraient que les œuvres de jeunesse tendent âne plus être seulement des œuvres de simple préservation, mais avant tout des œuvres de formation. On peut dire que le jeune ouvrier dont Jean Saint- Clair a fait le héros de ses Lettres d'un militanl ^ n'est plus un type exceptionnel. Cette orientation nouvelle des œuvres a d'ailleurs été mise en lumière — et généralement approuvée — dans le Congrès international du patronage de la jeunesse ouvrière tenu, en 1900, lors de l'Exposition. C'est ce qui ressort du rapport général, plein de faits et d'idées, présenté par M. Jean Brunhes-, et du très éloquent discours de clôture prononcé par M. le comte de Mun^,

Il est un dernier caractère de nos œuvres de jeunesse qui est allé s'accentuant ences dernières années: nous devons le souligner, parce qu'il donne un aspect en quelque sorte plus viril à nos groupements de jeunes gens.

Depuis six à sept ans, grâce aux efforts persévérants de M. le D"" Michaux, président de la Commission des patronages, les œuvres catholiques font une large place à la gymnastique et aux sports. Des sociétés se sont fondées dans les patronages et dans de très nombreuses paroisses rurales; elles se sont réunies en des fêtes régionales et en de grands concours; enfin elles ont

1. Les Lettres d'un militant (Delhomme et Brigiiet, éditeurs) sont d'une lecture très altadiante : nous ne pensons peut-être pas comme l'auteur sur tous les points, mais nous croyons que ce petit livre peut faire beaucoup de bien aux jeunes gens.

-2. cr. Jean liRtNnEs, professeur à rLniver>ité de Fribourg, VOrientatiùn nouvelle du patronage [£. Vitte, éditeur, Paris), nous ne saurions trop recommander la lecture de ces pages aux personnes qui s'occupent 'S'œuvres de jeunesse : c'est une remarquable synthèse des idées et des tendances actuelles en ce qui touche la formation intellectuelle et .T.iirale des jeunes gens.

.'{. Cf. Compte rendu du Congrès dans le Patronage (octobre 1900) : on y trouvera le texte du discours de M. de Mun.

constitué la Fédération nationale des sociétés catlioliqiies de gymnastique.

Lors d'une grande fête de gymnastique à Châlonssur-Marne, M. le D'' Michaux a raconté d'une façon charmante comment ce mouvement avait pris naissance. Nous cédons très volontiers la parole au dévoué président de la Commission centrale des Patronages.

1 En arrivant à Paris, en 1872, après l'annexion de nos deux chères provinces, disait M. le D' Michaux, la Providence, sous les traits aimables et sous les dehors modestes d'un des plus grands amis de la classe ouvrière, l'abbé Championnière, conduisit mes pas dans un des plus anciens et des plus beaux patronages de la capitale.

tt C'est là que, pendant vingt-cinq ans, j'ai appris à connaître et à aimer la jeunesse ouvrière de France.

« J'y ai passé des heures délicieuses que je n'oublierai jamais, j'y ai rencontré mes meilleurs amis que je suis heureux de saluer aujourd'hui assis à mes côtés.

« C'est en jouant, en causant avec ces enfants si gais, si entraînants du peuple de Paris que je suis devenu un grand ami de l'écolier, de l'apprenti, du jeune ouvrier de France.

ce C'est en faisant de la gymnastique avec eux que j'ai compris tout ce qu'elle pouvait donner pour le bien matériel et aussi pour le bien moral du jeune ouvrier.

« Il nous manquait l'union qui fait la force. Cédant enfin aux instances de quelques amis, je me mis donc à l'œuvre en 1897; on m'avait demandé dégrouper 5 ou 6 patronages dans un concours de gymnastique et d'exercices physiques. Dieu bénit nos efforts et le succès dépassa toutes nos espérances.

« Notre premier concours réunit 25 sociétés et 600 gymnastes.

« L'année suivante notre nombre avait doublé : 50 sociétés 1.200 gymnastes.

« En 1900, nous comptions 74 sociétés parmi lesquelles la Fédération catholique des sociétés de gymnastique de Belgique, son drapeau, 3 de ses sociétés avec 100 gymnastes.

« Enfin, au mois de juillet de cette année, notre 4e con-

cours réunissait à Issy-les-Moulineaux plus de 2.000 gymnastes et 90 sociétés ou patronages dont 13 venus de la province.

« Aujourd'hui notre fédération groupe plusde 120 sociétés ou patronages comprenant près de 3.000 gymnastes.

t Avec la bénédiction d'En-Haut, les encouragements les plus précieux nous sont venus de tous côtés, et le jury d'Économie sociale à l'Exposition universelle de 1900 a bien voulu accorder à notre œuvre la récompense exceptionnelle d'un de ses grands prix. >

La Fédération s'est développée : elle a pris le titre de Fédération gymnastique et sportive des Patronages de France et compte aujourd'hui plus de trois cents sociétés*. Cette année même, les 10 et 11 avril, a eu lieu le septième concours international de gymnastique qui a obtenu un vrai succès.

Le second progrès que nous avons tenu à signaler tout spécialement dans le mouvement des œuvres catholiques, c'est la création et le développement de mutualités scolaires dans les écoles libres. Nous devons maintenant y insister.

Dans la première partie de cet ouvrage, nous avons raconte les origines de ces institutions-; mais depuis 1900, ces institutions se sont singulièrement répandues^.

Il y a eu trois centres principaux de diffusion : Lyon. Tarbes et Paris — en dehors de Beauvais où M. labbé Gossard avait réussi à faire prospérer merveilleusement

1. Tous les quinze jours, sous le titre les Jeunes, la Commission centrale fait paraître un bulletin qui tient les patronages au courant de la vie des œuvres et, en particulier, de tout le mouvement sportif.

-2. Cf. p. 2-2 et suiv.

3. Cf. Monog7-aphies des œuvres de jeunesse {Bureaux de la Chronique duSud-Lst. 10. quai Tilsilt\ p. 23 et suiv.

]a Société de secours mutuels et de retraite des patronages de l'Oise ^

A Lyon, la Fédération des groupes d'études du Sud- Est a mené une active propagande; se servant des moyens les plus divers, tels que circulaires, conférences, notices spéciales, articles de journaux envoyés à la presse catholique de la région, études dans les revues, etc., elle est parvenue à faire connaître le mécanisme et les avantages de ces sociétés mutualistes.

Comme conséquence de ce mouvement, des mutualités s'organisèrent dans de nombreuses écoles libres ; successivement nous voyons apparaître des groupes de Jeunesse prévoyante — c'est le nom ordinaire des mutualités dans les établissements catholiques — dans les écoles congréganistes des divers arrondissements de Lyon, puis à Pamiers, Tarare, Valence, Mâcon, Saint- Étienne, Romans, Voreppe, Béziers"-; puis cette action s'étend encore davantage et des mutualités scolaires sont fondées à Rouen, Toulon, Vias (Hérault), Brives, Rennes, le Havre, Sedan, Pamiers, Rouen, etc. Chaque mois, dans la Chronique du Sud-Est, M. de Reulle consacre deux ou trois pages aux questions qui touchent aux mutualités.

A Tarbes, l'initiative de ces œuvres a été prise par deux prêtres éminemment zélés, MM. les abbés Jouanolou, professeur au grand séminaire ^, et Lafforgue. Grâce à eux, des groupes de Jeunesse prévoyante ont été formés dans les régions pyrénéennes, à Bagnères-

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