cf. plus haut, p. '6\ et suiv
2. A un congrès de jeunesse catholique, tenu à Béziers en février iOOl, un spécialiste des mutualités, M. l'abbé Brouillet, a présenté sur la question un remarquable rapport.
3. M. l'abbé Jouanolou, sous le pseudonyme de Jean La Bigorre, a publié un excellent Manuel pratique pour les fondateurs et directeurs de mutualités scolaires.
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de-Bigorre notamment, et dans tout l'ouest de la France ' .
C'est aussi à eux, en très grande partie, que Ton doit la réunion du premier Congrès catholique des mutualités scolaires qui s'est tenu, les 19 et 20 novembre 1901, à Plaisance, dans la salle Jeanne-d'Arc, généreusement offerte par M. le curé Soulange- Bodin. Ayant été appelé à l'honneur de présider cette assemblée, il nous est difficile de louer le travail pratique qui y a été fait -. Nous emprunterons donc à la Correspondance Hebdomadaire du 27 novembre 1901 le résumé suivant des déliljérations.
« On a travaillé à ce Congrès, comme rarement on travaille en pareille occurrence : pour être juste il conviendrait de nommer tous les rapporteurs ; nous signalerons seulement, sans les développer, les questions qui ont surtout captivé l'attention des congressistes.
« L'opportunité, ou plutôt l'urgence de l'œuvre n'était pas discutée... et c'est là le seul point faible du Congrès, car on eût aimé à y voir représentés les adversaires de la mutualité scolaire dans nos écoles ; ils eussent fait valoir leurs raisons et auraient entendu celles des autres, et il n'est pas douteux que l'entente se serait faite.
« Tous eussent été touchés par l'exemple de ce qui s'est passé à Bagnères-de-Bigorre où les enfants des écoles libres, attirés par la mutualité officielle, désertaient peu à peu l'église et les catéchismes pour aller aux assemblées générales; l'école elle-même se serait bientôt vidée, sans doute, s'il ne s'était trouvé là un jeune prêtre, qui, sans souci des difficultés, organisa une mutualité scolaire. M. l'abbé Jouanolou a sauvé les écoles de Bagnères-de-Bigorre ; d'autres aussi sont entrés dans la voie du salut à Vitry-le-François,
\. Dansla Gironde nous signalerons laciioii deM. de Pelleportqui s'est fait le promoteur d'un vif mouvement mutualiste.
2. Le compte rendu détaillé de ce congrès a été publié par YÉcho des Œuvres sociales, qui paraît à Tarbes. Sur ce congrès, on peut consulter aussi le bulletin de la Société générale d'éducation et d'enseignement (15 décembre 1902).
à Lyon, à Beauvais, au Havre, à Brives, à Nancy, à Cette, à Pamiers, à Tarare, à Maçon, à Rouen, à Bayonne, à Castres, à Brest, à Albi, à Chartres, à Amiens et en beaucoup d'autres lieux ; mais ce sont des actions restreintes, souvent très limitées, dont les détails d'organisation varient beaucoup et qui, souvent, ne prévoient rien au delà de l'âge scolaire.
« Le Congrès, tout en approuvant ces efforts, d'autant plus méritoires qu'ils rencontrent peu d'appuis, s'est attaché à déterminer les points essentiels d'un plan d'ensemble propre à assurer les meilleurs résultats et qui pourrait se résumer ainsi :
« 1° La circonscription d'une mutualité scolaire doit être, autant que possible, le diocèse, tout au moins l'arrondissement ou le canton : dans des centres importants, en effet, on trouvera plus facilement des hommes compétents pour composer un Conseil d'administration, ainsi qu'un trésorier capable et dévoué. Le grand nombre des membres participants assurera d'ailleurs la prospérité matérielle, et l'unité de direction facilitera l'entente avec les mutualités d'adultes qui devront accueillir les jeunes gens à leur sortie de la mutualité scolaire, à 21 ans au plus tard.
<t 2° La mutualité scolaire doit être approuvée, sauf dans des cas particuliers dont les fondateurs sont juges, parce que les avantages pécuniaires sont grands et que le contrôle de l'État loin d'être ici un inconvénient, est au contraire une garantie que la comptabilité sera bien tenue, c'est-à-dire que la société sera prospère.
« 3° Il faut en général proposer aux enfants, comme un tout indivisible, le secours en cas de maladie et la retraite, les livrets d'épargne et les dots ne devant être proposés que dans des cas particuliers.
« Le Congrès s'est séparé, après deux jours de travail, et Ton s'est promis de se réunir encore l'année prochaine, après que chacun aura fait de nouvelles études.
« Le vœu de tous est qu'alors les écoles libres de Paris offrent aux derniers retardataires l'exemple d'une organisation parfaite. »
Ce double vœu a été exécuté.
l'JG LEDUCATION POPULAIRE DE 1900 A 1912.
Deux des rapporteurs les plus dévoués du Congrès de Plaisance, MM. André Hua et Delom de Mézerac, se mettaient aussitôt à la besogne. Quelques mois plus tard, au commencement de 1902, leurs efforts, bénis par S. Em. le cardinal Richard, aboutissaient à la constitution de la Jeunesse prévoyante du diocèse de Paris ^ Malgré de nombreuses difTicultés, cette mutualité se développait et, lors de son assemblée générale, en mai 1903, elle comptait plus de 800 membres participants, répartis dans seize centres différents, et plus de 80 membres honoraires.
Conformément au désir exprimé par les congressistes de Plaisance, une seconde assemblée se tenait à Paris les 10 et 11 mars 1903, sous la présidence de M. Amédée Dufaure, président de la Jeunesse prévoyante du diocèse de Paris. Les séances furent extrêmement bien remplies et tout intimes; chacun, en parfaite liberté et sans phrases, vint dire ses succès ou ses déboires. « Du Congrès est résultée cette conclusion que l'idée de la mutualité est aujourd'hui admise par tous les catholiques qui s'occupent d'oeuvres de jeunesse et que, chaque jour, se créent de nouvelles mutualités. Que si quelques-uns hésitent, c'est qu'ils se figurent qu'il y a dans l'étude de cette question, d'immenses dilUcultés, alors qu'il leur suffirait de se recueillir un peu et de dépouiller leur terreur, pour voir qu'il y a là une fondation nécessaire — un bien réel produit — et avec peu de peine, un résultat sérieux à obtenir ». Et la revue qui formule ainsi ses appréciations conclut que « la Mutualité, bien organisée, est une arme défensive dont les patronages
\. Le siège social de la Mutualité parisienne est situé 88, rue du Cherche-Midi. Pour tous les renseignements s'adresser à Y. André Hua, ■}., rue de Villersexel. La Jeunesse prévoyante du diocèse de Paris, cf. Semaine reliçiicuse de Paris du 26 avril 1902 et Bulletin de la Société ijénérale d'éducation et d'enseignement du 15 juin 1902.
feraient bien de se munir'' ». Nous sommes de cet avis : les catholiques ne sauraient donner trop de soins à ces œuvres, que, récemment, M. Keller signalait à leur zèle, comme pouvant continuer l'action de l'école libre supprimée ou fortifier l'influence des établissements subsistants. D'ailleurs, pour ces groupements, ils trouveront conseil et appui auprès de V Union mutualisle des Femmes de France, fondée et présidée par M""^ la comtesse de Kersaint : nous ne saurions trop engager quiconque, prêtre ou laïque, songe à organiser une mutualité à s'adresser à Y Union où nous lui garantissons un cordial accueil ^.
— Mais, direz-vous peut-être, qui peut prendre l'initiative d'une mutualité scolaire?
— Elle peut être prise par tous ceux qui, à un titre quelconque, ont à s'occuper des écoles et des élèves. Un curé ou un vicaire dans sa paroisse, le directeur, le président ou un membre du comité de l'école, le président d'une association d'anciens élèves, un directeur ou un confrère de patronage, ont toute autorité pour lancer l'idée et se mettre à la tête d'une organisation de ce genre. Je serais fort surpris si, parmi mes lecteurs, il ne s'en trouvait beaucoup qui ne remplissent telle ou telle de ces conditions... Eh bien, alors?...
Les mutualités scolaires ne sont pas les seules institutions pour lesquelles nous nous sommes quelque peu laissé devancer par nos concurrents. Il en est sensiblement de même pour cet ensemble très complexe d'œuvres qui présentent le caractère commun d'être ou de prétendre être des œuvres d'enseignement populaire : cours du soir, lectures publiques, univer-