‹ L'éducation populaireChapitre 56 sur 178 · Cf. Le Patronage, avril 1903, p · texte numérisé non relu

Cf. Le Patronage, avril 1903, p

2. Le siège de celte Union est établi, rue de la Tour^Maubourg vir arr.

sites du peuple, conférences, etc. Sans doute, on pouvait citer — et nous avons cité en son temps — telle ou telle organisation florissante due aux catholiques. Depuis deux ou trois ans, le mouvement a gagné à la fois en intensité et en étendue. A coup sûr, il reste beaucoup à faire, mais, un peu partout, on se met résolument au travail.

A Paris, et dans la région parisienne, le signal et l'exemple de l'action ont été surtout donnés par le Sillon et par V Association catholique de la Jeunesse française ;(ia^ns> la vallée du Rhône, ce sont les groupes de la Fédération du Sud-Est qui mènent la campagne. Nous ne pouvons passer ici sous silence les Instituts populaires, créés à Paris et dans de nombreuses villes de province : leur fondation par le Sillon a été une réponse aux Universités populaires plus ou moins socialistes.

Dans le nord de la France, c'est la brillante Université libre de Lille qui a été le centre des œuvres postscolaires. Ses professeurs continuent, avec un plein succès, les conférences d'Extension universitaire et portent la bonne parole à Roubaix, Tourcoing, Arras, Douai, Dunkerque, Cambrai et Saint-Omcr. Inaugurée en 1896 \ sous l'inspiration de IsW Baunard, l'éminent recteur de l'Université, et de M. Duthoit, le très distingué et dévoué professeur de Droit constitutionnel, l'œuvre est aujourd'hui fort prospère-. A Roubaix, les leçons ont pris, il y a deux ans, le caractère d'un enseignement suivi: les orateurs ont étudié l'Allemagne à tous les points de vue; c'est ainsi que M. labbé

1. Cf. Au sortir de l'école (i>' édition;, p. 196. Chaque année, l'Universitc calliolique publie une brociiure qui contient l'exposé des résultats obtenus, pendant la campagne précédente, par l'Extension universitaire. On trouve ces brociiures à Lille, à l'imprimerie A. Taffin-Lefort.

2. A Hazebrouck, sur la très heureuse initiative de M. Boissard, VExtcnsion a organisé une série de conférences ayant un caractère nettement agricole; cette tentative a cté couronnée d'un plein succès.

Looten a parlé de Isl poésie alle/Jiande contemporaine, et de V Allemagne religieuse dans le temps présent; M. Grousseau. du droit d'association en Allemagne : M. Georges Blondel, de Vessor industriel et commercial du peuple allemand; M. de Saint-Aubert, des retraites pour la vieillesse en Allemagne; M. Maurice Vanlaer, de la politique douanière en Allemagne; M. le D"" Lemière, de la lutte contre la tuberculose en Allemagne ; M. le D' Lavraud, de la natalité et du développement de la population en France et en Allemagne ; M. Boddaert, de la musique allemande; M. Maurice Gand, des partis politiques en Allemagne; enfin, M. Boissard, des finances publiques en Allemagne. On nous dit que les auditeurs ont particulièrement goûté cet enseignement portant sur un même ordre de sujets et il nous a paru opportun de signaler cette excellente méthode d'exposition.

Autour de l'Université catholique, les œuvres de jeunesse sont florissantes. Dans toute la région du nord, patronages, cercles d'études, groupements divers de propagande et de formation sont nombreux, pleins de vie et d'avenir'. Pour en donner une idée, il nous suffira de dire que M. A. Doal, l'un des plus ardents promoteurs du mouvement parmi les « jeunes » , a profité de l'Exposition de 1900 pour amener à Paris une cinquantaine de membres des patronages et cercles d'études- du Pas-de-Calais, et que, pendant trois jours, nos Artésiens ont trouvé un fraternel accueil chez leurs camarades parisiens.

1. On trouvera des détails intéressants dans une brocliure de M. A. Doal sur les Œuvres des étudiants à l'Université catholique de Lille (làlle, Imprimerie Victor Duever-Comtrès). On lira aussi avec fruit une autre brochure de M. A. Doal, intitulée : La Silualion présente de la Jeunesse catholique en Europe (Rondelet, éditeur, Paris, 1900).

2. Dans le Pas-de-Calais, les Cercles d'études sont fort nombreux. On en signale de très actifs à Méricourt, Sallaunines, Billy, Montigny et Noyelies. Cf. Écho des Cercles d'études, 10 mars 1939, p. 70.

Dans le centre et loucst de la France, les œuvres chrétiennes d'éducation se créent un peu partout. On nous signale, en particulier, l'Extension universitaire organisée à Angers par MM. le chanoine Crosnier, l'abbé Bossebœuf et un groupe de professeurs de l'Université catholique. A Blois, la conférence Saint- Luc est débordante d'entrain et fait une active propagande ; on ne peut lui comparer que les jeunes gens de Saint-Paterne d'Orléans, groupés par leur pasteur si zélé, M. l'abbé Gibier, ou que, dans cette même ville, les membres du Cercle d'études de la rue Parisis : ceux-ci publient un organe, la Revue populaire des Questions sociales^ et s'occupent d'une coopération de consommation^; ceux-là font paraître, voilà bientôt cinq ans, un alerte bulletin qui justifie bien son nom de : En avant!

Nous ne saurions avoir la prétention d'être complet : il nous est matériellement impossible d'énumérer les multiples associations et institutions, de forme et d'importance très diverses, qui, depuis quelque temps, surgissent sur tous les points du territoire. Nous ne pouvons que noter ici cette efllorescence vraiment apostolique.

Bien que restreint forcément aux grandes lignes, ce tableau ne serait pas suffisamment exact, si, après avoir parlé des œuvres, nous ne disions rien des ouvriers.

Parmi ces ouvriers, au premier rang, les ecclésiastiques, membres du clergé paroissial ou membres des congrégations; au premier rang, sont aussi — malheureusement, au moment où paraîtront ces lignes, il sera peut-être plus exact de dire étaient aussi — les Frères des divers Ordres enseignants.

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