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Numéro du 7 octobre

246 LE DEVELOPl'EMENT ACTUEL.

lArchcvôque de Paris bénii- et caresser des marmots aussi souriants que peu débarbouillés : « Ah! ça, c'est bien! », la réflexion d'un type à face d'apache esquissant un salut en disant : « Eh bien ! à la bonne heure! " manifestaient suffisamment le plaisir que ces braves gens éprouvaient à voir leur Archevêque descendu dans la rue et se mêler à son peuple. C'est alors que quelqu'un murmura à l'oreille de son voisin : « Croyez-vous que iSIonseigneur nest pas là presque aussi bien qu'au milieu de ses chanoines? » Le prêtre ne répondit rien, mais eut un sourire significatif. » 11 ne nous déplaît pas de constat-er que cette heureuse rencontre entre le chef vénéré du diocèse et les éléments révolutionnaires de la population parisienne s'est produite à l'occasion d'un Congrès de cercles d'études. Ily a là quelque chose de symbolique : ces œuvres ne sont-elles point, en effet, lune des voies qui peuvent ramener le peuple aux idées et à la pratique religieuses?

Plus récemment, le 14 avril 1912, se tenait à Paris un second Congrès des cercles d'études qui, à un autre point de vue, ne mérite pas moins de retenir notre attention : il nous montre les cercles en pleine activité. Une cinquantaine d'œuvres étaient représentées par trois cents jeunes gens délégués ; les discussions furent animées et sérieuses.

La Commission diocésaine avait proposé comme programme de travail une « Enquête sur les misères sociales du quartier habité par les membres des divers cercles ». « A Bécon-les-Bruyères, l'enquête a porte sur les points suivants : la pratique religieuse, les journaux, les débits de boissons, les loyers, la cherté de la vie, les œuvres sociales, le repos dominical, etc. Les résultats de l'enquête ont fait ressortir que si, dans l'ensemble, la population de cette localité était encore attachée au catholicisme, cependant la mauvaise

presse y tenait une place prépondérante ; cherté des loyers, cherté des vivres, repos dominical peu ou point observé, etc. ; d'où la nécessité d'agir. Les efforts du cercle se sont portés sur la constitution d'un comité de presse, la fondation d'une section du syndicat des employés et la création dun secrétariat des familles. A la suite de ce rapport très applaudi, lisons-nous dans le compte rendu', M. Gruffy est appelé à fournir d'intéressantes explications sur la méthode qui a présidé à cette enquête. Il semble que pour plus d'un auditeur deshorizons nouveaux se découvrent. Le cercle d'études, jusqu'ici trop conçu peut-être par quelquesuns comme un moyen de formation théorique, apparaît vivant, actif, orienté vers les réalisations pratiques.

u Le rapport suivant, du Foyer de Charenton, devait rendre encore cette idée plus lumineuse. M. Boisset expose avec clarté que, dans son cercle, on s'est borné à une question : celle du repos hebdomadaire. Les membres du cercle se sont partagé les quartiers de cette localité, et, le dimanche, ont parcouru les rues pour observer. Sur 382 boutiques, 19 seulement ferment toute la journée, 27 à midi et 336 restent ouvertes constamment. Comme solution, les membres du Foyer se sont engagés d'abord à ne faire aucun achat le dimanche. Ensuite, ils se sont mis en campagne. Ils ont demandé aux patronages de la Banlieue- Est de seconder leur action et ils se sont adressés aux divers groupements paroissiaux pour les intéresser à leurs projets. Partout ils ont rencontré bon accueil. Ils vont tenter maintenant d'atteindre le grand public par des tracts, affiches, conférences, etc.. et ensuite de former une ligue pour l'observation du repos dominical. La discussion est ouverte. Elle est intéressante,

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