‹ L'éducation populaireChapitre 72 sur 178 · Numéro du 25 janvier · texte numérisé non relu

Numéro du 25 janvier

Ligue dans la décision prise par le ministre, mais il y a un fait certain, c'est que les pouvoirs publics n'ont commencé à s'émouvoir sérieusement de la situation intellectuelle de notre adolescence qu'après la fondation de notre société. » Dans son zèle à faire l'éloge do Ja Société qu'il préside, M. Soulet oublie que le Convent avait, le premier, indiqué la voie dans laquelle on essaie d'entraîner les pouvoirs publics.

Nous ne discuterons point le projet préparé par les bureaux du ministre du temps où INl. Steeg était à l'Instruction publique. Le Temps^ en adonné l'analyse dont voici les points essentiels. L'enseignement postscolaire serait rendu obligatoire dans les conditions suivantes : « Pour l'enseignement général, seront tenus de fréquenter un cours d'adultes : 1° les illettrés ; 2° les jeunes garçons et les jeunes filles âgés de treize ans révolus à dix-huit révolus, qui n'étant pas pourvus du certificat d'études primaires élémentaires, seront portés comme ayant une instruction insuffisante sur les tableaux dressés chaque année par les directeurs et directrices d'écoles. Des cours d'enseignement professionnel — cours de perfectionnement des deux sexes, industriels et commerciaux, pour les jeunes gens âgés de moins de dix-huit ans, apprentis, petits ouvriers ou employés — devront être fondés et entretenus par toute ville comptant au moins 10.000 habitants. Dans ces villes, la fréquentation des cours de perfectionnement sera obligatoire pour les jeunes garçons, facultative pour les jeunes filles. Les villes au-dessous de 10.000 habitants peuvent fonder et entretenir de pareils cours, et la fréquentation pourra en être déclarée obligatoire par délibération du conseil municipal, approuvée par le préfet. Enfin dans les communes rurales, des cours de perfectionnement agricoles seront institués soit par

i. Le Tetnp$, numéro du 2 novembre 1011.

délibération du conseil municipal, dûment approuvée, soit par décision d'une commission départementale spéciale qu'instituera la nouvelle loi ; la fréquentation de ces cours agricoles sera obligatoire pendant trois ans au moins à raison de trois mois au minimum, pour les adultes qui ne recevront aucun autre enseignement. Le projet de loi prescrit un certain nombre de dispenses pour les jeunes gens qui justifieront de la fréquentation régulière dans un cours privé comportant un enseignement technique équivalent à celui des cours de perfectionnement, et pour les jeunes gens atteints d'infirmités physiques ou intellectuelles. Une stipulation nouvelle, et qui intéresse les chefs d'industrie et les commerçants , porte que les patrons seront tenus d'accorder aux jeunes gens astreints à la fréquentation obligatoire des cours, le temps nécessaire prélevé sur les heures de travail, pour suivre les cours trois fois par semaine, à raison de deux heures chaque fois. En cas d'infraction à la nouvelle loi, les parents, tuteurs ou personnes responsables, ainsi que les patrons, seront passibles, après deux avertissements successifs du préfet, d'une amende de 3 à 15 francs, prononcée par le tribunal de simple police. »

Depuis que ce projet de loi était élaboré, M. Steeg est allé du ministère de l'Instruction publique à celui de l'Intérieur. M. Guisthaului a succédé rue de Grenelle. A- t-il accepté, en matière d'enseignement postscolaire, toutes les idées de son prédécesseur?

Dans les premiers jours du mois de février 1912, les journaux publiaient le communiqué officieux suivant :

Le Conseil supérieur de l'Instruction publique a voté hier, à l'unanimité, le projet de décret portant règlement d'administration publique pour l'application de la loi du 29 juillet 1910, établissant un examen annuel de l'instruction primaire des conscrits.

Le Conseil supérieur prépare ainsi l'adoption prochaine d'une loi sur l'obligation postscolaire.

Cette loi, nous n'en connaissons pas encore, de façon précise, les dispositions détaillées. Pour la juger, nous attendrons d'être en possession d'un texte définitif.

Sans doute, nous n'en disconvenons pas, il y a quelque chose à faire pour diminuer le nombre des illettrés. D'abord, il aurait fallu et il faudrait ne pas fermer d'écoles sous le haineux prétexte qu'elles sont tenues par des congréganistes. Et puis, il faudrait encourager tous ceux — sociétés et instituteurs libres aussi bien qu'instituteurs publics — qui veulent se dévouer à l'œuvre de l'éducation populaire.

Pour combattre l'ignorance, il n'y a point trop de toutes les bonnes volontés. Pourquoi s'obslinerdès lors à décourager ou à paralyser les efforts des citoyens catholiques? Nous sommes convaincu d'être d'accord avec les vrais amis de l'instruction et de la liberté, en souhaitant qu'on laisse s'établir une noble émulation entre tous les braves gens qui aspirent à donner un peu de leur science à leurs frères moins fortunés.

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