‹ L'éducation populaireChapitre 9 sur 178 · I. Cf. Revue pédagogique, avril 1S · texte numérisé non relu

I. Cf. Revue pédagogique, avril 1S

3° intermède musical; 4° scènes de Cyrano de Bergerac^ de Rostand.

Nous n'apprécions pas ces programmes, nous avons voulu seulement les faire connaître, afin d être utile aux catholiques qui, sans songer à déclamer du Michelet ou du Zola, estimeraient cependant possible et nécessaire d'organiser des concerts-lectures.

Dans ce désir de venir en aide aux bonnes volontés, nous rapporterons encore cette remarque formulée par M. Edouard Petit : « Une courte biographie de l'auteur, des analyses nettes, familières, reliant les parties retenues pour la séance, surtout un commentaire mettant en relief le sens, la portée des morceaux choisis pour l'auditoire, doivent accompagner la lecture, car il convient qu'outre une impression de beauté, le public emporte une impression de moralité. »

Les conférences populaires. — Pour les conférences populaires, en 1898-1899, il n'y a pas progrès, il n'y a pas même temps d'arrêt, il y a diminution incontestable, tout comme d'ailleurs pour le chiffre des présences aux cours d'adultes : il y a eu en effet cette année 116.822 réunions contre 117.752 l'an passé.

Les sujets traités sont extrêmement variés : « Si, à la ville où les esprits sont plus cultivés, on peut aborder les conférences littéraires, on est obligé d'y renoncer à peu près dans les communes rurales. En revanche, partout la conférence géographique est demandée. On réclame à peu près sur tous les points les causeries qui ont pour objet les possessions extérieures de la France, les épisodes de la conquête au Tonkin, à Madagascar. L'expédition Marchand, l'affaire de Fashoda ont été racontées dans des milliers d'écoles en 1898- 1899. La conférence historique (Révolution française; guerre de 1870) continue à être goûtée. L'histoire du

pays natal, de la « petite patrie », tend à se propager. La conlerence agricole est aussi très recherchée. »

Ces conférences ont eu quelquefois pour résultat l'établissement d'institutions économiques rurales. Ainsi on écrit de Vesoul que « les conférences de deux instituteurs ont eu, entre autres conséquences, la fondation de deux Sociétés d'assurances mutuelles contre la mortalité du bétail; l'une d'elles compte déjà 53 sociétaires assurant un capital de 69.000 francs ». A Niort, on déclare que « beaucoup d'instituteurs ont créé des assurances contre la mortalité du bétail et des Sociétés coopératives ».

La question de l'alcoolisme a été très souvent traitée : M. Edouard Petit affirme que, durant l'hiver 1898 1899, « une campagne systématique contre l'alcool a été menée dans 20.000 communes, devant des audi' toires populaires ».

Les mutualités scolaires. — Si nous avons constaté un ralentissement dans le développement de plusieurs des œuvres complémentaires de l'école, par contre nous devons signaler les très grands progrès réalisés en 1898-1999 par les mutualités scolaires : elles sont aujourd'hui au nombre de 811\ englobant environ 10.000 écoles et groupant quatre cent mille jeunes gens.

Le 12 mars 1899, à la Sorbonne, était donnée une « grande fête de la mutualité scolaire » : trois Ministres représentaient le Gouvernement, révélant ainsi l'impor-

\. Les mutualités scolaires représentent des groupements d'importance très diverse. Il y en a qui ont 40, 30 membres. H en est qui en inscrivent plus de S.OOO, car elles groupent tous les mutualistes des écoles d'un arrondissement ou même d'un département, comme dans l'Ardèche.

lance qu'en hautlieu on attachait à linstitution nouvelle.

A celte occasion, M. F. Buisson, ancien directeur de r Enseignement primaire et Tun des inspirateurs de la campagne post-scolaire, a raconté dans le Siècle ' les origines de ces sociétés. Nous croyons qu'il y a intérêt à donner quelques extraits de ce récit qui montre ce qu'ont pu réaliser l'initiative et l'activité d'un homme, M. J.-C. Gavé : ces cinq ou six pages seront une excellente leçon de choses.

« Il y a dix-sept ou dix-huit ans, écrit M. Buisson, je reçus un jour, au Ministère de l'Instruction publique, la visite d'un ancien négociant dont la carte portait « juge au tribunal de commerce de la Seine ». Son nom, M. J.-C. Gavé, ne m'apprenait rien. C'était un homme approchant de la cinquantaine, déjà grisonnant, à la physionomie ouverte, avec un air de rondeur et une simplicité de bon aloi, un regard droit, clair et doux. Son ruban rouge ne lui avait rien fait perdre d'une modestie qui touchait à la timidité. Il commença, <;omme tant d'autres, en s'excusant de venir « solliciter la bienveillance de l'Administration ». Quelque recommandation sans doute? Non, par miracle. Il m'apportait une petite brochure et venait m'exposer un projet que, de concert avec Matlmrin Moreau, maire du XIX* arrondissement, il voulait entreprendre de réaliser dans une école de la Villette. En quelques instants, M. Gavé m'avait mis au courant.

« C'était bien simple, suivant son expression.

« 11 avait administré pendant de longues années une Société de secours mutuels, et l'idée lui était venue d'en fonder une pour les enfants des écoles. Mais que peuvent bien faire des enfants, surtout des enfants d'ouvriers, avec leurs petits sous! Tout au plus jouer

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