‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 10 sur 67 · SI · texte numérisé non relu

SI

5â L'iDUG ATION ' PROGMSSIYE .

murces^ il faudrait^rtir de la région des beauxarts pour entrer dans rhumble domaine des arts mécaniques. Là, dans la partie '^i a pour obj€t la représentation de ces formes géométriques qui r^ondent aux notions les plus précises de notre esprit, nous pourrions être assez près de voir se réaliser la perfection. Si je demande , par exemple, à un ouvrier de me construire en ivoire ou en métal une sphère, un cylindre , un cube, comme je sais très bien ce que j'ai en vue, si l'exécutioii de cet objet est régulière, je n'ai rien à désirer de plus 4 Des organes plus fins que les miens y trouveraient peut-être des défauts, mais tel que je sui» £ait, je n'en vois point, et je dis de l'œuvre qu'elle est parfaite. ^ '

Une décision si favorable me laisse, il est vrai, complètement froid. C'est un acte de jugement qui n'a que le caractère de l'approbation et qu'aucune admiration n'accompagne. Mais dans cette per^ fection subalterne ,^ nous pouvons déjà saisir l'élément le plus nécessaire de l'idée ,mepne de la perfection. Dans tout ce qui est du. ressort du jugen^ent , la raison doit donner son approbation pleine et entière. £t, comme: il est des. qualités que la raison a le droit d'exiger dans tous Içs ob« jets, comme elle sait très bien en quoi consistent ces qualités, et que les notions qu'elle en a, sans atteindre tout-à-fait à la précision mathématique, sont au nombre des plus claires de notre esprit, il est essentiel que, relativement à cdies-là du

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nioins^ la conformité de ce qUi est avec ce qui doit être soit complète. Ainsi ^ daus les œuvres matérielle», l'appropriation des moyens au bat^ la juste proportion des parties et leur intime liaison, tout ce qui répond de la durée et de l'u-* sage :fecile de l'objet est au nombre des conditions <d)ligatoires. Il en est de correspondantes dans le domaiive moral, en sorte que si l'on donne le nom àe régularité h. l'ensemble des qualités qui tiennent aux notions d^ordre et qui ont pour juge la raison, ^npos dirons que la régularité est, relativement à k'^rfection, l'élément premier et indispensable. Mais cet élément n'est pas le seul -, il en est un qui, partout où il peut se trouver, nous est également nécessaire. La perfection en elle-même suppose la réunion de tous les méritjes, et il est des genres de mérite que le jugement seul n'apprécie pas. Tout n'est pas raison dans l'homme; le sentiment, Fi* magination ont leurs droits. Nous voulons admirer^ jamais nous ne renoncerons à cette émotion douce et grande, et la beauté est le sujet naturel de l'admiration. Beauté morale, beauté physique,, une fois que les obligations imposées par le devoir ou par le bon sens sont remplies, nous voulons toujours de la beauté. Ici donc se présente un é]é« ment infini par sa nature, constamment susceptible d'un plus haut degré de développement. Et de là vient que nos désirs sont insatiables , et que cette perfection qui seule peut les satisfaire paraît toujours nous échapper.

Qû'&ft^éë tjti6 h befttité? q[ticil0â(ta insêttdSll petit^ré^ qui du tnôin» n^tt {»i été fësdlëè jtté^ qa'à pféseàtit. Oh if âf j^nt dé«ô«it«rt àattiH ëêm^ mmèhtte \e9uhjele tà dittérmaqpi mt^eût flétiM «(iitif^àttôil^ dMs é€ méndë. Ii« li6à^ éiiclHHltétflj ifo noti* tà^dseût , it» 8U9p«ttd«tit tfâ iâ6«tiéifl lê étoài'é tefdiidtoiié dé iiotie «xisféïidé, ilâ Hàd» ëA-t niëhik là iertë^etâ nùtis. I/éffef qa'îk {]»r'«âtf}ie{tt itif nàùë les ténhit pàrfoi» âahs hiAtti pêHSêë^ Toaiè lë lien t'est paif en ettz , il eart daiié ëditê ame. Gtfmmeijt trouver d(é \à tésééttMàiàê» ètiOê ce qu'il y a de plus simple ^ Mê ëôvAéùt êàSMitè et pure , tin seul èùn qiié ptoldiigë tiné ^tik fibélôdieuse^ éi rinimensè cônif|)li(iâiîOrf d'bbjétt ^'(yf&è parfois lé màgiiîfî^ne àspéti de là nâfâM? Et pourtant il y a telle cOÙlëUrV tel sdit dôiti Piih(>ré88ion irapide et fugltité âons dbll^ S hàiii êtiiejH ^ëèi beau ! Quel est ce dbii dé ilôti» iûïM* Tdii- ^ttÔiAé àui ciidàeé iéif èstred ? Qûël ëÉi Èé ébafmé inclëfiilissdble , ifiyètëi'lebi biêtiM d'tiii éirëiftcdniiû? Est-ce une diiticfi()atiOll d'ùiie àutfé eiiéiëiiÈë^ uii Met de là fclàrtf céleste, titi mëiitî^émëiit de l'harmonie d'eii haut ? Ëst-tië ùiië hiufnilsibfi ddiiiiée % l'àinë destiàéë â côntenipléi' Uii joui> i'infinië bëâUté? Ëé ce ratissëiiiëiit mkU dé je ne isà!^ qûeilë fnéiâncôlié sert-il %, l'àyéf tif dé soii ëtil iëi-l)â8 ? TbUjodi's y â-t-ii là une preuve dé bbntd que iibus ne pouvons mécbniiàîtrê.

QUand otl Vëiit distinguer Aes notions sôuvéni confondues, on observe qilë là régularité h est

tir. î, GUAP. II. 55

pM une cônditiûtt héeesêftiré de là beauté. Gttte toliditioû le dévient si l'oti exige la heauté pàr^ jfhiie ; taàia alors l'idée n'eât plus simple et Ton tetôinpose la perfection en réunissant les deut élétnéiis qui là doûstltûent. Mais si nous cherchons & les séparer, en prenant pour caractère unique du beau le pouvoir d'exciter l'admiration ^ nous voyous qçe ce sentiment peut être inspiré à moins de frftis. Un en&nt s'ô£fre & nos regards , et son coloris éblouissant , l'éclat de ses yeux nous enthàtttéht y tandis que ses traits peut-être ne soutiittidraient pas l'examen. Leé plus heûrik points dé vue dans la nature ne présentent rieti de régulier. Et, dans lé domaine moral oii l'ordre est représenté par lé devoir, que d^actions qui ne sont pdint Conformes à là règle enlèvent notre âuf&age mulffrê ttOds ! Une femme Se précipite^ dans les flots qui Vi^nent d'engloutir sou en&ni , uii tel dévQûment nous partit beau, nôtre cœur ému llous foi^ce k le dire; pourtant, si elle^taitl'uniqilè soutien de Sôil vieux père^ elle a eu tort. Un coulage héroïque, l'exâltatibn généreuse des plus tendres affections , ont souvent produit àés sacrifice» qt^uaë morale austère condamnerait , et auxquels tm Idée de beauté s'est invinciblement attachée. (?est la source féconde où puisent les arîs; et quand ils viennent ôjouter leurs séduisantes illusions à un pi*estigë déjà trop puissant, ils exaltent jusqu'à TéAthoUSiasme l^admiration qu^éxcité ëri nous le déVoiiment , principe commun à toutes les actions qui nous éblouissent.

56 l'iSducation paogrhssive.

Ceci peut conduire^ ce me ^mble^ à se former quelque idée de la perfection. À Tégard de la régularité^ la raison est juge suprême^ et la raison sait cç qu'elle veut. Elle cherche à trouver des qualités dont elle a des notions précises , et alors même qu'elle ne se figure aucun objet qui réunisse ces qualités , elle peut dans chaque objet réel en nier ou en affirmer l'existence. C'est Ik un simple acte de jugement dont les imaginations les plus stériles sont capables.

Il n'en est pas de même de l'autre élément..

Nous* ne pouvons définir exactement la beauté dans Tordre physique^ et^ dans l'ordre moral ^ nous connaissons bien mieux les qualités qui sjont des titres à notre estime que celles qui excitent l'émotion vive à laquelle le nom d'admiration est attaché. Il semble^ à la vérité^ que le sacrifice.de soi-même soit le caractère général qu'offrent les plus sublimes exemples. Mais si la faculté de se dévouer entre nécessairement dans l'idée de la beauté morale y elle ne suffît néanmoins pas pour la constituer entièrement ^ puisqu'un dévoùment qui ne serait qu'un effet de faiblesse ou d'habitude nous toucherait peu ; ' ainsi , il reste toujours quelque chose d'inconnu à découvrir. Le plaisir attaché à l'admiration n'est donc pas dû entièrement à l'exercice de l'intelligence^ &culté qui n'est jamais satisfeite que de ce qu'elle explique clairement , mais il est dû plutôt à l'essor que prennent en nous d'autres facultés très-élcvées.

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L'idée du beau une fois réveUlée dans le sein de riiomme^ le sentiment est ému^ et bientôt Fimaginatîoa déploie ses ailes.

• Alors ce ne sont plus des qualités qui s'offrent à nous ; ce sont des représentations vives , animées y revêtues de couleurs plus l»*iUantes que celles de la réalité. Quand les merveilles des arts^ quand les chefis-d'œuvre du génie^ quand des dons édatans chez, un de nos semblables excitent en nous de vifs transports^ il s'opère comme un développement dans notre ame , et l'enchantement que nous éprouvons tient peut-être moins aux objets mêmes de notre admiration qu'aux charmes d'une beauté nouvelle qu'ils ont servi à nous révéler. Ainsi ^ quoiqu'ils aient d'abord surpassé notre attente^ nous ne tardons pas à leur trouver des dé£iuts y parce qu'ils sont loin encore d'égaler le modèle . idéal dont ils opt évoqué l'image dans notre esprit. Plus donc les choses terrestres approchent de la perfection , et plus l'idée de la perfection s'élève. Les élémens dontellese composenoùs' gpai^^ent faits pour s'unir en un tout harmonieux , eties conditions qu'exige la raison même semblent en.s'accomplissant devoir ajouter à la beauté. Ceci s'applique également à l'éducation.

En se proposant de former cette créature appelée homme , les instituteurs ont à ei^cuter une œuvre qu'ils doivent chercher à rendre p^&ite. Il ne feut donc pas qu'ils perdent de vue les deux conditions nécessaires dont se compose la perfec-

98 L'ÉDtlCAÎibSr PftbCkfESSIVE.

petit dëfiiilf fc€i qu'elle i droit du demaiiderr fille veut un membre utile de li Melé(é| dcf VitMt^ àê k

fiiûiillè ; tift hoflime qttl mA^ûe noâ prapn ihtérèt 99LÛÊ jstnais itaiféf k eelul dei mita» ,mmlt

ifoyorlMnt ({ûand il le puttt; tftti homme éclairé

qui contribue m progrèi ûm Umikfu «t delAd** vilifltttidû, et qui ëê tnoâtrepftrtiêM de k légion eômmë gâfaniiê ie ië nMmtê. Ydlà Thomme d« là râléon. Il ne ttuM jàmaii prk mSL Aiate $ Airas ra^pi^0tiTéf o&è toujottf^ ^ fiiftii ttOui a'irofii |pi^ jiiéqu'à Fâdiiiirër^ ei il m\ drate» qm ttOM l>t»* nàsmy s'il n'a pâê d'â»ir«ii«r9 k notre fiiiréar que

la cottôuité «ibién ai¥&âféa«

0^'y ft^t^il doué k fëgreftet' daûa rorifpitftl d'àa tel pôf trait? QùépSQt'dl l8i manqm' ? Il pom loi màfiquer la beattté morate > eat élëiamt qui dëdUn raille^ qtil trahit dafts rhottine l'éiM imttoMil% INïA iiidiéeii trèd'^lëg^A èfi appare&(Éë peufttiiflOtti Bëfvir à dëméler dea mode» d'ètiatmoe f#t âtl#« r^ti«. Celui thm qui âdjrâiii«ra te prtiacip« actif de la beauté morale èé diiting^igra pea dattiiea aei% de l'bomine 5 d'ailleurs aeçompli $ ooqiatel il taé»* que eét él^tnèflti II MAI lage tûmfm lui 5 ttiain aa

sagesse aUra Tair itt^pirë) il obSA't'aftl la règle

comme lul^ maiis èàtié penser toujouri qu'il l^obèéi'vé ^ et pu êrôira plutôt qu'une heureuêë barn monie uftit aea aentiinehè à «oft devoir \ n«u8 l'ap^ prouveronè toujoura attstl y mai» une aympathië plus vive dmii rapprodMM de M^ et 5 partiia aii^

Utf if bJÈàP, II. tfb

fnUér eoniratie^ fiOui le iMatllf<ttli plui ttcf tre Mill« Uable^ fAtf«ii6tr»frèft| «f {»btifttti( plii8lii[iéfléa# iiiAiH^ UtiBittt^ii& regtttdj dttftmt «offi (tétuc éta« litir eatr« toi «C dédi ntt» «OffltntiDlefttiOfi rapide j âeetri<;tie| &0M M eofUiflàiMont «tant <}ti'il aglisë; itout iÉVDfii ^'«ii preaiitf iipfll d« rdceation ^ tt roUstk itf MocMiFS d« i'fatuba&lté lotifficante $ on 1« t^9«¥«itt tu jôtir dti milbëitf .

D'oïl l^tthélit ddiie d^iffipf eéèiôtta M diFféi'«n'

tmtY tn^l ttiie eawRs réelle tvA êeftMttiéiiâ prës-*

^ eppiMé* qa'«eitefli ehe» ttoi e«8 deux être» ?

0|d) il 7 M b fifae I je erdl^ l'u& ebpaUè de dé-*

fOftlMiif i éf je dOfilfe fofl «jtiè rftilfre le idit SfiiH

iMtalfé de âivbâtjttffit j il B^eftt pdat de bëëiité nofuié. Ami de iioble et de gMfid ne peuf «tiftte^ iâ lui Mfi« le lefttimehf pulnâut qui euiève Iti^Êirie ft Itii'fliéMéj qtii le t»ihép6rte tôtt eux û» éém ttfi ofijet dlgâe cte idii hniôUi', et (|ui> le ira&difiiiiapériettr hut iitàAë» ifistuiet* de la ua* MM ) tmAÀêfèdikt pmit M l6i bôMiês inipasée»

è l'biitattilié!! OdS&d jie pf ineipé HiàtA, e!sp&ii«lf

de libeiitifë isÀMie, vieâtl îaaiiquëf > il n'y & piu«

dans l'homme qu'un froid mérite , une f égUlàf itd Hiàê H fSbm^^mé» , maiiÀi de pénibles efforts poiif à^diiiplii' tide teuvré i^ul ttous totiche péu. BUdttè mppêUe le cube Ôû labdble bien pollë, et notice Ittdifïë^liciei patif bés formes symétriques àOufi dit dsse^ que Ce h'èst ptis là pôut bne tféii-* tttfë hamaiiie î& pëi'lbcèoii.

I^Mtaidiiié , qûàild lérespeet pdtlt l'ordre et la

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règle est porté au -point de donner à celui qiû l'éprouve la force de tout sacrifier à son devoir j on peut se demander si Ton ne trouverait pat dans son dévoûment le principe de la beautë morale, et s'il n'atteindrait pas la plus haute perfection ? Sans doute il offrirait unspectacledigne d'être ad- miré ; il réaliserait le stoïcisme , sublime conception des temps anciens, qui n'a jamais été entièrement. étrïingère aux âmes grandeset fortes ; mais c'est sur des.sentimeQS universels que doit se fonder l'éducation , non Sur itn rare enthousiasme^ La vertt^ la perfection dont un tel syst^e sup- pose le culte ; sont les plus grandes des idées humaines , mais des i$ néanmoins. Les .

plus excellentes q it s'offrir à n^us dans un objet réel ; de la consistance et de la vie, et si o >as Dieu, il sera le moi. Il y a donc là une source constante de déception. C'est, comme dit Fénélon, soi vertueux, sot parfait, qu'on encense quand on croit n'honorer que la vertu j en sorte que le culte jugé le plus pur^ dégénère insensiblement eu hommage à son propre mérite.

L'égoïsme et l'orgueil sont presque inévitables chez l'être qui n'a pas consacré sa vie à un objet ' supérieur à lui. Mais quel est l'objet digne de de- ' venir la fin de l'homme? Quel est celui qui peut sa-' tisfaire des vœux toujours illimités? Il n'eu est qu'un. La perfection n'est'qu'cn Dieu , ou plutôt elle est Dieu lui-même , Dieu considéré dans ses

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attributs moraux. U a été donné à des yeux mortels d'en contempler l'image sublime. La majesté divine, a paru dans le Sauveur du monde^ voilée sous les traits les plus doux de l'humanité. Et quand àl'é(Jat des dons célestes s'est joint le touchant caractère du dévoùment, non-seulement nous avons adiniré un si parfait modèle ,' mais nous l'avons aimé^ mais une reconnaissance infinie ti rempli notre coeur du désir de l'imiter. Telle est la puis* sauce du christianisme. Une* nouvelle affection comQiunique à l'homme un nouveau zèle qui l'élève au-dessus de lui , et l'individu , comme la société entière y peuvent dès-lors marcher vers la perfection.

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