‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 2 sur 67 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Je voudrais peii>dre le cours de la vie et les sentimens qui nous animent à tous les âges ; je voudrais signaler les changemens que nous subissons avec le temps j mais ce n'est pas là mon seul desseia. Comme le plus noble but de l'étude duccâur humain est de l'améliorer , je désire chercher les moyens de rendre nos dispositions plus ékvées ^t plus saintes^ plus favorables au calme de l'ame et au déploiement de son activité.

Ce.it surtout l'histoire de Tame qaeje njç proi^ pose de tracer , histoiro moins différente chez les divers individus que celle de leur destinée^ cojisi* dérée extérieurement^ mais bien plus importante pour chacun d'eux. Les révolutions qui s'opèri^t au-dedans de nous sont pour notis les véritables évènemens. De l'état de notre cœur dépend nonseulement notre contentement intime , mais encore la suite de faits que le besoin de satisfaire nos peu* chans peut amener. Les déterminations les plus imprévues ne sont pas dues au hasard , et d'anciens désirs les ont précédées. Ainsi, en nous livrant à certaines pensées, nous construisons^ sans le savoir i uotre avenir* La succession de aos

iÛ li>TR0DUCT10.\.

sentimens est l'ébauche confuse du drame dont notre conduite offre ensuite la représentation.

Tout est donc éducation dans la vie humaine.

Chaque année de notre existenpe est la conséquence des années qui précèdent et la préparation de celles qui suivent; chaque âge a une tâche à remplir pour lui-même, et une autre relative à Tâge qui vient après lui. Et si^ à me^re que nous avançons dans la vle^ la perspective de la vie même s'abrège devant nous ; s'il paraît moins nécessaire de se préparer pour une route toujours moioi longue^ il est un autre point de vue inverse de celui-là. li est un intérêt qui s'accroît avec les années. Moins il nous reste de temps à vivre^ etplus aux yeux de l'homme^ religieux chaque moment acquiert de valeur. Celui qui vise à obtenir le prix de la course sent, à mesure qu'il approche du terme^ redoubler son courage et son espoir.

Sans doute l'en&nce diffère des autres âges à plusieurs égards. Il y a un temps de faiblesse et d'inexpérience oii la jeune ame acquiertla première notion des choses , et se met en rapport avec un monde inconnu ; alors elle n'a pas la responsabilité d'elle-même ; le soin de son éducation ne lui est pas confié : mais, si l'œuvre de l'éducation consiste dans le développement des fieicultés , on ne saurait lui assigner aucun terme fixe. L'esprit peut toujours s'étendre^ le cœur toujours s'améliorer; le sentiment religieux , le plus élevé de nos mobiles y tend même à augmenter d'activité. Tous les

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ressorts qui agissent sur Tenfent ont encore de la prise sur Fhomme; au-dehors^ les circonstances et les évènemens ; au-dedans , nos penchans les plus universels , ceux qui nous font aimer^ haïr , imiter y espérer , craindre , exercent éternellement de l'influence sur notre ame. Comment donc pour-* rait-on assigner aucune borne à la durie dq l'éducation ? Le caractère et l'esprit se modifient constamment , voilà ce qui rend toujours l'éducation possible; non-seulement elle est possible^ mais elle existe : il y en a une qui est sans cesse eji activité : savoir si nous pouvons la diriger est la seule question douteuse.

A la vérité , le développement du caractère ne dépend entièrement, ui de la volonté des institu* leurs dans l'enfance , ni de celle ds l'élève lui-même dans un âge plus avancé; mais s'en suit-il de là que ces volontés n'aient :sucun pouvoir ? Ne dispose-t-on de rien quand on ne dispose pas de tout? Plusieurs causes agissent à notre insu et malgré nous, je l'avoue, mais il est des influences régulières et bienfaisantes dont l'emploi est à notre disposition. C'est parce qu'il y a dans tous les. temps, une éducation accidentelle , qu'il faut en balancer les effets par une éducation préméditée.

Toute la part accordée à l'homme dans une telle œuvre dépend de l'exercice de sa volonté. Cette' part est grande selon moi^ et de plus, c^est la seule dont il soit toujours responsable. Le pouvoir passager des instituteurs doit servir à fonder l'ein-

pire diirhble de la conscience, h donner tfiûô direction permanente h ce qui est le plus variable çhet l'én&nt et qui reste mobile chez Thomme, la vo? loûté. Si donc il existait une source élevée où la volonté se fortifiât, où elle puisât le secours nécessaire pour se soutenir , s'éclairer , se diriger^ se rdnimer dans ses intervalles de rdàchement, rendre l'accès de cette source fecile et sûr aui^ divers âges, serait ^essentiel de l'éducation.

Après avoir décrit les premîèi*es années de la vie où4*éducation, à quelques nuances près, est la même pour tons les enfans, je reviendrai sur le caractère particulier que doit prendre de bonne heure l'éducation des femmes. Durant tout lecours de cet ouvrage, te sera ntême des femmes queje m'occuperai principalement. Il me sera plus aisé de parler d'elles , d'abord parce que je les connais mieux, et ensuite parce que la contemplation de leur destinée convientmieux à mon dessein. Les relations domestiques tiennent plus de place dans leur 'existence , et; elles sont ainsi plus soumises à finflûtntîe des évènemens naturels. Comme elles •timbrassent point de profession particulière, ecmim» elles ne sont ni négôcians, ni soldats, ni magistrats, la vocation humaine est che2 elles |Sîus en évidence; elles sont filles, épouses, mères, pîtis que les hommes ne sont fi:ls , pères on époux. Regardez- la jeune fille qui veut être aimée, celle qui VH «e mafier, la* femme jalouse de son marî, là lïici-e inquiète pour se» enraiis, ' et vous vcrrer

\» rûkùt» «entime&s^ k ïûème vie au ccmip^ àt \h liSponie Bû Pérou ^ depuis resclavcjusqu^à k ptiûCiMe. Les dlflérencês d^&ge sont aussi plus mirtjnées chei les femmes* Un homme qui n em- )>ri«sé im étit ^ feiit toute sti Vte ^-pen-prb les mêmes eboses^ et f uniformité de ses cictloûs en entràhits davtitetage dans seâ sentimens. Tous les intérêts dHine "femme châng^t an contraire avee \t» imnée») sa position dans k société change ^nssi^^ il détient i^us aisé de caractériser ^a)^ Ibenct dn temps durant sa vie.

Mm rakcm ^n! m'engage encore \ m'^adresser ani femmes, t^est qn^ettes écontent quand on leur ]fmrie. ^cîsément par» qu'elles tfont point extérieurement de carrière, elles se tracent avec plus on mtwns de bon sens imt sorte de carrière m(Orak*,,i*iacttntft conçoit tin certain Idéal dont elle cherche Si se rapprodier; « par W même elle est tn marche. Ses pensées , ses opinions , sont peu arrêtées. Si elle ignare beancotip de tlioser, û\it ttè crmt pas dn mi^îns )es savoir contes , et le manqne de tonnalssancei pMiti^^es ^st plus q^ tK)in^sRsé par te ûèfkt d^n acqnérît. î/éducatîon et ses «nfetts , 41fmt dk est chargée ^ k porte \ tetidre vers te imeni pont est et pour efie 5 toos tes conseâsstir cet objet sacré sont bien accneilîts^ ti, tes obcervaiJotts qtftSte fait contltineRemeni; eomme mère , la£#mnent«âissiphis de gotitpOiir

I^Miiyse des seMimesiÀ.

Msâis "Sl 5e piifle iwftc ftmîuti "jnns votentiers, ce

^6 intacductIoi^,

n'est pourtant pas d'une manière exclusive. Le point de vue religieux rend aussi la vocation humaine saillante chez les hommes. Comme chrétiens^ les relations domestiques leur paraissent prendre plus d'importance j le progrès de Page ft donné à la vie un nouveau caractère de gravité ^ et la grande idée d'une destinée future £ait disparaître les différences d'état et de rang.

Ce livre sera religieux, je l'espère j mais ce ne sera point un livre d'édification , puisque l'observation de la vie telle qu'elle est y domine , et l'esprit du christianisme doit y régner sans qu'il y soit souvent fait allusion à sa doctrine. Ce n'est pas toutefois que je regarde la doctrine comme indifférente. Si le culte du cœur est le premier de tous , la religion n'en repose pas moins essentiellement sur une crpyance, et la nature de cette croyance influe sur celle du culte même et d'une multitude d'opinions. Mais, sincèrement attachée au christianisme, tel que l'ont envisagé nos illustres réformateurs, je considère* ici plutôt ses effets que leur cause. J'en appelle au sentiment qu'on devrait supposer universel chez des chrétiens , à cette immense charité , pour laquelle le mot de tolérance envers des frères est faible, injurieux même ; à cette charité dont Fexercice le plus difficile^et le plus fréquemment nécessaire, consiste à pardonner à ceux qui en manquent.

Cette peinture très mélangée n'çst; donc point diestinée aux personi^çs éminentes par leur piété.

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GeUes4à me semblent placées trop luiut et m'imposent trop de respect. Elles ont mieux que des secours humains ^ et^ dans le genre même des secours humains^ elles ont bien mieux que mon livre. Je parle à une^lasse malheureusement plus nom-* breuse^> à ces hommes qui^-sans s'être ranges parmi les adversaires de la religion^ ne compren* nent pas la langue chrétienne, qui ne lisent pas les livres saints, ni ceux où Ton en trouve l'interprétatioiljSdèle. Privés comme ils le sont des ressources les plus intimes^ la difficulté est de leur en hire sentir le besoin. On ne sait comment les atteindre, et tant qu'on ne parviendra pas à leur donn er, dans le seul langage qu'ils entendent , le gput des vérités divines, ils seront comme ces peuples non. civilisés qui ne sortent pas de leur état^ faute de concevoir ce qui leur manque.

Mais je m'adresse surtout à ceux que je regarde plus particulièrement comme mes semblables; je parle à ces êtres pénétrés de la vérité, de la beauté, de l'importance première du christianisme , mais qui voudraient l'allier plus intimement aux divers objets d'intérêt qu'on ne peut bannir de notre existence. Ceux4à sentent que la religion est tout ou qu'elle n'est Hen, que "^i elle ne devient pas un mobile principal^ elle n'offre qu'un vain accessoire ; mais ils ne trouvent guère le moyen d'appliquer universellement un tel mobile , tant est grand le domaine des choses de ce monde qui, \lans la conduite de la vie , ont leur place légitime

48 ifrrMMrmtAH.

mi méniê kittf utilité^ et Mmbkni ^tnngàresi hi nllgion. L'ëducitiôn do cœur pourrait bflrlr M moyen ^ puitque sous le point de yue du perfbe«» tionnement religieux^ il n'est plus d'action ni 4'oc^ eopation indifférente. Tout nuit olfmtt , tout re* tarile notre marche ou la £âvorite« Nous observons l'efiSet des objets sur nous^ plutôt que nous ne les jugeons uniquement en euit^^mémes^ et, repous^» sant ce qui nous éloigne de Dieu ; nous chercbonê à nous rapprocher de lui par tout ce qu^il a mis de pur et d'élevë dans la vie.

Après avoir parle de la destination de cet ou -^ vrage, je cfoisdevoir en indiquer le plan.

Il s'agit de Tëducatlon préméditée, c'est ^ikdire, de réducatioii qui vise à tirer parti de Tinflu enco dès hommes et d^ choses pour le perfectionne*^ ment de Pindividu. Cette éducation doit conti*^ nuer toute la vie et ne ikire que chatjiger de main. L'agent en est dlffiirent, mais Fœuvrè m reste la même y et depuis la naissance ^usqu^à le mort I il y e toujours un sujet à perfectionber.

Considérée sous ce rapport , la vie se divisé n^^ turellement en trois périodes.

Pendant la première y qui embrasse la durée de l'enâince , l'éducation est dirigée par des Intelli^ genœs supérieures à celtes de Tindivi^bi qu'il s'agit d'élever.

Durant la seconde , qui comprend l'édoles»

oaice et cette portion xle la jeunesse que les lois soumettent encore à l'autorité paternité, l'élève

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doit d6 plui en phss coopérer à «i proprt ëdtt** c&tioni

Ëofin^ pendant la troisième^ l'individu detantt l'arbitre de éa deatinée , est appelé à travailler I éon propre perfectionnement.

La première de ces divisions de la vie huttlAinè est celle où l'écrivain qui en fait l'histoire ^ trouve sa route placée le plus nettement. li ne pettt> quand il est question Hu premier âge ^ s'adresser encore qu'aux instituteurs qui en ont entrepriè la direction { et dès-lors l'éducation proprement dite^ ou les soins dont les enfans sont l'objet ^ Ae^ vient le sujet qu'il doit traiter» Biais ce sujet serait encore trop vdste ^ soit pour le dessein que j'ai conçu^ soit pour mes forces^ si je l'embrassais dans son entier. Obligée de me borner^ ce sera la for» mation du caractère qui m'occupera principale*ment. Je laisserai de côté les méthodes d'etiseigne* ment » et^ dans les idées générales sur le dévelop^ pement de l'esprit quâ j'aurai rocoasion d'énoncer^ j'envisagerai surtout l'effet moral des oecupations et des études diverses.

- Cependant l'obligation d'observer que je tne suis imposée dans tout cet ouvrage , exigeait ^ dès le commencement^ une investigation du Coeur humain Un peu plus profonde que celle dont le premier âge a^ jusqu'à présent ^ été l'objet. Lesli* vres sur l'édutetion contiennent^ pour l'ordinaire^ l'hîatoire des pensées et des tentatives de l'inititijA (eiir relativement à son élève, plutôt queThiitôire

SO INTRODUOTION/

de rélève lui-même et de ce qui se paaae dans son esprit* C'est là précisément ce que j^ai essayé de démêler. Après avoir, dans quelques chapitrée de considérations générales , indiqué les vues que l'instituteur ine paraît devoir adopter, c'est avec l'enfant que je m'associe ; je cherche à connaître ses sentimens durant la période entière où une nécessité impérieuse le soumet à notre pouvoir , et cet examen me conduit à juger que la plupart des impressions 'attribuées au caprice et à la déraison, dans le premier âge, ont une origine plus relevée. Les conditions auxquelles l'ame a été assu jétie à son arrivée dans ce monde, me paraissent fournir une explication suffisante d'une multitude de sentimens qu'éprouvent les enfians , et j'y reconnais encore l'effet d'une dispensation éminemment favorable au développement de leurs plus grandes facultés. Je décris donc, aussi exactement qu'il m'est possible , la constitution morale de l'enfant à ses différens âges, et j'en tire les. résultats pratiques qu'offrent évidemment ces observations. Cet ordre, le plus naturel de tous, n'est pourtant pas le seul que j'aie pu observer. Certaines dispositions doivent être cultivées avant les autres^' soit parce qu'elles sont fugitives , soit parce qu'elles peuvent faciliter toute l'œuvre de l'éducation. Les principes doivent encore être posés avant d'en tirer les conséquences. Il y a donc un enchaînement moral et aussi un enchaînement logique , indépendans de l'ordre des faits , mais non moins essentiels à suivre.

IJNTfiODUCïlON, 2i

Après l'observation et ses conséquences , vien* dra donc pour l'ordinaire l'exposition d'une vérité qui me paraît s'appliquer particulièrement à l'âge dont je m'occupe. Lorsque ensuite les changemens produits pas les années amèneront des change^ mens correspondans dans les- conséquences de cette vérité , je la présenterai de^* nouveau sous une autre &ce. Ainsi on verra les mêmes principes différemment développés aux époques successives de l'éducation.

Ce mélange d'observations ^ de théorie et d'application de leurs résultats à l'enfonce , offre de grandes difficultés dans l'exécution. De là naissent des contrastes trop continuels et trop forts , des transitions trop brusques. Rien en apparence de si futile , de si peu relevé que les détails relatife aux petits enfans , que toute la masse des faits présentés par cet âge^ rien en revanche de si grande de si difficile^ de si obscur^ que l'étude des facultés de l'ame. Néanmoins comment séparer ces deux élémens dé l^éducation ? Mettrait-on assez d'importance à la forme , souvent très-insigni'fiante / sous laquelle certaines facultés se présentent chez l'enfant^ si on ne les considérait pas dans leur grandeur future? Comment ne pas voir l'avenir dans lé présent^ et l'épi de blé dans le brin d'herbe ? Le point d'où l'on part et celui où l'on veut arriver^ l'enfant et l'homme accompli ^ peuvént-ils jamais être perdus de vue ? Si ces changemena contiaaelt de ton et d'objet ne sont pas

SS INTBODUCTIOlir.

bons littérairement, peu importe^ puisque le sujet le plus essentiel à traiter le veut ainsi. Peut-être avec un talent supérieur aurais-je sauvé ces dis« sonanees ; mais ne pas dire les choses que je croyais. utiles m'a paru un tort plus grapd que ce* lui de les mal amener.

Arrivée à l'entrée de l'adolescence^ nous verrons l^élève lui-même commencer à travailler à sa pro<* pre éducation. Il en conçoit , il en adopte toujours mieux le but , il en éprouve les moyens , et finit par les choisir ou les indiquer. Sesparens conservent tous leurs droits sur lui , mais pourtant peu à peu le pouvoir leur échappe : leur autorité n'au^t rait presque plus d'^£fets salutaires s'ils étaient ré* duits à en user. Tout doit être oonlianco d'abord^ puis persuasion complète et intime. Leur influence^ purement morale , a besoin d'être ménagée aTCo d'autant plus de soin^ qu'elle même doit bientôt diminuer , et que le temps oit elle peut encom s'exercer donne l'impulsion à tonte la vie.

Ce reste précieux et fragile d'une puissance qui déchoit n'est pas même iacile à employer judicieu'* sèment. L'observation est souvent déroutée par les changemcrns subits qui s'opèrent dans le carao^ tare de l'élève. On ne le connaît plus , et il se connaît mal. Il est sincère , mais à chaque instant trompé, et sur lui et sur toutes choses. Sonima** gination ardente et mobile met toujours ce qu'il croit être à la place de ce qui est i h combat des espér»ees avdQkspoaûbiUtés n'est pia«Brare.bîai

IlfTROfiUCTlOn. S3

tagâgê > et il vit 48lkt une atmosphère d'illuaimii que rien n^e eacore diuipée». Ignorant Fëiendua de 9m fbrcea et leur* bornes^ oe que pourrait et ce que ne pourrait pas obtenir sa volonté > il est tour ^ tour confiant et découragé outre mesure.

Tendis que cet état de fluctuation dure encore^ et que Tadolede^t est assailli de tous côtés par des passions ott des tentations nouvelles, la main qui l'avait guidé se retire insensiblement ^ et souvent il est lanoé seul au milieu des éeueils du monde« fiéanmoinstelest l'ascendant des principes qu'a pu inculquttr une bonne éducation , tel ett celui des sentfanens généreux qu'il est aiié d'inspirer à cet %e 5 4n% ti€^»*seulement le jeune homme doit écbappw à de tds dangers , mais former les veiv tnisttses résoltttions dont raoeompllssemfflit oceu^ pwa sa vie entière^

Le nombre des objets d'intérêt qui s'offrent i l'adolescence est si grand j il y a une telle accuntuhition de sentimensi de pensées, de lumières , d'impressions nouvelles , que je ne pourrai wnè doute développer pleinement un tel sujet. Obligée de m'en teidr aune esquisse légère, je m'attacherai du moins à l'ohîet estentiel p la religion , et , dans Mt ilit«rvl^e A court qui, cbea lesfsmmes, sépare Teobnee du mériage , je montrerai combien il importe de dorà^ aux mères futures des principes de. piétés

Is reste de louvrage conti^idra le tableau des omtmmÊ auenenives de periectionnementgui s'of«

2A IliTEODUGTIOlS .

firent naturellemeut aux adultes. Â peine le jeune homme est-il affî'anchi du joug de Tautorité paternelle^ qu'un sentiment très fort l'oblige d'ordi naire à aliéner, du moins en partie, sa liberté^ en unissant une autre destinée à la sienne. Jusqu'alors, il avait été son but à lui-même. Objet de dévoùment de ses parens^ il était entré dans leurs vues lorsqu'il avait soigné ses intérêts , qu'il avait travaillé à orner son esprit de connaissances , son ame de vertus. Se considérant en artiste , il avait vu son propre caractère comme une œuvre qu'il devait accomplir, et dont les qualités généreuses .étaient le plus beau couronnement; mais toujours le moi était en première ligne. It voulait le bien , mais le bien opéré par lui , et il voyait surtout son propre rôle en toutes choses. De là cette espèce d'exaltation mêlée de personnalité qui domine souvent dans la jeunesse.

Ce n'est pas sans une forte secousse morale que le centre de la vie peut être déplacé , et que les liens étroits de Fégoïsme se relâchent. Une telle révolution est réservée à la puissance du sentinient, et peut-être l'amour paternel parvient-il seul à l'accomplir. Au moyen de cette seule affection, l'homme apprend à connaitrele véritable dévoûment, cette consécration entièred'une ame qui n'attend aucun retour égal pour ce qu'elle donne, aucun bonheur pareil à celui qu'elle veut procurer. Aussi présenterai^je dé nouveau les enfans à cette qpoqae , non pas comme étant euz^^mimes

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l'objet de rédttcation , mais comme élevant pour ainsi dire leurs parens ^ parce qu'ils les placent dans une situation où tous les intérêts comme tous les sentimens concourent à ftiire sentir la néces^té dé la morale et de sa source la plus certaine y la religion.

Alors l'existence terrestre a reçu son plus entiei^ développement^ l'ame a formé au-dehors ses rela«tionsles plus nombreuses. Membre utile de la société, encore fils et déjà père, l'homme voit les ramifications de ses devoirs s'étendre au loin, et il anime une sphère d'activité proportionnée à la grandeur de ses facultés. Cependant il ne tarde pas à découvrir que ces mêmé^ facultés ont des bornes. Le <:ontact perpétuel avec les cUoses réelles dissipe en lui beaucoup d'illusions; son influence s'accroît encore au-dehors , que déjà une certaine ardeur diminue, la répétition des scènes du monde amortit la vivacité de ses impressions , et sa vie intérieurement un peu effacée , passe de plus en plus dans celle de ses enfans : c'est sur eux que se place encore son imagination détrompée.

Toutefois , ces enfens en grandissant ne rem<plissent pas entièrement son attente ; bientôt ils peuvent se passer de lui , et finissent par luiéchapper. Il en est de même de mille objets d'intérêt tarés vifs, de l'estime, de la reconnaissance des au<tres hommes, de tel bien qu'on avait cru opérer. Tout a'afiiaiblit, tout se décolore , tout s'enfonce daha le lointain. Nous voyons que les choses peu*

S6 I1I7EOOWTIQ9I.

veut êWw tin» novm, «t nous noua détuehom «t dfli autres et de noutMinèmei.

Këenmoine^ dm» une eme religieuMij il y a plitô qu'une compenMtioA à la perte dea mohattleiniais et des illusioua léduieantei dé la vie^ £a elle f la grande idée du devoir surfit à tout , et lui doiH^ tt«Ki activité indépeadaiit^ dea pensées terreafires. Le mande inviaible lui appavatt à œeaure qu# le viable a'efbcei et acs eepéraboei a'attaoheut tu amil être qui ne les troatpe jamiiit. Plua d'élwa^ Ûjem, plus de ealme^ une plus Juste appréciation de tous lea objeta lui donne une autre grandeur. £Ue ooaçoftt pourquoi elle a été placée sur cette teite^ et \^ plan de la vie humaine reçoit pour elle ton apHcation.

Elle voit qu'envoyée ki^^bea pour y prendre un immeaie développement!^ «lie n'eat paa faite pour tmim attaebée aux objeti qui ont aarvi ^ la dévè* le^pper« Ses fQtom nouv^lea auront un eaiereioe w>uv«au« L'int^Ugiuiee doit a'élever'^ une plua bauta cont€mplatk>n que celle des dioaea ttmpea^ très , et cet ardwt amour qu'avaient e)(cité des créatures impar&itea dent se fixw sur rEtre parlait i aussi son développement n'eat*il point aoapendU} aea progrèa moins apparena acnoit pbia réels et ne paraissent pas ai aujeta à a'arrèter} aea fSaeultéa c^mtemplativea gagnât plua que aea fyh oultéa aoUvea ne semblent ivoir perdu f et d^ aon amélioration' peut se manifesta dam oatie

vie* Àinai» dana la viaîliaaae* uêê déaîntéMaaeiBettt

INTHODUCTICW. J7

plui entter^ une uérémti plus conatattle^ je ne «ais quoi de <age^ de paisible^ de céleste, sem* UfiDfc entourer d'avanoe un front vénérable d'une aaréole d'immortalilé. Qn voit alors se vérifier ces belles paroles de l'Ecriture^ qu'à mesure que Vhomme extérieur déchoit p Vhomme intérieur se renouvelle.

Cest en effet une belle preuve de notre immortalité que ce principe de développement toujours existant dans notre ame. Et comme l'action de ce principe n'est arrêtée nécessairement dans la vieillesse ' que par le dépérissement des organes matériels , c'est-à-dire par un obstacle qui peut se présentera tout autre âge ^ il est clair que l'état de caducité, près du dernier terme , est tout-à- £ait étranger à la natur^ de l'ame même, et qu'il ne prouve rien contre la possibilité d'un progrès éternel dans l'étendue de ses facultés.

Ce progrès exige, il est vrai ^ le concours.de notre voloQté. Ceux qui ne pénètrent pas au-delà de l'enveloppe extérieure des choses, restent jusqu'à la fin occupés d'apparences vaines, et l'éducation de la vie est manquée pour eux. Nonseulement le temps ne les améliore pas, mais il les corrompt. II peut y avoir un perfectionnement de l'égoïsme comme des sentimens dévoués et religieux. Alors le cœur se dessèche de plus en plus , alors le bonheur personnel auquel l'égoïste avait tout rapporté , lui échappe , puisqu'il devient in* sensible aux plus nobles jouissances, et que les

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autres ne durent pa». Pour lui véritablement la vieillesse est désolée. Pour son imaginationeffrayée^ la mort est bien de iainort et pis que du néant peut-être : mais ce n'est pas un'pareil tableau que je puis me plaire à tracer.

progressive/

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