‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 3 sur 67 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

BUT DE l. KOUCATlOSr.

Yooloir la verta pour aoa plaiiir, c'est tomber dana r^iearéiinM.

FsaaLOH.

Élever un enfant^ c'est le mettre en état de remplir un jour le mieux possible la destination de sa vie. Mais quelle est la destination générale de la vie humaine? De la réponse à cette question dépend évidemment la direction de l'éducation tout entière.

On est loin encore d'avoir déterminé cette di<reetion t quand on a dit que l'éducation avait pour

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but de développer les facultés; c^est là son œuvre plutôt que son but*

L^éducation développe les faculté^ : ne se pro<posât-elle autre chose que de donner à l'élève le moyen d'exister ici-bas , elle devrait encore les développer» Au Sédégal coitimeén Angleterre ^ on cultive certaines qualités; mais quels progrès £bi- '"vwisera^-t^oa de préférence f dans quel sens sera oet accroissement qu'on veut toujours faire prendre aux forces humaine^ ^ Et comme la ittoindre différence de proportion^ entre les élémens dont nous sommes formés influe sur la nature de notre constitution morale ^ encore iaut-il savoir à quoi l'on en veut venir , pour4écider de ce qu'on doit &ire.

L'antiquité tout entière a dît que le but -de l'existence humaine était le bonheur. La souveraine félicité s'est présentée aux anciens sous des formes^ tantôt nobles ^ tantôt plus ou moiasjuatérielles $ mais l'idée de la chercher a toujours dominé. De notre temps encore on essaie de ressusciter ce genre de philosophie. Sous le nom assez équivoque d'utilité^ on prétend même donner le soin du bonheur pour fondement à la morale* Ce» pendant le trait saillant comme le trait sublime du christianisme , c'est d'avoir proposé un autre but aux hommes que celui de h féiûâté ici«bas#

Que nous dit la religion chrétienne datts Ielan«gage qu'elle a consacré ? Elle nousi dit ^Waidé du secours céleste fThùmme peut éà^ eeiêe viecom*

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ftiênêêf À rHûblir dmu Mon urne Pimags tf^Ècà^ ié la bMniîéf Bt (fuê sUl remplit Ui ^ndUiofU im^ pùèéeê 4aM f Évangile ^ condiUms dont Faoeom^ pUsBémênt tend à puHfiêt son emur de plus mi plus y la grande expiaiiOH offerte p9ur^ê ôffhHêêê lut fiMWv? le salMiéierMl ou la réunion Wâc Dieu dam une autre i>ie. Cette dôctrinft n'iat autre ého9eqttelÉ]perf«etioA promtie pour r^ompenw k Pceui^re do perfectionnmieiit.

Utt ordre d'idées si élevé apumnieiit naturelt»* ment à le souroe d'où il dérive* (hi ne j^urrait demendw plus à une révélation divine » et on ne devait pas s'attendre à moins* Ce qui est peoCi» être plus étonnant^ e^esi que tant de génies vwpi^ rieurs ) de earaetères vertueux » d'ames généreuses qui dans téas. les siècles ont honoré l'humaniié^ n'aient pas senti qu'assigner à l'iiomme le bon» heur pour unique but sur la terre , c'était ébranler la morale dans son ecaur*

En effet y tout ce qu'on a Maté pour identifier la félicité et la vertu | n'a pas bit illusion aux esprits Justes. Ni la noble fiction des stoïciens y eeUé que le vice seul est un mal et que la douleur n'en est pas un \ ni l'assertion moins élevée des uiliU^ taireêy edle que notre devoir est toujours eonfi»*>me à notre intérêt^ ne peu vent soutenir l'exameu. Soit qu'on veuille relever le bonheur ou rabaisser la morale^ il y a diffiérenoe oonstamnienâ^ oppsbr rition parfois enérê les idées qu'on veut confimdre* Xa nns<^tmemiatt> l'expérience/Ia frpkle réAaxk>i|;

9^ L^JBDUCATION PAOGEEâSIVE. ^

l'élan da coeur ^ tout nous dit que , pour satis&ire la conscience^ il faut souvent renoncer à étre^ heureux ; tout nous dit que si le malheur est inévitablement attaché au vice^ le bonheur nePest pas dans ce monde à la vertu*

On a pris le moyen pour le but^ à ce. qu'il semble. I^ désir du bonheur est un des mobiles qui nous portent à développer nos facultés^ et qui par là nous font avancer vers le vrai but de notre existence.. Mais connaître un des ressorts qui nous font agiï* f n'est pas connaître encore notre destination finale. Celui quiJgnorerait l'usage d'une montre et qui en regarderait attentivement Fin?» teneur^ pourrait^ avec de la sagacité^ en cowrprendre le mécanisme , deviner où réside la force motrice ; comment se distribue son action ^ maia 9aurait-il que cette œuvre, compliquée a pour objet la mesure du temps? C'est là le secret, de l'inventeur y et l'on ne le découvrira point si l'on ne s'associe à ses vues.

C'est de même qu'on prononcerait sur le but de la vie humaine , en se bornant à considérer le mécanisme de nos actions. . Mais si l'on envisage le résultat auquel le cours de la vie nous &it arriver^ on voit que le but supposé- n'est point atteint ^ le bonh^r point obtenu.

Et de plus ^ c'est ne considérer qu'un de nos Mobiles. Qui peut nier que l'amour du bien ne spit aussi un sentiment naturel à l'homme^ que le juste, que le vrai, ne lui semblent son élément?

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