‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 21 sur 67 · LIV. I, CUAP. V · texte numérisé non relu

LIV. I, CUAP. V

des bons sentimens à celui des mauvais désirs ; car si le devoir n'est vu que comme une simple barrière^ les passions qui sont courageuses ne la franchissent que trop souvent.

Que la raison soit indispensable dans la vie^ que sans elle nous ne puissions faire un pas^ que nécessaire pour régler les penchans^ elle le soit même pour les satisfaire ^ c'est ce dont je conviens mille fois. Je dis plus y en prenant un point de vue très étendu^ on voit qu'elle n'eiàt pas sans quelque pouvoir sur la formation des sentimens ; mais c'est une influence lente et indirecte. En réprimant souvent des excès , elle prive dans la même proportion \e» mauvaises inclinations d'exercice, et peut, à la longue , les amortir. Il y a en nous un principe de développement, une sève qui, retenue dans un sens, se porte dans un autre, et la morale même de l'égolsme ne peut pas long-temps rester telle dans le cœur humain. Le caractère d'une même génération change peu \ mais ce qu'elle avait fait de bon par calcul , une autre le fait par impulsion. Les sentimens religieux et désintéressés renaissent, et facilitent à leur tour l'œuvre de la raison. Alors elle fait prévaloir des vérités qui étaient long-temps restées oiseuses, et qui prennent un rang dans la vie sociale, aussitôt qu'elles s'accordent avec les sentimens universels; et quand ces vérités se prononcent en actions, qu'elles déterminent des mœurs et que les institutions les

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consacrent, il y a un gain immense pour le$ nations*

Mais c'est le développement correspoDfiant 4^ sentimens et des lumières qui pro duit ces résultats heureux, et ceux-ci ne peuvent guère être appréciés qu'à distance . Il faut mettre des siècles et des peuples dans la balance, pour s'apercevoir du poids qu'y apporte la raison. Quand elle n'a pas du temps pour agir, quand son action est renfermée daqs l'étroite'enceînte du cœur d'un seul homme , l^ét^t dans lequel elle le trouve décide de tout , et çon impuissance se révèle.

De toutes parts nous rencontrons nos bornes : c'est là ce que ]e vais m'attacher à montrer. Les sentimens sont impétueux, aveugles, sujets à une dangereuse exaltation ; mais ce sont les forces vivantes de l'ame. Cultivons-les chez nos en&ns^ 4^ pair avec l'intelligence : ne les laissons jamais sans aliment dans leur cœur ni sans exercice dans leur vie , et ne nous reposons pas entièrement sur la raison. Pensons que la plupart des maux de ce siècle sont dus à cette personnalité systématique qui laisse les individus sans énergie , comme le corps politique sans vigueur. Quand on n'est attaché àrien, il faut bien s'attacher à soi-même. L'égoïsme n'est qu'un mot plus amer pour désigner l'indifférence j l'amour de soi est l'héritier naturel de tous les autres amours.

En général , la faute de l^éducation est plutôt négative que positive ; elle est dans ce qu'on né-

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C^ge f plutôt 4^9 dam ce qu'on feit. Durant le cours d'une longue instructioq où tout eM passif «heu Vmfwh hors l'intelUgencei les proportions f'elt^ent infoiUiblement. La mémoire et le raisonnement jii'eiereent seuls et les «entimens restoei en arrière^ leuf pourtant celui de l'amour-pro- {ipe I qu'on ea^eite comme stimnlant. Que doit-il 1 Multer 4e là ? Sfsictement ce qu'on observe cl^m

les bommes ^its i une grande ebsenee de motili défÎAtéressés et upe prépondérance toi^ours qpois^ santé des motifs sensuel» ou égoïste»^ qui dèslors ne sauraient manquer de ^ mani^ter tôt ov ^di\ une volonté Aible pour le bien , ardente et bebile po^r tout autre objet , d^viept ausai une

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