‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 23 sur 67 · LIV» I, CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV» I, CHAP. VI

ment une difficulté sous laquelle succombe le genre humain.

Quelle est notre condition^ laissés à nous-mêmes? D'une part> des sentimens^ vie de l'homme^ forces sans lesquelles il n'est rien ; mais des se'ntimens exposés à une ivresse fiitale^ susceptibles par cela même de devenir nos plus grands ennemis : voilà nos mobiles. D'autre part^ une intelligence grande sans doute quand elle s'exerce audehors^. mais foible et timide quand elle se dirige au-dedans ; parce qu'alors elle est dépendante de ce même état moral dont elle devrait décider : voilà notre régulateur.

Faut-il donc s'étonner qu'à moins de ce degré d'énergie que la nature et l'éducation s'accordent rarement à développer ^ fout-il, dîs-je, s'étonner que la volonté ait une marche irrégulière ? qu'elle soit molle et apathique dans l'absence des sentimens^ inconstante et orageuse quand ils se combattent ; violente, opiniâtre , dépravée même , capable de nous précipiter à notre ruine , lorsque tel mauvais penchant l'a emporté ? La conscience, il est vrai, nous donne un avertissement conforme à la plus saine morale ; mais cette voix , trop souvent étouffée, ne parvenant pas toujours à se fanre écouter, le moyen de nous y rendre attentife est précisément ce qu'on cherche.

En prenant ainsi le mal à sa racine, en voyant à quel point en est atteint le principe même de nos actions, la volonté, il semble que nous soyons

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sans ressources. ToutefoiSi 1» bonté dinne n'? pM

souffert qu'il en fût ainsi.

Parmi cessentimenSi seules forces TivQntes^ il en eçt un plus pur ^ plus élevé;! plus inUmentent lié à la morajité que les autreS| le sentimeut veln gieux. Celui-là ne trouvant pas ici-bas de quoi se satis&ire^ cherche de l'assistance au-dessus de nous. Il interroge , il implpr® la nature entière) et par«^ tout il entend une voii^ secrète qui semble répon^ dre à son appel. Cet instinct, livré à luî-noân^i ne s'égarerait sans doute que trop souvent } mais ce n'est pas dans de iausses routes qu^ nous saq^ mes appelés à le contempler. Nous le çonsidéf ons tel qu'il peut toujours être développé par une éducation éclairée i et puisque eiifîn il faut^ préparer des mobiles à l'homme^ puisque la raison unç fois formée ne s'exercera que sur les pen.cbanS| puisque elle-même ne prendra son caractère le pins élevé que si elle trouve à régir de nobles incUnatÎQnf dans l'amei il importe de montrer queles^ntimant religieux est le seul qui puisse donner une hnureuse impulsion à toute la vie«

Mais le champ devient ici tellepient vast9> que je dois renoncer à le parcourir, l^ sentiment içe* ligieyxi uni à la foi chrétiennCi et trouvant dans hk plus sainte loi sa règle et son ^eini est une source de vertus morales trop abondante pour <iue je pufsse en parler avec détail. Je suivrai du moins

de près le sujet qui m'occupe ^ rimpujsaajucç ori^ ginelle 4e la yqIqxi^i e» eA^w^eant le «entà^

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loent relifKtis d%m ce qnHl a pour now d'uniijuo, je Tfiux dire Tacçè? qu'il »ou9 ouvre à uji çecour» supérifeur.

Ea géuérftli le yica de tous le« «ystèmea où l'on

cheircbe h $e prévaloir de <{uelque bon principe de »otre nature pour fonder $ur cette base la mojale entièrej c'est d'offrir dea ressources qui manquent au besoîu, £an^ doute le3 données delà nature humaine sont les aeules d^où Ton puisse partir. Rien d^étranger à îiotre cœur ne peut avoir de prise gurnousi mais un mobile qui appartiendrait à notre constitution intime^ imprimerait à Tame un mouvement d'autant plus salutaire qu'il la relèverait de son abattement ^ quand elle désespère défies propres forces. On veut nous faire tout tirer de npua-mèmes^ tandis que nous ne sommes pajf surs deqous. On nous indique la raison quand nou neaomnoes plus raisonnables; pn nous renvoie à )a vertu quand c'est la vertu qui faiblit, ^usjât^t qu'un désir se déclare avec cette ardeur et cet|e întensitë qui le font nonmier passion^ une ^le idée nous préoccupe. Elle nous poursuit, *

elle nous obsède, elle nou$ plonge dans. un rêve . ê^m réveil. Toutes les proportions de notre nature BliOrale sont changée^} tous pos sentimens noq^s trahissent» ceui^ méme^ qui devaient nous dé* lendris ^ rangent du côté du plus fort. Ce qui re^le de nos qualités nous trompe. Cette sorte d'élan q\ie donne la passion , nous fait voir de la

générosité., de la grandeur, plus de pouvoir pour

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faire le bien dans une nouvelle extension de notre existence^ et Fombre d'une fausse vertu contribue encore à nous égarer. Cquimeut se reconnaîtrait* on en proie à un tel vertige? Ou trouverait-on un asile dans un cœur déjà séduit ? Ce point d'appui hors du monde , qu'Archimède demandait pour mettre le monde eu mouvement/ ne le &ut-il pas hors de notre ame pour la soulever ?

Que faire donc quand on sç sent tiède pour le bien ? Que feire quand on ne retrouve plus les bonnes résolutions de sa jeunesse^ quand la crainte même des conséquences de notre faiblesse ne nous émeut pas? Que fedre^ si après de vains efforts notre ame lassée reste livrée à un penchant funeste que rien au-dedans de nous ne suffit à balancer ? Je le dis avec une conviction profonde, pour cette situation, hélas! trop fréquente, il n'existe sur la terre de ressource que la religion.

Que faire ? Nous prosterner aux'pieds de l'Etre suprême ; nous plonger dans cette immensité de consolations et de secours ; puiser à la source de la vie; et nos forces abattues se relèveront dans notre sein. Instinct éternel , pente irrésistible de notre ame, besoin d'excellence, dWdre, de grandeur; harmonie de Tunivers qui nous gagne à Pidée du créateur de Punivers, tout tend à dissiper une ivresse fatale , à faire luire un jour plus pur dans notre cœur. Le calme des régions célestes semble s'y.répandre.j une impression profonde et solennelle est pour nous l'annonce d'un état nou-

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