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lation jusqu'au mouvement si naturel de la colère, combien ne s'agrandit pas l'idée de notre puissance "Sur les en£ans !
Pourra-t-on jamais élever l'éducation au rang de science, c'est-à-dire arriver à des résultats assurés , quand les faits qui concernent les enfans aijront été classés et discutés avec méthode ? je J^'ignore , mais les limites de l'incertitude se resserreront, je crois. L'éducation privée restera toujours un art, c'est-à-dire un ensemble de moyens dans lequel un certain savoir-faire, une certaine adre^e, domineront. La pratique n'en sera jamais
complètement enseignée dans les livres, et l'influence d'homme à homme , le talent de se faire
aimer, obéir, de s'emparer des esprits, y prévaudront. Mais un art même a des principes fixes , et Féducatiou publique pourrait devenir quelque chose de plus certain qu'un art. Là les méthodes ont plus de prise , les différences individuelles se perdent dans la masse , et le jeu de cette grande machine ne dépend entièrement , ni des élèves sur lesquels elle agit, ni des maîtres qui la font mouvoir. Mais combien pour le perfectionnement d'un tel instrument n'y a-t-il pas encore d'épreuves comparatives à faire ?
 ces deux genres d'éducation répondent deux études différentes, celle des enfans considérés séparément, et celle des enfans réunis en assez grand nombre pour qu'ils influent fortement les uns sur les autres , et que par un effet semblable à celui de
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la fermentation , les ëlémens de leur nature |mo^ raie se combinent dans chacun d'eux d'une façon nouvelle et particulière.
L'étude des en fans isolés devant commencer dès la naissance^ il est clair que les mères seules peuvent s'y livrer avec succès. Leur position et les dons particuliers qui les distinguent ^ les rendent également propres à observer les très petits enfans. Il faut avoir la souplesse d'esprit d'une femme pour suivre ces êtres mobiles dans leurs perpé-^ tuelles variations ; tout est chez eux si fugitif et si vague qu'une sorte de vertige gagnerait bientôt l'observateur qui voudrait fixer leurs traits incertains. Ce n'est pas dans un simple examen que consiste une telle étude; si l'on n'a pas cette flexibilité d'imagination qui permet de revêtir une nature étrangère^ d'être soi et un autre tout-à-lafois ^ on ne connaîtra jamais ces jeunes créatures. De plus^ il faut les aimer pour les comprendre^ et on les devine bien moins par l'intelligence que par le cœur. Cependant^ lorsqu'on ne fait autre chose que suivre le cours de leurs sentimens et que vivre en eux , pour ainsi dire , toutes ces impressions que l'on partage à mesure s'effacent trop aisément. On devient léger comme eux par sympathie^ et ^a tâche qu'on s'était prescrite est bientôt mise en oubli.
Pour réussir à la "remplir /j'exhorte vivement les jeunes mères à tenir un journal exact du développement de leurs enfans. Quand elles n'auraient
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point de vues plus générales, toujours trouveraientelles un grand avantage à ce travail. Il donnera de l'ensemble à leurs idées , - de la fixité à leurs projets. Elles s'accoutumeront à bien regarder et à s'expliquer ce qu'elles voient.
Il existe dans un ouvrage très -distingué ^ les Annales éT éducation de M. Guizot^ des morceaux qui sont un vrai modèle dans l'art de pénétrer les en£ans et d'assigner à leur conduite sa véritable cause. Ces morceaux quî*portent le titre de journal offrent le résultat de diverses observations précieuses ^ C'est beaucoup plus que je ne de- ^ mande pour le talent^ mais pour la forme ce n'est pas exactement ce que j'ai en vue. Je voudrais un journal véritable où l'on prit acte de chaque progrès , où toutes les vicissitudes de la santé phplque et morale fussent marquées ^ et où l'on trouvât par ordre de date la mesure d'un enfant dans tous les sens. Les mots^ les idées ^ les connaissances y les sentimens ^ tout ce qui s'acquiert ou se développe serait consigné dans cet
^ La plupart de. ces observations ont été consignées de nonveau dans des Lettres sur V Education domestique , qiii ont obtenu le prix décerné par F Académie. Cet ouvrage , auquel madame Guizot a mis son nom , manifeste au plus baut degré cette étendue d'esprit ^ ce talent d'analyse et cette noble élévation de sentiment moral qui caractérisent toutes les productions du même auteur, et rendent sa roprt prématurée un événement si déplorable*
13i l'éducation progressive.
écrit; on y découvrirait la première trace de« qualités ou des défauts ^ et l'on pourrait ainsi juger de leur origine. Comme pour peindre les encans 3 faudrait conter leur histoire^ le récit des petits éyènemens^ des joies et des chagrins de leur âge^ viendra^ animer le' journal*, et bientôt la mère trouverait un grand charme à l'écrire. La plus simple prévoyance lui ferait sentir qu'elle met eii sûreté pour l'avenir les souvenirs d'une époque charmante. Il serait si doux de fixer l'image fugitive de l'enfance, de prolonger indéfiniment le bonheur d'en contempler les traits , et d'être sûr de retrouver à jamais ces êtres chéris qu'on perd , hélas ! toujours comme enfaus , lors même qu'on a le bonheur de les conserver encore !
Mais quelle importance plus générale et plus immédiate ne prendrait pas un semblable travail ^
s'il était exécuté par les chefs des grands établîssemens d'éducation ! Eux seuls voient les en&ns en masse , de même qu'une mère seule les voit en détail. Quel principe d'amélioration toujours agissant ne leur of B[*irait pas l'examen régulier deS effets de toutes les méthodes qu'ils emploient! Bans les instituts d^éducatîon, l'action d'un tel principe est bien nécessaire , soit pour combattre l'esprit de relâchement qui porte sans cesse les enfans et même les maitred à éluder toutes les difficultés et à se contenter d'apparences, soit pour tenir des élèves au niveau de ce rapide progrès des connaissances humaines, qui exige uii