LIV. 11^ CHAP. I
avancement proportionnel dans toutes les branches d'instruction. Et quand les épreuves compa-^ ratives auraient feit décidément rejeter Femploi dé certains nioyens^ ils est à présumer qu'il s*en présenterait d'autres à Fesprit, qui pourraient donner à Téducation une face toute nouvelle.
Quoique les instituts d'éducation soient trèsnombreux en Europe^ ils ont été^ jusque dans ces derniers temps ^ tellement calqués sur le même modèle y qu*il n'y avait guère k les comparer qiié sous le rapport de l'habileté '^des professeurs y ce qui ne conduit à aucune lumière générale. Mais quand des établissemens fondés sur des principes absolument neufs , tels que ceux dé MM. Pestalozzi et Fellenberg, du père Girard en Suisse , de l'école d'Haslewood en Angleterre, se seront multipliés ^ alors' les grandes questions d'éducation commenceront à être éclair cîes. On verta, par exemple, si ce moyen de Témulation , dont llnfltience morale inspire une si juste défiance aux àmës scrupuleuses, est absolument indispensable au plus grand développement de l'esprit ; on saura si l'on ne pourrait pas se prévaloir dies beureiix effets de l'exemple, en les séparant des mauvais effets de la rivalité , et peut-êti*è appwndra-t-on à mener davantage de front la culture dés sentimens et celle de l'intelligence. R^ativement à l'instruction, quelle idée les succès de la méthode d'enseignement mutuel ne don^ neil-ils pas de tout ce qu'il est poss^lé de Aécou-
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vrir ou de perfectionner encore ! Et sous le rapport plus important encore de la formation du caractère^ quelles lumières ne fournissent pas les nouvelles écoles d'enfans ! Quand on voit ces établissemens où plus de cent enfans de deux à six ans contractent ensemble des habitudes d'ordre et reçoivent les premiers élëmens de l'instruction , sans que jamais^ durant leurs jeux ou leurs leçons^ il y ait de pleurs^ de cris y de querelles ^ sans qu'ils cessent un instant d'offrir l'image du bonheur^ on s'étonne^de la grandeur des résultats qui peuvent être obtenus par l'emploi des méthodes les plus simples; on se demande comment il a pu s'écouler tant de siècles avant qu'où ait imaginé de se servir de pareils moyens.
« On doit sans doute convenir qu'il sera toujours difficile d'établir une comparaison exacte entre les différens systèmes d'éducation. Pour y réussir, il faudrait non-seulement que ceux qui en font l'application soumissent leurs propres tentatives à un examen régulier doilt ils publieraient Je résultat^ mais ^ de plus , il serait nécessaire de suivre les élèves après l'achèvement de leur éducation ^ et déjuger enfin de ce qu'ils sont dans la vie. Ces recherches sont si délicates^ et il faudrait tellement les multiplier pour les rendre concluantes, qu'on ose à peine se flatter de trouver un nombre suffisant d'observateurs disposés à les entre^ prendre.
Néanmoins qu'estrce qui peut échapper à l'esprit