‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 30 sur 67 · LIV. II, CHÀP. ï · texte numérisé non relu

LIV. II, CHÀP. ï

d'investigation de notre siècle 7 Ce siècle, quelque jugement qu'on en porte d'ailleurs , est le seul où l'on ait vu réunis de\x% mérites éminens , la connaissance à la fois théorique et pratique de cette philosophie expérimentale qui, depuis Bacon, a Heût jEaire aux sciences de si étonnans progrès, et la volonté ardente et ferme d'appliquer les décou* vertes qui en résultent au bien de la société. On sait se réunir pour exécuter les grands travaux et diviser le travail même. Ce qu'un seul homme et une seule vie ne peuvent accomplir, d'autres hommes et d'autres temps l'achèvent. Et dans ce moment où tant de magnifiques entreprises s'exécutent en Saveur de la religion et de l'humanité^ comment ne pas espérer qu'il se formera quelque association respectable qui entreprendra de résoudre par les faits les grands problèmes de l'éducation! Quel examen plus important sera jamais l'objet des méditations humaines! N'est'-ce pas dans le domaine de l'éducation que s'exerce la plus grande influence d'une ame sur d'autres âmes, du présent sur Fa venir?

Il est une circonstance favorable que je ne puis m^Mpécher de citer ici. Dans toutes les grandes villes il existe de nombre1!ix dépôts d'enfans qui offrent des sujets entièrement neufs et tout-à-faît indépendans de l'autorité paternelle , je parle des malheureux en£ans trouvés. Avec eux il y aurait le moins possible d'antécédens à redouter, et l'on ne recueillerait que ce qu'on aurait semé soi-même.

De plus, Ton ne pourrait faire II ces pauvres êtres que du bien en essayant sur eux toutes les méthck des innocentes. Ne s'occupât-on que du premier âge et des classes pauvres exclusivement , l'application des différens systèmes a des groupes un peu considérables d'enfans donnerait d'importantes lumières.

Parmi les obstacles qui s'opposent aux progrès de l'éducation il &ut compter un scrupule respectable. On craint de livrer quelque chose au hasard en tentant des épreuves nouvelles , et l'on croit à chaque fois devoir s'en tenir à ce qu'on présume être le mieux. Mais l'essentiel n'est pas ce qu'on présume, c'est ce qui est. Il y a du ha* sard aussi dans nos croyances. Il est sans doute des essais dangereux qu'il ne faut jamais se permettre , mais quand on aurait écarté tout ce qui doit inspirer quelque défiance, le mieux serait une fois pour toutes de chercher la vérité.

Invoquer l'expérience des temps futurs, c'est dire assez que je compte peu sur* la mienne : îji-* certaine et bornée comme elle l'est de toutes manières , j'ose à peine la citer ici. Mais lor^|M|f}e n'aurai pas de faits à exposer , j'aurai du moms U mérite d'élever des doutes : je signalerai toutes les incertitudes , je proposerai toutes les difficultés. Le meilleur livre, dans l'état actuel de nos con^ naissances , serait peut-être une suite raisonnée de questions auxquelles les travaux réunis des es^itt

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