‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 34 sur 67 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Aimer est.le conmieiiceiBeiit de la morale.

DcFOirr oi Nqiours.

Cultiver les dispositions heureuses^ leur donner cette fixité et cette permanence qui leur font mériter le nom de qualités, élever celles-ci au rang des vertus en leur imprimant l'auguste sceau

d'une volonté religieuse, telle est relati veinent à la

formatioh du caractère, la marche graduelle aune i)onne éducation.

tiaiis la première enfance on n'a encore affaire qu'avec les dispositions ; il en eât qu'on peut favo-: riser à une époque oii il n'est encore possible d'en combattre aucune. À tout âge même , le meilleur moyen d'étouffer ou du moins d'affaiblir les

iÛO l'éducation PROOHSSSITE.

mauvais penchans^ c'est de donner un continuel exercice aux autres. Surmontez le mal par lé bien; admirable précepte de l'Évangile qui renferme tout le secret de l'éducation.

Pour bien sentir l'importance de la première année ^ il feut penser au pouvoir de Féducation et aux bornes de ce pouvoir; les effets de nos soins sont limité&^ parce que nous ne pouvons les appliquer qu'à des fecultés inégales qui ne sont pas susceptibles d'un même développement* Les germes de toutes les dispositions humaines ont été donnés au nouveau-né par la nature^ mais ces germes n'ont pas tous la même vigueur. Les feibles languissent ou se dessèchent quand les circonstances leur Sont contraires^ les forts résistent à l'influence des circonstances les plus défavorables^ et si on leur donne de la culture^ ils poussent des jets immenses: Dans chaque individu^ le même développement de chaque faculté a une limite assignée qu'il ne peut pas dépasser , le rôle de l'éducation consiste à lui feire atteindre ce terme ou à l'ém-' pécher d'y arriver. C'est donc uniquement sur le progrès relatif des facultés morales que l'on influe , mais cela seul nous donnerait un bien grand pouvoir si nous savions en user à temps.

Je ne sais si les premières impressions sont les plus profondes ^l'extrême mobilité des enfens me pcArterait à en douter ^ mais les premiers momens sont les seuls où l'on puisse être à-peu-près sûr de faire prendre de l'avance aux dé veloppemens qu'on

urv. ii.CHÂjp.ni. i6i

veut favoriser ; c'est alors qu'on a le plus de diance d'influer sur la proportion des divers penchans , c'est--à-dire sur le caractère.

Il est très important de fixer d'avance ses idée» sur les dispositions qu'on veut cultiver; s'en remettre entièrement à la nature; c'est laisser grandir au hasard tout ce qu'elle a semé de ses mains. C'est là l'inconvénient de cette éducation négative qu'on s'est plu si fort à vanter. Quand on se prescrira de ne rien faire ou d'empêcher^ comme dit Rousseau , que rien ne soit fait y il se formera des habitudes avant qu'on s'en doute ^ on découvrira des objets . imprévus qui auront gagné de vitesse ceux qu'on espérait obtenir^ il faudra subir d'au*tant plus .promptement la nécessité à laquelle on voulait se soustraire^ celle de. corriger, de contraindre; on entrera dans le régime prohibitif, ressource triste et incertaine. Il est doux de n'avoir affaire qu'à l'éducation qui développe, celle qui réprime vient toujours trop tôt pour la mère et souvent trop tard pour l'enfant.

Il y a des adulateurs de la nature humaine que je ne m'arrêterai pas dans ce moment à réfuter j je ne veux point examiner si tous les penchans na« turels sont légitimes par eux-mêmes, si ceux que nous nommons égoïstes ou hostiles sont d'une utilité indispensable pour la défense ou la conservation de l'individu. Indestructibles daas ce qu'ils peuvent avoir de nécessaire , funestes à la moralité et par conséquent au bonheur pour peu qu'ils I. "

4dl L'iÎBtfêàftMt fROàflillêlTE.

f)ftéftéht ée fidiût^ tt êtsiii Im èfiHèmii ^ttë t'édtt^ eâtioû doit liatareUeméiit wôit à coinbattfë« ËMuii l'état social où nous vivôûÉ ^ ils se ptrësenteiit tttta'^ Joilrs a veS ttcès , et ilé y sont àss^t en ^ol^eé pèar qtt^on n'ait pas à les ménager.

Heureusement dès la plus têndiré enftinëë àil peut ftivofiser les disjpoëitioii* t^l s'ôpposéUt m déveldppemeiit deà inctinatioiis dangereuse!. Gèsr^ tàines babitudes quiidluent salutairqntent torlë Môràl peuvent être donnéeé à Fen&nt atàât même que son caractère se mÉnifekte dirtintste^^ ment. Le calme intérieiir amortira Factivitë inquiète de séè désirs^ là bienteillanee diriget^à ton attention hors de lui et le mettra en harmonie évéd ses semblables. De tellen dispositions sont £idleë à soigner ; on peut les appeler naturelles , ptliM qu^il suffit d'écarter ce qui viendrait à les troubler, et elles sont à la lois les premières en date et lHé plus importantes à dultiver.

Le calme intérieur se produit au moyen du calme extérieur , et , pour Cette raison entre mille, il est encore très nécessaire d'épargner des pteurs aux petits enfîins. C'est là ce qu'il est à peine besoin de recommander aux mères; mais peut-être n*étudîent-eUes pas assez les moyens d'y réûésir , et elles attribuent au hasard bien âeê cHé l|ni ne sont pas sans cause réelle.

Notre influence sur' les dispositions des ènfiins est si précoce , (Jue nous en confondons les effets avec ceux de leur constitution» Selon Condîtlàc,

ifV. )i> ËÉJt». tii; -163

l«B-!iabltôd«S diCféréiit fleé^cbans ïiétwiit pat ce qu^ elles ont commencé ^ mais la distinction n'ëiti pas Aisés I ëtablir y jpuisqù'on ne rëassiVjftmais à Midi* le commencement des habitudes ; elles sont sujettes à se former avec une promptitude singu-^ liëre^ et les soins physiques rëgulièrement donnes^ cbltiiiie ils doivent l'être y en font dëjà contracter. Deux évënemehs se sont-ils immédiatement sucdédë trois ou quatre fois^ le premier feit aussitôt naître chez l'enfant l'attente de celui qui doit îe suivre^ et il résulte de là une multitude de plaisirs et de peines dont nous sommes les auteurs pour lui. J'ai dit que les leçons de Texpérience n'éclairaient qu'avec lenteur dans le premier àge^ parce que l'enfant tarde long-temps à tirer une conclusion assez générale des feits qu'il connaît ^ pour agir en conséquence dans les cas nouveaux. C'est là un acte de jugement au-dessus de sa portée y mais il n'y a qu'un simple souvenir dans l'a^ sociation des impressions qui se sont suivies. Cellesci se lient promptement et involontairement dans le cerveau. ïl y a donc , dès lé premier temps ,* plus de résultats de l'éducation qu'on ne pense y et la part de la nature est difficile à déterminer.

Le plus 'sûr, pour une mère vigilante , c'est dé supposer toujours que les pleurs sont motivés ; si cjle en i^echerche la cause avec soin, elle trouvera bien plus de douleurs fondées qu'elle n'imagine. Les petits enEans, quoi qu'on dise, n'ont pas de caprices; tin espoir déçu, une souffrance sentie ou

i6i x'iDUCATlON PROGRESSIVE.

prévue^ aont presque toujours cause de leurs cris.

Un, des moyens de les leur épargner sera de mettre^ autant qu'il se pourra^ de la régularité dans Tordounance de leur vie : ce n'est pas durant le premier âge qu'on peut contester l'utilité des habitudes. Quand les mêmes impressions se succéderont dans le même ordre^ à la longue les plus pénibles s'adouciro nt ^ et l'attente de celles qui sont agréables ne sera jamais trompée. Les mécomptes sont extrêmement sensibles aux petits enfans ; c'est là une source de larmes amères. Leurs passions trop fortement excitées s'expriment aussi par des pleurs^ et il convient de les tenir à l'abri des grandes émotions^ fussent-elles agréables. Ce sera par conséquent une attention salutaire que d'éviter de les rendre témoins des préparatifs de leur repas. Le désir aiguisé par la vue de l'objet qui peut l'apaiser devient chez eux d'une vivacité douloureuse. La certitude que ce désir sera satisfait ne les calme point ^ et l'espérance est alors-plutôt une peine qu'un plaisir pour eux.

Avec ces soins et d'autres pareils ^ on maintiendra chez les enfans le calme habituel de l'ame^ bien immense et facile à perdre , le plus nécessaire peut-être à leur constitution morale^ encore si frêle et si indécise. Les nerfs une fois ébranlés sont long-temps à se remettre ; la santé et ' le carac^ tere s'altèrent également. Mais ce n'est pas seulement de prévenir le mal que je m'occupe. Il est

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tout un ordre de facultés-, elijes plus élevées peutêtre, qui ne a^oissent et ne %urissent qu'à Tombre tutéJaire du repos : ceci regarde nos plus beaux dons ainsi que nos vertus mêmes. Il n'est rien d'admirable, rien de grand dans la nature morale, dont la sérénité ne fevorîse le développement.

Sérénité ! mot charmant qui ne s'applique qu'au ciel et à Famé, et semble établir des rapports entre eux : état d'une existence où règne l'harmonie , où le cœvtP çjt en paix avec lui-même et l'univers. Dans cet équilibre parfait, une volonté sage exerce aisément son empire; nos divers mou vemens s'ordonnent et s'accordent avec l'ordre éternel. Pourquoi cette disposition est-elle aujourd'hui si rare ? Pourquoi faut-il aller chercher dan$ les souvenirs de l'antiquité ce je ne sais quoi de pur, d'élevé, de tranquille, qui repose Tame et qui l'agrandit? D'où, vient qu'on le rencontre plutôt parmi les simples cultivateurs des campagnes que chez des esprits plus exercés? Dans des rapports sociaux moins compliqués , l'homme prend-il plus aisément la teinte si -douce de cette nature qui l'entoure, et ne pourrait-il pas retrouver l'harmonie dans la plénitude même de son développement ?

Quoi qu'il en soît , si nous né la troublons pas, cette heureuse disposition se retrouvera toujours' dans le premier âge. Elle brille d'un pur éclat dans les yeux de l'enfant , elle siège sur son front épanoui. Un enfant chez qui règne une douce se-

466 L'ÉDUGAtlOlf PliOGRESSIVE.

rénité; semble bien |)9e (le vivr* : respr^^ V4Hi^j remuer ses petits br^g^ est déjà un bonheur pour lui. Il accueille la nature entière avec reconmi^ sance } il semble que cette ame nouvelle prenne l'essor et yole au-devant de ses bien&it$« N'y loor chons pas; laissons Tenfont se lier avec elle; craignons d'altérer le doux accord qui se forme audedans de lui. Tant que son regard plein d'intel^ ligence^ prouve que son esprit est occupée ne rompons jamais le cours de ses idées. Girdont* nous de troubler son activité intérieure : elle est plus réelle et plus salutaire que ceUe qui lui vieiit de nous»

Je qrois que bien souvent nous agitons trop les en&ns : il ne faut pas les laisser s'ennuyer^ je l'aocorde : l'ennui est une léthargie de l'ame ; mais ce qlii ramène sans cesse une telle maladie^ c*e(|t' l'excès des distractions que nous croyons devoir donner aux nouveau-nés. Les contrastes renaissent les uns des autres y et les situations calmes sont les seules qui se perpétuent indéfiniment. Plus un en « &nt ^ eu de sérénité y plus il en aura; cette dispQ* sition peut être permanente^ mais il n'en est paa ainsi delà gaîté. Même avec lea enfans qui l'aimwt tant^ la joie est une habitante passi^ère ^ ce monde; elle le touche d'un pied léger, il fai^^ V^ciuieiilir toujours^ l'appeler parfiois do^cemei^} mais une fois qu'elle est arrivée ^ on ne doit pas trop l'animer. Immodérée^ elle trinne les pleura à sa sttite^ elle ébranle trop fortement de^ ^l^^

éil^W qui aimUfiQt \^k^\A% a|tfè« «q aent op^

8a cmséqufnc^ i U vaut mieux oceupw \u petite en£|M 4ea çhoiei que dei persoones. Ce n'^t pâti c^inme je l'aidit^ que le difitinctipn soit bieii iiette à leui? yeuit , meU du mbin» leê choses soa^ dee^l^te tranquilles qui oe obercheut pas è les agaçci^é Ayee elies ils fout i sans y songer ; des ei^ périeoee») leuv jugenjieut se niûric par d'iuTolcaOh tnvm obiWYatiQiM, Auprès des personnes^ ait csQliirairei ils vivent de sympathie et d'antipathie^ l^wAç^ que les êtres vivans wereeut les uns 9^9 les autres met toutes leurs passions en mou vement^ * et eette aetiw inéme est d'autant plus animée > qu'avec les euliuis il n'y a pas de comniunicationa 4e pensées^ et que^tout se passe dans le doinaine •^semotions* Cbaoum de leursimpressiona produi* atnt un effet et obtenant une Fépons&> tous leurs désirs sont eaifiriinés aussitôt que connus ) de là des pleura et de \a, eolère qui nécessitent des change* mens perpétuels de situation. L'impossibilité de se izer k aucun aipustenienl^ à aucune suite d'idées > inie inquiétude fistîgânte; cette impatience^ oe trouble intérieur ^ qui nuisent à tout} un état d'ii^ riMàon , mauvais pour la santé mème^ sont le rés^tei de IHnftncnoe trop continue que nous exerfsna sur cfs petits êtres , et que nous leur laissons exercer sur nous.

Un en&Qt , à six mois , à demi couché dans son

berceiu 9^ )OUiM» afee fes petites mains^ et dans

4 68 l'éducation peogrbssive.

la situation la plus heureuse ; il en est de même & neuf ou dix mois^ lorsque assis sur un épais tapis^ il s'amuse à disperser divers objets qu'il cherche à rattraper ensuite. Tandis qu'il joue ainsi ^ vous pouvez reprendre vos occupations; un regard^ quelques signes d'intelligence de loin, en loin^ suffisent à lui dire qu'il est protégé^ et sa sécurité est parfaite. Ne trompez jamais un tel sentiment. Allez à lui ^ s'il vient à souffrir^ ou seulement si son mouvement intérieur commençant à languir, il ne peut plus le répandre sur ce qui l'en*toure. Alors ^ cependant^ ne vous pressez pas et tâchez de donner un court exercice à sa patience : essayez de lui £aire attacher un sens à ce simple mot : attendez. Si ce mot a toujours exprimé une promesse sacrée , il prendra p^u à peu une grande signification ; renEuit comffr^adra que vous êtes* décidé à le secourir , mais que vous avez une vocation vous-même, qu'il doit recevoir et non exiger, il en sera plus reconnaissant et plus tendre.

Un habile médecin allemand , M. Friedlander , a été frappé, en arrivant, en France, de voir à quel point on y cherchait à exciter la vivacité des petits enfans. ^

« Il m'a paru, dit-il, que les mères jouaient « trop avec leurs enfans dans la premièire époque (( de la vie^ et qu'elles excitaient trop tôt leur

^ Annotes de t^ Éducation , par M. Goisoty t z, p. 49.

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ce vivacité Eii Allemagne^ on entend souvent

c( lea mères recoiqmander à leurs enfans de se c< tenir tranquilles. »

Que de réfleiions ne suggère pas cette observation si simple? Qui pourra déterminer Finfluence de -cette difteredce de conduite? Qui nous, dira si la prépondérance si marquée des facultés actives chez un peuple^ et des facultés contemplatives chez l'autre^ ne peut pas être assignée à cette même cause y qui se reproduit sous-diverses formes durant' tout le cours de l'éducation ? Sait-on bien ce qu'on ^it lorsqu'on accélère \e» progrès dans une des grandes divisions de l'être moral ^ et qu'on les retarde ainsi comparativement dans l'autre ? Juge-t-on à quel point les facultés laissées en arrière sont nécessaires par elles-mêmes , et à quel point elles le sont comme contrepoids ? Sans doute il est difficile de donner dé l'exercice à vo» lonté aux facultés qui^ comme l'indique leur nom^ sont purement passives ou contemplatives^ mais toujours ont-elles besoin d^espace et de calme pour leur développement.

Je sais qu'il y a des temps d'indisposition et de

souffrance où l'on est obligé de distraire, et par Kk d'agiter les enfisms. Mais ce qui contrarie l'exé-r dution des meilleurs plans ne doit pas les faire perdre de vue. Les mères peuvent acquérir le talent de rompre gaîment les habitudes et de profiter des bons momens pour recommencer sur nouveaux frais. Tout e&t important dans l'éducation ,

i 70 h'ipmkn^ noi^wiiivE .

et riea n'eit irréfitralil^ } q'mI Umi vérité ém% m ne naureit trop «e péaétBer*

De la sérënité naîtra natareUewMit l» l^iwiveiW lafiMi autre dûpositioa précdewe qofon m wilf ait trop fiavoriser. Dani l'édit le plu ««ia de }^eii6uB|t| quand le sentiment de rea^istenee V9t à )• £(kiâ eU'^ mé et calme , loutei lea syiàpiit][iie« nefOr^lee «Kiet aent en lui. Un inytncible ettrait l'unît à te» 4Mh blables ^ le lien de l'humeAité rapproche «Cii enie de h leuFf Noug aommea &ifa pour 90iift . «ttfir cber^ pour now plaire à oommuniquer fMMMhble; le don merveillewi du langage le |if<|nve assez. Aimer est ce qu'il y a de wiem dent celle yie; ce sera encore notre partegç et notr# f^ compense dans réternité« C'est suivre tine indifcation de la Proîidence y c'est même remplir un devoir sacré que d'ouvrir le ecaur d6 l'enfant wf douces affections qui doivent embellir ses dew destinées. £t si un sentiment trop vif est souvent ici-bas une source de peines /s'il conte d^ bien des pleurs à l'enfÎBknt qu#nd il le pQrfe einlnrtvet ment sur un seul objet , la bienveillence/ celle ûht posiUon tempéra > en le répandant plofi iw l«tn ^ modérera «on e«càs.

On ne remarque pas âsii2 le bonheur ett;|fillé k la bfenveillance i l'attention se |K>rte dévailtage m» la doucenr d'en 4tre l'obîet qnt wr e#Ue 4'e9 éprouver soi*ineme k sentiment. IHé^owMnni^ P9n Ini qui en est pénétré est henreui «vent ton* les entrw> et Ves|Hr«sîm dn «<ifttwtiin« le lit di#

flilit fei ttftits. Si Ton ànalymt leg d^verse^ im^ pressionjagréables, peut-être trouverait-on qu'elles {Mirtippent toutes de cette nature expaasive qui est ceU^ d^ la iiieay^llance } que toutes ont ce charme qui dilata le ocaur : c'est par intérêt personnel que diacun pourrait cultiver une si heureuse dispositien dans son ame^ mais il est pour cela de plus notules motifo.

A cet égard ^ beaucoup d'éducations , très-soi* gnees en apparence^ sopt bien imparfoites. Quelle différence relativement à la bienveillance dans les fiunillesl car c'est toujours par femilles qu'on trouve les individus groupés sous ce rapport. Il en e8t% où un simple étranger reçoit un accueil cor^ dial f où je ne sais quoi de radieux brille , à son aspect y sur tous les visages } il en est d'autres où des manières plus raffinées cachent à peine un Iroid repoussant. La bienveillance est encore une disposition villageoise qni se perd dans la cohue des cités. Pourquoi cultivons-nous si peu ce qui aplanit tant d'obstacles , ce qui gagne le cœur si infaiUiblen^nt^ ce qui remplacerait aisément les cent mille règles de la politesse ^ et préparerait les «â£ui«àcette cluirité chrétienne ^ véritable esprit de nos devoifs envers les hommes.

Le iait est que nous ne pensons pas à éa cultiver. Quand par hasard elle existe, c'est qu'on l'a laissée subsister ; c^ n'est pas qu'on ait cherché à la £|ife naître. Nous aimons mieux prescrire qu'inafwer; nona sopple<ms aux s e ntî me s par les pré-

472 l'éducation phogressive.

ceptes^ et ùoire froide éducation 8e rédnit à l'art d'empêcher.

Et pt)urtant cet art est insuffisant par lui-même; Toujours nos prohibitioné^ trop nombreuses pour être observées, le sont trop peu pour s'appliquer à toutes les fautes. Nous désirerions assurément que^nos eni^ns ne fussent pas sujets à des accès d'humeur ou de violence , mais le nombre des actes blâmables étant infini , on ne peut les prévoir tons pour les interdire. II faut donc s'adresser aux motifs. Ce n'est, à tous les âges, que sur le cœur qu'on produit un effet salutaire; et dans le premier âge, c'est la sympathie seule qu'on peut mettre en jeu. Mais comme Je penchant à l'imitation, résultat naturel delà sympathie, peut agir en bien et en mal , il est aussi essentiel de faire éprouver à Penfant rinflùcnee des sentimens tendres, que de le soustraire à celle des sentimens haineux et malveillans.

Sous ce dernier rapport du moins , les mères

ont été bien averties. Tout ceux qui ont réfléchi

sur l'éducation ont senti l'extrême importance d'éviter qu'aucun acte d'impatience ou de colère,, aucun accent aigre, aucun regard farouche, ne vienne frapper les sens des plus petits enfens. Une nourrice, #it-Edgeworth, influe sur l'humeur de toute la vie. Les enfans ont une inconcevable facilité à recevoir le mouvement , à partager dès impressions dont ils sont encore incapables d'apprécier la caose. Les physionomies leur parlent quand

Liy. Uj CHAP. III. i75

ils ne comprennent pas encore les mots. H y a là une indication pour les mères , et cette sympathie est une prise qui leur est donnée sur des êtres privés de raison. En entourant les enfans de visages rians^ d'expressions de douceur et de bienveillance, on leur communique bientôt des sentimens affectueux*

On ne sait pas tout ce qu'il est possible d^obte-* nir pour la douceur du caractère^ en usant de pareils moyens; ce sont ceux qu'emploient les quakers^ et nous devons^ à cet égard ^ prendre exemple sur eux. Une mère très-attentive à observer de telles précautions m'a dit que pendant la première année de la vie de sa fille > enfant d'une extrême vivacité, on n'avait aperçu chez elle aucune trace de colère. C'est une règle de l'éducation anglaise de parler toujours très-bas aux petits en&ns.

Quoique les moyens de cultiver les dispositions heureuses soient bien connus et -que je les aie en partie indiqués moi-même, je vais pourtant les retracer ici. Le premier, qui regarde le calme, et ce calme mêlé de joie, appelé sérénité, consiste à £aiire régner la paix autour de l'enfant, et, s'il se peut, à l'environner d'objets agréables et tranquilles ; le second , à ne placer auprès de lui que des personnes chez lesquelles les dispositions qu'on veut faire naitre existent sincèrement; je dis sincèrement, car l'affectation est ici parfaitement inutile. Rien n'égale la froideur des enfans pour

17i L'jÊDUiiitéif tedbÉttMiVE.

led dëmoiistràtiôtts hypocrites > M ee n'est Ifeltf^ sympathie avec leé itioùiréiilën* imtiirélii. Lé dëÉ» nier moyen enfin y lorsque la diipbèitidîi telle (^ la bienveillance ou l'amitié est de natuiM ft se )Diki^ nifester par des actes , c'est de la fiker chez Feilfbiit en obtenant de lui "quelque preuve matëriélte dé son sentiment.

Ce dernier moyen qui est très-puissàiit doit être employé avec discrétion y car autrement^ il agit en sens contraire. Yeut-on par exemple filniiliaH* ser le petit enfent avec un nouveau -venu dlont Taspect a commencé par l'effrayer? il feut d'ibohl que l'étranger s'éloigne. Quand celui-ci esta quèl^ que distance ^ s'il prend un air gracieuï et qu'il sollicite un sourire y on voit peu à peu le jeune visage se dérider^ mais quelque chose d'effarouché y reste encore. La nourrice ne brusque-t-elte rîeil et les gradations nécessaires sont-elles obsetvées^ dans peu de momens , l'enfant jouera dans lek btas de celui qu'il avait d'abord redouté; mais si elle allait saisir la petite main et la mettre availt le temps dans une main incontiué^ l'enfiint pôUssè^ raît des cris affreux , et ne reverrait de lofag-temps Tétranger qu'avec répugnance. Ainsi ^ en tbUpaht court à une disposition naissante y elle aurait dé^ terminé la haine au lieu de l'amour.

Des exemples pareils se renoilvelleilt sans ce§sé dans l'éducation, et en y regardant avec attention, on verrait combien souvent ils se présentent encore dans la vie. L'étude du cœur de ces nbù-

itti kt j ÊiA»^ t¥. 475

TteÉUx ttéi' wt pllii Ui«tf«lcti¥6 pûW lé n6tr« (fti'on 1M pMllè< On )^etrott¥e oheè éux tous nos mouvez mille involontaires^ toutes nos premières impmsslonsi L'iittaginatibtt âst ëterneUement jeune de sa natarê ^ et reniant vit toujours dans l'homme , fMlcfttn tmil rhommé ne soit pas dans l'enSanf.

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