‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 43 sur 67 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DBS HÀnTUDES A DEUX ANS*

Lei enfimi oiil4ieiit les Noommandatloiif et les règles de condoite ; il &ut' donc letlr ùSn eséeoter les actioiu indli{ieiisaliies jusqa*àceqii'ib sesoifolt formé des hahitndes indépendantes de U mémoife. Locke.

Il faut «lisir le caractère de Tenfiiace tandis qa'il s'offre dans sa pureté. Bientôt tout se mélange, tout s'altère ; on ne distingue plus le naturel de l'acquis^ le premier mouvement de l'e^rt. Les enfans ont promptement une sorte de honte de leurs singularités^ ils cachent ou répriment les impressions qu'ils n'espèrent pas voir partagées , et cherdient dans noè yeux ce qu'ils doivent sentir. Cependant les traits principaux du premier âge ne s'effacent pas si tôt qu'on le croit ^ et ta trace en demeure inaperçue. On vit long-temps avec un petit sauvage un peu dressé extérieurement^ mais

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il fiftut l'avoir étudié à son arrivée pour le bien connaître.

Cette étude est moins aisée qu'il ne parait : avant que l'enfant sache parler y tout semble confus dans son existence. Sa manière de sentir, celle dont il lie et compare ensemble les idées^ diffèrent alors de la nôtre au plus haut degré , mais quelle qu'en soit la nature^ on ne saurait la constater; et il s'of&e chez l'en£ant , ainsi que chez les animaux , un problème à la fois intéressant et impossible à résoudre. Lorsque ensuite nous communiquons librement avec lui^ et qu'il pourrait servir à nous éclairer lui-même , ce qui le distingue de nous n'est plus si saillant ^ et l'enfant^ en apparence du. moins ^ ressemble déjà trop à l'homme. Il y a donc un court intervalle plus, instructif que tout autre pour l'observateur^ celui où la véritable enSoince subsiste toujours et se dévoile : c'est la période de deux à quatre ans. Alors Fenfant n'est pas encore sur êes gardes , et ses instincts naturels , toujours dans leur première vigueur^ semblent même s'être développés avec les forces; le langage, les actions plus nombreuses et plus diversifiées leur servant d'interprète. Notre état social est encore peu compris par l'enfant , et il pourrait habiter un autre pionde aussi bien que le nôtre. Voir comment il adopte insensiblement nos idées ; comment sa volonté^ violente, emportée, subit peu-à-peu le joug de l'exemple et de la raison ; comment ses jeunes facultés, jointes aux premières lueurs de la conr

Sâ8 l'éducation proghkssiye.

et de temps ne cause pas chez les* hommes £iits le doute sur la convenance des moindres adtes !

Cette même faculté d^association / qui facilite à ^enfant Tapprentissage du langage , fait naître les habitudes chez lui. Quand le cours de sa vie est bien réglé, ses désirs se succèdent dans un ordre à peu près fixe , en suscitant l'image de certains objets devenus nécessaires à ses jouissances. Aucune image n'est isolée dans son esprit; l'entourage, les acceissoires ne se séparent point du sujet principSil et font partie de l'idée qu'il s'en forme. J'ai vu un enfant de neuf mois pleurer amèrement et réfuser soh déjeûaer, parce que la tasse, la soucoupe et la cuiller n'étaient pas dans leur position accoutumée. En profitant de cette disposition des petits enfans, nous leur donnerions aisément le goût de l'ordre. Le besoin de voir chaque chose rangée à sa place devient naturel chez eux, pour peu que nous paraissions l'éprouver nous-mêmes. Quand on pense aux regrets amers que l'absence des habitudes d'ordre laisse dans la suite , on de-^ vrait s'appliquer davantage à les faire contracter aux: énfans.'Une idée vague de devoir s'y associe, et le devoir n'est peut-être lui-même que l'ordre moral le jplus élevé.

Le goût de la propreté a la même source; une tache est un déplacement, un désordre. Le dégoût naturel qui s'y associe , ajoute la répugnance des sens à celle de l'esprit. La pudeur est, aussi de même famille , et il n'est rien de plus facile que

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