‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 49 sur 67 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

TROisiinB Avnix, — ACTrwTJB. ■ ^

LWtivité est le yéritaUe plaiûr de k vîei «Ht PQHr loif Q» <pre, U TÎf «Ueffiilpie.

igi l'on doutait des jnaonîbrables bienfaits que la boRté (le Dieu a répandus mv rexistence , il

â4^8 l'edugation: pbogressiye.

faudrait regarder les petits enfens. Les plus simples événemens leur causent des joies indicibles. Les mouvemens nécessaires à k vie même ^ Tacte de voir , de marcher , de parler y tout est une source de plaisir pour eux I Les transports de ces pauvres petits nous apprennent à connaître le prix^ la valeur intrinsèque et primitive de mille biiens que notre opulence nous permet de dédaigner. On n'exprime pas une idée juste quand ou dit que rhabitude a détruit pour nous ces JQuissances. Nous n'en éprouvons plus de surprise^ qu'elles répandent encore^ un certain charme sur nos jours. C'est là le secret de notre attachement pour la vie; nous le sentons quand, il £aut la perdre ;' nous étions accoutumés au bonheur.

Après deux ans ^ il s'opère d'ordinaire chez les enfans un développement remarquable y leurs désirs sont plus décidés ^ leurs volontés plus motivées ; tout est moins vague ^ plus significatif dans leur manière d'être ; et leurs mouvemens^ plus justes et plus faciles ^ ont un objet mieux déterminé. Us forment des desseins indépendans des« nôtres , et leur existence , moins passive , trouve à se prononcer dans leur conduite ^ ainsi que dans leurs petits 4^scours. Ces deux expressions diffe- . rentes seront successivement le sujet de notre examen.

Le plaisir d'exercer leurs forces est inépuisable chez les enfans ; il leur suffît d'avoir l'idée d'une action pour en essayer^ et tout ce qu'ils voient exé-

cuter les tente. Aussi s'en tiennent*ils à Teitérieur de tout; ils ifnitent no^ mouvemens^ nos opérations diverses^ sai^^enxbarrasser des causes ni des résultats. Leur mère passe une aiguille daps une étoffe , leur père trace des lignes noires sur un papier ; ce «ont là des amusemens très-naturels ^ dont ils prendront leur jpart dès.qu'ils le pourront^ Un plaisir s'explique assez de lui-même ; il n'est pas besoin d'y cherclier un but. Aussi voit-on b bopoin du but arriver dans la vie à mesure que la jouissance attachée à la simple action s'af£aib}it. Regardez une troupe *4r^n£ans de différées âges. Celui qui commence à marcher traîne avec orgueil ujQ petit chariot vide ; le bruit des roues derrière lui suffit à son bonheur -, un autre un peu plus grande s'empare-t-il ducharibt^ il faut qu'il y place une poupée ; un plus grand encore fait jouer un rôle à cette poupée : enfin , si le chariot tombe entre les mains d'un enfant de cinq à six ans , celui-ci y met du sable ^ de l'herbe ^ de la paille ; U veut exécuter des travaux champêtres qui ont déjà quelque ombre de réalité. Le besoin pur et simple de l'activité; puis celui des plaisirs de l'imagination^ puis enfin celui de l'utilité réelle ou supposée^ telle est la gradation des besoins moraux dans le jeune âge.

* Fournir des alimens continuels à l'activité des enfans , sans employer des stimulans trop énergie ques / est peut-être l'abrégé de l'éducation. C/est là le seul moyen de faire avancer l'intelligence ; *

mm iai lastgesie oa la fomatioa du étraetèra nouf occupe eKolasivement* '^

Pour eet objet , l^exevciett ^$ fiaoultës monlee 6^ nëceMaire $ le moa?am^nt extérieur ^ les tensa^ tions où l'ame est pitssiye, ne suffisent pas longtemps pus en fions ; il en peut même résulter ppur piâf. jpluè de £|tigue , les distP|iCtions de et genre que BOUS leur donnons sont souven| ti?pp.prol<Magées , tandis que Tactivitë qui vient du de(ians trouva sf bqrne en eiie«*mèine et s'arrête avant Tescès. Oa dc^it done surtout phereher à mettre en jeu of tte activité. L'humeur , la ;,dësprganisation mgrale , la mptinerie chez les enftins ayant presque toujours l'ennui pour eause , le secret de les rendre sages^ c'est de donner de ^occupation à leur esprit.

Daiis les familles pauvres , oh la n|ère a du boQ sens ^t de la douceur , les petits enfsns sont peutr (èire plus raisonnables et plus avancés que dans les autres i aussi jouissent«-ils d'un avantage par4icu* lier. Us s'intéressent à tout ce qu'ils voient ^ ils le conçoivent et y prennent part* Toutes les occupa^ lions du méqage sont à leur portée ; souvept i(s peuvent s'y associer. Laver , étendre du Ihige , éplucher , cuira les légumes ; cette suite de tf avaux varlérdont ils sont témoins , qu'ils aiâ«nt même à exécuter , donnent de l'exercice à leurfisprit^ leur inspirent le goût de se rendre utiles , tout en les a^iusant beaucoup. Occupés fani qu^on s'occupe d'eux y leur vie ^'est pa« en eua^même^^ etile o^t le sentimoit d'un intérêt commun afiqoel ekaisun

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de mieui pour un petit enfent F

Il n!m ait paa aioeî dact» le3 bmme§ m )m pariiK ùatu^B antm vacation. Nos 00e«i|MtfQii9 phii Mlpyee» «ont absolnmeat étraDgèrei ^ noi enhm » €fty m laîasani; pas i^otM esprit UbPd ^ ^Ities leur fiauaeat un i^nqui mortoK Suspeadons^ons mtfa imvail pay eompUilliace , ik yoi^ot anasitèt qii^ ai^ua ckarchoDs à les divertir , pajrfois aussî qnii^ nous voulons les caresser p^ur ^i être aimés y H eetîB intention , trop ëvideatft , etf devient plus' diffîeiie à remplir. L'eafent ^t exi^nt , caprioieiin y difficile { les pqrens qui efaerciiMt à lui pleine ae scmt pas exempts d^affectatioi) dans leurs aSSorH pour se mettre à son nivean ; d'aucun eèt^ les communications ne* sont naturelles ^ on ne se VMieontre point sqr te terrain aolti)^ des services iwndus y des i^psoine satis&its y ^e» actions e^fin : tout se passe en d^ivionstratiaiis ^ pn «diortetionSi fti| plaisanteries^ c'est-à*dire en paroles^ ehosa lÂ^ gèrfs adressée à des êtres déjà légers.

C'est donc auii jeux divers ^ ou ^ en d'autres terr mes y aux plaisirs de l'imagination qqe nous eom* mes ol^ligés de iMourir pour nous t imdre agréablies dans nos lamillep^ Nous tenons ces jeûnes esprits a&^ê J'empire des illusions y et y pour exer* cer ieqr activité y ncms fpurnisipns aux en&ns les moyeB^ d^içiiter dans mille itivertissêmens la%ie réelle : grande ressource assurément y ressouree fiivorable aux progrès de l'intelligence ; mais rela-

S6S L ÉDUCATION ^AOk^tlESSÏVE.

tivement au caractère ^ la vërité' qui^es intéresserait vaudrait mieux.

Sous ce rappont bien important y fon pourrait tirer un plus grand parti du besoin d'agir ebez lès erifans. Des sentimens trop lents à se développer prendraient aisément Tessor par l'attrait d'un plaisir si simple. L'amitié fraternelle, parfois assez tardive à se déclarQr, me sévira d'exeipple. Un {H^emier eilfant , qui a long-temps été le seul objet des soins et des ^complaisances de sa mère , voit souvent arriver uii petit 'rival avec chagrin. La jalousie , cette disposition de frère aîné , se* déclare chez lui si l'on n'y^rend garde. On lùî en feit honte , on le- gronc^ , on le force à céder ses joujoux au nouveau-né aussitôt que celui-ci en a la fantaisie. Qu'arxive-t-il de là? qu'il l'aime chaque joSr un peu moins : son aspect ne réveille en lui que des idées pénibles , il se venge sur lui d'avoir eu des chagrins à son ocQuion y et il s'établit entre les enfans un ton de chicane et d'envie qui reparaît souvent dans les intervalles des jeux , et ne se prolonge parfois qiie trop durant la vie. Vous auriez prévenu cet inconvénient en donnant le plus tôt ppssible à l'aîné un rôle actif auprèsdu plus jeune. S'il eût en apparence aidé à l'endopmir y à l'habiller , si , après avoir prudemment fait asseoir le plus grand par terre , on eût posé le petit sur ses genoux , il en aurait rougi de plaisir , la sympatljie la plus vive aurait agi , il se serait

uy. iiij cûAP« III. SSfS

cru le père de son /frère ^ et eût conçu pour luila plus tendre affection.

Madame Hamilton^ da^ son estimable ouvrage ^apporte un £ait bien intéifessant. EUe a vu ^ dans une pai^ti» reculée de l'Ecosse , deux.pauvres eniieuis dont l'aîné , dès l'âge de trois ans^ avait^ pendtot'le jqur entier^ été laissé constamment seul auprès de sou plus jeune fière. U le soignait^ l'habillait , le nourrisjsait^ ne l'abandonnait jamais un seul inatant^ et remplissait tous les devoirs de la mère la plua attentive. « Quand l'heure dvT repas » approchait , il faisait rentrer son pupille dans la » caban^:^ allumait un petit feu qu'il gouvernait » très-hahilement^ et préparait les simples alimens » qui les soutenaient l'un et l'autre... 4 Prenez-garde y Daniel , lui dit une personne qui le regardait comme il donnait à manger à son élève , prenez garde de ne pas brûlçr votre frère, — // n'y a pas de risque y répond! t-^I, c^est moi qid goûte toujours la première cuillerée. II y aurait des conséquences bien importantes à tirer d'un pareil récit ! Certainement cet aîné-là n'aura pas été égoïste.

Nous aurions tort assurément si . en cherchant ainsi à développer les affections^ nous comnien* .cions par exiger des 'sacrifices. On ne^peut obtenir le dévoiltment avant d'avoir laissé grandir le sentiment qui le motive. C'est pourtant la faute qu'on commet souvent. Ârrive-t-il un petit pauvre à la porte ^ on tient des discours toucha as à l'enfant;

IM L'^DMàtKQW tÀMMMIVfi.

ëh Tethorié b la biênbiMittef > et k MncAétioA «n

qu'il doit donner le pain ou hi polre^ qu'il iÂmt Sëuè M mëki. d'êêt u^ mal tu. £aY0y6e4é «hèrèher nu gdtéflU^ tel tèw^iifiiit ^ lil okjet eufiu qui cail86 & ct>tip âûr un ttf moufêmciut de foia au pe» tit ihdtgeut f M bieutôt f oiré euiant ti^tit«M «ti tëlplililrà dôufief> qae pouf a0 te pso€ufa#/|{ ge pritefâ àe soti^him tïièmë.

On êeûtimént eucôre iudédia^ân pëttt â^natalifi Ivêe atàntâge fii l'iutàcit pafiduual Ai Vêtncm'^ ptbpré i il tôrait ïnip^tidént de 1« nmtUêàUÉ prim ftved àeê peucbaud pluè hru que lui| ttutt nlfer» liii886^-Ié peitf Yèxètddéf quf lé MîU¥«)iiif« d'«flurt§ betireux^ d'étttreprïdêd (ôUrdUnl^ pa k ^MOès^ vienîie à s'y àësdCiér , et le pIliièiÈ ^U^ttuf â duilné l'activité Èetk m\è sur le ^ôinpte Ûà IdniilUCfiti Celui-ci ée i^rtîfiera pai* l'idëë dés <ib§tttdêè <{u'M

àbrâ fait taintfe, dt dëvièûdM tf^ilHeut càpaUe d'en èurmôùter de gt*and^. <

Sâfis doute dùé Kùftlyde titi peu rabtite dë^tu^ triràit ètiÊore ici rajiioui<'^pfôpre ; mai* mmmènt ëvitet* qu'un mélange imput Uë i^Attâehe 1 nm

meilleurs mobiles ? Quand la vanité > qtMifd lit âënâualiié^ quaud leàiUôtifil égôYétei tïï&n^Mût en (ifemièré ligne ^ de «oiit èeUî-Iii qui le fertiftent fmr l'exercid»; le pl^isif que donne l^dtlfitë tcnirue-

Hêtt profit; tùàië pôUiir peu ^U'tl^ âttiëflt daui Pombtns^ pour peu queded motifii Vfàiibëtttboùêet ^uéf eust*^ tuëlèdt aut fiutrëë^ ce fier» Mr les ^m# nobles iNemiftièfMi ^ë Fiâiai^tiéfl êe polNêMi

Geê% fe tus que l'«ofiint attribfaera la âatisfoclîon qa'â ëproiive* Ydilà pourquoi bien deâ Fecom-' penses d'une tendance équivoque , det itîniulans qui i'adf essent au mauvais côté du cœur huitiain , né produisent pat > dans l'application^ tout le mal qu'on en pourrait craindre. Leur ^ influence se trouve balancée dans l'ame des enfens^ et les résuhftls salutaires de l'aetivité l'emportent 'sur le mauvais effet des moyens employés pour l'exciter. Mais est-ce là^ potll* dès pfil'êilS^ une justifîcatioa suffisante ? ^ •

L'idée de tirer p»ni dU goût dëi éiiftik pour agir^ en &isant commencer plus tôt pour eux la nëitéëfïé, ftlltfilée de ms divers intérêts ,^ cette idée, dis-je^ deviendra vraisemblablement un jour le pivot priiicipal de l'éducation. On est déjà sur la tfôië h cet égatd ^ ^ m quand on s'âttacbera surtout à mettre en jett de» mobiles purs etdësintétmés^ on pourra espéi^r des progrès téeh dans Taf t d'élever leaut^ces futures Mais A les institutëtlt-s mettaient plus de prk au succès du moment qti'au lUdtlf des effotts pat lesquels ce succès est obtenu^ s'ils 8'oceu{)àJeût inoins des sentimens ititérieufs que des acquisitions eitérieurës, jâmâid

^ Je citerai , comme exemple de cette nouYelle direction ^ l'insfitut d'Haslewood en Angleterre y quoique je sois loin d'adopter tou^t les principes qn^ont mis eft avant les institutears , iÈBOâ nû écrit îùH spirituel^ intitulé : On pUbHc Educddàn.

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ilô n'arriveraient à donner un complet développement à toutes les facultés de famé. Lorsque les qualités iporales ne parviennent pas à leur vraie grandeur ^ les talens eux-mèmes^s'en ressentent. ' La beauté de lajille du roi vient du dedans y dit le Psalmiste.^

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