‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 50 sur 67 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

SUITE DR LA TMOISIÀMM AVNBS — - Vi&lTÉ.

Nous Tenont voiis co^jarer de font immoler à la fétité, Savrih.

Les prpgrès àe Tenfant qui se manifestent dans^ le langage sont peut^^être' ceux qiïi nous intéi^sse le plus. Là tout est neuf, caractéristique, tout tient d,e près au mor^l. Dès le berceau h nouveaunsé avait plus ou moins distinctement désiré , BÎtné, execcé ses organes et ses forces ; son développement h .ces divers égards s'bpérait par gradations si. insensibles qu'on ^avait peiné à en suivre la marche, et qu'on la supposait à-peu-près la même chez tous les individus; mais dès que Vhn^ faut parie tout s'éclaircit; ses impressions, ses pensées, ont chacune leur cachet qui les distingue; on retient, on répète ses paroles. Il semble qu'il s'est ouvert un jour sur le caractère et sur l'esprit^

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et qu'on saura désormais à qui l'on doit avoir affaire.

Il seraii assurément bien essentiel de le savoir^ maispour.y ()arvenir il fout quelque étude. Les en- &n8^i ingénus^ si naïFs^ ne sont pas toujours exao- Cément vrais; ib dissimulent innocemment ^ si Ton peut le dire ^ et il y. a un mélange singulier de finesse et d'abandon. La sympathie^ cet instinct qui les a si merveilleusement développés , tend plutôt à les trompeur sur l'usage de la parole. Quand ils sont encore très petits ^ ils la croient fidte pour plaire ou pour obtenir ^ non pour énoncer la vérité, chose dont ils se font peu d'idée. Pourquoi l'enfant accorderait-il ses expressions avec les faits ? que lui importe le passé , la vérité historique ? il en'garde à peine le souvenir. Ce qui est intéressant pour lui, c'est d'être cai^essé , c'e&t qu'on lui donne ce qu'il dém*e. Vous aurez beau rînterroger sur ce qu'il a feit > jamais il lîe vous répondra que ce qu'il croira vous être agréable. J^ai fait ce que vous voudrez serait à l'âge de deux an» sa réponse la plus naturelle.

On dit qu'il en est de même des sauvages. Un voyageur trouve de la difficulté à ^obtenir d'eux les plus simples renseignemens , il n'en peut ap<prendre la route à suivre, tant ils sont occupés à décom^rir son intérêt ou plutôt le leur dans cette occunrence, et tous ceux auxquels ils s'adressent lui répondent différemment.' Une sorte de ruse semble innée chez les enfens : ils ont^appris à évi-

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terk £ftui6eté en paroles^ qu'ils mentent encwe en actions , car les actions elles-mêmes sont des mensonges quand elles ôqt pour but de persuader ce qui n'est pas. Il s'y glisse mémls un artifice trèscompliqué , puisque c'est un langage trompeur qui exprime une'ihose fausse. Les pauvres enfaiis ne font cependant pas de bien profondes combimii#ons , mais ils .ont presque en naissant ; des inspirations d'hypocrisie > promptes et subtiles kAs^ iûis.

• Un en£Btnt de dix-huit mois cache a?ec graa^ soin un petit panier^ dès long-temps objet de sa convoitise^ puis il vient s'établir auprès dô sfi mèra bien doucement ; il voudrait se tenir tiaaquille , mais trop agité pour y réussir , il l'agace^ il la comble de cares^se^. Âloirs la rougeur de son iront, son expression à-la-fois tendre et embarnissée, l'excès même de ses démonstrations suffisexit àleùrshir: D'où vient cce redoublement d'affection, car il y a quelque sincérité dans ses témoigawgeè? sent-il d'autant mieux le prix de l'u^jon qu'il en craint la rupture prochaine ? A-twl un peu pitié de sa mère qu'il croit avoir privée d'un bien précieux ? Exbale*t-il par des embrassemens son émotion intérieure ? Profond mystère que le cœùr^ même. dès la plus tendre enfance 1

Un autre enfant empruqte un beléventail d'uiie personne étrai^ère , puis dans l'espoir qu'elle ofir de le repreîid)» , il lui apporte successive*des fleurs, ses vieux joujoux « mille obi^tt

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