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divers 9 les lai of&ant avec l'empressement de la politesse la plusma rquëe. Un autre demande da bonbon^ ou la jouissance de tel plaisir, pour son petit frère. Presque tous s'abstiennent de caresser leur bonne devant letjyr mère y tant ils ont la clef du coeur maternel !
Il n'est rien sans doute de plus attrayant que les dëveloppemens gracieux ^ les scènes comiques et piquantes auxquelles ces petites finesses donnent lieu. Les ruses des jeunes filles surtout ont tant de gentillesse ; les caresses qui les accompagnent tant de séduction, qu'on ne peut les envisager d'un œil sévère ; on rit de ces stratagèmes y on les raconte devant l'inventeur : c'est là un tort plus gravie qu'on: ne pense. De tels moyens doivent être reconnus pour ce qu'ils sont, de l'artifice; et, chez les femmes particulièrement,, une rectitude parfeiite est. la sauvegarde sur laquelle on peut le mieux se reposer. L'obligation de la sincérité est même plus étroite pour les femmes. Vivant dans la dépendance , appelées à rendre compte de leur conduite h celui qui est leur maître et leur chef , il est hors d'état de les diriger si ce compte n'est pas fidèle. En portant atteinte à la vérité, elles échappent à l'obéissance , et tous les rapports sont renversés.*
Mais quelle n'est pas', pour tout être humain, l'importance de la vérité du caractère 1 L'influence de cette qualité sur l'ensemble de la moralité est si grande , qu'il sonable iniltile de la signiiler. L'en-
^60 L'éDU€ATION PROGRESStTE.
chaînementduvice et de là fausseté est inévitable. On s'apprend d'abord à dissimuler , parce qu'on a feît le mal ; on continue à faire le mal parce qu'on s'est appris à dissimuler. Personne ne conteste ces observations; ce sont dés maKÎmes reconnues j chacun sait que la sincérité est une vertu garant de toutes les autres ; mais ce qu'on ne sent jpàs assez . dans l'éducation^ c'est à quel point la possession de cette vertu est un intérêt pressant , immédiat, personnel pour chaque élève. On ne s'aperçoit pas du rang que l'opinion même la plus frivole accorde par le &it à la véracité. Ceci demande quelque développement.
Invisible et immatérielle par son essence, l'ame ne se donne à connaître au dehors que par les actions et le langage.. Il est des actions marquantes, décisives, qui suffisent à manifester le mérite intérieur aux yeux de tous; mais, celles-là sont rare^ dans la vie. La plupart des destinées humaines , enchaînées * par la nécessité, par les habitudes, s'écoulent sans que la nature intime du cœur se soit révélée dans la conduite.
Il nous 'est néanmoins bien important de nous connaître les uns les autres. Les évenemens sont si incertains , les relations se combinent, se multiplient de tant de manière^, que nul ne peut dire si les plus faibles liens ne viendront pas tout-à-coup à se resserrer, et si tel individu n'influera passur notre vie. Il y a un caractère moral à démêler chez les peup^les, dans les gou ver nëmens y dans les familles;
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auâsi , sous des rapports plus ou moins gënéraut , .cette question occupe la société entière , ef, de^. puis le commérage le plus futile j usqu'à la politique la plus relevée , donne de Texercice à tous les .esprits.
Nos projets pour Tavenir , bien que fondés sur des conjectures, reposent néanmoins sur quelques données. Nous croyons savoir quelle sera , dans telle occasion , la conduite de telle personne, et cette connaissance plus ou moins exacte , c'est à l'ëtude de son caractère que nous. la devons. Si une pareille étude élait impossible, si une profonde obscurité nous dérobait complètement la vue d'un être moral, dès-lors il cesserait d'exister pour nous*. Ne pouvant jamais compter sur lui, nous le laisserions de côté sans mot dire, et nous irions chercher de*la certitude autre part. 'C'est là ce qui nous arrive aveo les êtres faux, affectés, avec tous ceux qui ont coupé le pont de communication entre leur ame et celle des autres. Us sont frappés de nullité, quoi qu'ils fassent. S'ils nous amusent ou nous instruisent , c'est à la manière des livres ; . s'ils nous servent , c'est à la manière des instrumens. Mais eux, ce ne sont pas des personnes ; ils n'ont pas pour nous de réalitç: En abolissant leur témoignage , ils ont commis en quelque sorte un suicide moral, et leur existence reste inaperçue* Voyez-les se débattre dans le néant , entasser les gestes , les expressions fortes : liul ne prend garde à eux , l'on sourit et l'on passe.
268 l'édccatioiv progeessite*
^ Les paroles, ce moyen de s'entendre si charmant, •si fecile, les paroles n'ont point par elles-mèmies de valeur fixe; elles en prennent chez chaque individu une particulière dont on est averti par des indices très-délicats , mais qui dans leur ensemble trompent rarement: Cette valeur peut être fort élevée. Tel mot, prononcé par tel homme, répond de sa conduite à jamais; ce mot est lui\ il saura le soutenir , quoi quHl en coûte. Il empreint sa moindre expression du sceau de son ame auguste : et produit une impression profonde en la prononçant. En revanche, les protestations les plus fortes de tel autre homme ne comptent pas ; ce sont des assignats démonétisés dont on ne regarde plus le chiffre.
En obligeant donc votre enfant à être vrai, vous lui assurez l'existence morale , vie plus impartante & conserver que la vie physique , puisqu^on ne trouve plus le repos quand on l'a perdue , et qu'on est' au contraire condamné à la plus humiliante agitation. Nul ne parle des chagrins secrets, fruits . amers du manque de vérité dans le caractère; on se tait sur la douleur de n'être, jamais cru, jamais compté, jamais placé au poste honorable de la confiance , situation qu'il faut toujours cacher, toujours manquer sous de vaines paroles , qui ne servent qu'à la constater.
Quand on voit des peuples entiers succomber sous le poids des' maux attachés à la dépréciation du langage; quand on voit que ; dans leur infor-
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tune. Us excitent à peine la pitié ; que des êtres dis-* tingués par les dons les plus brillans, les plus propres à émouvoir l'imagination des autres hommes, dans l'impossibilité de produire de ^impression, tombent dans le découragement, ou sont réduits à recourir à une exagération ridicule, symptôme. ^ et effet désastreux du mal qui afflige leur nation , quand ^ au contraire, on voit combien des paroles rares et mesurées peuvent imposer de respect chez d^autrcs peuples, comment ne pas mettre le plus grand soin, dans Féducation publique et particulière, à relever le prix du signe représentatif de la pensée * !
Quel sera , sous ce rapport si important , Teffet du changement qui s^opère dans les* mœurs du siècle? Sous l'ancien ordre social, l'obligation d'exposer sa vie plutôt que de laisser révoquer en doute sa bonne foi, contenait, il est vrai, la fausseté en dedans de certaines bornes. Mais si l'usage barbare du duel rehaussait , d'aune part , la valeur des paroles^ de l'autre, il la rabaissait, en mettant le courage personnel au-dessus de tout , et en substituant la bravoure à la conscience*
( Les étrangers 9 il est vrai y portent souvent un jugement très-injuste sur Ic^ habitans des pays où régnent ces habitades d'emphase. On doit penser que des paroles dénuées de valeur
ne s'y trompé. Mais quelle excuse y pour un langage , que de dire qull n'a pas de sens !
â6i L ÉDUGATIOrï PROGBB^SIVE.
En tout temps , l'influence principale est exercée par le sentiment moral et religieux Jamais Ton peut entrevoir que le nouvel état de choses donnera un besoin plus intime et plus continuel de vérité- De nobles intérêts, des intérêts universels , confiés à Téiite des nations, sont un appel à tout ce qui est réel et sincère 5 les prétextes, les subterfuges, condamnés à la honte d'être dévoilés, n'osent bientôt plus se reproduire. Mènie dans une sphère moins élevée, Fesprit d'association, celui d'entreprise, en multipliant les transactions, augmentent le .désir de s'entendre vite. Les gens fin& font perdre trop de temps , et quand on ne se défierait pas de leur probité , on éviterait d'avoir affaire à eux, parce qu'on ne sait jamais ce qu'ils veulent. De même, dans l'éducation, d^habiles instituteurs ^ ont trouvé que des rapports actifs et sérieux , entre des enfans chargés de fonctions importantes, les rendaient difficiles sur la sincérité , et faisaient régner parmi eux un souverain mépris, je ne dis pas seulement pour le mensonge , mais pour toute ombre de fausseté.
Si les parens fermaient les yeux sur 1^ conséquences du manque de vérité pour l'élève, com*^ ment pourraient - ils méconnaître leur intérêt comme instituteurs? Tgnorent-^ils qu'ils travaillent aveuglément tant que l'en&nt n'est pas sincère ?
^ Ceux de l'école d'Haslewood.
L'incertitude |a plu« cruelle eat répandue surtous les ef£ets de leurs soins ; tel temps y tel argent qu'ils croient bien employé , Test peut-être d'une manière funeste ^ . et peut-être se prépare-t-il de loin pour enz^ quelqu'une de ces découvertes désastreuses^ vrais décfairemens du cœur paternel.
C'est un sens à former que celui de la vérité , et un «ens dont on ne saurait trpp accélérw le déntloppement. Pour cet effet y on commencera par tâclier de £aire comprendre au petit enfant que sesr paroles doivent s'accorder avec les faits plutôt qu'avec ses désirs ou ceux des autres , chose qu'il ne saisit pas toujours de lui-même. ^n lui racontant toutes les circonstances des événemens dans lesquels il a été acteur ou témoin^ il conçoit ce • qu'est un récit fidèle. Bientôt il le conçoit tellement , que si vous commettez la moindre erreur , il en vient à vous redresser avec une sorte de pédanterie. Il faut le remercier dans ce cas, et lui
faire voir tout le prix qu'on attache à l'exactitude.
Mais le langage n'est pas le tout ^ et les ruses doivent être- déjouées; il iant les comprendre^ les déconcerter et montrer qu'on n'iest jamais dupe. En venir à VexplicatioA n'est pas nécessaire : ce qui ne peut être prouvé ne doit pas non plus^ être reprpcltlé. Si vousirecevez qivec la plus parfaite froideur les caresses intéressées^ et avec un tendre épancfaemient tout mouvement sincère et qui part
S6tS L'^DUCàTlOif 'PKO^KÉSSIVE.
dn cœur/ Tenfant^ averti par ta conscience ^ tae ae méprendra pas sur vos motlfe. Les prétextes seront traités de même , et sans iéUr donner le nom qu'ils méritent^ vous y verrez toujours une raiston de refus. Les exagérationê^ les vanteries ^ les récits suspects^ n'obtiendront également de vous qu'un morne silence. Rien ne vous placera si haut dans l'esprit de l'enfant, rten ne Vous assurera thieux de son respect pour vos lumières^ que TéprÉuvc qu'il fera de votre pénétration.
Un autre soin- plus doux et aussi iiii][>orfiint ï prendre, c'est celui d'attirer la coiifidncte de t'eiifont. T&chez d^obtenir l'aveu de ses petites ^tea, et récompensez toujours sa candeur pat le plus entier pardon. Souvenez-vous qu'avant l'âge d« la raison , il n'est aucup inconvénient dans l'indul* gence qui puisse égaler celui d'exposer la véracité au moindre danger. A plus forte raison il &ut se ]g[arder de tendre aux enfans le moindre piégc. Ja* mais on ne doit les interroger sur leur sagesse passée y jamais sur les fiaii ts qu'ils pourraient nier ou sur les sentimens qu'iljs pourraient cacher , jatnais encore sur la conduite des autres enfens on sur celle des domestiques. Pourquoi les exposer à tira-^ hir ? Pourquoi placer leur fragile v^rtu élUre la dé^ lation et le mensonge ?
Toute épreuve est dangereuse pour la liincéHtëi qualité qui se raffermît durant le calme. ÔàHs fes occasions ordinaires , on est si souvent oUigé à parler vrai ; même* chez les gens tàtxx, tsr.propor-
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tion des mensonges est nëcessairement si feible y qae l'habitude de la véracité tend à se former si les interruptions lui sont évitées. Garantie bien légère qu'une telle habitude / assurément ; mais qu'oserait-on négliger dans cfe qui peut favoriser le développement de la conscience ? On doit se souvenir que je parle ici du premier âge. Plus tard il peut être utile de sonder par des interrogations les motifs secrets , de fortifier chez Télève la moralité y ^n la soumettant à quelques épreuves ^ mais de pareilles tentatives ne me paraissent propres qu'à ébranler ce qui n'a point encore pris racine.
Si nous îivons obtenu que la vérité ait été respectée durant un temps un peu long y nous sommes en possession d'un moyen puissant y nous pouvons .montrer de la confiance. Notre estime , qui se mesure sur le degré d'exactitude des assertions^ rend l'enfant attentif à ses paroles. Et quand nous ne doutons plusde ce qu'il affirme y quand son ][)his simple témoignage produit à l'instant chez nous une pleine conviction ^(^ sentiment de joie et de dignité qui remplit son ame^ lui montre le prir de la bonne foi.
Mais l'essentiel de beaucoup , c'est d'être parfaitement vrais nous-mêmes. Totft les autres intérêts doivent être sacrifiée à celui'de'la vérité. Tromper un enlBnt^ c'est non-seulement lui donner un pernicieux exemple ^ c'est nous perdre auprès de lui pour l'avenir , c'est renoncer à l'éducation entière dont nous ne pouvons plus être les instrumèns.
ComiBeat^e.aeQt-papi^&que noti;e prédift sur Fesprit desen£ans ne se foi^dç que sur la parsin^sion profoade et intinjie que nous sommes incapables de les abuser ?' Et qu'on ne pense pas que leur crédulité soit loog^-temps aveugle^ peut-être le serait-elle s'ils n'avaient pas lieu de douter de nous. Mais on ne prjpnd|m$ même la peine de leur ca^ cher la mauvaise foi avec quelque soin^ et Facte de fausseté qu'on se permet le plus avec eux y tes promesses vaines ^ finissent toujours par être i^ connues pour ce qu'elles sent , et foxit époque dans leur esprit.
Tout^est réparable auprès des eii£ans -bors le mensonge ; soyez^ impatient ,. colère^ par moment injuste^ ce sera trèis-fâcheuiE^ mais peut-être ils f oublieront. Cç sont des torts dont la volonté n'est [^s complice^ et les souvenirs Ineffaçables ne s'attachent qu'aux péchés d'inteutiôn. Vous avez^ je lésais ^ un arrière motif qui vous excuse^ ' ma^ ce motif, ininteUtgible pour Feafant, ne vous justifie JK>înlrà se$ yeux. Ce ^qu'il lui importe de savoir^ cest s'il peut vous croire ; tout l'avenir dom il se fait Fidée est renfermé dans œtte question. S'il *vous^ a toujours trouvé littéralement vrai , votre puissance morale est encore entiè^a, tandis que s'il vous a une fois trouvé faux, vous n'êtes plus qu'une force matérielle et irrégulière, dont l'emploi, ne pouvant jamais être prévu, ne saurait être {>ris en considération.
L'idée du devoir est formée chcas l'enfant ou ne
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l'€«t pas. Ne Fest-elle pas ? vous ne pouvez agir 8ur lui que par l'espéraûce ou par la crainte. Les èpfens qui n^ont î^mais été trompés croient à des promesses comme à des&its^ et un fil suffit pour les conduipei. Ont-ils ëté déçus ? les chaînes . ne suffisent plus.*" « . • *
Voilà pourquoi rédàcatîoh est dure dans* la classe pauvre. Les indigens aiment leurs- enfans comme nous ^ mais ils croient permis de les trom* • i^^T pour leur bien. Hors d'état dès-lors de les gouverner par des paroles, ils n'ont de ressourcfe que leschàtimens/et bientôt ceux-ci, malgré la progression la plus effrayg^te , ne produisent plus aucun effet. Une obstination que rien ne peut vaincre provoque bientôt une vraie colère chez des parens trop peu maîtres de leurs passions , et de là une suite de traitement que je me refuse à dépeindre. Le petit malheureux., se voyant livré à un Hasard aveugle et impitoyable , renonce à s'occuper de son avenir. Il prend ses plaisirs à la dérobée, et, se renfermant dans un état d'indifférence stupide sur les suites de ses actions , il reste aussi étranger à la moralité qu'à la simple prudence humaine.
Mais si l'enfant avait déjà le sentiment du devoir , quelle révolution , quel . bouleversement
dans son existence ! Son père Fa trompé ! son père lui-même! triste et épouvantable convie^ tion. £n supposant même qu'il n'osât pas le condamner, en supposant qu'on réussît à lui persuader. que la dissimulation a été légitime ou
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néciessatre^ quelle confusion dans 90B esprit ! . Tout ce qui reste clair pour l'enfant^ c'est qu'il ne peut plus croire à rien. Des motifs au-dessus de sa portée justifient toute conduite dont il est robJQt; il est un pauvre misérable auquel personne ne doit cette vérité et cette justice que tous les hommes se doivejM; entre eux. Une grande abjection intérieure est chez lui le fruit d'une telle persuasion ; mais on peut être certain que la motalité de lui aux autres ne commencera que de l'in^ . stant où il la verra clairement dans les rapports des autres à lui. ' •
On ne saurait rendre trop simple l'idée du devoir cliez l'enfant; on ne saurait trop tôt relever la. dignité de sa jeune ame^ en lui montrant qu'elle* est comptée, et qu'on ne foule pas aux pieds ses plus justes sentimens. Il y a sans doute du danger à exciter trop for tement Famour-propre dans l'édu* cation; il y a même^ selon moi, de l'inconvénient à trop exalter l'idée de la force morale; mais l'estime , dirai-je le respect, que les hommes, malgré leur imperfection , peuvent mériter , cette estime^, dfoit naturel de quiconque ne Tapas trahie j il fttut l'accorder en plein à Tenfant. Il est ignorant^ il est faible; les lois , la nécessité le livrent en notre pouvoir; mais il n'en est pas moins notre égal, nôtre frère, peut-être est-il au-dessus de nous : plus rapproché que nous de sa haute origine, plus récemment sorti des mains du Créateur, sa nature est plus angélique« Se sentant