LIV. III, CHAP/vi
douceur dans Fëducation. Les parens, persuadés du vice inhérent à notre nature y n'éprouvent pas, en découvrant les fautes de leurs en&ns, cette surprise^ cette indignation profonde qui peuvent les porter à la dureté ; ils sont prêts à combattre à temps les penchans dont ils ont prévu la naissance, et ils ne s'endorment pas dans une trompeuse sé-^ curité. Les en&ns à leur tour , plus aisément convaincus de leurs fautes , n'opposent pas aux répri^ mandes de leurs parens cette révolte, cet entêtement orgueOleux , cette prétention , si souvent de mauvaise foi, à des intentions entièrement pures, torts qui aggravent sans cesse leurs autres torts. Plus doux que les autres y plus vivement touchés de repentir , après leurs transgressions , la chance d'en commettre de nouvelles en devient moins grande pour eux , sans qu'ils cherchent à tirer une vaine justification de l'idée du vice de leur nature. Us se sont sentis libres avant d'agir, et la persuasion qu'ils pouvaient s'abstenir du mal qui les a séduits est trop juste et trop forte pour être ébranlée.
Mais pour obtenir que les enfans résistent le plus possible aux tentations , et qu'ils éprouvent un véritable regret après y avoir succombé, il faut savoir leur inspirer les sentimens religieux dont leur âge est susceptible. C'est le sujet qui me reste à traiter.