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efforts de Fen&nt pour réussir à lui obéir ^ cette pensée 9 dis-je^ formera peu à peu sa moralité. L'influence des sentimens de piété tendres et doux^ est naturellement plus salutaire et elle est en même temps plus constante que celle des sentimens de crainte, puisque, grâce à là légèreté du jeune âge, il est bien aisé d'échapper à Fidée d'un Dieu qu'on ne voit jamais, et qui ne punit pas à l'instant.
Relativement à l'union si importante et si désirable de. la religion et de la morale dans l'éducation, il me semble bien essentiel de savoir au juste ce dont il s'agit. Sans doute , )a seule preuve des progrès , je dirai de l'existence même de la religion dans le cœur humain, se tire du pouvoir qu'elle exerce sur la conduite. Le point de vue moral est celui auquel il faut toujours revenir , parce que sous ce point de vue seul on juge de la sincérité et de la bonne direction des idées religieuses. Mais le propre de ces idées, c'est néanmoins de placer en jpremière ligue les intérêts éternels , c'est de faire considérer l'accomplissement de nos devoirs icibas comme la condition nécessaire de notre union avec Dieu dans une autre vie. Si cet ordre est interverti, et qu'on se propose cette vie-ci pour but, fût-ce afin de la faire passer sagement et d'une manière honorable,' on ôte à la religion toute sa force et sa vertu. Quand on la prend uniquement comme moyen, il résulte de là que le moyen manque. L'essence de la religion consiste dans l'amour de Dieu ; les intérêts éternels sont les in-
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téreU de cet amour : iqspirez donc an tA sentiment 8i V0U8 voulez que la religion serve à fonder la morale; faites considérer le Tout^-Puîssant comme Fauteur de tous les biens ^ comme le dis* pensateur de toutes les joies ^ avant de montrer en lui le juge ou lé censeur toujours mécontent. Potir* quoi s'y prendrait^on ^ pour £aire naître la piété^ comme on ne s'y prendrait jamais pour exciter une affection terrestre? La mère a long -temps caressé son nouveau-né avant de le corriger; elle a eu soin de se montrer long-temps aimable et sensible y afin que le souvenir de sa tendresse pût tempérer un jour l'effet de sa rigueur. Dieu lui-même eh agit ainsi avec le petit enfant , et il se manifeste à lui par ses bienfaits avant de Ihi adresser la voix sévère delà conscience. C'est être injuste envers le Très-Haut, si l'on peut le dire, que de le présenter à l'enfant sous des traits qu'il n'a pas choisis et que nous ne choisirions pas pour nousmêmes. Un empressement excessif à retirer les fruits de la piété nous empêche souvent d'en cultiver la racine, l'amour de Dieu.
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