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arts y voilà le sujet de mille entretiens y le fond que peuvent recouvrir mille formes intéressantes, voilà Taliment qui peut se proportionner à tous les degrés du sentiment comme de l'intelligence chez l'élève , et pourvoir à leur plus grand développement.
Mais le moyen le plus régulier sera toujours le plus certain, Ce sera donc la célébration d'un culte dpmestique, tel que le comporte l'âge de l'enfent^ ce seront des exercices de piété, journellement continués, et toujours assortis à sa capacité croissante. La régularité nous est nécessaire à tous : nous n'agissons sur notre ame qu'au moyen du temps; il faut en consacrer à tout ce que nous désirons obtenir de nous-mêmes. Et puisque le temps, celui des dons du Créateur dont nous disposons le plus, influe sur ce dont nous disposons le moins ^ les affections , n'est-il pas trop lieureu;s que nous puissions , avec son secours , avoir de la prise. sur nos mouvemens involontaires? Et quand il s'agit de ces sentimens de piété , gardiens £dèles de notre cœur , et par là de notre conduite , comment se confier, pour les éprouver, à ces impressions du moment qui sans cesse nous trahissent ? Comment ne pas avoir recours à cette destination particulière de certaines heures qui nous est utile en tant d'occasions.
S'il est vrai que nous ne puissions pas compter sur nous-mêmes , combien moins pourrions-nous encore compter sur l'enfant ? Plus mobile, plus
3iS l'éducation progabssiye.
léger que nous ne le sommes ^ il est moins accoutumé à s'occuper d^objets purement intellectuels. Pauvre moralement , sans même s'apercevoir de ce qui lui manque , il doit apprendre à le désirer. Il faut enraciner dans sa constitution ^ si Ton peut le dire ^ le besoin de croître spirituellement, de recevoir chaque jour de Dieu les forces de Famé. Ici tout ce qui est d'ordre inférieur, les habitudes^ les formes , l'exemple , se présentent comme les instrumens nécessaires de l'œuvre la plus élevée de l^éducation , la formation d'une volonté religieuse et cette consécration de la vie entière qui en est l^effet.
Ces mêmes livres sacrés qui dans l'éducation religieuse fournissent l'occasion de l'enseignement, se retrouvent comme un secours pour le culte, c''est-à-dire comme un moyen puissant d'élever leè
âmes à Dieu. Il est une langue particulière dans l'Écriture^ langue énergique , significative, dont rien ne peut remplacer l'effet sur ceux qui en ont de bonne heure saisi l'esprit, mais dont peuvent s'étonner ceux qui n'en ont pas acquis l'intelligence. Doués d'un si merveilleux instinct dans tout ce qui tient à l'expression de la pensée , les en&ns en sentent promptement la force» et la beauté. Des morceaux de là bible choisis , mais lus dans le livçe même et non arrangés & notre manière, leur inspirent un respect mêlé d'un grand intérêt. La majesté, l'éclat oriental Jes imagés dans l'Ancien-Testament, captivé leurima-
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|[inatioû; la candeur ^ la naïveté des paraboles dans le Nouveau ^ les attendrissent. Mais c'est surtout dans les psaumes , qu'il s'ouvre pour eux une source abondante de consolation et d'amour. Us y puisent le sentiment des beautés de la création^ et y apprennent à saisir l'accord harmonieux de la religion et de la nature. Il est tel de ces psaumes que les plus jeunes en&ns répètent avec un .vrai ravissement et qu'on n'entend jamais sans plaisir durant le reste de la vie.'
Il serait à désirer que d'après ces modèles si parfiaits^ on composât de petits cantiques religieux plus particulièrement destinés au premier âge. Dans les écoles modernes appelées infant schools, ainsi que dans plusieurs familles anglaises^ les en- &ns chantent en chœur des hymnes qui produisent l'effet le plus attendrissant. Ils sont tous pénétrés des sentimens qu'ils expriment^ et les plus jeunes joignent avec bonheur leur voix incertaine à celle de leurs aînés.
Pourquoi, lorsque le but est si bon et le moyen si innocent , refuserait-on d'employer le secours
mÊÊtt.
^ La force de ces premières impressions est cause qu'on n'a pu réassir à faire^ adopter, pour le chant d'église de notre culte, des traductions supérieures en mérite poétique à la faible version des psaumes , par Clément Marot. Les paroles qu'on avait entendues dès l'enfance ont toujours agi plus puisaamnaeoit iur le eoour.
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magique de l'harmonie ? La mu&ique dé chant , surtout^ produit sur celui qui l'exécute une impression singulièrement puissante et caractérisée ; il prononce d'inspiration les paroles qui y sont associées ^ et il semble à celui qui les chante qu'il exhale sa propre émotion; dangereuse propriété de cet art , d'après les sentimens dont on le rend ordinairement l'interprète , et motif de plus pour le rappeler dans l'éducation à sa destination antique et sacrée.
Même quand on n'a qu^un seul enfant à élever^ on peut s'aider encore de la musique pour le culte. La mère , en s'adressant à son premier né ^ peut déjà célébrer dans ses chants les bienfaits de Dieu. Comment y dit J.-P. Richter , s^ emparer du jeune esprit as^ec plus de douceur quau moyen de cette voix du chant qui part de Vame^ de cette voix déjà aimée de V enfant quand elle ne proférait que de simples paroles , et qui lui apparaît fout-à-coup res^êtue d'éclat et comme parvenue à la gloire céleste F
Toutefois j ce sont là de purs accessoires. L^acte du culte le plus important, celui qui constitue l'essence du culte même, c^est la prière. L'idée à la fois si grande et si simple de la prière s^allie à celle de tous nos rapports avec Dieu. La simple contemplation de la Divinité suppose presque une prière , puisqu'il s'y associe un invincible désir de puiser à la source immense de force ^ de sainteté, de bonheur. Il est dans notre nature de prier : la