RÉSUMÉ
AVritée au moment où le^ progrès toujours Ch)iâi8àtii$ dé Fénfant achèveront de Compléter son existeiice morale, et où s'ouvrira une nouvelle car-
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rièrepourrob«ervateur, je crois devoir jeter un regard 8ur la route que j'ai parcourue. Â Fà venir y il deviendra de plus en plus difficile d'analyser les sentimens et les impressions de l'élève» Tout sera chez lui plus compliqué , plus obscur^ l'éducation^ l'exemple^ auront agi ; les mouvemens naturelsseront souvent réprimés par l'effet de la réflexion ^ et pourtant les mobiles secrets resteront en partie les mêmes. 11 importe donc de constater à temps des dispositions qui sont destinées à s'affaiblir^ mais non à cesser d'exister dans l'ame.
Sans m'arrêter à retracer les conséquences morales qui découlent clairement des faits observés^ je vais résumer ici l'histoire de l'enfant dès sa naissance ; et quoique l'état de l'ame à cette époque soit peu connu , j'exposerai les idées qu'on ne peut, ce me semble , s'empêcher de s'en former , Soit qu'on les doive à l'observation ou que ce soient les résultats de notions précédemment conçues.
L'ame, intelligence pure, jetée dans cet univers à elle inconnu, s'y trouve unie à une portion de matière appelée corps , qu'elle ne connaît pas davantage. Susceptible d'un développement infini et douée des dispositions nécessaires pour entrer en ' relation avec le monde moral et physique, elle semble condamnée à ne déployer son activité que lorsque les impressions qu'elle reçoit par l'entremise du corps mettent en jeu ses facultés, et fournissent des matériaux à leur exercice. Mais comme^des impressions excitées par les sens ne sont pas de na-
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tare à établir tous les rapports que Tame est appelée à entretenir ^ elle avait besoin d'une autre ressource. Il lui a en conséquence été préparé^ pour l'aider au début de sa carrière^ un secours qu'on appellerait surnaturel si Ton désignait ainsi les effets dont on ne peut constater la cause. Ce secours^ que nous nommons instinct, n'est point prodigué. Cpnstanament accordé dans les occasions indispensables^ il ne l'est point lorsqu'en consacrant le temps nécessaire aux leçons de l'expérience ^ Famé peut réussir à s'en passer, ,
Ainsi , dans les premiersjours après la naissance^ l'ame ne manifeste point ses attributs. La machine merveilieuset qui la renferme lui est inutile^ parce qu'elle ne sait pas s'en servir. En vain une organisation admirable semble avoir été calculée pour produire deux effets différens^ celui d'avertir l'ame de ce qui se passe au-debors^ et celui d'exécuter ses ordres^ l'ame ne comprend pas ce que lui an^ nonce le corps , et n'a rien encore à lui commander. Captive dans sa double ignorance^ elle ne peut connaître les objets extérieurs qu'en exerçant les organes des sens , et ce sont les objets extérieurs qui peuvent seuls lui révéler les propriétés de ces organes.
Toutefois , le concours de la volonté n'est pas nécessaire pour que l'ame reçoive des impressions. Ëile.sent des peines.et des plaisirs^ mais l'intelligence reste passive. Tout est vague et confus pour l'enfeint^ rien n'a de réalité ni de consistance. Les
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figurei qui passent et repaB6&at devant ses jw^m sont que des ombres fugitiFes. lies broUs divevs qu*il entend^ Ifiè chocs qu'il peut recevok de$ cwps solides , ue sont encore pour lui que des mhn^mmê isolés ; il subit des modifications qu'il- ne ehesdbe point à expliquer. Dans oek étBî, )a Mm même Be serait poi^r le nouveau-né qu'une douleur àlaqudle ridée d'aucun soulagement ne s'associerait, et il mourrait d'inanition sans pressentir ce qulli:ii maa» que , si le ciel n'avait pas pourvu à la eonAnrvatUtt de son existence. Ici il fallait de l'instinct , atTia* stinctaété dcmné. L'en&nt dierche M saisit le sein aoatemel^ il se calme et se fortifie.
Cependant les mêmes iinpressionii y en se répé? tant, mettent en jeu chez lui les facultés de Famé* Il lie ses sensations dans son esprit^ et son êmfffar nur les hii reproduit dans FcTrdre selon lequel iç réaliié les a présentées. Ainsi j'ai vu un en^tnt de douze jours , qui à cette époque ne pouvait assurée ment distinguer aucun objet, indiquât pur des signes indubitables qu'il comi»*enait qu'en allait lui donner le sein. Il se rappelait donc, il espé» rait ; deux grandes facultés , la ipémoire ^ l'ima-» gination, étai^it «citées. L'être intelleotuf 1 s'é** taît révélé.
fjà faiblesse du corps dans le premier Age ne parait pas devoir apporter beaucoup de retard au développement de l'intelligence, puisque cetle faiblesse a^cte seulement les membres exécuteurs des volontés de l'ame , et que l'ame n'a pas d'or*