‹ L'éducation progressive ou étude du cours de la vie, Volume 1Chapitre 102 sur 144 · LIV. III, CHAP. IX · texte numérisé non relu

LIV. III, CHAP. IX

prennent à l'adorer. Je te prie aussi, ô mon Dieu, pour tout le monde. C'est au nom de Jésus-Christ, etc. *. »

Pour le dimanche.

« mon Dieu, c'est aujourd'hui dimanche^ le jour où chacun se rend à Téglise pour te prier. Moi, je suis trop petit pour y aller, mais pourtant je t'adorerai aussi, ô mon Dieu. Je sortirai dans lacampagne, je verrai ce soleil si brillant que tu as fait, cette terre si belle où il y a tant de charmantes fleurs, de jolis oiseaux, de si bons fruits. Je te remercie de toutes ces choses, et, quand je serai grand, j'irai aussi dans ton temple, je chanterai tes louanges, je lirai ta sainte parole, et toute ma vie je t'aimerai et je tâcherai de t'obéir. C'est au nom, etc. »

Je joins encore ici deux prières qui serviront adonner ridée à l'enfant des vœux qu'il peut présenter à Dieu am commencement et à la fin de la journée, quand par hasard il est laissé seul.

Prière du matin,

a Seigneur, je te remercie de ce que tu m'as gardé pendant la nuit; garde-moi aussi pendant le jour, je te prie. Je tâcherai de me'souvenir que tu es toujours près de moi, et alors je n'aurai peur de rien que de t'ofifenser. Bénis, ô mon Dieu, mes parents et tous ceux que j'aime. C'est au ' nom, etc. »

Prière du soir,

« mon Dieu, je ne veux pas me coucher sans t'avoir

1 Cette prière D*est peut-être pas très-natureiie, car un enfant laissé à lui-même D*aurait vraisemblablement pas l'idée d'offrir des vœux pour des inconnas ; mais ce que j'ai voulu montrer, c'est comment la mère pourrait tirer parti du culte pour inspirer à Teofant divers bons sentiments, et il en est peu de plus nécessaires à associer à ridée de la religion que celui de la tolérance.

2 42 LEOUCiTION PROGJIESSKE.

demandé ta bénédiction. Ta as été bien bon pour moi aujour* d'bui, et pourtant je sens que j'ai commis plusieurs fautes. Pardonne-les-moi, Seigneur; je tâcherai d'être plus sage demain. Je vais à présent m'endormir en pensant que tu me garderas pendant mon sommeil. C'est au nom de ton fils, etc. »

La plupart de ces vœux sont extrêmement vagues^ mais l'enfant doit être encouragé à en présenter de plus précis. S'il dit ce qu'il a dafis le cœur, il en offrira sans doute de bien puérils; mais qu'importe? En est-il beaucoup, parmi les vœux terrestres, qui ne le soient pas? Jouissons de ce qu'il parle à Dieu du fond del'âme, sans trop nous mêler de ses petits secrets. Avertissons-le néanmoins que bien souvent nossoubaits sont téméraires, et que, tout en exprimant les siens, il doit s'en rapporter à celui qui veut soiî bonheur. Conseillons-lui de demander lui même au Seigneur de ne pas l'écouter au cas où ses désirs, en s'accomplissant, auraient des suites fâcheuses, et nous l'accoutumerons à supporter avec douceur les privations; nous lui préparerons, dans les mécomptes et dans les peines, cette résignation animée d'espérance, nommée la confiance en Dieu.

Quelque liberté qu'on laissera l'enfant dana le culte le plus intime, il est pourtant une prière c^ue je voudrais lui faire apprendre par cœur aussitôt qu'il aura contracté quelque habitude d'invocation : c'est l'Oraison dominicale. Celle-là peut devenir sa compagne fidèle depuis le berceau jusqu'à la mort. Le sens qu'elle renferme se développe constamment et devient plus beau et plus profond à mesure que nous avançons en âge.

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