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biens d'ici-bas, ne serait-il pas encore évident que les êtres les plus en danger de succomber aux tentations qui perdent les hommes doivent trouver dans la religion le motif de résistance le plus fort de tous? Gomment ôter les consolations les plus puissantes à ceux qui en ont le flus besdfn? Comment fermer Us seules régions où règne une égalité véritable à ceux qui sont écrasés par le sentiment de leur infériorité dans ce monde? Et ces espérances, ces sources de paix et de joie encore nécessaires à ceux auxquels la vie a tout accordé, on les ravit à ceux auxquels elle a tout refusé. Les illusions dont on les berce ne durent pas; Tavancement dans la carrière, Taisance, l'exercice des droits politiques, ne sont le partage qiîe d'un bien petit nombre. Et quand le but auquel on les fait viser est décidément manqué, quand une intelligence plus développée ne, sert qu'à leur montrer la fixité d'une situation irrémédiable, quand le découragement enfin s'empare de l'homme, qu'invente-t-il de mieux que de s'étourdir et de prendre ce qu'il peut des plaisirs des sens, les seuls dont il ait conçu l'idée? et dès lors la misère arrive à grands pas.
Telle ne sera pas l'impulsion qu'un jeune homme, formé par une éducation religieuse, voudra communiquer à l'industrie. Lui-même, dans son enfance, aura été excité au travail par la piété, par le sentiment du devoir que chacun de nous est appelé à remplir sur cette terre. Il ne conçoit pas un autre mobile pour ses efforts, il n'a pas l'idée S'en offrir un autre, et cette parité d'obligations, la certitude qu'il a d'être de niveau avec le pauvre, lui donnent un pouvoir d'affection, une conviction de l'égalité fondamentale de tous les hommes, qui multiplie ses moyens d'agir et relève l'indigent ainsi qu'il l'ennoblit lui-même.
Dirai-je que le jeune homme ainsi dirigé ne partagera pas cette avidité qui semble envahir toutes les classes? Peut-être sera-t-il lui-même appelé à augmenter sa fortune, et une telle destination n'aura rien que de très-simple à ses yeux. Trop éclairé pour ne pas savoir que la fortune lui donnera des
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moyens dloftuer sur la moralité et le bonheur de ses semblables, il y attachera quelque prix sous ce rapport. Mais combien ne sera-t-il pas éloigné de cette passion pour l'argent, fléau du moment où nous sommes, résultat trop commun d'une éducation desséchante, preuve manifeste de la dégradation que subissent les pensées humaines quand on ne leur imprime pas dès l'enfance une noble direction !
L'élève, destiné à s'engager dans la carrière industrielle, doit être particulièrement sur ses gardes. Il a surtout à se préserver de cette altération graduelle des meilleurs liiotifs à laquelle notre pauvre espèce estsujette. Un examen sévère et continuel de sa conscience devant Dieu pourra seul maintenir en lui ce haut degré de moralité, qui lui permettra d'en appeler à la conscience de ses semblables. Nul ne peut influer en bien s'il n'est bon lui-même, et nul ne peut se conserver bon sans veiller sur soi. Plus le danger d'être atteint par l'avidité du gain est grand, plus il faut recourir à la meilleure des sauvegardes.
C'est ainsi que l'étude des arts industriels peut servir dans l'éducation à cultiver la moralité. L'extension toujours croissante de l'industrie, en augmentant les rapports des hommes éclairés avec la classe indigente, multiplie pour eux les occasions de lui être utile ; les uns peuvent espérer la servir par l'instruction qu'ils répandent, d'autres par leurs inventions, sources de nouveaux travaux, tous en entretenant la sympathie et l'amour de Dieu dans le cœur des pauvres, et ce genre de bien que l'élève croira faire à autrui, il le fera bien plus sûrement à lui-même *.
D'autres arts, objets d'études plus riantes, peîivent encore exercer une heureuse influence dans l'éducation. Si les soins
i Les annales des sociétés bibliques fournissent un exemple frappant du pouvoir de la religion pour tirer les indigents de la misère. Ces établissements ont sou. veut été accompagnés de Tinstitution d'une caisse d'épargne ; et aussitôt que de pauvres ouvriers, auparavant adonsés à toutes sortes de vices, ont éprouvé les effets des consolations évangéliques, ils ont volontiers concouru à en répandre
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de la Providence pour subvenir à nos besoins excitent notre reconnaissance, peut-être Télève éprouve-l-il ce sentiment d'une manière plus pénétrante encore, quand il songe aux plaisira si vifs, et en apparence si inutiles, que la bonté de Dieu fait naître pour nous. Et de même que le don d'un futile jouet prouve mieux à Tenfant Tamour de son père, que la nourriture qu'il reçoit de lui ; de même le parfum des fleurs, les sons ravissants de la musique, l'admirable beauté des campagnes, tout le luxe enfin de la création, est peut-être ce qui nous attendrit le plus profondément parmi les nombreux bienfaits de notre père céleste.
Pour éprouver ces douces impressions dans toute leur force, il faut que le sentiment du beau ait été de bonne heure développé dans le cœur. Il faut éviter qu'à Tinattentio%de l'enfance succèdent immédiatement les distractions passionnées de la jeunesse, puis Tengourdissement de Tâge mûr. Chez un être incapable de rien admirer, une multitude de connaissances resteront sans signification, puisque c'est le sentiment du beau qui s'est exprimé dans les arts et dans toute la partie poétique de la littérature, 0(1 le charme du langage produit sur nous l'effet d'un art, eu rendant appréciables à nos sens les impressions immatérielles de Tâme.
Considérés dans leur essence même, et non dans l'abus qu'on peut en faire, les beaux-arts ne nous offrent rien que de pur. Ainsi que la. création elle-même dont ils réfléchissent rimage sous des jours divers, ils révèlent à nos cœurs la bonté de Dieu; ils nous montrent la grandeur de cette puissance d'enthousiasme accordée à l'homme, de ces dons par lesquels il ravive, il transmet ses propres impressions
le bienfait ea s^imposant un léger sacrifice pécuniaire. Dès lors leur existence s'est relevée ; ils ont passé au rang des bienfaiteurs ; et comme pour s'y maintenir ils avaient besoin d'économie, Teffet des habitudes morales qu'ils ont contractées a été tel, qu'ils ont eu de qupi mettre à la caisse d'épargne. Les mêmes hommes ont pris sur leurs gains journaliers de quoi fournir aux deux placements, et ils ont assuré leur avenir sur la terre, du moment qu'ils ont senti le prix des biens éternels.
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en rassemblant les traits qui renchantent daas la nature. Consacrés dès leur naissance à la religion, ils témoignent souvent de leur haute origine ; souvent aux effets de leur charme particulier s'ajoute un effet plus solennel et plus* salutaire, et comme le dit l'inscription du musée de Florence,
Levan di terra el Ciel nostro intelle tto.
Les beaux-arts toutefois ne s'adressent pas directement à l'intelligence; et, comme leur admirable langage nous par> vient par l'intermédiaire des sensations, il peut résulter de là pour eux une tendance terrestre, et leur étude mal dirigée aurait sans doute quelque danger. 1.0 sentiment de la beauté morale, réveillé, excité par la religion dans les jeunes àpes, fera prévaloir l'élément le plus pur. Et si, dans la religion des beaux- arts plus que partout ailleurs, notre double nature offre ^on double sceau, il importe de renforcer l'empreinte divine.
Toutefois cela ne peut s'opérer qu'à l'aide du temps. Le sentiment du beau existe bien réellement chez les enfants, mais il se manifeste en eux sous des formes si puériles, qu'il faut un œil attentif pour le démêler. Ce sera donc lorsque j'observerai plus tard les effets de l'âge que je m'occuperai de cette faculté.
Pour achever de parcourir le domaine des connaissances, il me resterait à parler de chacune des sciences morales et à en signaler la double tendance; mais je ne Tentreprendrai point. Ces éludes réservées à la dernière période de l'éducation ne peuvent jusqu'alors qu'être préparées. Je conseillerai donc uniquement de fonder une telle préparation sur l'histoire. Il s'agit, dans ses études avant tout, de connaître la nature humaine, et ce que l'observation contemporaine refuse sous ce rapport, c'est dans l'histoire qu'on peut le trouver ; l'histoire, vaste champ où s'enfouit la racine de