LIV. IV, CHAP. I
prendre avec soi l' Ce travail du perfectionnement, qui doit occuper toute la vie, ne nous met-il pas sans cesse aux prises avec les défauts de notre constitution morale?
C'est ainsi qu'en apprenant à l'enfant à se diviser pour ainsi dire en deux personnes, et à retrouver son instituteur au dedans de lui, on rendra plus saillante à ses yeux l'idée du devoir. Le plaisir de venir à bout d'une entreprise s'attachera pour lui à la sagesse de chaque jour. Des sentiments, dont aucun peut-être ne suffirait pour fixer la légèreté de l'enfance, se soutiendront ainsi par leur accord et par l'exercice varié qu'ils trouveront dans les déterminations qu il devra prendre. De là naîtra un paisible intérêt, un mouvi ment donx et bien réglé, singulièrement propre à favoriser les calmes jouissances de l'ëtude. Les goûts intellectuels pourront se former à l'ombre d'une disposition déjà heureuse . Avantage immense ! bonheur dont le stimulant trop actif de Tamour-propre tend à priver les élèves durant l'enfance et peut-être fort au delà I ce n'est qu'un aiguillon qui fait avancer en piquantsans donner d'impulsion intérieure.