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lequel nous sommes appelés à l'obtenir, et que la régénération, commencée dès cette vie, recevra son accomplissement dans Tautre. La religion confirme et sanctionne ainsi, sous les Formes les plus expressives, cette loi de notre âme immortelle qui Toblige au perfectionnement.
Rigoureuse et impérative dans le domaine de la moralité, une telle loi régit également toutes les facultés de Tâme. L'esprit s'élève vers la vérité, l'imagination vers la beauté, comme la conscience vers la veFtu la plus pui^. Unemême impulsion est imprimée à tout notre être. Comment auiiomhnous été privés de cet instinot si sûr, privilège des créatures inférieures, si, pour nous dédommager de nos erreurs con-stantes, le ciel ne nous eût doués d'un élan irrésistible vers le perfectionnement? Le besoin, le pressentiment du mieux, sont ici-bas 4'in8tinct de Thomme. Il examine, il retouche, il corrige sans cesse, et ses œuvres, et les instruments de son travail, et les méthodes de son intelligence. Un espoir qui ne se réalise jamais n'est pourtant pas tout à fait déçu ; il arrive à Tamélioration quand la perfection lui échappe : désirer plus qu'il ne peut obtenir est son sort.
Tel est le mouvement dont l'éducation doit s'emparer dè& l'origine. L'exciter, l'entretenir, le "régler est sa tâche là plus sacrée, et comme le plus haut degré de bonheur chez, un être ràlftonnable ne peut se rencontrer que sur la route de sa véritable destination, les instituteurs se trouveront avoir d'autant mieux soigné les intérêts du bonheur même^ qu'ils auront fait prévaloir chez l'élève le noble instinct du perfectionnement.
L'éducation doit donc répondre à notre double destination. Elle doit préparer l'enfant pour deux existences successives ; il y a en lui un esprit immortel qui ne fait que traverser ce monde, il y a une faible créature qui y vient souffrir et mourir.
Notre nature est en rapport avec ces deux vocations. L'âme a des facultés relatives à son séjour sur la terre ; elle en a I. 1
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qui portent ses vues et ses espérances au delà. Les uneaet les autres doivent être développées par Téducation. Puisque Dieu n'a pas voulu nous appeler immédiatement à lui^ et qu'il nous a obligés à le chercher par la route de la vie, pourvoir Tenfant de tout ce qui est nécessaire au voyage, est de devoir étroit pour Tinstituteùr.
Mais que la vie soit un voyage, que l'idée de marche doive être attachée à toutes les périodes de notre existence, voilà ce qu'il ne faut jamais perdre de vue, et voilà ce qui n'est pas suffisamment exprimé, C0 me semble, dans les définitions -diverses qu'on donne de l'éducation. Qn dirait qu'il s'agit d'amener l'adolescent à un certain état, plutôt que de lui imprimer le mouvement qui lui fera un jour dépasser infiniment cet état. Et pourtant, comme le plus grand développement moral et intellectuel à la fin de l'enfance n'est ?ien à côté de ce qu'on peut espérer dans l'âge mûr, le plus essentiel de beaucoup c'est de donner l'impulsion. Les progrès déjà faits ont moins d'importance que la disposition'à des progrès ultérieurs, en sorte qu'il faut moins s'inforçaer du degré d'avancement de l'enfant dans la cacri^e, que de l'élan avec lequel il paraît appelé à la parcourir. Plus un élève approcherait du niveau général de la société, pour laj*elig^ ou les lumières, plus il pourrait aisément se persuader qu'il n'y a plus rien à acquérir sous ces deux rapports, en sorte qu'il y aune raison de stagnation, et par conséquéait de médiocrité, dans l'avancement même, s'il n'est pas cause de nouveaux efforts. Voilà pourquoi tant d'éducations, en apparence soignées, n'ont que des résultats insignifiants. Voilà pourquoi tant d'esprits, tant d âmes se détériorent. Quand il n'y a pas du mouvement intérieur, de la vie, tout se dessèche et dépérit bientôt. Ne pas grandir c'est décroître ; ne pas avancer c'est reculer : ainsi le veut la nature humaine. S'il est en nous un principe réparateur, il est aussi un principe de décadence. Il faut des forces pour ne pas descendre, et peut-être n'en recueille-t-on jamais assez que quand on aspire à monter.