LIV. I, CHAP. II
D*après Kant, le but de Téducalion serait celui.-ei : développer dans Vindividu toute la perfection dont il est sus^ ceptible. Mais comme une telle œuvre ne peut s'achever dans Tenfance, et qu'elle demande, pour être accomplie, l'existence entière, j'oserais proposer un léger changement à cette belle définition : donner à l'élève la volonté et les moyens de parvenir à la perfection dont il sera un jour susceptible.
Ceci suppose chez l'instituteur quelque idée de la perfection à laquelle on peut aspirer, et de plus la connaissance des ressorts qui agissent sur la volonté. Ce sera le sujet des chapitres suivants.
CBAPITRE II
DE l'idée que l'iNSTITUTECR PEUT SE FORMER DE LA PERFECTION.
Urim et Thumnim, lumière et perfection (Genèse), symboles de rÉternel figu.
rés sur le pectoral du souverain sacrificateur, chez les Hébreux.
La perfection, ce noble but de l'éducation et de la vie, ne se trouve pas sur la terre plus que le bonheur ; mais on est bien moins sujet à s'égarer quand on la cherche. Sans même la connaître encore, nous pouvons toujours nous en rapprocher, puisque la route qui y mène est bien tracée. Et si, à mesure que nous avançons, nos forces s'augmentent, si nous gagnons bientôt de meilleurs cHmats, et que nous respirions toujours un air plus pur, nous ne manquerons en chemin ni d'encouragement ni de récompense.
Il faut pourtant se former quelque idée de ce qu'on désire obtenir, et quelle idée pouvons -nous concevoir de la perfection, puisque nous ne Tavons jamais rencontrée, et que