LIV. I, CHAP. VI
dans la route qui lui est tracée, est la tâche qu'il s'impose da#réducatio]).
En examinant comment Fidée de la perfection se forme dans rame, il trouve qu'elle se compose de deux éléments, l'un qui tient en nous au besoin d'ordre, la régularité ; l'autre à celui d'admiration, la beauté. Pans le dogiaine de la morale, la régularité n'Ost autre chose que l'observation delà loi du devoir, tandis que la beauté, comme les exemples les plus s||3blimes s'accordent à le prouver, offre surtout le caractère du dévouement ; et puisque Dieu est le seul objet de dévouement qui exige de nous l'accomplissement de tous nos devoirs, nous devons nous consacrer à Dieu, c'est-à-dire à la sainteté réelle et vivante, à ce Dieu qui, sous les traits humains, nous est off'ert dans F Évangile comme exemple luimême du dévouement et de la plus haute perfection.
Toutefois, l'instituteur doit mesurer l'étendue de son plan sur la possibilité de l'exécuter. S'il parvient à tirer le meilleur parti possible des facultés inégales de l'individu, le résultat, quelque peu brillant qu'il puisse elre,off*rira toujours l'harmonie et l'originalité de la forme, unies à la bonté du fond. Mais pour que l'ordre règne dans le sein de l'homme, tout progrès partiel doit être arrêté, s'il s'opère aux dépens du développement moral et religieux qui est véritablement celui de l'âme. En revanche, quand rien dans les circonstances extérieures ou dans le caractère ne s'y oppose, l'éducation peut prendre le plus grand essor, et favoriser l'accroissement de toutes les forces, qui dès lors ne peuvent avoir qu'une heureuse direction.
Telles sont les vues de l'instituteur; mais quel dessein réussira-t-il à exécuter s'il ne peut pas compter sur le secours de l'élève? Comment s'y prendra-t-il pour former et diriger en lui la volonté, faculté irrégulière dans son exercice, et qui ne paraît soumise à aucune loi ? Sans en bien connaître la nature, il observe d'abord que la volonté manque généralement de force. Incapable souvent de remplir son plus noble
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emploi, celui de dominer les désirs du cœur, elle subit encore le joug d'une influence étrangère. Ces deux genrearde faiblesse lui paraissent exiger deux régimes opposés. Pour que Tenfant s'accoutume à réprimer ses passions, il importe de le soumettre à une discipline exacte; pour qu'il apprenne à se décider par lui-m^e, il convient de le rendre à divers égards indépendant. Toutefois, ce double système ne lui semble pas impossible à mettre en vigueur. L'empire de la loi et celui de la liberté subsistent ensemble paisiblement, quand leurs limites respectives sont bien tracées.
Mais cette volonté qu'on veut rendre énergique, comment réussir à la diriger? Quel est, à cet égard, le pouvoir de la raison surlaquelleon fonde ordinaireinenttantd'espérances? En examinant de près cette question, l'instituteur croits'apercevoir que la raisonne peut faire agir dans notre cœur aucune autre force que celle des penchants qu'elle y trouve déjà formés. Il la voit comme un régulateur, non comme un mobile ; il comprend, en conséquence, la nécessité de cultiver chez l'enfant ces sentiments désintéressés, seuls susceptibles de balancer l'impétuosité des instincts égoïstes. La longue oisiveté du cœur, pendant la durée d'une éducation trop exclusivement intellectuelle, lui semble donc à la fois favoriser la personnalité et laisser les passions sans contre-poids.
Ceci le ramène à sentir l'importance de la religion. S'agitil de déterminer la volonté ; le sentiment religieux est un mobile puissant, universel, enraciné dans les profondeurs de notre nature, et dirigé plus que tout autre vers le bien. S'agitil de la réprimer; la morale du christianisme est plus pure, plus sévère, et pourtant plus adaptée aux besoins de l'humanité que la morale philosophique, puisque le système entier de nos devoirs peut être bien conçu par l'intelligence, sans que nous éprouvions aucun désir de nous en appliquer les résultats. Mais ce qui distingue particulièrement la religion, ce qui fait éclater sa divine énergie, c'est le pouvoir qu'elle a de régénérer le cœur. Le pardon sur lequel ose compter la foi